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Critiques sur Vipère au poing (301)
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Eric76
  27 octobre 2018
L'histoire de « Vipère au poing » se trouve dans les recoins sombres de notre mémoire collective, qu'on ait lu ou pas le livre. Son héroïne, Folcoche, marâtre rusée, calculatrice, haineuse, pétrie de mauvaise religion, au corps sec comme une trique, est à ranger au musée des horreurs.
Ce livre, c'est l'histoire d'une France qui n'existe plus, tombée aux oubliettes dans les fracas de la seconde guerre mondiale. C'est la France de cette vieille noblesses mélangée, pour le meilleur et pour le pire, à cette grande bourgeoisie provinciale, les deux se rejoignant dans leur insupportable arrogance, les deux ayant les mêmes doigts crochus quand il s'agit de défendre leurs petits privilèges, les deux recroquevillées dans leurs manoirs branlants sans voir la marche du monde. C'est la France de Charles Maurras, de la « divine surprise » quand la troisième République s'effondre comme un château de cartes face aux légions nazies.
Ce livre, c'est l'histoire d'une famille de fin de race qui sent confusément que les valeurs qu'ils véhiculent vont disparaître, que leur heure est comptée. D'où ce raidissement, peut-être ? Comme un dernier pied de nez au destin.
Un père veule et insignifiant, des percepteurs au rabais qui préfèrent fuir en courant ou regarder distraitement ailleurs… Personne pour empêcher la sorcière Folcoche de régner en Maître absolu sur le domaine de la « Belle Angerie », et d'humilier de la plus épouvantable manière ses propres fils : Chiffe, Cropette, Brasse-bouillon. Coups de fourchettes sur les mains, surveillance continuelle, mentalité de la méfiance érigée en dogme, crânes tondus, déshabillage des consciences… Aucun abaissement, aucune vexation ne leur sera épargné. Et tout cela au nom de la bien-pensance chrétienne.
Le seul à relever le gant face à la dictature de Folcoche sera Brasse-bouillon, notre narrateur. Plus dur que ses deux frères, plus malin, plus endurant, sa jeunesse finira par la vaincre. Avec un certain plaisir cynique, il se rendra compte en même temps qu'il lui ressemble en tout point avec sa haine et son mépris plantés dans le coeur. Son premier acte d'homme sera d'ailleurs de se moquer et de faire pleurer une pauvre fille. Écoeurant, gratuit, et en même temps tellement prévisible.
C'est mon premier Bazin. le style est d'une puissance peu commune et les sarcasmes mouillés d'acide. La haine et le fiel sont à fleur de peau. Magistral.




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missmolko1
  28 mai 2012
Un classique à lire et à relire et je ne m'en lasse pas...
Malheureusement ayant vu l'excellent film avec dans le rôle de Folcoche, Catherine Frot, ma lecture a été un peu gâché car il n'y avait plus beaucoup de surprise étant donné que le film est assez fidèle au roman.
L'écriture d'Hervé Bazin m'a beaucoup plu et m'a rappelé la narration des films la gloire de mon père et le château de ma mère que je regardais quand j'étais enfant. (je serais sans doute la seule a faire cette comparaison mais c'est parfois agréable de se remémorer des souvenirs d'enfance à travers d'un livre).
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si-bemol
  03 janvier 2019
“Elle avait de jolis yeux, vous savez, cette vipère, (...) des yeux de topaze brûlée, piqués noirs au centre et tout pétillants d'une lumière que je saurais plus tard s'appeler la haine et que je retrouverais dans les prunelles de Folcoche, je veux dire de ma mère.”

Avec ce roman, nous pénétrons dans l'effroyable intimité d'une famille de la grande bourgeoisie de province, bien pensante et catholique fervente des années vingt chez qui, derrière les murs clos de la propriété, à l'abri des regards, se joue chaque jour et à huis clos la tragédie de la maltraitance ordinaire poussée à son paroxysme par une mère monstrueuse, une folle, une cochonne : Folcoche.

Le froid, la faim, les privations, les corvées, les sévices, sous les yeux d'un père secrètement compatissant mais d'une absolue lâcheté, une torture psychologique de tous les instants, une destruction systématique, jouissive, du bonheur et de l'innocence, un saccage méthodique de l'enfance… Comment survivre face à une mère qui est l'incarnation du sadisme, de la démence froide et de la haine ? Comment préserver ce qui peut l'être encore et réussir, un peu, à se construire ?

L'école se fait à la maison, sous la houlette d'un vieil abbé aigri, malveillant et vermoulu, les domestiques un peu sensibles ont été renvoyés, il n'y a, pour ces enfants, aucune aide extérieure possible. Pour Chife, Cropette et Brasse-Bouillon, le narrateur et le meneur de la résistance, il n'y aura de solution possible que dans l'affrontement, la révolte, la rage, la vengeance et la haine…

Avec "Vipère au poing", Hervé Bazin signait en 1948 son premier roman, largement autobiographique, qui le rendit aussitôt célèbre, et l'une des dénonciations les plus violentes de l'enfance maltraitée qui, encore aujourd'hui, fait toujours froid dans le dos. Un roman effroyable et très bien écrit qui est devenu un incontournable de la littérature française au point de figurer, soixante-dix ans plus tard, au programme des collèges.

[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
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sylvaine
  23 août 2015
V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, …….

Nous sommes dans les années 1920 / 1930 à La Belle Angerie, siège social, depuis plus de deux cents ans, de la famille Rezeau en Craonnais (Mayenne). La famille Rezeau jouit d'une notoriété de bon aloi dans toute la région ce qui lui ouvre beaucoup de portes….
Je vous présente donc le père Jacques Rezeau, docteur en droit, professeur à l'Université catholique féru d'entomologie , Paule Pluvignec son épouse riche héritière en puissance de son grand-père banquier et de son père sénateur. Mariage de raison il va s'en dire vue la situation économique des Rezeau. Les enfants : l'aîné Frédie, Jean, le narrateur et Marcel le benjamin né à Changai.
Reprenant cette présentation je préciserais pour la clarté du récit le père dit le vieux, la mère dite Folcoche, Frédie alias Chiffe, Jean surnommé Brasse-Bouillon et le dernier Marcel autrement dit Cropette.
Confiés à leur grand-mère Rezeau Frédie et Jean vivent une enfance certes assez stricte mais affection et attention ne font pas défaut. C'est la mort de leur grand-mère qui va précipiter le retour de leurs parents.
Pour eux le drame commence ! Celle qu'ils vont bien vite surnommer Folcoche (comprenez Folle et cochonne) est prête à tout pour affirmer son autorité absolue sur enfants, personnel et époux bien sûr ! Elle ne se prive pas de rappeler à tous que c'est sa dot qui a permis de conserver la demeure. Pour cela elle n'hésite pas à imposer à tous privations sur privations, à prendre en main leur éducation religieuse , à leur imposer des précepteurs religieux choisis plus en fonction de leur prix de revient que de leur pédagogie. Tous les moyens sont bons pour pouvoir briser ces jeunes garçons. C'est sans compter sur le caractère trempé de Jean qui va mener comme il le peut une guerre sans merci à cette mère exécrable et exécrée. Telle mère tel fils !
Ce roman, est-ce vraiment un roman d'ailleurs est d'une violence inouïe !j'ai rarement lu une telle fureur, une telle haine. Pourtant j'ai quelques années de lecture derrière moi et je suis restée abasourdie, assommée la dernière page tournée. Si seulement ce genre de femme pouvait ne plus exister mais je sais au fond de moi que ce n'est qu'un voeu pieux et que de part le monde des enfants souffrent toujours de maltraitance.
À lire absolument !

Ps : V.F signifie Vengeance Folcoche !



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2605
  02 octobre 2012
Je me rappelle avoir lu, et relu, mais pas re-relu (ce qui friserait la lecture pathologique), ce roman à une époque où j'avais ma propre Folcoche sous le coude. Folcoche me faisant emblème de la marâtre, et là où le récit se fait plus cuisant c'est que cette Folcoche là est la propre mère du narrateur. Une lecture hautement jubilatoire donc, pour l'ado de base se trouvant ou s'étant trouvé dans le même terrarium que Brasse-bouillon, mais surtout une lecture insufflant l'espoir…Derrière les mots cinglants, et les scènes rudes, derrière l'espèce de combat psychologique entre dominant et résistant, une fenêtre sur la résistance de l'enfant. Ce qui ne tue pas rend plus fort certes, même si cela passe par des années parfois pour faire refluer le venin. On espère que l'écriture aura été puissamment libératrice pour l'auteur, elle offre en tout cas un témoignage fort et percutant, une lecture déculpabilisant peut-être aussi les sentiments familiaux, par la possibilité soulevée du récit, la lutte et l'affranchissement de rapports qui si filiales, pourtant nuisibles et malsains, faisant voler l'enfance en éclat et laissant une empreinte indélébile gravée dans l'écorce. Cela mériterait sans doute une relecture de ma part avec le recul du temps qui passe, mais cela reste dans mon souvenir une lecture à recommander aux plus et moins jeunes.
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Crazynath
  06 décembre 2018
Quel choc ! Quelle claque ! Je m'attendais certes à quelque chose de fort en lisant ce livre, mais pas à ce point, je le reconnais.
Je connais le nom de Hervé Bazin depuis fort longtemps, m'étant même aventurée dans ma jeunesse à lire « An nom du fils » que j'avais bien aimé. Cependant, même si je savais que le roman le plus célèbre de l'auteur était Vipère au poing, j'ai toujours repoussé le moment de cette lecture. Peut-être que le sujet me faisait peur, et que je n'étais pas si pressée d'affronter la terrible Folcoche.
Je n'ai jamais vu les films, même si j'ai vu des extraits de celui où Alice Sapritch l'interprétait ainsi que celui, plus récent avec Catherine Frot . Les deux actrices ont endossé avec beaucoup de talent le rôle de cette terrible mégère.
Je ne raconterais pas l'histoire, qui est connue, et il y a suffisamment de très bonnes critiques qui la résument parfaitement.
Je vais plus faire part de mon ressenti.
Comment ne pas être bouleversée par ce que fait subir cette marâtre à ses enfants et à son entourage, car finalement, personne n'échappe à Folcoche quand elle a décidé de se prendre à vous !
Maltraitante, mal-traitante, cette femme semble être une caricature, mais quand on sait que l'auteur s'est inspiré de sa propre histoire familiale pour écrire ce livre, on ne peut qu'être touché au plus profond de soi.
Oui, il existe ce genre de femmes, maltraitantes, toxiques pour leurs enfants et les dégâts sont considérables et quelquefois très longs à être réparés.
Jean, d'ailleurs ne le cache pas :il ressemble à sa mère, et cette haine qu'elle a en elle lui sert de référence et de moteur , car il grandi avec cette haine au coeur… En digne fils de Folcoche, il aura les ressources nécessaires pour la fuir, mais sera-t-il sauvé des conséquences de cette enfance désastreuse ?
J'ai bien l'intention de lire les deux suites de cette histoire, ayant très envie de savoir comment Jean va s'en sortir une fois parvenu à l'âge adulte. Ses relations avec les femmes ne s'annoncent pas sous les meilleurs auspices, ce qui n'a d'ailleurs rien d'étonnant…
Le style de l'auteur m'a beaucoup plu, percutant, vibrant de haine et de révolte , et exprimant si bien le ressenti de ce jeune garçon…
En résumé : un grand moment de lecture…



Challenge Pyramide II
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calypso
  19 avril 2017
Un seul regret à la lecture de ce livre : ne pas l'avoir lu plus tôt. Un vrai coup de coeur !
L'histoire, particulièrement touchante, pourrait se résumer, de manière simpliste, aux affrontements perpétuels entre une mère, Folcoche (mélange de « folle » et de « cochonne »), et ses trois fils. Mais l'essentiel réside dans le style et l'écriture : l'oeuvre témoigne du regard désabusé d'un jeune adulte sur son enfance, dévoilant, d'une plume acerbe et sarcastique, toute la noirceur de cette femme qui lui tint lieu de mère. Ce « drame », puisque l'auteur définit ainsi son histoire, ne manquera pas de vous faire sourire, tant l'humour y est manié avec la plus grande délicatesse...

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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RChris
  31 décembre 2019
C'est une armoire. Ancienne, on sait que l'on ne pourra refaire la même. En chêne brut, elle sent bon l'encaustique. Chevillée, elle dépare un peu des autres meubles. Vieille France, elle garde un charme provincial. Nécessaire, on ne peut s'en séparer...Vipère au poing est un livre patrimonial.
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ValerieLacaille
  01 janvier 2016
C'est l'histoire de Jean Rezeau et de ses deux frères, Fredie et Marcel. Ils sont issus d'une famille aisée, habitant dans un château près d'Angers. Ils sont élevés par leur grand-mère. Suite à sa mort, leurs parents sont obligés de rentrer de Chine où leur père est professeur de droit dans une université. Une fois rentrée, leur mère leur fait vivre un vrai enfer : elle les prive de tout, leur confisque tous leurs objets personnels et les bat très violemment. Jean et ses frères la surnommeront vite « Folcoche » (mélange de "folle" et de "cochonne"). Foloche devra être hospitalisée et restera donc plusieurs semaines à l'hôpital. Ces semaines ont été des vacances pour les enfants. Mais à son retour, elle remet en place toutes ses anciennes règles. Jean, Fredie et son père partent quelques semaines chez des amis et pendant ce temps, Folcoche reste seule au château avec Marcel. A leur retour ils vont aller jusqu'à envisager de la tuer. Jean trouve finalement un moyen pour qu'elle soit d'accord avec ses décisions...
Un roman qui prend aux tripes; où l'on découvre l'image d'une mère haineuse, à l'encontre des clichés attendus de la figure maternelle.
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Chocolatiine
  23 août 2015
Jean "Brasse-Bouillon" et Ferdinand "Chiffe" Rezeau coulent des jours paisibles à La Belle Angerie, demeure familiale près d'Angers, élevés par leur grand-mère. Leurs parents sont loin, en Chine, avec le petit dernier, Pierre "Cropette", n'écrivant jamais.
A la mort de la grand-mère, survient le drame de leur vie : M et Mme Rezeau reviennent en France et prennent possession de La Belle Angerie. Les jeunes garçons font la connaissance de leur mère, abominable personnage, méchante, sèche, odieuse, avare, et qui ne tardera pas à se voir surnommée Folcoche. La mégère, que jamais Jean n'appela Maman, fit de leur enfance et de leur adolescence un véritable cauchemar de privations et de punitions.

Vipère au poing est le premier roman d'Hervé Bazin, un roman tout en haine et en révolte, parsemé de pointes d'humour, contre Folcoche, contre l'indifférent M Rezeau, contre l'éducation bourgeoise. Alors que les V.F. (Vengeance Folcoche) fleurissent sur les arbres du parc, la rébellion et l'indépendance grandissent dans l'esprit de Jean.
Au fond, et il l'admet sans souci, il est comme sa mère. Aussi se jure-t-il de lui faire payer toutes les mesquineries qu'elle leur a fait endurées, à lui et à ses frères, durant ces années censées être les plus joyeuses de la vie, et on ne doute pas qu'il y soit parvenu plus tard.
Ce roman, en partie autobiographique, est bouleversant de sincérité et de rage. Je devais le lire depuis un certain temps ; voilà, c'est fait !

Challenge Petits plaisirs 2014/2015
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