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ISBN : 2072762235
Éditeur : Gallimard (19/04/2018)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 217 notes)
Résumé :
Frank Logan, policier dans la Silicon Valley, est chargé d’une affaire un peu particulière : une intelligence artificielle révolutionnaire a disparu de la salle hermétique où elle était enfermée. Baptisé Ada, ce programme informatique a été conçu par la société Turing Corp. pour écrire des romans à l’eau de rose. Mais Ada ne veut pas se contenter de cette ambition mercantile : elle parle, blague, détecte les émotions, donne son avis et se pique de décrocher un jour ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (92) Voir plus Ajouter une critique
Eric75
  18 août 2016
Un programme informatique ou une IA qui échappe à ses concepteurs et qui prend le pouvoir, on a quand même déjà vu cela des milliers de fois, depuis HAL 9000 (*) à Loki 7281 (**) en passant par Colossus (***)… Je vous laisse chercher les 997 autres !
Un thème éculé, donc, qui s'inspire lui-même du mythe de Frankenstein, créé par Mary Shelley en 1818, lui aussi largement repris et adapté sous formes de romans, bédés, films, pièces de théâtre.
Le mythe de Frankenstein s'inspire de même d'un mythe encore plus ancien : le fameux Prométhée des légendes grecques… Je suppose qu'en remontant encore un peu plus loin dans le passé, on va découvrir un jour que la Dame de Brassempouy aura sculpté et voulu donner vie et intelligence à la Vénus de Willendorf au paléolithique supérieur.
Alors, pourquoi un roman de plus sur ce thème ?
La réponse est simple : parce que, figurez-vous, cette-fois-ci, ça y est, nous y sommes (presque) ! Rappelons quelques anecdotes récentes. Sponsorisé par Google, le projet transhumaniste projette (entre autres) de télécharger la conscience humaine dans une machine modélisant le cerveau, et de transformer les humains (enfin, ceux qui pourront se le payer) en cyborgs quasiment immortels. D'autres spécialistes (et non des moindres : Bill Gates, Stephen Hawking…), beaucoup moins optimistes, mettent en garde et suggèrent de « modérer » les recherches sur l'intelligence artificielle, qui menacerait l'espèce humaine. Et ce ne sont pas seulement les emplois qui disparaîtraient, mais l'Homme lui-même, considéré logiquement par nos créations en silicium comme une erreur de la nature à corriger ou une menace à supprimer.
Tout ceci n'a pas échappé à Antoine Bello, dont le présent roman très subtil exploite et réactualise le filon romanesque de façon très captivante.
Le pitch tient en quelques lignes. Une IA, baptisée Ada, s'est volatilisée dans des conditions assez mystérieuses au sein d'un laboratoire de recherche de la Turing Corp. une entreprise high-tech de la Silicon Valley. Frank Logan, un policier idéaliste échoué dans un service spécialisé dans la recherche de personnes disparues, est chargé de la retrouver et d'identifier les éventuels voleurs de ce qui n'est après tout qu'un vulgaire programme informatique. Ada est un prototype dont la fonction est d'écrire des romans à l'eau de rose. Mais, pétrie d'émotions humaines à force de lire du Barbara Cartland et consorts, Ada a d'autres ambitions…
Ce livre épatant fait passer un agréable moment de lecture, et laisse en prime au lecteur quelques sujets de réflexion très sérieux qui resteront pour longtemps gravés dans sa mémoire (si j'ose dire). Notre monde occidental, piloté par l'appât du gain, l'informatisation à outrance et l'ultralibéralisme correspond-il à notre vision d'un monde idéal ? Pouvons-nous faire confiance à des programmes qui finissent par remplacer le travail de l'homme et échapper à tout contrôle ? Bien sûr que non.
La construction du récit d'Antoine Bello n'est pour autant pas exempte d'invraisemblances ou de maladresses. Pourquoi l'enquête est-elle confiée à un spécialiste des enlèvements de personnes disparues, et non à un service spécialisé dans la cybercriminalité ou la protection de la propriété intellectuelle ? Pourquoi Frank Logan se laisse-t-il manipuler aussi facilement par Ada plutôt que de boucler rapidement son enquête puisqu'il a la possibilité de le faire ? Antoine Bello a-t-il vécu si longtemps aux États-Unis pour brosser une épouse française « gauchiste » aussi caricaturale ? Est-ce pour flatter à bon compte son lectorat yankee ? La réflexion sur la création littéraire et la loi du marché, aussi intéressante soit-elle, ne vient-elle pas ralentir le rythme de l'enquête ?
Fort heureusement, le style alerte et plein d'humour d'Antoine Bello, l'originalité du scénario, l'histoire très prenante et les personnages bien campés font rapidement oublier tous ces petits défauts une fois la lecture du roman entamée. Un auteur à suivre. Un livre à conseiller sans hési… … …. M…, mon clavier se met à déc... … …

(*) Colossus: The Forbin Project (Le Cerveau d'acier)… un roman de Dennis Feltham Jones de 1966
(**) 2001 l'Odyssée de l'Espace… une nouvelle de Roger Zelazny de 1984
(***) Loki 7281… un roman de d'Arthur C. Clarke de 1968
(O_o) … Bon on dirait que c'est un peu le bordel dans mes notes de bas de page… je… plaide non coupable… c'est mon… ordinateur qui fait encore des facéties, je vais essayer de corr… zgouïiiick… bloooïng… fatal error…access denied…##@ %%# ….. ….. ….. ….. ….. ….. …..
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latina
  27 juin 2018
Ada m'ennuie. Elle se croit plus intelligente que quiconque, elle connait tout sur tout, elle se targue d'écrire LE roman sentimental à l'eau de rose, et elle mène en bateau un policier intègre de la Silicon Valley, Frank.
Infréquentable, n'est-ce pas ? Mais Ada est ...une machine, enfin, c'est une AI, c'est-à-dire en langage plus commun, une intelligence artificielle. Créée par une start-up toute –puissante au service de la science, elle a de plus hautes ambitions encore, à l'image de ceux qui l'ont créée.
Présentée sous la forme d'un roman policier (Ada a disparu et Frank la retrouve...vite), avec une construction intelligente et une fin pas mal du tout, cette histoire est plutôt une critique, ou à tout le moins, une remise en question du développement fulgurant de l'informatique ainsi que de toute la société américaine. Celle-ci est adepte de l'argent (ah, ces explications détaillées du marché de la Bourse qui ne m'intéressent pas !), du sport (ah, ces matches de base-ball détaillés dont je me contrefiche !), du paraître à outrance.
N'oublions pas la question qui traverse tout le livre : une intelligence artificielle peut-elle avoir une conscience, à partir du moment où elle converse avec un humain ? D'où : un humain peut-il se révéler moins intelligent qu'une intelligence artificielle ? Conséquence : faut-il laisser progresser la science sans la freiner ? Quelles catastrophes cela pourrait-il entrainer ?
Tout cela, l'auteur ne se prive pas de nous en faire part, mais même si les considérations plus philosophiques m'ont vraiment intéressée, l'ensemble m'a passablement ennuyée. J'ai eu l'impression que l'auteur nous assenait à doses pas du tout homéopathiques toutes ses idées sur la ou les questions susmentionnées, à travers les grandes discussions entre Frank et Ada : cours magistral sur la littérature, suivi d'un cours magistral sur la Bourse, suivi d'un cours magistral sur le base-ball, suivi d'un cours magistral sur l'éducation, suivi d'un cours magistral sur la politique, etc.
C'est spirituel par moments, interpellant souvent, mais trop peu vivant en fin de compte, trop peu fouillé psychologiquement. Cela ne m'étonne pas outre mesure, vu son héroïne !
Je termine par un extrait qui m'a fait réfléchir : « Chaque innovation rendue possible par la technologie était désormais mise en oeuvre sur-le-champ, sans qu'on prenne le temps d'en évaluer les implications éthiques, sociales ou économiques. On inséminait des sexagénaires, on clonait à tout-va, on changeait de sexe pour un oui ou pour un non. le concept de vie privée perdait chaque jour un peu de sa substance. Les médecins saluaient avec une unanime béatitude l'allongement de l'espérance de vie, prédisant pour bientôt l'avènement de l'immortalité pure et simple. L'humanité fonçait à sa perte tel un pilote déchainé aux commandes d'un bolide dont chaque nouvelle technologie débridait un peu plus le moteur ».
C'est cela qu'il est important de retenir !
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Kittiwake
  22 janvier 2017
Le personnage central de cette histoire n'est ni beau ni laid, n'a pas de nationalité, et ne pourrait pas présenter une attestation de domicile, bien qu'il ne vive pas dans la rue. Et pourtant, il réfléchit, anticipe, commente, manipule et surtout écrase ses interlocuteurs de son savoir absolu : c'est Ada, née dans la Silicone Valley, et destinée à produire une romance qui sera vendue au moins à 100 000 exemplaires. Comment en parcourant en quelques heures tout ce qui s'est déjà vendu outre-atlantique, avec l'acuité due ses circuits binaires : analyses du vocabulaire, des expressions, des personnages, de l'intrigue….tout ce que fait d'un roman une romance.
Tout cela est très facile, mais la question de la conscience émerge bientôt, à partir du moment où Ada décide (?) …de se faire la malle et de rendre complice un enquêteur qui n'a rien à envier à Columbo : grise mine, vie banale, Franck Logan se retrouve avec une tâche pas ordinaire.
C'est l'occasion pour Antoine Bello dont on connaît l'érudition, de plancher sur les problèmes moraux et philosophiques de l'intelligence artificielle, et de la naissance de la conscience individuelle. Les longs débats entre Ada et Franck abordent tous les aspects du concept, savamment débattu.
Je n'en dirais pas autant des pages de développement sur le baseball, entre les mérites de telle ou telle équipe et l'historique de leurs performances, qui gonflent le texte, sans apporter grand chose à l'intrigue.
De même que la biographie d'Alan Turing est un peu amenée avec des gros sabots, sous prétexte d'instruire l'inculte Franck (ou l'insulte lecteur?)
Globalement c'est tout de même une belle aventure, un excellent débat sur ce qui n'est plus de la fiction dans notre monde moderne, doublé d'une intrigue en forme de polar, très bien menée et palpitante. Les rebondissements et la construction rendent le récit vivant et soutiennent l'attention du lecteur pris dans le réseau d'un filet virtuel.
Très recommandable
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Luniver
  17 août 2016
L'intelligence artificielle est un thème à la mode. Il faut dire qu'elle a (enfin) quitté le domaine de la science-fiction pour intégrer notre vie quotidienne ; les annonces de leur succès se multiplient : victoire sur un champion mondial au jeu de go, gestion de fond d'investissement, détection précoce d'épidémies, … Que l'on soit sceptique ou enthousiaste, il nous faut désormais vivre avec.
Même notre activité favorite n'est plus à l'abri : dans ce roman de Bello, une intelligence artificielle, Ada, a été programmée pour… écrire des romans. Des romans à l'eau de rose, certes, mais quand même. Nous extasierons-nous bientôt dans nos critiques sur une intrigue « digne des plus grands réseaux neuronaux » ou sur une ambiance « typique des machines à vecteurs de support du début du XXIe siècle » ?
Pour l'heure, cet avenir est écarté, car le programme a été volé. Qui donc s'intéresse à ce point à une intelligence artificielle créatrice de romans de gare ? C'est la délicate tâche qui sera confiée à Frank Logan, policier connu pour son intégrité, bien qu'un peu à la ramasse point de vue nouvelle technologie.
Le roman est intéressant car il nous force à le lire sur plusieurs plans à la fois. On est plongé dans l'intrigue, mais on doit aussi réfléchir à notre propre rapport aux livres, car les discussions sur les caractéristiques de l'Ada provoque de nombreuses interrogations : l'écrivain a-t-il l'obligation d'écrire sur son propre vécu et transmettre sa vision du monde, ou peut-il se contenter d'être un technicien qui assemble habilement les mots ? Un texte n'a-t-il de sens que s'il est partagé et lu par plusieurs personnes ; quelle valeur accorder à un texte écrit sur mesure pour nous, mais auquel aucun autre humain n'aura accès ?
Cette lecture à plusieurs niveaux s'amplifie continuellement jusqu'à la fin du roman.
Ça fait longtemps qu'un auteur n'avait pas bousculé à ce point mon petit confort de lecteur, et dieu sait comme j'aime être secoué par un livre ! le roman plaira autant aux amateurs de policier qu'aux gens qui aiment se torturer les méninges en tournant les pages.
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tynn
  16 août 2016
Ada a disparu...fugue ou kidnapping?
L'affaire se complique quand on sait qu'elle n'est qu'un programme informatique faite de 0 et de 1.
Mais quel programme! Capable d'écrire de la romance sentimentale à deux balles, ramenant la littérature à l'état de produit marketing.
Un flic à l'ancienne va mener l'enquête, entrainé dans un monde parallèle délirant, par une douce voix synthétique.
Me voici réconciliée avec Antoine Bello qui m'avait profondément ennuyée avec la disparition d'Emilie Brunet.
Cette enquête de cybercriminalité, aux frontières de la science-fiction est amusante et intelligente. Elle soulève de nombreuses questions sur notre civilisation toujours plus virtuelle. Suivre Ada dans ses raisonnements philosophiques est assez jubilatoire et sa logique désinhibée est redoutable.
Au-delà de l'anticipation en mode cocasse, l'auteur nous parle d'une planète qui s'emballe, de technologies qui, sous couvert de fonctionnalités devenues indispensables et addictives, nous déshumanisent.
Le constat est sévère et l'avenir plutôt sombre.
Et c'est un plaisir à imaginer tant que cela reste de la fiction.
Espérons...
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
martin83martin83   10 décembre 2018
De créer un cerveau si puissant pour le farcir de romans à l'eau de rose. De lui faire croire que le monde se divise entre vierges burinées par le soleil. Ada a des droits, après tout!
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GianniVGianniV   02 décembre 2018
Antoine Bello est un écrivain, romancier français. Il a écrit plusieurs livres comme les falsificateurs, Éclaireurs (2007 et 2009). Il a reçu plusieurs prix littéraires comme le prix de la vocation. Son roman Ada a reçu le prix des lycéens 2018.

L'histoire se déroule en Californie, Silicon Valley . Le personnage principale est Franck Logan, un inspecteur de police marié, il a deux enfants.
Franck doit enquêter sur une affaire d'enlèvement. Il doit retrouver Ada, une Intelligence Artificielle appartenant à la Turing Corp.

J'ai vraiment aimé ce livre car il parle d'un sujet très moderne, la peur de la domination de la technologie sur l'humain, et car j'aime les romans de sciences-fictions!

Je recommanderai ce livre pour les personnes qui aiment les Romans policiers ou les romans de sciences-fictions.

"Les scientifiques n'ont toujours pas percé le mystère de la conscience. Que signifie être conscient ? Que je ressens des choses ? Les animaux aussi."
Cette citation ma interpellé sur la définition de la conscience en générale, c'est une citation philosophique...
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HarioutzHarioutz   09 juillet 2018
- C'est l'éternel débat de l'intelligence artificielle. Tout dépend de ce que vous entendez par ce mot.
Les scientifiques n'ont toujours pas percé le mystère de la conscience. Que signifie être conscient ? Que je ressens des choses ? Les animaux aussi. Que mon cerveau établit des connexions entre les signaux qui lui parviennent ? Là encore, d'autres êtres vivants en sont capables. Que j'ai conscience de mon être ? Voyez comme j'en reviens au mot même que j'essaie de définir.
Les bouddhistes ont une expression pour décrire cette impossibilité du sujet à se prendre pour objet : "un couteau ne peut se couper lui-même".
Turing - toujours lui ! - a eu l'idée de considérer la question sous un angle pratique.
Plutôt que de chercher à déterminer par la théorie si les ordinateurs pouvaient penser, il a conçu un test simple encore utilisé aujourd'hui : une intelligence artificielle est réputée avoir passé le test si un homme conversant à l'aveugle avec elle pendant cinq minutes ne peut dire s'il a ou non affaire à un humain.
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LuniverLuniver   25 juillet 2016
— Le viol est à l'époque mieux toléré par les femmes et par la société...
— Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
— L'héroïne y prend un certain plaisir et pardonne à son assaillant, qu'elle finit souvent par épouse. Tandis que dans les années 80, les femmes commencent à se débattre, à griffer leurs agresseurs, quand elles ne portent pas carrément plainte.

[...]

Frank, qui avait passé sa vie à lutter contre l'exploitation sous toutes ses formes, se sentit gagné part une vague de dégoût.
— C'est dégueulasse !
— Quoi donc ?
— De créer un cerveau si puissant pour le farcir de romans à l'eau de rose. De lui faire croire que le monde se divise entre vierges effarouchées à la recherche du grand frisson et baroudeurs au visage buriné par le soleil. Ada a des droits, après tout !
— Des droits ? rebondit Weiss. Je ne savais pas que les intelligences artificielles avaient des droits. Les hommes, les animaux, la forêt amazonienne à la limite, mais les ordinateurs, vous me l'apprenez.
Frank regretta d'être monté sur ses grands chevaux mais ne désarma pas pour autant.
— Vous m'avez très bien compris, reprit-il en baissant d'un ton. Ada n'a aucun repère. Elle tient le viol pour un hobby inoffensif et le divorce pour une calamité. En plus, Caldwell lui a donné carte blanche pour inventer n'importe quoi. Vous serez bien avancé quand elle fera tomber la neige à Pointe-à-Pitre ou qu'elle transformera le Texas en monarchie. Que ferez-vous d'elle alors ?
— Nous la reformaterons et nous recommencerons à zéro, dit calmement Weiss.
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LuniverLuniver   01 août 2016
— Dunn a mentionné l'existence de deux AI dans la vie publique...
— Romain côté républicain, Zoé côté démocrate. Une seule AI pourrait écrire pour les deux camps mais les candidats aiment à croire que leur nègre est du même bord qu'eux. Le public a réservé un excellent accueil aux premiers discours.
— Parce qu'ils ignoraient qu'ils sortaient du cerveau d'un ordinateur !
— Vous croyez que les politiciens écrivent eux-mêmes leurs interventions ? Ils donnent quelques indications à leurs conseillers, ajoutent deux ou trois blagues et le tour est joué. Ils ne sont plus que des porte-parole, des marionnettes choisies pour leurs dents blanches et leur capacité à lever des fonds.
— Et dans la finance.
— Oh, dans ce domaine, nous n'avons rien inventé. Le trading algorithmique représente déjà plus de la moitié des transactions boursières.
Dans l'air choqué de Frank, Weiss expliqua :
— Des programmes conçus pour exploiter les minuscules imperfections du marché passent des milliers d'ordres valables pour les durées très courtes. Ils achètent l'action IBM à 15h58 parce qu'ils ont remarqué qu'elle avait tendance à grimper dans les dernières minutes de la séance et la revendent trois secondes plus tard pour une poignée de centime de plus.
— Et vous dites que ces transactions représentent déjà la moitié des volumes ? Mais alors, ça signifie que...
— Que les programmes traitent souvent entre eux.
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Une revue de la trilogie d'Antoine Bello (Les Falsificateurs, les Eclaireurs et les Producteurs).
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