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ISBN : 2330009305
Éditeur : Actes Sud (12/09/2012)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 121 notes)
Résumé :
De la préhistoire aux premiers chasseurs d'esclaves, du voyage de Stanley missionné par Léopold II à la décolonisation, de l'arrivée de Mobutu puis de Kabila à l'implantation industrielle d'une importante communauté chinoise, ce livre retrace, analyse, conte et raconte quatre-vingt-dix mille ans d'histoire : celle du Congo, cet immense territoire africain au destin violenté.
Pour comprendre ce pays, un écrivain voyageur, historien, journaliste, est allé à la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
YvesParis
  03 juillet 2013
Le livre de David van Reybrouck fera date. Déjà couronné par le prix AKO (le Goncourt néerlandais) et le prix Médicis de l'essai, cette histoire monumentale du Congo de la préhistoire à nos jours dépoussière l'encyclopédisme. À la différence de ces cathédrales empesées qui croulent sous leur propre poids et que personne ne lit, telles L'Histoire générale de l'Afrique éditée par l'UNESCO ou The Cambridge History of Africa, il réussit à brosser l'histoire d'un pays-continent en mobilisant tous les champs de la connaissance (politique, économique, ethnologique, artistique, etc.) sans jamais ennuyer.
La gageure a été relevée par un homme-caméléon : philosophe de formation, titulaire d'une thèse en archéologie, journaliste, dramaturge, David van Reybrouck écrit un livre qui lui ressemble. Pendant près de sept ans, il a lu tout ce qui a été écrit sur l'ancienne colonie belge, comme en témoigne son imposante bibliographie – éclairée par une « justification des sources » qui permet de la hiérarchiser. Surtout, il a sillonné sans relâche ce vaste pays, à la recherche des témoins de son histoire. Car la caractéristique du livre est la place donnée au témoignage des gens ordinaires, des petites gens, dont le point de vue s'exprime rarement dans l'histoire officielle. C'est ce qui en fait l'originalité, c'est ce qui en fait aussi le sel, tant D. van Reybrouck a eu la chance de croiser des personnalités qui, chacune à leur façon, livrent un témoignage éclairant sur les étapes de l'histoire congolaise : la colonisation belge, les affres de l'indépendance, la dictature mobutiste, l'avènement de la troisième république…
Cette fresque ne se réduit pas pour autant à un simple exercice de history from below. Il ne s'agit pas seulement de raconter l'histoire du Congo par en bas ou par le petit bout de la lorgnette, mais de faire résonner la petite histoire avec la grande, comme Alain Corbin le fait pour la France du xixe siècle. le résultat est une étonnante réussite, qui ne verse ni dans la repentance postcoloniale, ni dans l'afro-pessimisme. le Congo tel qu'il transpire de ce voyage est, comme la splendide couverture qui l'introduit, un pays digne et sombre : les errements de la colonisation belge ont leur part de responsabilité dans son retard, mais les Congolais ont aussi la leur.
L'histoire du Congo de D. van Reybrouck est une histoire subjective et se revendique comme telle. Contrairement à la règle qui considère le « je » haïssable et oblige l'auteur à s'omettre de son oeuvre, D. van Reybrouck évoque au fil des pages le processus de son écriture. Une telle démarche était déjà celle de Daniel Mendelssohn dans Les Disparus (Paris, Flammarion, 2007) ou Laurent Binet dans HHhH (Paris, Grasset, 2010), sans parler des romans « non fictionnels » de Jean Rolin ou d'Emmanuel Carrère. À la frontière de la littérature, du reportage et des sciences humaines, ces oeuvres définissent une nouvelle relation à l'écriture. Plus personnelle, plus modeste, plus moderne. En un mot plus captivante.
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paulotlet
  03 avril 2013
A travers ce livre fleuve de 600 pages très denses, David van Reybrouck évoque l'histoire du Congo de la préhistoire à nos jours. Ce récit se base sur une documentation assez exhaustive. L'auteur a lu tout ce qu'on avait écrit sur le sujet et fonde ses analyses sur un important corpus scientifique. Il y ajoute, et c'est une des originalités du livre, de nombreux témoignages, anciens et oubliés ou recueillis au cours de ses nombreux voyages sur place. Cette volonté de faire parler des voix africaines donne une épaisseur humaine à l'ouvrage. C'est d'ailleurs ce qui frappe d'emblée à la lecture de ce Congo; van Reybrouck propose une approche humaniste de l'histoire de ce pays continent, à mille lieues des textes froids que nous donnent trop souvent à lire les historiens.
On est frappé au fil des pages par la malédiction qui semble poursuivre un Congo dont l'histoire se confond avec celle d'entreprises successives d'accaparement des richesses. Un peu comme si, de génération en génération, les maîtres du pays s'étaient transmis un droit de pillage; marchands d'esclaves, barons du caoutchouc rouge sous Léopold II, entreprises coloniales, Mobutistes, militaires Rwandais, Kabilistes, et Chinois, vendeurs de bière et religieux illuminés, tous sont passés au guichet et finalement, l'Eldorado a profité à chacun d'entre eux au détriment du peuple congolais.
En prenant le parti d'exploiter tous les témoignages disponibles, van Reybrouck met aussi en lumière la petite histoire, celle d'anonymes comme Jamais Kolonga, le premier noir à avoir invité une femme blanche à danser, qui devint présentateur de la radio télévision nationale du Congo ou celle de ce boy qui avait accompagné son patron en Europe et en était revenu avec la première bicyclette du Congo, ou encore plus tôt, celle de ce jeune garçon confronté à l'étrange tribu des Batambatamba, mot formé d'une onomatopée rappelant le bruit des coups de feu tirés par les esclavagistes. Presque chaque chapitre commence par un de ces destins individuels qui certes en valent bien d'autres mais qui ont le mérite de donner une image saisissante de la vie.
Les critiques de l'ouvrage se sont d'ailleurs focalisées sur les inexactitudes prétendues ou réelles qui naissent de la prise en compte de ces voix du passé, sources par définition fragiles et sujettes à caution. Je ne m'attarderai pas sur les remarques idéologiquement marquées, l'extrême gauche regrettant l'une ou l'autre critique de Lumumba, ou l'un ou l'autre fait à mettre au crédit de Mobutu, les anciens coloniaux niant les errements du système colonial etc. C'était attendu et tout discours mesuré concernant ces sujets conduit presque naturellement à des polémiques dans lesquelles l'esprit critique abdique. En revanche, en tant qu'historien, j'ai été ébranlé par certains reproches scientifiques ou prétendus tels. En entendant des historiens sérieux et reconnus critiquer la validité d'un témoignage ou mettre en doute l'authenticité de tel détail relaté par un des informateurs de van Reybrouck, j'ai repensé à mes bons maîtres. Obnubilés par la vérification des sources, plus sensibles à la mise au jour d'une erreur infime qu'à la construction d'une analyse percutante, ils avaient la fâcheuse habitude de ne voir que des arbres lorsqu'on leur présentait des forêts époustouflantes. Je pense sincèrement que la méthode de van Reybrouck a permis de faire émerger la dimension humaine du récit historique. Et au fond, que le type qui dit avoir volé le sabre du Roi Baudouin l'ait réellement fait ou pas, on s'en fiche comme de colin tampon, cela ne change rien aux grandes mouvements de l'histoire. Ce dialogue constant entre anecdotes révélatrices de la vie quotidienne et événements majeurs a le mérite de donner au lecteur une peinture multidimensionnelle des phénomènes à l'oeuvre et partant il permet de comprendre ce qu'un simple relevé chronologique des faits et de leur causes ne parviendra jamais à mettre tout à fait en lumière; le mouvement de la vie.
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Charybde2
  31 mars 2013
Un matériau captivant, un traitement qui hésite entre raté et détestable.
Publié en 2010 aux Pays-Bas et en 2012 en France dans une traduction d'Isabelle Rosselin, le gros livre (600 pages de texte et 60 pages de notes et de bibliographie) de David van Reybrouck m'a beaucoup déçu, et un peu fâché par moments.
Le sujet n'est évidemment pas en cause : l'histoire du Congo (« Kinshasa»), plus vaste Etat, de loin, de l'Afrique subsaharienne, est résolument passionnante, et la place pour un ouvrage de vulgarisation historique de cette ampleur était pleinement justifiée, même si l'auteur feint d'emblée d'ignorer que certains auteurs ont aussi récemment mis en scène des pans significatifs de cet arrière-plan pour le grand public (Jo Nesbö, par exemple, dans son « Léopard » de 2009, traite abondamment, sans nuire au fil de son enquête policière, des horreurs du Congo de 1900, propriété privée du roi des Belges Léopold II, et plus directement, Patrick Deville dans son « Equatoria » de 2009 également, musarde avec poésie et finesse autour du pays, traitant aussi bien de la course entre Stanley et Brazza que de l'imbroglio des Grands Lacs, et des appétits rwandais et ougandais).
Le matériau assemblé et présenté est ainsi d'une très grande richesse, et les sources consultées, détaillées dans la bibliographie, approchent sans doute l'exhaustivité. Même le passionné d'histoire africaine y trouvera donc certainement des éléments nouveaux et intéressants (citons au passage, par exemple, le rôle de l'anthropologie coloniale dans le renforcement et l'exacerbation du fait tribal, qui devient dominant uniquement avec les brutales classifications entreprises entre 1890 et 1920).
En revanche, le mode d'approche retenu, la position de narration et certains partis pris de nature presque « idéologique » m'ont posé de réels problèmes, et créé in fine cette grosse déception de lecture.
Le mode d'approche retenu (ou plutôt, mis en avant, car l'utilisation des sources « classiques », historiques ou journalistiques, reste largement prédominant) consistait à privilégier, autant que possible, faisant en effet ainsi oeuvre relativement originale, les témoignages directs de participants aux événements, même aux plus anciens, en cherchant donc des « seconds couteaux » ou d'humbles inconnus ayant vécu les situations décrites. Cela conduit bien à quelques très belles pages, mais hélas, cela conduit surtout à de terribles accumulations de répétitions. Raconter, c'est aussi choisir, et David van Reybrouck s'y refuse trop souvent, n'hésitant donc pas à assener deux, trois ou quatre témoignages quasi identiques sur un même élément. La visée n'étant pas une étude scientifique (pour laquelle un ou quatre témoignages ne changent rien et resteraient de toute façon un nombre insuffisant), la qualité du récit historique y perd singulièrement.
La position de narration est curieuse (les extraits des diverses sources, en dehors des témoignages oraux recueillis, sont enchaînés les uns aux autres, les paraphrases éventuelles (difficilement évitables dans un travail de cette nature) se font donc naturellement sans guillemets, mais les attributions sont renvoyées (quand elles le sont bien) aux notes en fin d'ouvrage. de ce fait, en de très nombreuses occasions, l'auteur semble exposer et prendre à son compte, sans nous faire part d'un doute et sans nous donner d'éléments de discernement, parfois à vingt ou trente lignes d'écart, des positions parfaitement incompatibles. Les parties consacrées à la sécession du Katanga ou au génocide rwandais et à ses suites, tout particulièrement, accumulent ce type d'effets a priori involontaires, rendant la compréhension de plus en plus délicate, et donnant in fine l'impression d'une accumulation disparate de matériau documentaire mal maîtrisé, sans mise en perspective ou possibilité critique.
Certains partis pris, enfin, jamais assumés comme tels, laissent pour le moins songeur… Je n'en citerai que trois. le premier, manifeste, est la sympathie affichée pour la sécession katangaise, qui ne serait donc, après tout, si l'on suit le sous-texte de l'auteur, que la tentative bien raisonnable de Moïse Tschombé (et des multinationales minières qui le soutenaient) de maintenir un petit état oligarchique blanc au lieu de donner comme prévu aux Noirs congolais les richesses du sous-sol qui leur appartenaient. le second est relativement insidieux, mais apparaît à la longue : sur une centaine d'années d'histoire, pas un leader, politique, religieux, militaire ou économique noir congolais ne mérite au fond d'autre considération que, dans le meilleur des cas, une condescendante sympathie amusée, et, dans le pire des cas, une légitime horreur face à un fou sanguinaire, en passant par le cas médian, celui d'un idiot assez aisément corruptible. le troisième, peut-être le plus fort au fond, laisse une impression particulièrement désagréable, lorsque l'auteur suggère à longueur de chapitre, mais sans le dire clairement, que le Congo était chaotique et sanglant avant la colonisation, injuste, abusif, mais bien difficile à gouverner pendant la colonisation, et à nouveau chaotique et sanglant après la colonisation… laissant ainsi au lecteur le soin de tirer une conclusion « naturelle », superficielle malgré les 600 pages de soutien apparent, et totalement erronée.
La déception finalement ressentie est donc à la hauteur de l'ambition initiale : un propos dense, mais qui s'écroule sous le poids de ses sources, ne parvenant pas à en extraire une ligne narrative historique, ni bien entendu les éléments de poésie méditative, historique et géopolitique, qui rendent précieux les écrits des meilleurs écrivains voyageurs. Et un arrière-goût idéologique fort désagréable, même s'il est relativement dissimulé.
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SJB
  28 février 2013
Ce livre a été écrit par un historien-journaliste flamand et a connu un succès foudroyant dans le nord de la Belgique et en Hollande.
Il a été ensuite traduit en français en novembre 2012 et son succès ne se dément pas : il est au sommet des livres les mieux vendus dans toutes les librairies de la Belgique francophone.
C'est dire à quel point notre belle colonie, cinquante trois ans après son indépendance, suscite encore un intérêt passionné en Belgique et probablement aussi partout dans le monde.
L'auteur a choisi de raconter l'histoire du Congo vue par les colonisés. Ce qui est tout à fait original. Il a recueilli des témoignages des fils et petits-fils des anciens Congolais qui ont connu les origines de la colonie. Puis, des témoignages plus contemporains de gens qu'il a rencontrés dans le Congo d'aujourd'hui.
L'auteur complète ces récits par des informations très fouillées et rigoureusement exactes qui sont d'un très grand intérêt. Malheureusement, il y ajoute des commentaires personnels qui sont toujours orientés contre l'oeuvre coloniale. Ce parti pris frise souvent la mauvaise foi et finit par être insupportable. On aurait préféré qu'il fasse la part des choses avec un minimum d'objectivité ; son livre aurait eu alors la valeur d'un vrai document historique. Il est vrai aussi qu'il se serait moins bien vendu.
Quand, par exemple, il parle de la prodigieuse campagne sanitaire que les Belges ont réalisée au Congo, il n'épargne aucun détail. Il raconte comment des centres sanitaires ont été installés partout, jusque dans les villages les plus retirés de la forêt tropicale. Comment tous les Congolais ont été vaccinés contre la lèpre, le typhus, la maladie du sommeil et autre malaria. Mais quand les Congolais étaient vaccinés, ils recevaient une carte de vaccin qui citait leur nom et leur lieu d'origine, ce qui fait dire à notre écrivain que le but de ces soins de santé était de contrôler les populations de la colonie.
Quand il parle de l'enseignement, il raconte comment toutes les localités avaient été dotées d'une école où les Congolais apprenaient à lire et à écrire. Mais l'auteur ne voit là que le moyen pour les coloniaux de manipuler les populations.
Et tout est à l'avenant !
Quand il raconte comment les Belges ont doté leur colonie d'une infrastructure unique en Afrique et qui faisait l'admiration de tous les visiteurs, il cite le nombre de victimes que ces travaux ont provoqués. Et, bien sûr, le lecteur est horrifié ! Mais la moindre des honnêtetés aurait été de comparer ces travaux avec les travaux qui se réalisaient partout ailleurs à la même époque.
Quand il parle des conflits qui se passaient dans les usines du Katanga, l'auteur les réduit à des conflits racistes et à des révoltes des Noirs contre les Blancs ; mais c'est ignorer qu'en Europe, aux USA et partout ailleurs, ces conflits, qui étaient en fait des conflits sociaux, étaient d'une ampleur cent fois plus importantes.
Par ailleurs, l'objectivité aurait consisté à souligner que les ouvriers du Congo jouissaient du niveau de vie le plus élevé de toute l'Afrique y compris l'Afrique du Sud.
L'auteur cite plusieurs extraits d'un journal de bord d'un administrateur territorial. C'est passionnant ! Cet administrateur raconte ses visites dans tous les recoins de son territoire, comment il vérifie que les écoles fonctionnent bien, que les soins de santé sont bien donnés, que la police fait bien son travail, que les pistes sont bien entretenues, bref, toute la vie au jour le jour d'un administrateur au service de la colonie. Il apparaît que cet administrateur est un homme de bien, qu'il a le sens de la mesure et de la justice et qu'il a beaucoup d'empathie pour les Noirs. Mais pourquoi l'auteur éprouve-t-il le besoin d'affirmer que cet homme était une exception ? Qu'en sait-il, il n'était pas là, il n'était même pas né ! Ces assertions sans preuve m'ont paru purement racoleuses.
Quand on sait les examens qu'il fallait réussir pour être administrateur territorial ; et quand on se souvient de cette époque, qui a duré de l'après guerre jusqu'à la fin de la colonie, que les historiens ont appelée « la pax belgica », on reste médusé par tant de parti-pris hostile aux coloniaux !

La seconde partie du livre, commence le 30 juin 1960 au moment de l'indépendance. C'est alors l'Histoire du Congo indépendant. Cette partie me semble être plus objective que la précédente, quoique l'auteur n'hésite jamais à affirmer que les Belges avaient mis en place les conditions de la grande pagaille qui est toujours celle du Congo d'aujourd'hui. Sans dire, bien entendu, qu'on n'a pas permis aux Belges de terminer leur entreprise coloniale.
Cette partie du livre est très bien documentée et très complète mais elle est plutôt fastidieuse à lire. Je crois que c'est de l'histoire trop récente et que l'historien manque du recul nécessaire pour hiérarchiser les événements. Par contre, ces événements sont trop lointains pour que le journaliste en fasse le compte rendu, presque au jour le jour, comme c'est le cas dans cet ouvrage.
Ce livre a été encensé par toute la presse, mais ça ne veut rien dire. Les journalistes s'encensent toujours mutuellement dans un bon esprit corporatiste. Il a été couronné par le prix Medicis essai 2012, ce qui est sans doute bien mérité pour l'effort de documentation dont l'auteur a fait preuve.
Mais le lecteur objectif ne peux s'empêcher de penser que la prise de position toujours hostile aux coloniaux poursuit un but purement mercantile.
Par les temps qui courent il est de bon ton de critiquer notre colonie, surtout chez les Flamands qui n'ont pratiquement pas participé à l'oeuvre coloniale : la colonie parlait français.
Et puis, la mode en Occident est à la contrition : nous devons demander pardon pour tout ce que nous avons réalisé dans le monde sans attendre la moindre reconnaissance pour nos oeuvres de civilisation qui ont rendu le monde meilleur.

Ce livre intéressera, et même passionnera dans sa première partie, ceux qui s'intéressent à cette fabuleuse épopée que fut la colonie belge du Congo.
Mais le lecteur devra s'armer de beaucoup de patience parce que ce document ne nous fait grâce d'aucun détail, surtout dans sa seconde partie. Il devra aussi maîtriser son irritation tout à fait légitime à la lecture de tant de parti-pris hostile à la colonie et à ses coloniaux.
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Aela
  13 avril 2014
Le livre de David van Reybrouck, archéologue, journaliste écrivain et homme de théâtre, couvre une période très large, allant de la Préhistoire aux premiers chasseurs d'esclaves. On suit avec beaucoup d'intérêt les péripéties du voyage de Stanley missionné par le roi plus qu'ambitieux Léopold II puis la décolonisation, l'arrivée de Mobutu et de Kabila.
Quatre-vingt-dix mille ans d'Histoire, c'est le défi que tient ce livre.
L'histoire d'un immense territoire africain , traversé par un fleuve du même nom, le deuxième plus long d'Afrique.
Un pays où l'espérance de vie est encore très faible, à cause toujours de la mortalité infantile.
Neuf pays voisins, chacun de ces pays ayant dix à quatorze voisins, voilà le puzzle africain qui apparaît dans toute sa complexité.
Des personnages hauts en couleurs, dont le pittoresque marchand d'esclaves Tippo Tip, peu connu en Europe, descendant d'une famille afro-arabe de Zanzibar, et qui va devenir au XIX ème siècle l'homme le plus puissant de l'est du Congo.
Un récit captivant, un concentré d'Histoire qui se lit comme un roman d'aventures..
Et surtout, comme le dit l'auteur, se souvenir que : « le Congo n'a pas à attendre Stanley pour entrer dans l'Histoire. »….
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critiques presse (5)
LePoint   08 juillet 2013
Les livres ont une histoire. Sur celui de David Van Reybrouck souffle un vent de libertés : celle d'un écrivain qui excelle à dépasser genres et préjugés.
Lire la critique sur le site : LePoint
NonFiction   07 janvier 2013
Une synthèse vivante et extrêmement aboutie d'une histoire passionnée, au cœur de l'Afrique, à l'image de la mondialisation
Lire la critique sur le site : NonFiction
Telerama   12 décembre 2012
Congo est mieux qu'une histoire : un portrait, brossé par un conteur extraordinaire, un peintre journaliste, un historien sondeur d'âmes, qui pioche dans les archives, choses vues et témoignages avec un art consommé de la couleur et du collage.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   03 décembre 2012
[Une] passionnante enquête, qui revient sur pas moins de 90 000 ans d'histoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   11 octobre 2012
Il y a de la démesure dans ce livre flamboyant, érudit, débordant de vie, à l'image d'un fleuve de plus de 4 700 ki-lomètres qui "se jette avec une telle force dans l'Atlantique qu'il change la couleur de l'eau sur des centaines de kilomètres", "soupe jaunâtre, ocre, rouille".
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
paulotletpaulotlet   18 mars 2013
Lumumba devint en un rien de temps un martyr de la décolonisation, un héros pour tous les opprimés de la Terre, un saint du communisme sans dieu. Ce statut, il le devait plus à l'horrible fin de sa vie qu'à ses succès politiques. Il était resté en tout et pour tout au pouvoir à peine deux mois et demi, du 30 juin au 14 septembre 1960. Son palmarès se résumait à une accumulations de bévues et d'erreurs de jugement. Sa brusque africanisation de l'armée avait été une initiative sympathique mais désastreuse, sa recherche d'un appui militaire auprès des Etats-Unis et de l'Union Soviétique, quoique compréhensible, avait été terriblement inconsciente, son intervention militaire au Kasaï avait coûté la vie à des milliers de compatriotes. Son comportement avait désarçonné Fulbert Youlou et Léopold Senghor, les premiers présidents du Congo-Brazzaville et du Sénégal. A ces critiques, on pouvait opposer qu'il était à peine préparé pour sa mission, qu'il avait été confronté à un exode civil irréfléchi et à une invasion militaire des Belges et qu'il avait dû assister aux atermoiements des Nations Unies à condamner avec vigueur l'agression belge. Les réactions malencontreuses de Lumumba face à une réelle injustice lui avaient valu systématiquement plus d'ennemis que d'amis. Le tragique de sa carrière politique fugace fut que le plus grand atout dont il disposait avant l'indépendance -son talent invraisemblable à soulever les masses- devint son plus grand désavantage une fois qu'il accéda au pouvoir et que l'on attendit de lui un comportement plus serein. L'aimant qui initialement avait attiré s'était mis à repousser.
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paulotletpaulotlet   28 janvier 2013
Mais où commence l'histoire? Là aussi, bien plus tôt qu'on ne pourrait l'imaginer. Quand j'ai envisagé, il y a six ans d'écrire, pour le cinquantième anniversaire de l'indépendance du Congo, un livre sur l'histoire mouvementée du pays, non seulement à l'époque postcoloniale mais aussi pendant la période coloniale et une partie de l'ère précoloniale, j'ai décidé que cela n'aurait de sens que si je pouvais donner la parole à autant de voix congolaises que possible. pour tenter à tout le moins de défier l'eurocentrisme qui allait sûrement me jouer des tours, il m'a paru nécessaire de me mettre systématiquement en quête de perspectives locales, car il n'existe naturellement pas une version congolaise unique de l'histoire, pas plus qu'il n'en existe une version belge unique, européenne ou tout simplement "blanche". Des voix congolaise donc, autant que possible.
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YvesParisYvesParis   07 janvier 2013
On pourrait comparer la création de l'Etat du Congo à l'histoire d'un particulier ou d'une société qui, en Europe, aurait fondé un certain nombre d'établissements sur le Rhin, de Rotterdam jusqu'à Bâle, ce qui lui aurait valu de se voir attribuer la souveraineté sur toute l'Europe occidentale (p. 74)
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ahasverusahasverus   20 juillet 2013
Les écoles missionnaires devinrent des petites usines à préjugés tribaux. Les enfants qui n'avaient pas le droit de quitter leur village s'entendaient soudain dire que de l'autre côté de leur vaste territoire vivaient des Bakango et ce qu'ils devaient en penser. Les Pygmées furent dépeints dans de nombreux manuels comme de curieuses aberrations. Quand on n'en avait jamais rencontré, on savait tout de même l'opinion qu'on devait en avoir. "Ils excellent dans le vol de la propriété d'autrui", lisaient les élèves de Bongandanga à la fin des années 1920.
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Flodopas78Flodopas78   11 décembre 2012
Dès la conférence de Berlin en 1885, il avait été décidé que l'Etat indépendant du Congo devait s'ouvrir au libre-échange international. Aujourd'hui encore, le marché et l'Etat continuent de se livrer concurrence, plus que jamais même. A l'époque, il n'était question que de l'achat de matières premières, mais maintenant la rivalité porte aussi sur la vente de produits, car même dans un pays très pauvre, le commerce de divers petits articles comme des minutes d'appel, des bouteilles de boissons fraîches ou des sachets de lait en poudre, peut être extrêmement rentable. Pour conquérir l'âme de tous les déshérités, les entreprises étrangères colonisent l'espace public de ce pays dévasté avec une brutalité à peine dissimulée par le sourire radieux d'un marketing soigné.
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Videos de David Van Reybrouck (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Van Reybrouck
David van Reybrouck: Contre les élections, pour la démocratie .Joseph Confavreux recevait David van Reybrouck, qui vient de publier Contre les élections, charge décapante contre l?épuisement et les dysfonctionnements des démocraties européennes.
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