AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Critiques sur Scherbius (et moi) (20)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
Annette55
  13 octobre 2018
Voici un roman à la construction pour le moins originale : six éditions de Scherbius , chacune a sa page de garde insérée ....cette maniére de procéder nous fait douter de tout...
L'auteur dresse le portrait passionnant ( peut être un peu long) d'un imposteur génial que le jeune psychiatre Maxime le Verrier se donne pour mission de guérir : Scherbius, un vrai caméléon un homme étrange et captivant , fantasque....menteur? Malade? Affabulateur ?
Il se met dans la peau de nombreux personnages chez lequel le jeune psychiatre après avoir rassemblé mille preuves, soupesé, comparé , mis bout à bout pour comprendre le mécanisme diagnostique le TPM : Scherbius serait atteint du syndrôme de personnalités multiples...
La structure de ce roman est inédite et brillante : des notes rédigées en bas de page qui nous éclairent, l'histoire intéressante de la psychiatrie française au XX° siécle, détaillée et expliquée , la construction du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ( DSM ) publié par l'association américaine de psychiatrie , les tendances ....l'accomplissement personnel, le travestissement de la réalité .....l'usurpation d'identité ...
On suit le diagnostic du fantasque Scherbius puis sa thérapie ...
Ce que j'ai le plus aimé c'est l'éclairage documenté , réaliste sur la psychanalyse.
L'auteur est bien renseigné et on apprend énormément de choses ...
La relation entre le patient et son psy oscille entre admiration et antipathie, volonté de nuire ?
L'auteur à l'imagination débordante nous manipule sans doute.
Nous allons de surprises en rebondissements , la relation entre un écrivain et son modéle vivant , est aussi abordée à travers le travail de l'écrivain et la littérature.
Une fiction vertigineuse et intelligente qui nous donne à réfléchir , nous instruit tout en nous divertissant, pas du tout facile à critiquer ....
Ce n'est que mon avis bien sûr.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          583
cardabelle
  29 juillet 2018
Ce livre , je l'ai choisi pour son auteur . Après "L'homme qui s'envola ", il me tardait de retrouver Antoine Bello .

Et, je n'ai pas été déçue : en effet , s'il met en scène Scherbius un personnage atypique et son psychiatre Maxime le Verrier, c'est l'auteur qui ,à mon sens ,crève l'écran ! le psy , ma parole , c'est lui !

Je m'explique : le roman est écrit à la première personne . le psy relate en détail les multiples facettes de son patient .
Au fil des entretiens , on découvre la personnalité fascinante d'un imposteur , affabulateur de grande envergure , manipulateur et pervers à souhait .

Mais , bizarrement , derrière ces personnages, l'auteur apparaît en filigrane ; il semble oublier qu'il écrit un roman et part dans de longs chapitres très pointus sur l'histoire de la psychiatrie ou encore sur les troubles de la personnalité , les syndromes dissociatifs et les diagnostics .
Là, on est en train de lire des articles de revues spécialisées ou des traités de psychiatrie .

Et puis, sans crier gare , on bascule dans un univers satyrique .
Voilà que le psy se plante de façon éhontée dans le diagnostic , sa méthodologie très personnelle l'égare , l'envahit ...
Des comptes à régler on dirait !
Voilà encore que la psychiatrie américaine ne vaut pas tripette , qu'elle impose ses travaux en occultant ceux de nos valeureux Charcot, Freud et les autres .
Quoiqu'il en soit , on profite d'une belle synthèse sur le sujet .

Alors , qu'est-ce qu'un trouble de la personnalité multiple , un "TPM " ?
Eh bien , dans le cas présent , je dirais que c'est un désordre psychique auquel s'expose le lecteur d' un roman qui devient un traité masquant un pamphlet écrit par un auteur caméléon !
Et, attendez , c'est qui le "moi" du titre ?

Mais, si le fond reste sérieux par sa documentation très élaborée, la forme , elle , prend des allures de fine parodie et ramène heureusement l'aspect fictif au premier plan de temps en temps avec des rebondissements .

Cependant, je tiens à souligner que cette lecture est attractive si la psy intéresse elle n'est pas toujours facile , traitant en profondeur des domaines bien spécifiques .
J'ai aussi regretté quelques longueurs ou des répétitions .
Mais , c'est bien peu de désagréments au regard de la qualité de l'ensemble .

L'auteur a mis en scène génie et folie et , comme on le sait , si l'un et l'autre se confondent parfois, ils intriguent, fascinent ou effrayent car ils échappent au rationnel mais ici , du génie, il en faut pour présenter un tel sujet en dilettante !

Voilà donc mon humble avis . C'est un ouvrage pour le moins étonnant et qui renforce ma curiosité pour l'oeuvre d'Antoine Bello .



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          375
nbocklandt
  21 août 2018
Quelle formidable construction ! Une idée originale qui vous entraîne et vous fait finalement douter vous-même de tout. Un écrivain bien informé sur les maladies en psychiatrie. Un auteur que je découvre et dont je vais certainement lire plus de livres. Je vous conseil vivement de le lire, si vous avez envie d'autres chose...
Commenter  J’apprécie          281
lucia-lilas
  24 mai 2018
Imaginez : vous êtes un jeune psychiatre et vous vous installez dans ce cabinet dont vous rêviez depuis longtemps, situé sur le prestigieux boulevard Saint-Germain. Ici vous placez une bibliothèque bourrée de livres qui saura certainement rassurer votre clientèle, là un beau bureau avec un plateau en verre où vous poserez votre bloc tout neuf d'ordonnances. Vous vous reculez un peu, admirez l'ensemble, fier d'imaginer l'avenir prometteur qui se dessine devant vous lorsque, soudain, le téléphone sonne.
Premier appel…
Pour un rendez-vous?
Non, pas vraiment… C'est un éminent collègue, Francis Monnet, directeur du service de psychiatrie de l'hôpital Cochin… Un ponte, quoi !… Comme tous les étudiants en psychiatrie, vous connaissez par coeur son Manuel de la schizophrénie paranoïde.
Pourquoi appelle-t-il ? Votre curiosité s'en trouve pour le moins aiguisée !
Il vous explique que les services du Premier Ministre lui ont confié le soin de s'occuper d'un « imposteur » (les guillemets sont importants), un certain Scherbius, est-ce que vous accepteriez de vous occuper de lui? Vous venez juste de vous installer et l'on ne peut pas dire que vous crouliez sous les rendez-vous, alors, vous acceptez. Votre collègue viendra chez vous demain pour vous expliquer le cas. Vous acceptez…
Vous acceptez, certes, mais avez-vous pris conscience de ce qui venait de se passer ? Dans quelle galère vous vous étiez embarqué ? Non ? Eh bien, sachez-le quand même, c'est fort dommage pour vous… Vous êtes maintenant embarqué… POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE… C'est le moins qu'on puisse dire !!!
Bon, que je vous dise tout : je ne connais Antoine Bello que depuis peu mais je suis FAN. 2016 : Ada, j'adore ; 2017 : L'homme qui s'envola, même chose ; 2018 Scherbius (et moi), et toujours le même enthousiasme. J'ajouterais même qu'il me semble que le 2018 est un très très bon cru. Pourquoi ? Parce que ce texte est bourré d'humour (ah, les scènes improbables, les notes en bas de page etc, etc !) Franchement, je ne me souviens pas de m'être autant amusée en lisant un texte littéraire. Quelle invention, mais quelle invention !
Et je ne vous parle même pas de la construction… Je vous laisse la surprise !
On se balade entre la franche parodie, un mélange de vrai… (c'est hyper-documenté : vous saurez tout sur le DSM, le TPM et la psychanalyse n'aura plus aucun secret pour vous…), et de faux (à vous de démêler l'un de l'autre - après tout, Scherbius n'est-il pas un imposteur ?) Franchement, certaines situations sont hilarantes et j'imagine aisément avec quel plaisir Bello s'est amusé à raconter les histoires les plus folles, les plus déjantées… On se régale, on rit, on sent que Bello nous manipule à travers ses personnages et on en redemande.
Car au fond : QUI EST SCHERBIUS ? A cette question, s'en ajoutent bien d'autres : d'où vient-il, que veut-il, que cherche-t-il, quelles sont ses motivations, qui parle lorsqu'il prend la parole - lui ou un autre ? Porte-t-il toujours un masque ? Qui est cet homme ?
Un mystère… Une énigme…
Il faudra tout le talent de notre jeune psychiatre pour tenter de cerner ce personnage à faces multiples…
Mais Scherbius est-il un personnage classable, étiquetable, son cas est-il diagnosticable ? Est-il un escroc ou un malade ? Doit-on le mettre en prison ou tenter de le soigner (ou les deux à la fois?) Un manipulateur ou un manipulé ? Et s'il n'était pas celui qu'on croyait, à moins que...
Mais chut...
J'ajoute juste une chose : vous trouverez, au coeur de l'oeuvre, comme souvent chez Bello, une réflexion sur les pouvoirs de la littérature, de la fiction, une interrogation sur l'acte même d'écrire...
Un roman brillant, complètement JUBILATOIRE et, évidemment, à lire ABSOLUMENT !!!
(Volontairement, je vous en dis peu sur l'intrigue… croyez-moi, j'ai mes raisons!)
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
motspourmots
  14 mai 2018
Mais où va-t-il chercher tout ça ? J'étais à peine remise de ma course folle auprès de L'homme qui s'envola, les maximes d'Ada me trottaient encore dans la tête et voilà qu'Antoine Bello remet ça ! le pitch est alléchant. Ce portrait d'un imposteur de génie qu'un psychiatre se met en tête de diagnostiquer puis de guérir... Encore un face à face comme sait les orchestrer Antoine Bello, après le fuyard et l'enquêteur, le détective et l'intelligence artificielle voici donc le thérapeute et le caméléon.

Ce qu'Antoine Bello nous met entre les mains est un livre rassemblant les six éditions de l'étude publiée par Maxime le Verrier aux Editions du Sens, entre 1978 et 2004. Une étude dont l'unique sujet est le fameux Scherbius qui débarque un jour dans le cabinet du jeune psychiatre alors débutant et qui est loin de se douter que la relation avec son patient va l'occuper durant toute sa vie active. Scherbius est un individu étrange et captivant, une sorte de caméléon qui se glisse dans la peau de tas de personnages et chez lequel le Verrier, après l'avoir écouté exposer sa vie, finit par diagnostiquer un syndrome de personnalités multiples. La publication de la première édition de son étude est un immense succès qui lance sa carrière et sa réputation. Pourtant, ce n'est que le début de l'aventure. Car Scherbius ne se pose jamais, ne cesse d'inventer... au point que le jour où les organisateurs d'un colloque dans lequel le Verrier doit intervenir lui demandent d'apporter quelques éléments factuels, le psy va s'apercevoir que la dimension de la pathologie de Scherbius déborde largement du cadre initial. Alors ? Imposteur ? Affabulateur ? Malade ou menteur ?

C'est tout le jeu auquel Antoine Bello convie son lecteur avec, encore une fois, un certain brio. D'abord dans la forme et la construction narrative avec lesquelles on a vraiment l'impression d'avoir affaire à un véritable psy. Rien ne manque, ni les références aux études américaines, les rivalités entre chercheurs, ni même les notes de bas de page (savoureuses !). Ensuite dans le propos où l'on retrouve l'un des thèmes favoris de l'auteur, cette réflexion autour du rôle de la littérature, de la façon dont elle inspire nos vies, avec, cette fois une ode au pouvoir de l'imaginaire. Quand Scherbius déclare à le Verrier "Rien ne risquait de leur arriver. Ils n'étaient qu'eux", on mesure à quel point s'inventer de multiples personnages est plus que vital pour lui. Tandis que de son côté le psy s'inquiète pour son patient de "l'effet sur son psychisme de toutes ces histoires qu'il se raconte. La fiction est un virus qui contamine tout ce qu'il touche."

J'ai l'impression de dire la même chose pour chaque nouveau roman d'Antoine Bello mais tant pis : c'est intelligent (parfois brillant), troublant (on se demande sans cesse où est la vérité) et ludique (pas sûr que les études des psys soient teintées de tant d'humour d'habitude). Ceux qui aiment s'évader avec les livres sont doublement servis (je vous laisse découvrir pourquoi). Je suis épatée par la consistance de l'ensemble (la trame de fond qui reprend l'actualité des trois dernières décennies, Scherbius en plus !) au point de me demander si, tout comme il avait mis beaucoup de lui dans John Walker, le héros de L'homme qui s'envola, Antoine Bello ne serait pas lui-même atteint du syndrome de personnalités multiples. En tout cas une chose est sûre, ce livre n'est pas une imposture.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
PetiteBalabolka
  13 août 2018
Je me suis régalée. Oui, je sais bien que j'avais commencé ma chronique de Ada de la même manière mais j'ai retrouvé la plume et l'inventivité de cet auteur avec autant de délectation et peut-être même davantage !
Avec le dernier Bello, vous n'aurez pas un mais six romans. Six éditions de Scherbius (chacune a sa page de garde insérée), rédigées par son psychiatre, Maxime le Verrier entre 1978 et 2004. le tout agrémenté par de savoureuses notes de bas de page. Autant dire que le jeu des entrées narratives est complexe et s'avère délicieux pour le lecteur qui apprécie les constructions un peu subtiles (cela m'a rappelé La Caverne des idées de Somoza).
Alexandre Scherbius est le patient de Maxime le Verrier. Lorsqu'il frappe à sa porte en 1977, ce dernier perçoit assez vite l'aubaine que va représenter ce cas dans sa jeune carrière. En effet, tout comme les cas d'hystérie avaient fait la renommée de Charcot, figure principale de l'Ecole de la Salpêtrière, Maxime pose assez vite un diagnostic de TPM (trouble de la personnalité multiple) et acquiert une notoriété quasi immédiate après la première édition de son livre, profitant de la publicité que des oeuvres telles que The three faces of Eve, film sorti en 1957 ou Sybil, roman biographique publié en 1973, ont pu donner, outre-Atlantique, à cette pathologie, au point de l'intégrer en 1980 dans le fameux DSM-III (Diagnostic and statistical manual of mental disorders).
Antoine Bello, par le biais de la plume de Maxime le Verrier (qui voue une admiration à "ses maîtres de la Salpêtrière") trouve le moyen de nous proposer une fort intéressante histoire des TPM, rappelant les oppositions entre Pierre Janet, partisan du recours à l'hypnose et Freud, la délaissant (et la discréditant quelque peu au passage) car il la trouve trop limitée dans ses possibilités thérapeutiques. Tout ceci est bien plus savamment détaillé et expliqué que je ne saurais le faire et si, comme moi, vous aimez apprendre au détour de votre lecture, vous irez sans doute consulter quelques pages Wikipédia ou d'autres sources pour en apprendre davantage.
Mais revenons à Scherbius. Il ne se laisse pas si facilement découvrir comme en témoignent les différentes éditions qui tentent de le cerner. Est-il un imposteur ? un menteur pathologique ? un escroc surdoué pour le camouflage et doué d'une mémoire prodigieuse ? Considère-t-il qu'il n'y a d'intérêt dans la vie que si l'on peut jouer tous les personnages ? Et si la littérature, experte en personnages, s'invitait dans l'affaire ?
Roman ingénieux, bien écrit et bien construit, donnant à divertir autant qu'à s'instruire et à réfléchir, une lecture que je recommande vivement.


Lien : https://leschroniquesdepetit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Killing79
  24 juin 2018
J'avais été emballé par ma première incursion dans le monde d'Antoine Bello. Son « Homme qui s'envola » m'avait passionné de bout en bout grâce à sa narration addictive et son efficacité romanesque.

Autant vous le dire tout de suite, ce nouvel ouvrage est complètement différent. On accède aux pages d'une sorte de carnet de bord tenu par un psychiatre. Celui-ci s'intéresse à un cas précis : le cas Alexandre Scherbius, si c'est bien son nom ! En effet, ce patient à la particularité d'être un caméléon qui peut prendre plusieurs personnalités. le psychiatre va étudier Scherbius de différentes manières, sous différents angles. Grâce à une mise en abîme astucieuse, l'auteur imagine que ses expériences, réunies en 6 volumes, sont déjà parues dans le commerce et sont devenues des best-sellers. Motivé par le succès et par le professionnalisme du psychiatre, ce livre est donc un recueil ces analyses successives qu'il a pratiquées pour essayer de percer le mystère.

Et là, Scherbius prend toute sa force. Lorsque l'on s'intéresse à la santé mentale de cet individu, une particularité nous saute rapidement aux yeux. Il a un énorme talent pour mentir. Durant toutes les années que va durer la thérapie, il n'aura de cesse de retourner toutes les situations et de tromper son monde. Et même si on sait qu'il faut se méfier, en tant que témoin, on prend un plaisir à se laisser manipuler par cet imposteur.

Dans un style haut de gamme, Antoine Bello nous livre un OLNI (objet littéraire non identifié) par la forme. Grâce à un travail de fonds vraiment poussé, il permet aux lecteurs d'entrer dans l'histoire de la psychiatrie. Entre essai passionnant et aventure manipulatrice, le roman ravira les amateurs de livres intelligents. Alors non, ce n'est pas une lecture facile d'accès, mais elle vous permettra d'en sortir plus éclairé, tout en vous divertissant. J'ai maintenant compris qu'Antoine Bello peut se réinventer à chaque roman. Ce sera pour moi, une joie de découvrir ses autres faits d'armes.
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Mascarpone
  10 août 2018
Antoine Bello fait preuve d'une inventivite folle dans ce roman. On ne s'ennuie pas une seule seconde et on assiste meduses a la deconfiture la plus complete d'un psychologue rate, tandis que le "malade" reussit a vivre sa vie comme il l'entend et a la reussir d'une certaine facon.

L'invention semble etre une seconde nature pour Antoine Bello et on en vient a se demander, qui de Scherbius ou de Max le Verrier est son jumeau malefique.
Commenter  J’apprécie          60
Azeline
  09 juillet 2018
Ce récit,à la structure atypique,de la rencontre entre un imposteur de génie et un psychiatre débutant,est désopilant.J'ai adoré la mauvaise foi de ce jeune médecin,son chauvinisme professionnel,son entêtement à vouloir poser un diagnostic et la persévérance de son "patient" à refuser d'entrer dans les cases.Le ton doctoral (dans tous les sens du terme),les notes en fin de chapitre,les situations sont impayables.J'ai découvert comment sont lancées les modes des troubles psychiatriques,comment surfer sur la vague quand on est auteur et éditeur d'un best-seller.
La dernière imposture de Scherbius,une fois le livre fini,ne serait-elle pas d'avoir pris Antoine Bello comme nom d'emprunt?
Commenter  J’apprécie          62
SagnesSy
  03 juin 2018
« Pour ne jamais faillir, Scherbius a un truc : il s'imagine qu'il est Jean-Paul Belmondo et qu'une demi-douzaine de caméras suivent ses moindres faits et gestes. »
---
Tout jeune déjà il a bluffé son éditeur en gagnant sous deux identités différentes un concours de nouvelles. Pour Antoine Bello, la vérité n'existe pas. Les faits existent, la réalité existe, mais la vérité est un concept.
De fait, rien n'est vrai dans son dernier roman, et pourtant tout existe.
Ça commence à la fin des années soixante-dix par un très jeune psychiatre dont le premier passant (« le premier venu », littéralement) est un imposteur magnifique. Pendant vingt-cinq ans, leurs destins vont être intimement liés et nous sont racontés par le biais de six éditions du même livre, un best-seller absolu, ajoutant à chaque nouvelle édition un complément. Quelle est la pathologie exacte de ce Scherbius impossible à cerner et pourquoi son psychiatre se laisse-t-il si facilement berner encore et encore ?
En tant que lecteur on s'attend tellement à l'entourloupe que l'on scrute chaque détail avec circonspection et on a de la matière : notre psy est gratiné, tout de même (et férocement amusant avec ses emportements anti-américains, par exemple).
De l'humour, il y en partout et ça participe à l'effet dévoration : il est impossible de faire quoi que ce soit d'autre une fois qu'on a commencé ce roman. On a envie d'en poursuivre la lecture de préférence à tout autre activité (y compris le sommeil) et c'est tellement rare.
Apologie de la fiction par excellence, cette histoire de dingue(s) (littéralement, encore une fois) nous balade exactement comme elle en a envie et on en redemande.
---
« Il maraude pour ne pas écorner son pécule », « Il me regarde avec commisération », « une hypothèse audacieuse s'échafaude en moi », « Il compense une certaine étroitesse lexicale par un usage désinhibé de l'argot », « Je vous dois des excuses, les plus humbles, les plus plates qui se puissent imaginer. », « Nul doute que mon incurie les eût copieusement divertis. » ==> Les premières années débordent d'un style très travaillé. Ça s'estompe au fil du temps qui passe.
---
« Eh physique, l'examinateur m'a demandé de calculer la durée du vol d'un boulet de canon ; j'ai trouvé huit ans et demi; il m'a dit : « Non, ça c'est le temps qu'il vous faudra réviser pour avoir votre bac. » »
Lien : https://cuneipage.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40


Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Découvrez Antoine Bello

Le détective Achille Dunot souffre d’une étrange forme d’amnésie. Depuis un récent accident, sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, si bien qu’il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille.

La résurrection d'Emilie Brontë
La disparition d'Emilie Brunet

10 questions
21 lecteurs ont répondu
Thème : Antoine BelloCréer un quiz sur ce livre
.. ..