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ISBN : 2253001457
Éditeur : Le Livre de Poche (07/03/1972)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 4899 notes)
Résumé :
Vipère au poing, c’est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu’ils ont surnommée Folcoche.

Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d’Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d’emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus.
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Critiques, Analyses et Avis (271) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  27 octobre 2018
L'histoire de « Vipère au poing » se trouve dans les recoins sombres de notre mémoire collective, qu'on ait lu ou pas le livre. Son héroïne, Folcoche, marâtre rusée, calculatrice, haineuse, pétrie de mauvaise religion, au corps sec comme une trique, est à ranger au musée des horreurs.
Ce livre, c'est l'histoire d'une France qui n'existe plus, tombée aux oubliettes dans les fracas de la seconde guerre mondiale. C'est la France de cette vieille noblesses mélangée, pour le meilleur et pour le pire, à cette grande bourgeoisie provinciale, les deux se rejoignant dans leur insupportable arrogance, les deux ayant les mêmes doigts crochus quand il s'agit de défendre leurs petits privilèges, les deux recroquevillées dans leurs manoirs branlants sans voir la marche du monde. C'est la France de Charles Maurras, de la « divine surprise » quand la troisième République s'effondre comme un château de cartes face aux légions nazies.
Ce livre, c'est l'histoire d'une famille de fin de race qui sent confusément que les valeurs qu'ils véhiculent vont disparaître, que leur heure est comptée. D'où ce raidissement, peut-être ? Comme un dernier pied de nez au destin.
Un père veule et insignifiant, des percepteurs au rabais qui préfèrent fuir en courant ou regarder distraitement ailleurs… Personne pour empêcher la sorcière Folcoche de régner en Maître absolu sur le domaine de la « Belle Angerie », et d'humilier de la plus épouvantable manière ses propres fils : Chiffe, Cropette, Brasse-bouillon. Coups de fourchettes sur les mains, surveillance continuelle, mentalité de la méfiance érigée en dogme, crânes tondus, déshabillage des consciences… Aucun abaissement, aucune vexation ne leur sera épargné. Et tout cela au nom de la bien-pensance chrétienne.
Le seul à relever le gant face à la dictature de Folcoche sera Brasse-bouillon, notre narrateur. Plus dur que ses deux frères, plus malin, plus endurant, sa jeunesse finira par la vaincre. Avec un certain plaisir cynique, il se rendra compte en même temps qu'il lui ressemble en tout point avec sa haine et son mépris plantés dans le coeur. Son premier acte d'homme sera d'ailleurs de se moquer et de faire pleurer une pauvre fille. Écoeurant, gratuit, et en même temps tellement prévisible.
C'est mon premier Bazin. le style est d'une puissance peu commune et les sarcasmes mouillés d'acide. La haine et le fiel sont à fleur de peau. Magistral.


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missmolko1
  28 mai 2012
Un classique à lire et à relire et je ne m'en lasse pas...
Malheureusement ayant vu l'excellent film avec dans le rôle de Folcoche, Catherine Frot, ma lecture a été un peu gâché car il n'y avait plus beaucoup de surprise étant donné que le film est assez fidèle au roman.
L'écriture d'Hervé Bazin m'a beaucoup plu et m'a rappelé la narration des films la gloire de mon père et le château de ma mère que je regardais quand j'étais enfant. (je serais sans doute la seule a faire cette comparaison mais c'est parfois agréable de se remémorer des souvenirs d'enfance à travers d'un livre).
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si-bemol
  03 janvier 2019
“Elle avait de jolis yeux, vous savez, cette vipère, (...) des yeux de topaze brûlée, piqués noirs au centre et tout pétillants d'une lumière que je saurais plus tard s'appeler la haine et que je retrouverais dans les prunelles de Folcoche, je veux dire de ma mère.”
Avec ce roman, nous pénétrons dans l'effroyable intimité d'une famille de la grande bourgeoisie de province, bien pensante et catholique fervente des années vingt chez qui, derrière les murs clos de la propriété, à l'abri des regards, se joue chaque jour et à huis clos la tragédie de la maltraitance ordinaire poussée à son paroxysme par une mère monstrueuse, une folle, une cochonne : Folcoche.
Le froid, la faim, les privations, les corvées, les sévices, sous les yeux d'un père secrètement compatissant mais d'une absolue lâcheté, une torture psychologique de tous les instants, une destruction systématique, jouissive, du bonheur et de l'innocence, un saccage méthodique de l'enfance… Comment survivre face à une mère qui est l'incarnation du sadisme, de la démence froide et de la haine ? Comment préserver ce qui peut l'être encore et réussir, un peu, à se construire ?
L'école se fait à la maison, sous la houlette d'un vieil abbé aigri, malveillant et vermoulu, les domestiques un peu sensibles ont été renvoyés, il n'y a, pour ces enfants, aucune aide extérieure possible. Pour Chife, Cropette et Brasse-Bouillon, le narrateur et le meneur de la résistance, il n'y aura de solution possible que dans l'affrontement, la révolte, la rage, la vengeance et la haine…
Avec "Vipère au poing", Hervé Bazin signait en 1948 son premier roman, largement autobiographique, qui le rendit aussitôt célèbre, et l'une des dénonciations les plus violentes de l'enfance maltraitée qui, encore aujourd'hui, fait toujours froid dans le dos. Un roman effroyable et très bien écrit qui est devenu un incontournable de la littérature française au point de figurer, soixante-dix ans plus tard, au programme des collèges.
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
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sylvaine
  23 août 2015
V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, …….

Nous sommes dans les années 1920 / 1930 à La Belle Angerie, siège social, depuis plus de deux cents ans, de la famille Rezeau en Craonnais (Mayenne). La famille Rezeau jouit d'une notoriété de bon aloi dans toute la région ce qui lui ouvre beaucoup de portes….
Je vous présente donc le père Jacques Rezeau, docteur en droit, professeur à l'Université catholique féru d'entomologie , Paule Pluvignec son épouse riche héritière en puissance de son grand-père banquier et de son père sénateur. Mariage de raison il va s'en dire vue la situation économique des Rezeau. Les enfants : l'aîné Frédie, Jean, le narrateur et Marcel le benjamin né à Changai.
Reprenant cette présentation je préciserais pour la clarté du récit le père dit le vieux, la mère dite Folcoche, Frédie alias Chiffe, Jean surnommé Brasse-Bouillon et le dernier Marcel autrement dit Cropette.
Confiés à leur grand-mère Rezeau Frédie et Jean vivent une enfance certes assez stricte mais affection et attention ne font pas défaut. C'est la mort de leur grand-mère qui va précipiter le retour de leurs parents.
Pour eux le drame commence ! Celle qu'ils vont bien vite surnommer Folcoche (comprenez Folle et cochonne) est prête à tout pour affirmer son autorité absolue sur enfants, personnel et époux bien sûr ! Elle ne se prive pas de rappeler à tous que c'est sa dot qui a permis de conserver la demeure. Pour cela elle n'hésite pas à imposer à tous privations sur privations, à prendre en main leur éducation religieuse , à leur imposer des précepteurs religieux choisis plus en fonction de leur prix de revient que de leur pédagogie. Tous les moyens sont bons pour pouvoir briser ces jeunes garçons. C'est sans compter sur le caractère trempé de Jean qui va mener comme il le peut une guerre sans merci à cette mère exécrable et exécrée. Telle mère tel fils !
Ce roman, est-ce vraiment un roman d'ailleurs est d'une violence inouïe !j'ai rarement lu une telle fureur, une telle haine. Pourtant j'ai quelques années de lecture derrière moi et je suis restée abasourdie, assommée la dernière page tournée. Si seulement ce genre de femme pouvait ne plus exister mais je sais au fond de moi que ce n'est qu'un voeu pieux et que de part le monde des enfants souffrent toujours de maltraitance.
À lire absolument !
Ps : V.F signifie Vengeance Folcoche !

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2605
  02 octobre 2012
Je me rappelle avoir lu, et relu, mais pas re-relu (ce qui friserait la lecture pathologique), ce roman à une époque où j'avais ma propre Folcoche sous le coude. Folcoche me faisant emblème de la marâtre, et là où le récit se fait plus cuisant c'est que cette Folcoche là est la propre mère du narrateur. Une lecture hautement jubilatoire donc, pour l'ado de base se trouvant ou s'étant trouvé dans le même terrarium que Brasse-bouillon, mais surtout une lecture insufflant l'espoir…Derrière les mots cinglants, et les scènes rudes, derrière l'espèce de combat psychologique entre dominant et résistant, une fenêtre sur la résistance de l'enfant. Ce qui ne tue pas rend plus fort certes, même si cela passe par des années parfois pour faire refluer le venin. On espère que l'écriture aura été puissamment libératrice pour l'auteur, elle offre en tout cas un témoignage fort et percutant, une lecture déculpabilisant peut-être aussi les sentiments familiaux, par la possibilité soulevée du récit, la lutte et l'affranchissement de rapports qui si filiales, pourtant nuisibles et malsains, faisant voler l'enfance en éclat et laissant une empreinte indélébile gravée dans l'écorce. Cela mériterait sans doute une relecture de ma part avec le recul du temps qui passe, mais cela reste dans mon souvenir une lecture à recommander aux plus et moins jeunes.
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Citations et extraits (209) Voir plus Ajouter une citation
ScribaScriba   20 décembre 2009
Cette vipère, ma vipère, dûment étranglée, mais surtout renaissante, je la brandis encore et je la brandirai toujours, quel que soit le nom qu'il te plaise de lui donner : haine, politique du pire, désespoir ou goût du malheur ! Cette vipère, ta vipère, je la brandis, je la secoue, je m'avance dans la vie avec ce trophée, effarouchant mon public, faisant le vide autour de moi. Merci ma mère ! Je suis celui qui marche, une vipère au poing.
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Eric76Eric76   19 octobre 2018
Des prés bas, rongés de carex, des chemins creux qui exigent le chariot à roues géantes, d'innombrables haies vives qui font de la campagne un épineux damier, des pommiers à cidre encombrés de gui, quelques landes à genêts et, surtout, mille et une mares, asiles de légendes mouillées, de couleuvres d'eau et d'incessantes grenouilles. Un paradis terrestre pour la bécassine, le lapin et la chouette.
Mais pas pour les hommes. De race chétive, très "Gaulois dégénérés", cagneux, souvent tuberculeux, décimés par le cancer, les indigènes conservent la moustache tombante, la coiffe à ruban bleu, le goût des soupes épaisses comme un mortier, une grande soumission envers la cure et le château, une méfiance de corbeaux, une ténacité de chiendent, quelque faiblesse pour l'eau-de-vie de prunelle et surtout pour le poiré. Presque tous sont métayers, sur la même terre, de père en fils. Serfs dans l'âme, ils envoient à la Chambre une demi-douzaine de vicomtes républicains et, aux écoles chrétiennes, cette autre demi-douzaine d'enfants, qui deviennent, en grandissant, des "bicards" et des valets qui ne se paient point.
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ScribaScriba   20 décembre 2009
J'entre à peine dans la vie et, grâce à toi, je ne crois plus à rien, ni à personne. [...]Celui qui n'a pas cru en sa mère, celui-là n'entrera pas dans le royaume de la terre. Toute foi me semble une duperie, toute autorité un fléau, toute tendresse un calcul. Les plus sincères amitiés, les bonnes volontés, les tendresses à venir, je les soupçonnerai, je les découragerai, je les renierai. L'homme doit vivre seul. Aimer, c'est s'abdiquer. Haïr, c'est s'affirmer. Je suis, je vis, j'attaque, je détruis.
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Eric76Eric76   25 octobre 2018
Nous partageons tout, hormis le privilège de la virilité, que le ciel lui a refusé par inadvertance et qu'elle usurpe allègrement. Il n'est aucun sentiment, aucun trait de mon caractère ou de mon visage que je ne puisse retrouver en elle. Mes trop grandes oreilles, mes cheveux secs, ma galoche de menton, le mépris des faibles, la méfiance envers la bonté, l'horreur du mièvre, l'esprit de contradiction, le goût de la bagarre, de la viande, des fruits et des phrases acides, l'opiniâtreté, l'avarice, le culte de ma force et la force de mon culte… Salut, Folcoche ! Je suis bien ton fils si je ne suis pas ton enfant.
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miladomilado   07 janvier 2013
Nous n'avions, en effet, jamais vu la mer, bien que La Baule ne se trouve qu'à cent kilomètres de la Belle Angerie. La famille estimait inutiles et même immorales les trempettes mondaines en eau salée, toute viande dehors. L'horreur du nu et tenace en Craonnais. La peur de l'eau également, tant qu'elle n'est pas bénite. L'éducation en vase clos - en ciboire, dira Frédie - ne permettait aucune fréquentation dangereuse. Chacun sait que sur les plages, on est obligé de se commettre plus ou moins avec les boutiquiers enrichis et la canaille des congés payés. Et puis, enfin, ça coûte cher.
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