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ISBN : 2253001457
Éditeur : Le Livre de Poche (07/03/1972)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 4524 notes)
Résumé :
Vipère au poing, c’est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu’ils ont surnommée Folcoche.

Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d’Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d’emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus.
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Critiques, Analyses et Avis (232) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  27 octobre 2018
L'histoire de « Vipère au poing » se trouve dans les recoins sombres de notre mémoire collective, qu'on ait lu ou pas le livre. Son héroïne, Folcoche, marâtre rusée, calculatrice, haineuse, pétrie de mauvaise religion, au corps sec comme une trique, est à ranger au musée des horreurs.
Ce livre, c'est l'histoire d'une France qui n'existe plus, tombée aux oubliettes dans les fracas de la seconde guerre mondiale. C'est la France de cette vieille noblesses mélangée, pour le meilleur et pour le pire, à cette grande bourgeoisie provinciale, les deux se rejoignant dans leur insupportable arrogance, les deux ayant les mêmes doigts crochus quand il s'agit de défendre leurs petits privilèges, les deux recroquevillées dans leurs manoirs branlants sans voir la marche du monde. C'est la France de Charles Maurras, de la « divine surprise » quand la troisième République s'effondre comme un château de cartes face aux légions nazies.
Ce livre, c'est l'histoire d'une famille de fin de race qui sent confusément que les valeurs qu'ils véhiculent vont disparaître, que leur heure est comptée. D'où ce raidissement, peut-être ? Comme un dernier pied de nez au destin.
Un père veule et insignifiant, des percepteurs au rabais qui préfèrent fuir en courant ou regarder distraitement ailleurs… Personne pour empêcher la sorcière Folcoche de régner en Maître absolu sur le domaine de la « Belle Angerie », et d'humilier de la plus épouvantable manière ses propres fils : Chiffe, Cropette, Brasse-bouillon. Coups de fourchettes sur les mains, surveillance continuelle, mentalité de la méfiance érigée en dogme, crânes tondus, déshabillage des consciences… Aucun abaissement, aucune vexation ne leur sera épargné. Et tout cela au nom de la bien-pensance chrétienne.
Le seul à relever le gant face à la dictature de Folcoche sera Brasse-bouillon, notre narrateur. Plus dur que ses deux frères, plus malin, plus endurant, sa jeunesse finira par la vaincre. Avec un certain plaisir cynique, il se rendra compte en même temps qu'il lui ressemble en tout point avec sa haine et son mépris plantés dans le coeur. Son premier acte d'homme sera d'ailleurs de se moquer et de faire pleurer une pauvre fille. Écoeurant, gratuit, et en même temps tellement prévisible.
C'est mon premier Bazin. le style est d'une puissance peu commune et les sarcasmes mouillés d'acide. La haine et le fiel sont à fleur de peau. Magistral.


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missmolko1
  28 mai 2012
Un classique à lire et à relire et je ne m'en lasse pas...
Malheureusement ayant vu l'excellent film avec dans le rôle de Folcoche, Catherine Frot, ma lecture a été un peu gâché car il n'y avait plus beaucoup de surprise étant donné que le film est assez fidèle au roman.
L'écriture d'Hervé Bazin m'a beaucoup plu et m'a rappelé la narration des films la gloire de mon père et le château de ma mère que je regardais quand j'étais enfant. (je serais sans doute la seule a faire cette comparaison mais c'est parfois agréable de se remémorer des souvenirs d'enfance à travers d'un livre).
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sylvaine
  23 août 2015
V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, V.F, …….

Nous sommes dans les années 1920 / 1930 à La Belle Angerie, siège social, depuis plus de deux cents ans, de la famille Rezeau en Craonnais (Mayenne). La famille Rezeau jouit d'une notoriété de bon aloi dans toute la région ce qui lui ouvre beaucoup de portes….
Je vous présente donc le père Jacques Rezeau, docteur en droit, professeur à l'Université catholique féru d'entomologie , Paule Pluvignec son épouse riche héritière en puissance de son grand-père banquier et de son père sénateur. Mariage de raison il va s'en dire vue la situation économique des Rezeau. Les enfants : l'aîné Frédie, Jean, le narrateur et Marcel le benjamin né à Changai.
Reprenant cette présentation je préciserais pour la clarté du récit le père dit le vieux, la mère dite Folcoche, Frédie alias Chiffe, Jean surnommé Brasse-Bouillon et le dernier Marcel autrement dit Cropette.
Confiés à leur grand-mère Rezeau Frédie et Jean vivent une enfance certes assez stricte mais affection et attention ne font pas défaut. C'est la mort de leur grand-mère qui va précipiter le retour de leurs parents.
Pour eux le drame commence ! Celle qu'ils vont bien vite surnommer Folcoche (comprenez Folle et cochonne) est prête à tout pour affirmer son autorité absolue sur enfants, personnel et époux bien sûr ! Elle ne se prive pas de rappeler à tous que c'est sa dot qui a permis de conserver la demeure. Pour cela elle n'hésite pas à imposer à tous privations sur privations, à prendre en main leur éducation religieuse , à leur imposer des précepteurs religieux choisis plus en fonction de leur prix de revient que de leur pédagogie. Tous les moyens sont bons pour pouvoir briser ces jeunes garçons. C'est sans compter sur le caractère trempé de Jean qui va mener comme il le peut une guerre sans merci à cette mère exécrable et exécrée. Telle mère tel fils !
Ce roman, est-ce vraiment un roman d'ailleurs est d'une violence inouïe !j'ai rarement lu une telle fureur, une telle haine. Pourtant j'ai quelques années de lecture derrière moi et je suis restée abasourdie, assommée la dernière page tournée. Si seulement ce genre de femme pouvait ne plus exister mais je sais au fond de moi que ce n'est qu'un voeu pieux et que de part le monde des enfants souffrent toujours de maltraitance.
À lire absolument !
Ps : V.F signifie Vengeance Folcoche !

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Crazynath
  06 décembre 2018
Quel choc ! Quelle claque ! Je m'attendais certes à quelque chose de fort en lisant ce livre, mais pas à ce point, je le reconnais.
Je connais le nom de Hervé Bazin depuis fort longtemps, m'étant même aventurée dans ma jeunesse à lire « An nom du fils » que j'avais bien aimé. Cependant, même si je savais que le roman le plus célèbre de l'auteur était Vipère au poing, j'ai toujours repoussé le moment de cette lecture. Peut-être que le sujet me faisait peur, et que je n'étais pas si pressée d'affronter la terrible Folcoche.
Je n'ai jamais vu les films, même si j'ai vu des extraits de celui où Alice Sapritch l'interprétait ainsi que celui, plus récent avec Catherine Frot . Les deux actrices ont endossé avec beaucoup de talent le rôle de cette terrible mégère.
Je ne raconterais pas l'histoire, qui est connue, et il y a suffisamment de très bonnes critiques qui la résument parfaitement.
Je vais plus faire part de mon ressenti.
Comment ne pas être bouleversée par ce que fait subir cette marâtre à ses enfants et à son entourage, car finalement, personne n'échappe à Folcoche quand elle a décidé de se prendre à vous !
Maltraitante, mal-traitante, cette femme semble être une caricature, mais quand on sait que l'auteur s'est inspiré de sa propre histoire familiale pour écrire ce livre, on ne peut qu'être touché au plus profond de soi.
Oui, il existe ce genre de femmes, maltraitantes, toxiques pour leurs enfants et les dégâts sont considérables et quelquefois très longs à être réparés.
Jean, d'ailleurs ne le cache pas :il ressemble à sa mère, et cette haine qu'elle a en elle lui sert de référence et de moteur , car il grandi avec cette haine au coeur… En digne fils de Folcoche, il aura les ressources nécessaires pour la fuir, mais sera-t-il sauvé des conséquences de cette enfance désastreuse ?
J'ai bien l'intention de lire les deux suites de cette histoire, ayant très envie de savoir comment Jean va s'en sortir une fois parvenu à l'âge adulte. Ses relations avec les femmes ne s'annoncent pas sous les meilleurs auspices, ce qui n'a d'ailleurs rien d'étonnant…
Le style de l'auteur m'a beaucoup plu, percutant, vibrant de haine et de révolte , et exprimant si bien le ressenti de ce jeune garçon…
En résumé : un grand moment de lecture…

Challenge Pyramide II
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2605
  02 octobre 2012
Je me rappelle avoir lu, et relu, mais pas re-relu (ce qui friserait la lecture pathologique), ce roman à une époque où j'avais ma propre Folcoche sous le coude. Folcoche me faisant emblème de la marâtre, et là où le récit se fait plus cuisant c'est que cette Folcoche là est la propre mère du narrateur. Une lecture hautement jubilatoire donc, pour l'ado de base se trouvant ou s'étant trouvé dans le même terrarium que Brasse-bouillon, mais surtout une lecture insufflant l'espoir…Derrière les mots cinglants, et les scènes rudes, derrière l'espèce de combat psychologique entre dominant et résistant, une fenêtre sur la résistance de l'enfant. Ce qui ne tue pas rend plus fort certes, même si cela passe par des années parfois pour faire refluer le venin. On espère que l'écriture aura été puissamment libératrice pour l'auteur, elle offre en tout cas un témoignage fort et percutant, une lecture déculpabilisant peut-être aussi les sentiments familiaux, par la possibilité soulevée du récit, la lutte et l'affranchissement de rapports qui si filiales, pourtant nuisibles et malsains, faisant voler l'enfance en éclat et laissant une empreinte indélébile gravée dans l'écorce. Cela mériterait sans doute une relecture de ma part avec le recul du temps qui passe, mais cela reste dans mon souvenir une lecture à recommander aux plus et moins jeunes.
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Citations et extraits (176) Voir plus Ajouter une citation
CrazynathCrazynath   07 décembre 2018
Cette vipère, ma vipère, dument étranglée, mais partout renaissante, je la brandis encore et je la brandirais toujours, quel que soit le nom qu'il te plaise de lui donner : haine, politique du pire, désespoir ou gout du malheur ! Cette vipère, ta vipère, je la brandis, je la secoue, je m'avance dans la vie avec ce trophée, effarouchant mon public, faisant le vide autour de moi. Merci, ma mère ! Je suis celui qui marche, une vipère au poing .
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CrazynathCrazynath   07 décembre 2018
Tu n'es pas ce que tu veux, mais tu seras ce que tu voudras.
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CrazynathCrazynath   07 décembre 2018
Salut Folcoche ! Je suis bien ton fils si je ne suis pas ton enfant .
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CrazynathCrazynath   07 décembre 2018
Le train repartit vers le Craonnais, terre des choux, des chouans, des chouettes et des choucas qui crient autour des clochers : " Je-croa, je-croa!"
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CrazynathCrazynath   07 décembre 2018
On ne construit pas un bonheur sur les ruines d'une longue misère.
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