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Critiques sur L'or perdu de la joie (7)
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seshat123
  14 novembre 2012
Tout d'abord, un grand merci à la maison d'édition SALVATOR et à Babelio pour m'avoir fait découvrir ce roman et son auteur. le roman secret de Camille Claudel et Rilke.

Automne 1902, aux jardins du Luxembourg, le poète Rainer Maria Rilke lève les yeux un instant de son livre et aperçoit Camille Claudel. Il est subjugué ; à ce premier regard, la présence et la « lumière » que dégage cette belle femme le bouleversent. Rilke est à Paris pour rencontrer Rodin : sa femme Clara vient d'être acceptée « comme élève en dessin et sculpture » dans son atelier ; quant à lui, il doit rédiger une monographie du maître.
A la fois simple narration, épistolaire et retranscription des carnets de poche du poète, le roman d' Olympia Alberti dépeint l'amour-amitié (fictive) qui s'instaure entre Rilke, alors jeune poète timide, peu assuré dans sa création, et la sculptrice, femme flamboyante et passionnée, qui lui semble être, ni plus ni moins, « la puissance créatrice » incarnée.
Olympia Alberti structure son roman en trois parties, la première, la plus longue, correspond à leur rencontre et à leurs échanges au cours de cette année passée à Paris par Rilke, puis le nomade reprend ses pérégrinations, les rencontres se font entre deux voyages, ils s'écrivent. La dernière partie traite de la descente aux enfers de C. Claudel et de l'éloignement.
Les premiers mois de leur relation sont riches en échanges, Rilke est un poète qui se cherche, qui « cherche sa vérité », Camille Claudel celle qui pourrait lui insuffler la force qui lui manque. Ils partagent leurs douleurs, blessures passées, leurs questionnements face à la création et à ses exigences, confrontent leurs idées. A cette époque, Rainer Rilke est comme en attente de mots justes, il « se réfugie dans la paresse », elle, paraît entièrement habitée par son art, forte malgré une douloureuse blessure, l'abandon de Rodin qu'elle vit comme une trahison. Mais face aux exigences de leurs arts, aux caprices de la vie, les rôles peuvent s'inverser, les choses se compliquer...

Olympia Alberti connaît parfaitement Rainer Rilke (sujet de sa thèse de doctorat), ce qui s'avère un bien et un mal à la fois. Je m'explique.
Quelques passages de la plume de Rilke lui-même sont semés tout au long de ce roman, et c'est bien là que l'on voit tout le travail d'orfèvre d'O. Alberti, le lecteur passe de ses mots à ceux du poète sans heurts, naturellement. Malheureusement, à plusieurs reprises, j'ai trouvé qu'à vouloir bien faire, son style en devenait un peu lourd, voire pompeux.
De même, à vouloir être trop précise sur la vie de Rilke, l'auteur noie le lecteur sous les dates et noms des escales du poète, cet éternel voyageur. Ce foisonnement de détails (dates, lieux, personnages secondaires) complique la lecture.
En fait, j'ai eu l'impression que l'auteur hésitait entre un travail de recherche et l'écriture d'un roman proprement dit. Il manque ce « souffle » que donne la fiction. Un roman pour des initiés ? Mes lacunes concernant le travail, la vie de Rilke ont un peu gâché mon plaisir à la lecture m'obligeant à une quasi constante concentration (l'ordre des voyages, par exemple, à s'y perdre). A vrai dire, j'aurais aimé un parti pris plus net entre la fiction et la biographie. Bien sûr, ceci est un avis tout personnel...
Le rythme de lecture imposé par son style n'enlève en rien la qualité de l'oeuvre. Je reste assez admirative de son travail, même si le style m'a paru parfois peu fluide, l'écriture est remarquable, si riche!, les personnages sont parfaitement campés , leurs psychologies tout en finesse, et l'idée de la rencontre entre ces deux personnages est si bien trouvée, elle permet à l'auteur de développer tous ces questionnements des artistes sur la création et sa mécanique (« leurs partages artistiques et spirituels » cf 4eme de couverture), les échanges sont fascinants, empreints de poésie et de liberté, très actuels.

Pour conclure, un roman intéressant, une belle découverte, j'ai aimé cette balade dans les valises de R. M . Rilke, ceci malgré ce manque de... respiration pour faire vivre entièrement leur amitié, leur histoire tout simplement...
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brigittelascombe
  14 novembre 2012
"Cette précieuse richesse qui avait dominé tout, la joie,elle l'avait perdue", écrit Olympia Alberti (romancière,poète,essayiste nouvelliste qui a, entre autres, reçu le prix Georges Sand pour La Dévorade).
Elle, c'est Camille Claudel, qui se "mesure à la pierre", donne à aimer les oeuvres sculptées de ses mains d'orfèvre et vibre en "un chant de joie" vers le divin.
Dans l'or perdu de la joie, l'auteur évoque la période charnière où Camille Claudel, vers la quarantaine, sculpteur reconnue et maîtresse de Rodin va doucement glisser, suite à la trahison de son amant, vers la folie et détruire ses oeuvres. L'abord de ce roman est intéressant car Olympia Alberti relate la rencontre dans les jardins du Luxembourg et l'amour ressenti par Rainer Maria Rilke (tout juste âgé de 27 ans, alors marié à Clara qui effectue un stage de sculpture dans l'atelier de Rodin) pour Camille Claudel, leur admiration réciproque (les chapitres alternent la voix et la correspondance de Rilke, celle du narrateur omniscient) alors que le lecteur est surtout habitué à l'évocation de la relation passionnée de Rodin et Camille Claudel (elle est ici juste effleurée). Trois parties pour parler de l'élan créateur, des créateurs,du processus de création vu comme une sorte de transmutation d'alchimiste et de ses ratés ainsi que (très intéressant) la mise en parallèle de la création littéraire et de la création picturale (dont l'inspiration relève d'après l'auteur d'une même sublimation).
L'écriture très poétique d'Olympia Alberti (dont Coeur rhapsodie, coeur absolu a reçu le prix de poésie de l'Académie française)est en parfaite adéquation avec les mots de Rilke qui coulent de source. L'oralité ("il dévorait", "désaltération", "absorber") transparait à travers mots pour démontrer que l'angoisse du vide intérieur s'abreuve d'inspiration ("offrande de l'Ange")comme si une main divine, se substituant au sein maternel, venait combler les manques de l'enfance.
Ce roman, outre les deux beaux portraits (Camille Claudel: flamboyante,entière,vulnérable,passionnée,géniale,pleine de rage,autodestructrice,folle...Rainer Maria Rilke:sensible,timide,rêveur,angoissé,exalté,nostalgique,idéaliste,solitaire...) présentés est très fouillé au point de vue psychologique et (ce qui est original) donne une explication mystique de l'élan créateur "or de la joie".
Livre fort d'une femme forte et lumineuse, L'or perdu de la joie est une belle rencontre que j'aurai le plaisir de prolonger lors de mon interview d'Olympia Alberti en personne le samedi après-midi 17/11 sur le stand RCF Méditerranée de la fête du livre de Toulon 2012. Une émission de 25 minutes retransmise par la suite dans Une vie pour tous.
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Gwordia
  27 novembre 2012
Abandon en page 45. Quelle déception !

Véritable inconditionnelle des biographies romancées, je me réjouissais de mon plonger dans un récit mettant en scène le poète Rainer Marie Rilke et la sculptrice Camille Claudel. Mais mon enthousiasme a priori et mon admiration des débuts pour le style de l'auteur ont rapidement laissé place au renoncement.

Je n'ai certes pas été très patiente mais le verbe que je trouvais élégant, érudit au commencement et rapidement devenu pesant, pompeux. L'ensemble se perd en onanisme intellectuel et donne la sensation que l'écrivain se regarde écrire. de fait, les quarante-cinq pages se sont avérées très très longues et toujours pas trace de Camille. L'impression que rien ne débuterait jamais vraiment a eu définitivement raison de mon envie. Si j'apprécie le langage soutenu, les envolées poético-métaphysiques et les réflexions profondes, je crois qu'il y a un juste milieu qui n'a, ici, pas été trouvé. Dommage.

Je le retenterai à l'occasion, qui sait, peut-être est-il arrivé à un moment où je n'étais pas disposée à ce type d'écriture ?
Lien : http://gwordia.hautetfort.co..
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Chouchane
  09 novembre 2012
Ce siècle avait deux ans mais ce n'est pas celui d'Hugo, c'est celui de Rodin . Nous sommes en 1902 à Paris, Rilke, qui rédige une monographie en Allemand sur le Maître, y accompagne son épouse Clara qui apprend la sculpture. A cette occasion, il fait la rencontre marquante de Camille Claudel. On y découvre au travers d'une fausse correspondance et notes personnelles l'amitié amoureuse de ces deux grands ainsi que la descente aux enfers de Camille Claudel. Cependant, l'écriture parfois un peu grandiloquente ne porte pas ce roman. En choisissant de se mettre à la place de Rilke l'auteur rend la lecture difficile par une écriture faussement début du XX° un peu ampoulée, n'est pas Rilke qui veut . Bien sûr on y redécouvre les névroses de Camille Claudel, les passions de Rilke mais ce n'est la hauteur des deux personnages. Les repères historiques brouillons ne fournissent pas le contexte nécessaire à cette époque. Tout ceci concours à une lecture frustrante car on ne ressent pas l'intensité des émotions qui traversent Rilke. La notion d'amitié amoureuse est déclinée sous toutes ses formes et «l'entièreté irréfragable » de Camille Claudel répété trop souvent en amoindrie son sens. Peut-être qu'une biographie aurait été plus adaptée à la connaissance approfondie qu'Olympia Alberti a de Rilke.
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asphodele85
  08 novembre 2012
A l'automne 1902, Rainer Maria Rilke, vingt-sept ans est un poète « maudit », sans domicile fixe, pauvre, il parcourt le monde en quête d'inspiration. Sa femme Clara est acceptée comme élève dans l'atelier de Rodin et ce dernier l'autorise également à écrire une monographie, « comme ça, sur le vif ». Rilke est fou de joie, il est en extase devant Rodin. « Tout lui semblait beau, comme chaque fois qu'il s'agit de commencer, d'offrir le meilleur de soi à un projet, toute ampleur éveillée vers le futur étant une forme d'amour » (p.17).

En se promenant au jardin du Luxembourg, il la voit, elle, Camille Claudel… Il est fasciné et troublé. Ils vont se rencontrer, puis se fréquenter et une histoire d'amour-amitié prend naissance. Je ne sais pas si cette histoire a réellement existé, je n'en ai pas trouvé trace en faisant des recherches sur le poète mais pourquoi pas ? Olympia Alberti a choisi de se mettre à la place de Rilke (ou de Camille Claudel), consignant ses impressions dans un « carnet de voyage », lui offrant ses mots à elle qui s'appuient sur les siens, les vrais, consignés dans ses fameux Carnets… le style est noble, majestueux bien que, au début souffrant de nombreuses répétitions qui m'ont un peu agacée (choses, monde, choses de ce monde, énergie(s)) mais la qualité générale du roman vaut le détour.

Au départ, Camille ne se remet pas d'avoir été abandonnée par Rodin et peine à trouver de quoi vivre de son art. Elle déborde d'énergie créatrice, tout le temps, insufflant à Rilke le désir d'écrire enfin une oeuvre unique, lui qui ne sème que des poèmes de ci de là (le héros de son futur roman, Malte Laurids Brigge est déjà dans sa tête). Nous sentons cette fièvre souterraine qui ne la quittait pas et qui a fini par la dévorer, de même que Rilke nous apparaît comme un éternel passionné, amoureux, exalté et observateur quant à la liaison de Rodin et de Camille : « Je sens que cette femme est grande, déjà, dans l'entièreté de son art, de son désir de don et d'amour -aucun doute, elle aime le Maître encore, à son insu,- on me dit qu'elle lui en voudrait beaucoup de son éloignement, de certaines appropriations (…) » p.27.

Ce qui va les rapprocher, aussi, c'est l'enfance malheureuse, incomprise, l'absence d'amour de leur mère respective. Puis le silence de Paul, le frère de Camille qui semble ne plus entendre ses appels désespérés. L'abandon, l'absence, pourquoi vivons-nous ?, le temps qui passe, autant de réflexions que le poète décortique, écrivant toujours aux femmes qu'il a aimées (Lou Andreas-Salomé, Paula…). Et écrire était vital pour lui : » Une lettre, c'était du souffle, du marbre, des mots vivants, de l'éternité ». Lou n'est jamais très loin quand il s'agit d'analyse et de correspondance. Pour Camille, la descente aux enfers a commencé, la folie douloureuse s'écrit à présent sur son visage et Rilke quand il reviendra ne la reverra plus, elle a été enfermée. Mais il continue de lui écrire, de lui promettre l'impossible parce qu'il y croit lui, très fort : » Il voulait y mettre son coeur, son âme, lui demander pardon de ses silences, de ses voyages de nomade, (…) ils allaient retrouver l'or des icônes, l'or perdu de la joie » (p 241-242). » Bien sûr Rilke est marié à Clara, ils ont une petite fille, Ruth et même quand il s'emporte dans des traductions possibles de cet amour « intellectuel » en amour charnel, la raison le rappelle à l'ordre. Il est en osmose spirituelle avec Camille, rêvant de plus, mais le saura-t-on jamais ? Il lui écrira jusqu'en 1913, il meurt en 1926 à 51 ans et elle mourra dans son asile en 1943.

La fin est tragique, on la connaît. Ce livre m'a donné envie de revoir le film Camille Claudel avec Isabelle Adjani et de relire « Malte Marcus Brigge », l'unique roman en prose de Rilke. Je vous avais présenté un extrait, très connu de ce roman, ICI.
Ce roman est terrible de justesse (même si les faits ne sont pas avérés, c'est encore mieux), de poésie, porté par l'ample écriture d'Olympia Alberti. ! Je dois dire que j'ai eu des frissons devant tant de beauté gâchée, devant tant d'amour perdu.
Lien : http://leslecturesdasphodele..
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delitterys
  12 septembre 2012
Ecrire « le roman secret de Camille Claudel et de Rilke », recomposer, par touches sensibles, la rencontre entre deux âmes pétries de grâce, tisser entre eux un amour-amitié, une entente créative : tel est le projet d'Olympia Alberti dans L'or perdu de la joie.

Le livre, en mêlant carnets de poche de Rilke, correspondances, incursions introspectives dans les esprits tourmentés de ces créateurs qui cherchent à transformer la boue de leurs angoisses en or joyeux, est moins le récit d'une rencontre –celle, ratée, de Rilke avec le grand maître Rodin qu'il venait monographier, et celle, transcendante, avec Camille Claudel, procédant par éclats irréguliers- qu'une invitation à plonger, en touches lyriques, à travers deux voix en quête d'éblouissement. Ce qui émerge de la lecture, c'est moins la reconstruction chronologique des échanges entre la sculptrice et le poète, que l'ambition de donner à lire, en négatif lumineux, l'évolution créative de deux êtres, l'une vouée à la folie torturée, prisonnière de sa condition de femme, flamme soufflée par les dérives du siècle, l'autre tout d'intellectualisme admiratif, cherchant à exprimer une solitude incomprise, mais voué presque malgré lui aux ors de la reconnaissance publique.

La suite par ici : http://www.delitteris.com/au-fil-des-pages/lor-perdu-de-la-joie/
Lien : http://www.delitteris.com/au..
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Olnapac
  26 septembre 2012
L'or perdu de la joie est un livre qui raconte la rencontre de deux personnes, Rilke et Camille Claudel, qui sont perdu dans leurs sentiments et dans leurs créations.
Rilke est un écrivain qui a perdu l'inspiration. Camille est au contraire une sculptrice qui ne manque pas d'inspiration mais qui a l'impression d'être incomprise.
C'est grâce à leurs échanges que chacun de leur côtés vont retrouver le goût de créer et d'écrire.
C'est un livre que je qualifierais d'épistolaire, écrit en plusieurs façons, en carnet de poche, en lettres de correspondances et part petits chapitres où Olympia nous raconte les faits et gestes de Rilke ou de Camille.
Le style de l'auteure est très travaillé, un peu trop même parfois, où on se perd dans des phrases qui deviennent parfois ennuyantes.
Les chapitres sont très courts. le livre est divisé en 3 parties.
Cette lecture n'a pas été pour moi très simple, J'ai mis beaucoup de temps pour terminer le livre. Je pense que cela n'a rien à voir avec l'écriture même du livre, je pense que ce n'est tout simplement pas mon style de lecture.
Pour des personnes qui s'intéressent à la recherche de soi, c'est un livre qu'ils devraient lire, car Olympia Alberti essaie de nous faire passer un message au travers de ces personnages.
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