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ISBN : 0785930736
Éditeur : Grasset (30/11/-1)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 363 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture:
La Mort du petit cheval est la suite directe de Vipère au poing. Jean Rezeau, âgé de dix-huit ans, a coupé les ponts avec sa famille. Mais la tyrannie de Folcoche, la mère impitoyable, le poursuit toujours. Si la combativité lui a formé le caractère, la haine ne l'a guère préparé à l'amour. La nécessité fera de lui un terrassier, un valet de ferme, un camelot... et quelques femmes l'aideront à franchir le difficile passage de la haine... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  07 septembre 2016
Jean Rezeau- Brasse-bouillon- vient de passer son baccalauréat, bien sûr il n'est guère le bienvenu à la Belle Angerie, la demeure familiale de la famille Rezeau. Il y retrouve ses frères l'aîné Ferdinand dit Chiffe ou Frédie, le benjamin Marcel dit Cropette; sont aussi présents son père Jacques Rezeau et l'inévitable , l'incontournable Paule Rezeau née Pluvinec sa mère. Mais si bien sûr que vous la connaissez! pour Brasse-bouillon c'est Folcoche , la mère haïe, détestée de tous temps. le voilà arrivé à cet âge charnière où il se doit de choisir un cursus à la faculté, Droit a décrété Folcoche , il le commencera mais fera aussi une licence de lettres. Angers est vraiment trop proche de la Belle Angerie, sa mère le fait surveiller, espionner , Jean , ses vingt ans en poche, file sur Paris et y survit comme il peut animé par un esprit de revanche à toute épreuve , aidé par sa voisine de chambre Paule ; et puis un jour il croise le chemin et le regard de Monique et pour lui commence le long apprentissage d'une vie où les mots bonheur, amour, tendresse ont un sens .
La lecture de Vipère au poing m'avait laissée pantoise, celle de la mort du petit cheval me laisse sonnée . Jean a vieilli , le ton est plus incisif , plus mauvais, les diatribes contre la famille, la société, les convictions des uns et des autres sont empreintes souvent de condescendance. le regard que Jean porte sur le monde qui l'entoure est celui d'un individu "assis entre deux chaises". reniant le monde bourgeois dont il vient , dont il a acquis les gestes, les façons de se comporter, voulant entrer dans un monde en pleine mutation, monde qui ne veut pas de lui qui le considère comme un étranger . Roman d'apprentissage donc, roman règlement de compte , roman d'une génération front populaire, génération qui ne sait pas encore que des années noires l'attendent . Après Vipère au poing en 1948, La mort du petit cheval en 1950 il faudra attendre 1973 pour retrouver Folcoche une dernière fois dans le cri de la chouette , roman qui achève cette trilogie familiale.
Une écriture mordante, incisive, d'une modernité surprenante , à l'antienne de beaucoup d'autres écrivains de l'après- guerre Hervé Bazin est tombé dans un oubli respectueux ce qui me semble bien regrettable, mais ceci n'est que mon bien modeste ressenti .
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isabelleisapure
  26 octobre 2015
« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. »
Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde.
Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires contre un certain type d'oppression familiale.
Il s'agit pour moi d'une deuxième lecture et quelques trente ans après ma première découverte, j'ai retrouvé dans ce texte toute la force de l'écriture d'Hervé Bazin, un écrivain majeur du XXème siècle.
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cicou45
  24 mai 2016
Je n'ai jamais lu le roman "Vipère au poing" qui précède cet ouvrage mais j'avais vu le film qui me donnait une assez bonne image de ce que pouvait être celui-ci. Cet ouvrage-là, cette prétendue suite légitime, je ne l'ai pas achetée, elle m'a été prêtée et c'est avec grand plaisir que je termine enfin cette lecture, non pas que j'en ai été enthousiasmée mais que l'écriture m'en ait parue pesante, tout comme l'histoire d'ailleurs. A peine lu le premier chapitre, j'avais envie de renoncer mais cela n'est pas dans ma nature. tout livre commencé se doit d'être lu jusqu'au bout, telle est ma devise et mon point d'honneur si je puis dire.
Le lecteur retrouve Jean Rezeau, le narrateur qui a bien grandi depuis mais qui, face à l'autorité de ses parents on ne peux plus odieux, puisque dépourvus d'amour envers lui tout comme envers ses frères d'ailleurs, n'a jamais su faire autre chose que se plier et faire ce qu'on lui demandait. Cependant, alors qu'il devient presqu'un homme et que M. Rezeau attend de lui qu'il fasse son droit, Jean va pour la première fois prendre la plus grande et importante décision de sa vie : il ne fera pas ce que l'on attend de lui. Lui qui a toujours aspiré à devenir journaliste, il préparera donc, en douce, une licence en lettres. C'est au cours de ses études qu'il découvrira le soutien d'une jeune femme, puis de sa logeuse et qui lui feront découvrir que la gente féminine peut aussi être belle et indulgente, à l'opposé même de sa reine mère, l'abominable "Folcoche". Avec l'un de ses frères, celui avec qui il se sent le plus d'affinités, Jean va découvrir ce qu'est le monde de la misère lorsque l'on est dépourvu de soutien et surtout de ressources financières venant de l'autorité paternelle. Fred, pour Ferdinand, est lui aussi considéré comme un rejeton, alors que Marcel, lui...et bien c'est Marcel quoi ! Comment, vous ne comprenez pas ce que je veux dire ? C'est normal car toute l'intrigue se trouve dans cet ouvrage et que Fred et Jean ne découvriront qu'à la mort de l'homme qui leur a servi de père. Vous me trouvez dure je suppose lorsque j'emploie ces termes, tout comme le pensait Monique au départ, celle qui deviendra l'épouse de notre narrateur, eh bien, c'est que comme elle, vous n'avez pas encore rencontré ces personnes et découvert la triste vérité ainsi que l'abominable tas de mensonges qui se trouve enfoui au coeur de la famille Rezeau. Une famille loin de tout reproches à première vue, respectable et qui pourtant a bien su cacher ce qu'elle voulait taire, surtout en ce qui concerne Madame.
Un roman qui se lit rapidement mais dans lequel j'ai trouvé qu'il y avait parfois beaucoup de longueurs et des phrases dans lequel le lecteur se perd. Trop de descriptions à mon goût et des phrases qui mériteraient amplement d'être allégées mais ne connaissant pas l'écriture d'Hervé Bazin, peut-être est-ce un trait d'écriture qui le caractérise et auquel ses lecteurs sont habitués et apprécient? En ce qui me concerne, je ne m'y suis pas faite, ou disons, très difficilement car il y a néanmoins de magnifiques passages que je ne peux pas lui reprocher et c'est la raison pour laquelle je donnerais une note mitigée à cette lecture : A découvrir pour les plus curieux et pour les admirateurs de Jean et de sa fratrie !
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JeanLouisBOIS
  25 mars 2018
Chronique de haines familiales.
On oublie trop souvent que le grand succès d'Hervé Bazin, Vipère au poing, a donné naissance à une trilogie. La Mort du petit cheval en constitue le deuxième volet. On y retrouve les membres de la famille Rezeau : « Folcoche », son mari et ses trois fils. Bazin reste dans la continuité du premier tome. Ce roman acide à forte saveur autobiographique marque cependant une évolution, une inflexion du personnage principal et narrateur, Jean Rezeau, qui tire des leçons de son enfance en prenant une certaine distance. Devenu adolescent et jeune adulte, il va essayer de se libérer de la tutelle à la fois psychique et matérielle de sa famille. L'intrigue suit un déroulement chronologique et ne présente rien de très original dans son développement. Grâce à un style très classique, une grande clarté de l'expression, un vocabulaire parfois recherché, mais le plus souvent très accessible, des expressions fleurant bon les années 1950, ce roman se lit avec grand plaisir, un peu comme une détente, même si le sujet n'est pas spécialement divertissant. Son intérêt repose aussi sur les nombreuses digressions du narrateur qui viennent renforcer le sens du roman et expliciter ses intentions et ses retenues. Hervé Bazin se révèle ainsi comme une sorte de moraliste du milieu du 20ème siècle. Il célèbre la décomposition du mode de vie de la grande bourgeoisie qui met en avant des valeurs et des vertus qu'elle oublie de s'appliquer à elle-même. L'auteur apparaît alors comme un lointain précurseur de la remise en cause des fondements de la société française (tradition, religion, famille, sexualité, ...) qui trouvera son paroxysme en mai 1968 et ceci en plein dans « les trente glorieuses ». Il me reste à découvrir le Cri de la chouette, dernier volume des "aventures" de Jean Rezeau.

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Cathy74
  03 février 2019
La Mort du petit cheval, second volet de la trilogie vipérine d'Hervé Bazin est celui qui me touche le moins. Très introspectif, voire égotiste, le récit est centré sur Jean Rezeau, alias Brasse-Bouillon, double littéraire de l'auteur. le ton est péremptoire, la critique de sa famille et de toute autre famille ou personne amenée à croiser sa route est brutale, sans concession. Élevé dans un monde clos, éduqué dans un système de caste, Jean appartient malgré lui à celle de la haute bourgeoisie spirituelle, la seule valable selon Jacques, le père de famille. Il peine à trouver sa voie, d'autant qu'il reste sous le joug de Paule, la mère honnie et malfaisante.
Il est intéressant de noter que Paule est aussi le prénom de la bonne amie de Jean - un "pôle" positif pour un "pôle" négatif – qui l'aidera à déblayer les ronces et racines qui le ligotent.
En dépit de cette aide, Brasse-Bouillon est en passe de coller au modèle de Folcoche - alias La Vieille, alias La Douairière - trio funeste des avatars maternels - jusqu'à deux évènements décisifs ; une rencontre amoureuse sur un de ces petits bancs publics d'autrefois chers à Brassens et une révélation en demi-teinte sur un épisode chinois de la vie de sa mère. Évènements fondateurs, déclencheurs, qui vont hâler Jean sur le chemin d'un retour à soi plus apaisé. Né dans une famille divisée, il tisse le cocon d'une famille unie et s'autorise à être heureux, à la grande rage de Folchoche.
Récit de la maltraitance psychologique et mentale plus que de maltraitance physique. Conflit intérieur, stress, paroles blessantes, inégalité, un terrain chaotique à niveler.
La Mort du petit cheval donne à toucher cette confusion des sentiments, ces dialogues intérieurs douloureux et excessifs. C'est une lecture dérangeante et indispensable, un espace de transition entre Vipère au point et Le cri de la chouette, la description d'un espace en chantier, entre la fin de l'adolescence et le seuil de l'accomplissement personnel.
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Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
meevameeva   04 octobre 2018
En fait d’idées, les Ladourd étaient (comme la plupart des êtres) capables d’admettre et même d’adopter celles d’autrui sans les juger ; ils n’étaient point aussi souples en fait de sentiments. Ce qu’ils n’avaient pas eux-mêmes ressenti, ils ne pouvaient le comprendre que par opposition, par inversion de leurs valeurs, ou plus exactement, en les changeant de signe. Une telle compréhension, comme toutes les compréhensions qui ne viennent pas de l’expérience, mais d’une simple opération de l’esprit, restait une appréhension.
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ADAMSYADAMSY   17 mai 2014
II m'est pénible de devoir mes études à la fortune des miens. Certes, je ne suis pas assez sot pour regretter l'instruction qu'ils m'ont donnée, mais maintenant que je parviens à l'âge d'homme, j'aimerais me devoir le reste. J'ai toujours jalousé les boursiers, à qui nul ne peut dire : "Vous avez eu de la chance d'être un fils à papa." J'envie les "dispensés de cours", qui travaillent chez quelque notaire et potassent toute la nuit. Non que j'aime jouer la difficulté : j'ai seulement horreur de la mentalité de ces petits séminaristes qui stimulent une vocation sacerdotale pour se faire offrir le collège et s'esbignent le lendemain du bachot. Leur mauvaise conscience sera demain la mienne. L'abomination de la désolation, ce n'est pas d'être un transfuge, ni même un ingrat. Tout le monde l'est plus ou moins. L'abomination, c'est d'être un faux homme nouveau. On peut tromper les gens, on ne se trompe pas soi-même. Ceux qui prétendent le contraire ont sans doute la chance de pouvoir domestiquer leur orgueil. Moi pas. C'est pourquoi cet orgueil s'irrite. Interminable jeunesse ! Pourquoi faut-il si longtemps exister avant de vivre, demander avant de prendre, recevoir avant de donner ?
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meevameeva   01 octobre 2018
Je ne suis pas pour rien un enfant de bourgeois : le monde peut se contenter de nos restes, qu’il s’agisse de femmes, de terres ou d’argent. Mais, chut ! ne le répétez pas : ce sentiment essentiel du clan, ce sentiment dont les transfuges eux-mêmes ont tant de mal à se défaire, ce sentiment est le plus inavoué, le moins officiel : il y a même un tas d’institutions dont le rôle est de vous empêcher d’y croire, en organisant cette prodigalité des restes qui s’appelle la charité.
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cicou45cicou45   23 mai 2016
"Rien n'est plus désagréable que de découvrir en soi les défauts que nous reprochons à autrui."
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KymchieKymchie   09 avril 2016
Vous pensez, ma mère, à ce que j'aurais pu être? Moi aussi. Je vous remercie. Vous m'avez donné l'occasion d'être ce que je n'aurais jamais été si, vous aimant, j'avais aimé tout ce que vous représentez. Heureusement, je ne vous aimais pas !
Je ne veux pas dire que je vous hais : ne forçons plus les mots, ni surtout votre talent. Je ne vous aime ni ne vous déteste. C'est pire ; je ne vous sens pas, je me sens né de mère inconnue.
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