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ISBN : 2072791677
Éditeur : Gallimard (03/05/2018)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 69 notes)
Résumé :
«Scherbius n’est ni le premier imposteur ni la première personnalité multiple, il est le premier imposteur à personnalités multiples, une combinaison détonante que mon devoir consiste à stabiliser avant qu’elle n’explose.»
1977. Maxime Le Verrier, psychiatre, se donne pour mission de guérir Scherbius, un patient chez qui il a repéré un trouble de la personnalité multiple. Alors que le patient ne cesse de duper son analyste, la relation thérapeutique se transf... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  26 mars 2019
Quel roman pour le moins original et combien intrigant. Un roman décomposé en six éditions, six versions, six approches du mystérieux Scherbius. Pas facile d'étayer une critique tant sa composition est ardue.
Maxime le Verrier est psychiatre, on lui envoie l'énigmatique Alexandre Scherbius. Ce dernier est un mystère, son profil fantasque et élastique le conduit à s'approprier ou ursurper différentes identités. On le pense atteint d'un trouble de la personnalité multiple. Mais Scherbius sait se montrer affabulateur et digne des plus grands imposteurs.
On suit dans toutes ces éditions au sein même du roman une anamnèse précise dudit Scherbius avec conclusions et diagnostic à la clé. Face à un tel manipulateur, les dés sont sans cesse rejoués. Scherbius fait tourner son monde en bourrique.
Maxime le Verrier s'attelle à écrire un roman sur Scherbius ce qui est du moins assez original : nous avons affaire à un roman (même six romans) à l'intérieur du roman principal d'Antoine Bello. C'est assez désarçonnant. Je relève surtout les informations psychiatriques d'une très grande qualité. Ce Scherbius et moi est un roman écrit comme un ouvrage psychiatrique, sur un ton plutôt neutre et dénué d'émotions. C'est cartésien, rationnel, droit et propre. Inhabituel en somme où en tant que lectrice, j'ai éprouvé des difficultés à étayer un avis clair perdue entre un roman didactique de qualité et cette impression de ne pas avoir trouvé le roman, vous savez, celui qui touche, dépayse, embarque et vous met le feu à l'âme...
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Annette55
  13 octobre 2018
Voici un roman à la construction pour le moins originale : six éditions de Scherbius , chacune a sa page de garde insérée ....cette maniére de procéder nous fait douter de tout...
L'auteur dresse le portrait passionnant ( peut être un peu long) d'un imposteur génial que le jeune psychiatre Maxime le Verrier se donne pour mission de guérir : Scherbius, un vrai caméléon un homme étrange et captivant , fantasque....menteur? Malade? Affabulateur ?
Il se met dans la peau de nombreux personnages chez lequel le jeune psychiatre après avoir rassemblé mille preuves, soupesé, comparé , mis bout à bout pour comprendre le mécanisme diagnostique le TPM : Scherbius serait atteint du syndrôme de personnalités multiples...
La structure de ce roman est inédite et brillante : des notes rédigées en bas de page qui nous éclairent, l'histoire intéressante de la psychiatrie française au XX° siécle, détaillée et expliquée , la construction du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ( DSM ) publié par l'association américaine de psychiatrie , les tendances ....l'accomplissement personnel, le travestissement de la réalité .....l'usurpation d'identité ...
On suit le diagnostic du fantasque Scherbius puis sa thérapie ...
Ce que j'ai le plus aimé c'est l'éclairage documenté , réaliste sur la psychanalyse.
L'auteur est bien renseigné et on apprend énormément de choses ...
La relation entre le patient et son psy oscille entre admiration et antipathie, volonté de nuire ?
L'auteur à l'imagination débordante nous manipule sans doute.
Nous allons de surprises en rebondissements , la relation entre un écrivain et son modéle vivant , est aussi abordée à travers le travail de l'écrivain et la littérature.
Une fiction vertigineuse et intelligente qui nous donne à réfléchir , nous instruit tout en nous divertissant, pas du tout facile à critiquer ....
Ce n'est que mon avis bien sûr.
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cardabelle
  29 juillet 2018
Ce livre , je l'ai choisi pour son auteur . Après "L'homme qui s'envola ", il me tardait de retrouver Antoine Bello .
Et, je n'ai pas été déçue : en effet , s'il met en scène Scherbius un personnage atypique et son psychiatre Maxime le Verrier, c'est l'auteur qui ,à mon sens ,crève l'écran ! le psy , ma parole , c'est lui !
Je m'explique : le roman est écrit à la première personne . le psy relate en détail les multiples facettes de son patient .
Au fil des entretiens , on découvre la personnalité fascinante d'un imposteur , affabulateur de grande envergure , manipulateur et pervers à souhait .
Mais , bizarrement , derrière ces personnages, l'auteur apparaît en filigrane ; il semble oublier qu'il écrit un roman et part dans de longs chapitres très pointus sur l'histoire de la psychiatrie ou encore sur les troubles de la personnalité , les syndromes dissociatifs et les diagnostics .
Là, on est en train de lire des articles de revues spécialisées ou des traités de psychiatrie .
Et puis, sans crier gare , on bascule dans un univers satyrique .
Voilà que le psy se plante de façon éhontée dans le diagnostic , sa méthodologie très personnelle l'égare , l'envahit ...
Des comptes à régler on dirait !
Voilà encore que la psychiatrie américaine ne vaut pas tripette , qu'elle impose ses travaux en occultant ceux de nos valeureux Charcot, Freud et les autres .
Quoiqu'il en soit , on profite d'une belle synthèse sur le sujet .
Alors , qu'est-ce qu'un trouble de la personnalité multiple , un "TPM " ?
Eh bien , dans le cas présent , je dirais que c'est un désordre psychique auquel s'expose le lecteur d' un roman qui devient un traité masquant un pamphlet écrit par un auteur caméléon !
Et, attendez , c'est qui le "moi" du titre ?

Mais, si le fond reste sérieux par sa documentation très élaborée, la forme , elle , prend des allures de fine parodie et ramène heureusement l'aspect fictif au premier plan de temps en temps avec des rebondissements .
Cependant, je tiens à souligner que cette lecture est attractive si la psy intéresse elle n'est pas toujours facile , traitant en profondeur des domaines bien spécifiques .
J'ai aussi regretté quelques longueurs ou des répétitions .
Mais , c'est bien peu de désagréments au regard de la qualité de l'ensemble .

L'auteur a mis en scène génie et folie et , comme on le sait , si l'un et l'autre se confondent parfois, ils intriguent, fascinent ou effrayent car ils échappent au rationnel mais ici , du génie, il en faut pour présenter un tel sujet en dilettante !
Voilà donc mon humble avis . C'est un ouvrage pour le moins étonnant et qui renforce ma curiosité pour l'oeuvre d'Antoine Bello .


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lucia-lilas
  24 mai 2018
Imaginez : vous êtes un jeune psychiatre et vous vous installez dans ce cabinet dont vous rêviez depuis longtemps, situé sur le prestigieux boulevard Saint-Germain. Ici vous placez une bibliothèque bourrée de livres qui saura certainement rassurer votre clientèle, là un beau bureau avec un plateau en verre où vous poserez votre bloc tout neuf d'ordonnances. Vous vous reculez un peu, admirez l'ensemble, fier d'imaginer l'avenir prometteur qui se dessine devant vous lorsque, soudain, le téléphone sonne.
Premier appel…
Pour un rendez-vous?
Non, pas vraiment… C'est un éminent collègue, Francis Monnet, directeur du service de psychiatrie de l'hôpital Cochin… Un ponte, quoi !… Comme tous les étudiants en psychiatrie, vous connaissez par coeur son Manuel de la schizophrénie paranoïde.
Pourquoi appelle-t-il ? Votre curiosité s'en trouve pour le moins aiguisée !
Il vous explique que les services du Premier Ministre lui ont confié le soin de s'occuper d'un « imposteur » (les guillemets sont importants), un certain Scherbius, est-ce que vous accepteriez de vous occuper de lui? Vous venez juste de vous installer et l'on ne peut pas dire que vous crouliez sous les rendez-vous, alors, vous acceptez. Votre collègue viendra chez vous demain pour vous expliquer le cas. Vous acceptez…
Vous acceptez, certes, mais avez-vous pris conscience de ce qui venait de se passer ? Dans quelle galère vous vous étiez embarqué ? Non ? Eh bien, sachez-le quand même, c'est fort dommage pour vous… Vous êtes maintenant embarqué… POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE… C'est le moins qu'on puisse dire !!!
Bon, que je vous dise tout : je ne connais Antoine Bello que depuis peu mais je suis FAN. 2016 : Ada, j'adore ; 2017 : L'homme qui s'envola, même chose ; 2018 Scherbius (et moi), et toujours le même enthousiasme. J'ajouterais même qu'il me semble que le 2018 est un très très bon cru. Pourquoi ? Parce que ce texte est bourré d'humour (ah, les scènes improbables, les notes en bas de page etc, etc !) Franchement, je ne me souviens pas de m'être autant amusée en lisant un texte littéraire. Quelle invention, mais quelle invention !
Et je ne vous parle même pas de la construction… Je vous laisse la surprise !
On se balade entre la franche parodie, un mélange de vrai… (c'est hyper-documenté : vous saurez tout sur le DSM, le TPM et la psychanalyse n'aura plus aucun secret pour vous…), et de faux (à vous de démêler l'un de l'autre - après tout, Scherbius n'est-il pas un imposteur ?) Franchement, certaines situations sont hilarantes et j'imagine aisément avec quel plaisir Bello s'est amusé à raconter les histoires les plus folles, les plus déjantées… On se régale, on rit, on sent que Bello nous manipule à travers ses personnages et on en redemande.
Car au fond : QUI EST SCHERBIUS ? A cette question, s'en ajoutent bien d'autres : d'où vient-il, que veut-il, que cherche-t-il, quelles sont ses motivations, qui parle lorsqu'il prend la parole - lui ou un autre ? Porte-t-il toujours un masque ? Qui est cet homme ?
Un mystère… Une énigme…
Il faudra tout le talent de notre jeune psychiatre pour tenter de cerner ce personnage à faces multiples…
Mais Scherbius est-il un personnage classable, étiquetable, son cas est-il diagnosticable ? Est-il un escroc ou un malade ? Doit-on le mettre en prison ou tenter de le soigner (ou les deux à la fois?) Un manipulateur ou un manipulé ? Et s'il n'était pas celui qu'on croyait, à moins que...
Mais chut...
J'ajoute juste une chose : vous trouverez, au coeur de l'oeuvre, comme souvent chez Bello, une réflexion sur les pouvoirs de la littérature, de la fiction, une interrogation sur l'acte même d'écrire...
Un roman brillant, complètement JUBILATOIRE et, évidemment, à lire ABSOLUMENT !!!
(Volontairement, je vous en dis peu sur l'intrigue… croyez-moi, j'ai mes raisons!)
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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nbocklandt
  21 août 2018
Quelle formidable construction ! Une idée originale qui vous entraîne et vous fait finalement douter vous-même de tout. Un écrivain bien informé sur les maladies en psychiatrie. Un auteur que je découvre et dont je vais certainement lire plus de livres. Je vous conseil vivement de le lire, si vous avez envie d'autres chose...
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critiques presse (2)
LeMonde   03 août 2018
S’il n’est certes pas un immense styliste, Antoine Bello est en revanche un brillant conteur qui prend le lecteur dans les rets de ses fictions vertigineuses, portées par une interrogation borgésienne, particulièrement dans Scherbius (et moi).
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   07 mai 2018
Antoine Bello, extrêmement bien renseigné, fait revivre les débuts de la psychiatrie française au XXe siècle, la construction du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), réédité régulièrement par l’Association américaine de psychiatrie, les tendances d’étude et de diagnostic.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   26 mars 2019
Thomas Edison déposa mille brevets avant d’inventer l’ampoule électrique, Winston Churchill perdit cinq élections avant de devenir Premier ministre, la première entreprise automobile de Henry Ford fit faillite et Van Gogh ne vendit qu’une toile de son vivant. Qu’on ne compte pas sur moi pour déposer les armes.
Commenter  J’apprécie          290
Charybde2Charybde2   16 mai 2018
Car ce n’est pas le moindre des paradoxes de Scherbius : bien qu’enseignant sans diplôme, il se sent investi d’un magistère sacré. Encore aujourd’hui, il se rappelle chaque élève et rumine les conseils qu’il aurait dû lui donner. « Bouchard confondait Hegel et Engels. La petite Alvarez ne comprenait pas la différence entre une allégorie et une parabole ; pourvu qu’elle ne soit pas tombée sur Platon à l’oral, parce que là, adieu la moyenne ! »
On sent que le métier d’enseignant est, de tous ceux qu’a exercés Scherbius, le seul à l’avoir comblé. « Transmettre à un gosse le goût de la lecture, lui révéler les secrets de la matière, l’initier à une autre langue, je n’imagine pas mission plus gratifiante », avoue-t-il, en réprimant difficilement son émotion. Faut-il voir dans ce plaidoyer le regret de n’avoir pas lui-même bénéficié d’une meilleure formation ? Une attaque voilée contre son père, absent pendant les années cruciales de l’adolescence ? Le besoin de donner un sens à une vie qui en paraît singulièrement dénuée ? Un peu des trois, sans doute.
Après cinq ans de bons et loyaux services, Scherbius tourne le dos à l’Éducation nationale. « Écrivez, s’il vous plaît, que je n’ai rien coûté au contribuable », insiste-t-il. De fait, contrairement à certains fonctionnaires qui économisent des mois pour tâter du frisson de la roulette, Scherbius écume les casinos pour s’offrir le luxe d’enseigner le dessin à des collégiens.
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Charybde2Charybde2   16 mai 2018
– Serai-je autorisé à lui rendre visite ? demandai-je.
– Vous n’aurez pas cette peine. Le procureur de la République a levé les charges, à condition que notre homme suive un traitement psychiatrique. Le gouvernement ne souhaitait pas donner à cette affaire une trop grande publicité, si vous voyez ce que je veux dire. Les services du Premier ministre m’ont adressé Scherbius, sans réaliser que la pathologie dont il souffre n’a aucun rapport avec mes travaux. Tandis que les vôtres…
– Portent sur l’hypnose, la dissociation, le somnambulisme, des domaines relativement connexes, encore que je n’ai pas besoin de vous rappeler que l’imposture n’est pas un diagnostic psychiatrique, au sens où l’entend le DSM…
– Peuh, le DSM ! renifla Monnet.
Je souris.
– Je ne suis donc pas le seul à mépriser cette émanation déplorable de l’impérialisme américain…
– Oh que non !
– À la décharge de ses auteurs, trop peu de cas d’imposture ont été recensés à ce jour pour qu’on puisse parler d’une véritable pathologie. L’usage veut qu’on les classe par nature : escroquerie, diplômes imaginaires, faux états de service, j’en passe et des meilleurs.
– Scherbius ne semble tirer aucun bénéfice de ses supercheries.
– Aucun bénéfice pécuniaire peut-être, mais soyez sûr qu’elles répondent chez lui à un besoin impérieux.
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cornelia-onlinecornelia-online   23 mai 2018
Ses déplacements semblent n’obéir à aucune logique. Qu’il erre dans le désert de Gobi ou se fonde dans la foule tokyoïte, on dirait qu’il se cherche et se fuit à la fois. Car cet homme, qui abrite une armée sous son crâne, est absolument, irrémédiablement, seul. Il n’a pas de semblables, tout au plus des congénères.
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motspourmotsmotspourmots   14 mai 2018
Scherbius est à la fois le rêve et le cauchemar d'un thérapeute, au point que je serais parfois bien en peine de dire qui est le cobaye de l'autre.
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Une revue de la trilogie d'Antoine Bello (Les Falsificateurs, les Eclaireurs et les Producteurs).
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