AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9780785930730
203 pages
Éditeur : Grasset (30/11/-1)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 396 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture:
La Mort du petit cheval est la suite directe de Vipère au poing. Jean Rezeau, âgé de dix-huit ans, a coupé les ponts avec sa famille. Mais la tyrannie de Folcoche, la mère impitoyable, le poursuit toujours. Si la combativité lui a formé le caractère, la haine ne l'a guère préparé à l'amour. La nécessité fera de lui un terrassier, un valet de ferme, un camelot... et quelques femmes l'aideront à franchir le difficile passage de la haine... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  07 septembre 2016
Jean Rezeau- Brasse-bouillon- vient de passer son baccalauréat, bien sûr il n'est guère le bienvenu à la Belle Angerie, la demeure familiale de la famille Rezeau. Il y retrouve ses frères l'aîné Ferdinand dit Chiffe ou Frédie, le benjamin Marcel dit Cropette; sont aussi présents son père Jacques Rezeau et l'inévitable , l'incontournable Paule Rezeau née Pluvinec sa mère. Mais si bien sûr que vous la connaissez! pour Brasse-bouillon c'est Folcoche , la mère haïe, détestée de tous temps. le voilà arrivé à cet âge charnière où il se doit de choisir un cursus à la faculté, Droit a décrété Folcoche , il le commencera mais fera aussi une licence de lettres. Angers est vraiment trop proche de la Belle Angerie, sa mère le fait surveiller, espionner , Jean , ses vingt ans en poche, file sur Paris et y survit comme il peut animé par un esprit de revanche à toute épreuve , aidé par sa voisine de chambre Paule ; et puis un jour il croise le chemin et le regard de Monique et pour lui commence le long apprentissage d'une vie où les mots bonheur, amour, tendresse ont un sens .
La lecture de Vipère au poing m'avait laissée pantoise, celle de la mort du petit cheval me laisse sonnée . Jean a vieilli , le ton est plus incisif , plus mauvais, les diatribes contre la famille, la société, les convictions des uns et des autres sont empreintes souvent de condescendance. le regard que Jean porte sur le monde qui l'entoure est celui d'un individu "assis entre deux chaises". reniant le monde bourgeois dont il vient , dont il a acquis les gestes, les façons de se comporter, voulant entrer dans un monde en pleine mutation, monde qui ne veut pas de lui qui le considère comme un étranger . Roman d'apprentissage donc, roman règlement de compte , roman d'une génération front populaire, génération qui ne sait pas encore que des années noires l'attendent . Après Vipère au poing en 1948, La mort du petit cheval en 1950 il faudra attendre 1973 pour retrouver Folcoche une dernière fois dans le cri de la chouette , roman qui achève cette trilogie familiale.
Une écriture mordante, incisive, d'une modernité surprenante , à l'antienne de beaucoup d'autres écrivains de l'après- guerre Hervé Bazin est tombé dans un oubli respectueux ce qui me semble bien regrettable, mais ceci n'est que mon bien modeste ressenti .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          460
ventrebleu
  03 février 2020
La Mort du petit cheval fait suite à la Vipère au poing d'Hervé Bazin.
Le jeune Jean Rezeau a obtenu son bac et entame des études de droit selon la volonté de son père puis se réoriente vers Lettres par goût personnel et esprit de contradiction. Rompant les ponts avec la tradition bourgeoise de sa famille, il finance lui-même ses études par de petits boulots. Après plusieurs aventures sentimentales, il rencontre Monique qu'il épouse. de ce couple naît un enfant. le roman se termine par la mort du père de Jean et la question de l'héritage que la mère entend bien régler en faveur de Marcel, son fils cadet.
Si l'intrigue du premier volume, basée sur la lutte sans merci entre Jean et sa mère, était tout à fait prenante, celle du second se révèle relativement pâlichonne. Je vous avouerai que les pérégrinations du jeune Rezeau m'ont laissé assez froid. Ce personnage vil et cynique à la limite de l'obscène - particulièrement en ce qui concerne son attitude vis à vis des femmes, et même s'il ne manque pas d'ironie - m'a souvent révulsé. Je ne suis pas grand fervent du mouvement #metoo mais ici je suis bien content de ne plus vivre à cette époque où il était encore possible de considérer la gent féminine comme quelque chose d'inférieur et de vaguement utilitaire. Évidemment le lecteur que je suis comprend bien les traumatismes fondamentaux subis par le narrateur durant son enfance - ils sont suffisamment explicités dans le premier volume -, cela ne lui rend cependant pas ce personnage digne d'empathie.
Pour ce qui est du style, je pense qu'il n'est pas nécessaire de revenir sur le fait qu'il est exceptionnel. Il est certes un peu pompeux, un peu vieilli, mais il est d'une qualité hors du commun. Je pense que cette manière d'écrire, pleine d'humour, de surprise et de finesse, fait que ce livre malgré ses lourdeurs reste un chef-d'oeuvre de la littérature française.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
isabelleisapure
  26 octobre 2015
« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. »
Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde.
Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires contre un certain type d'oppression familiale.
Il s'agit pour moi d'une deuxième lecture et quelques trente ans après ma première découverte, j'ai retrouvé dans ce texte toute la force de l'écriture d'Hervé Bazin, un écrivain majeur du XXème siècle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
cicou45
  24 mai 2016
Je n'ai jamais lu le roman "Vipère au poing" qui précède cet ouvrage mais j'avais vu le film qui me donnait une assez bonne image de ce que pouvait être celui-ci. Cet ouvrage-là, cette prétendue suite légitime, je ne l'ai pas achetée, elle m'a été prêtée et c'est avec grand plaisir que je termine enfin cette lecture, non pas que j'en ai été enthousiasmée mais que l'écriture m'en ait parue pesante, tout comme l'histoire d'ailleurs. A peine lu le premier chapitre, j'avais envie de renoncer mais cela n'est pas dans ma nature. tout livre commencé se doit d'être lu jusqu'au bout, telle est ma devise et mon point d'honneur si je puis dire.
Le lecteur retrouve Jean Rezeau, le narrateur qui a bien grandi depuis mais qui, face à l'autorité de ses parents on ne peux plus odieux, puisque dépourvus d'amour envers lui tout comme envers ses frères d'ailleurs, n'a jamais su faire autre chose que se plier et faire ce qu'on lui demandait. Cependant, alors qu'il devient presqu'un homme et que M. Rezeau attend de lui qu'il fasse son droit, Jean va pour la première fois prendre la plus grande et importante décision de sa vie : il ne fera pas ce que l'on attend de lui. Lui qui a toujours aspiré à devenir journaliste, il préparera donc, en douce, une licence en lettres. C'est au cours de ses études qu'il découvrira le soutien d'une jeune femme, puis de sa logeuse et qui lui feront découvrir que la gente féminine peut aussi être belle et indulgente, à l'opposé même de sa reine mère, l'abominable "Folcoche". Avec l'un de ses frères, celui avec qui il se sent le plus d'affinités, Jean va découvrir ce qu'est le monde de la misère lorsque l'on est dépourvu de soutien et surtout de ressources financières venant de l'autorité paternelle. Fred, pour Ferdinand, est lui aussi considéré comme un rejeton, alors que Marcel, lui...et bien c'est Marcel quoi ! Comment, vous ne comprenez pas ce que je veux dire ? C'est normal car toute l'intrigue se trouve dans cet ouvrage et que Fred et Jean ne découvriront qu'à la mort de l'homme qui leur a servi de père. Vous me trouvez dure je suppose lorsque j'emploie ces termes, tout comme le pensait Monique au départ, celle qui deviendra l'épouse de notre narrateur, eh bien, c'est que comme elle, vous n'avez pas encore rencontré ces personnes et découvert la triste vérité ainsi que l'abominable tas de mensonges qui se trouve enfoui au coeur de la famille Rezeau. Une famille loin de tout reproches à première vue, respectable et qui pourtant a bien su cacher ce qu'elle voulait taire, surtout en ce qui concerne Madame.
Un roman qui se lit rapidement mais dans lequel j'ai trouvé qu'il y avait parfois beaucoup de longueurs et des phrases dans lequel le lecteur se perd. Trop de descriptions à mon goût et des phrases qui mériteraient amplement d'être allégées mais ne connaissant pas l'écriture d'Hervé Bazin, peut-être est-ce un trait d'écriture qui le caractérise et auquel ses lecteurs sont habitués et apprécient? En ce qui me concerne, je ne m'y suis pas faite, ou disons, très difficilement car il y a néanmoins de magnifiques passages que je ne peux pas lui reprocher et c'est la raison pour laquelle je donnerais une note mitigée à cette lecture : A découvrir pour les plus curieux et pour les admirateurs de Jean et de sa fratrie !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          193
JeanLouisBOIS
  25 mars 2018
Chronique de haines familiales.
On oublie trop souvent que le grand succès d'Hervé Bazin, Vipère au poing, a donné naissance à une trilogie. La Mort du petit cheval en constitue le deuxième volet. On y retrouve les membres de la famille Rezeau : « Folcoche », son mari et ses trois fils. Bazin reste dans la continuité du premier tome. Ce roman acide à forte saveur autobiographique marque cependant une évolution, une inflexion du personnage principal et narrateur, Jean Rezeau, qui tire des leçons de son enfance en prenant une certaine distance. Devenu adolescent et jeune adulte, il va essayer de se libérer de la tutelle à la fois psychique et matérielle de sa famille. L'intrigue suit un déroulement chronologique et ne présente rien de très original dans son développement. Grâce à un style très classique, une grande clarté de l'expression, un vocabulaire parfois recherché, mais le plus souvent très accessible, des expressions fleurant bon les années 1950, ce roman se lit avec grand plaisir, un peu comme une détente, même si le sujet n'est pas spécialement divertissant. Son intérêt repose aussi sur les nombreuses digressions du narrateur qui viennent renforcer le sens du roman et expliciter ses intentions et ses retenues. Hervé Bazin se révèle ainsi comme une sorte de moraliste du milieu du 20ème siècle. Il célèbre la décomposition du mode de vie de la grande bourgeoisie qui met en avant des valeurs et des vertus qu'elle oublie de s'appliquer à elle-même. L'auteur apparaît alors comme un lointain précurseur de la remise en cause des fondements de la société française (tradition, religion, famille, sexualité, ...) qui trouvera son paroxysme en mai 1968 et ceci en plein dans « les trente glorieuses ». Il me reste à découvrir le Cri de la chouette, dernier volume des "aventures" de Jean Rezeau.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140

Citations et extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
ventrebleuventrebleu   10 janvier 2020
Entre Ker-Fleurette et 7-A-C, deux odieuses bicoques, la villa des Ladourd faisait preuve d'un certain bon goût. Les Armérias, annonçait la plaque d'émail. Cent mètres carrés de jardinet n'en offraient point la moindre touffe, mais les briques de la façade en arboraient le rose fatigué et s'harmonisaient avec l'azur local, cette nappe lavande trouée de blanc, avec les ocres discrets de la falaise dégringolant vers l'anse de Kervoyal, avec ce mélange de gris rouillés et mouillés qu'est une plage bretonne à marée basse. Six fenêtres grandes ouvertes reniflaient cette brise de terre, venue au petit trot des lointaines landes de Lanvaux, où se réfugie, dit-on, le dernier couple de loups.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          132
meevameeva   04 octobre 2018
En fait d’idées, les Ladourd étaient (comme la plupart des êtres) capables d’admettre et même d’adopter celles d’autrui sans les juger ; ils n’étaient point aussi souples en fait de sentiments. Ce qu’ils n’avaient pas eux-mêmes ressenti, ils ne pouvaient le comprendre que par opposition, par inversion de leurs valeurs, ou plus exactement, en les changeant de signe. Une telle compréhension, comme toutes les compréhensions qui ne viennent pas de l’expérience, mais d’une simple opération de l’esprit, restait une appréhension.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
ADAMSYADAMSY   17 mai 2014
II m'est pénible de devoir mes études à la fortune des miens. Certes, je ne suis pas assez sot pour regretter l'instruction qu'ils m'ont donnée, mais maintenant que je parviens à l'âge d'homme, j'aimerais me devoir le reste. J'ai toujours jalousé les boursiers, à qui nul ne peut dire : "Vous avez eu de la chance d'être un fils à papa." J'envie les "dispensés de cours", qui travaillent chez quelque notaire et potassent toute la nuit. Non que j'aime jouer la difficulté : j'ai seulement horreur de la mentalité de ces petits séminaristes qui stimulent une vocation sacerdotale pour se faire offrir le collège et s'esbignent le lendemain du bachot. Leur mauvaise conscience sera demain la mienne. L'abomination de la désolation, ce n'est pas d'être un transfuge, ni même un ingrat. Tout le monde l'est plus ou moins. L'abomination, c'est d'être un faux homme nouveau. On peut tromper les gens, on ne se trompe pas soi-même. Ceux qui prétendent le contraire ont sans doute la chance de pouvoir domestiquer leur orgueil. Moi pas. C'est pourquoi cet orgueil s'irrite. Interminable jeunesse ! Pourquoi faut-il si longtemps exister avant de vivre, demander avant de prendre, recevoir avant de donner ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
meevameeva   01 octobre 2018
Je ne suis pas pour rien un enfant de bourgeois : le monde peut se contenter de nos restes, qu’il s’agisse de femmes, de terres ou d’argent. Mais, chut ! ne le répétez pas : ce sentiment essentiel du clan, ce sentiment dont les transfuges eux-mêmes ont tant de mal à se défaire, ce sentiment est le plus inavoué, le moins officiel : il y a même un tas d’institutions dont le rôle est de vous empêcher d’y croire, en organisant cette prodigalité des restes qui s’appelle la charité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
cicou45cicou45   23 mai 2016
"Rien n'est plus désagréable que de découvrir en soi les défauts que nous reprochons à autrui."
Commenter  J’apprécie          540

Videos de Hervé Bazin (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Bazin
Radioscopie inédite n°12 Hervé Bazin au micro de Jacques Chancel (1978).
autres livres classés : indépendance financièreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Hervé Bazin

Né à Angers en ...

1901
1911
1921
1931

12 questions
45 lecteurs ont répondu
Thème : Hervé BazinCréer un quiz sur ce livre

.. ..