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EAN : 9782844854018
61 pages
Éditeur : Allia (01/08/2011)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Ce récit rend hommage aux bohèmes américains, la beat generation, à travers la figure de Neal Cassady, compagnon de route de Jack Kerouac.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Malaura
  11 décembre 2011
Beat Génération, « mouvement d'une variation à quatre voix sur le thème du rêve cassé net, du vol époumoné dans la tempête de fleurs, sur le thème aussi de la joie qui courait en filigrane dans les revendications les plus entêtées alors faites à la vie puisqu'on voulait le monde en cessation de commerce ».
Ces quatre voix, ce sont celles de Jack Kerouac, d'Allen Ginsberg, de William Burroughs et celle de Neal Cassady, l'homme qui apparaît sous les traits de Dean Moriarty dans le chef-d'oeuvre de Kerouac « Sur la route ».
Ils furent les précurseurs d'un mouvement générationnel qui cherchait dans l'écriture l'essence même de la vie et dans les expériences existentielles la matière première au jaillissement de l'écriture.
Deux d'entre eux, Kerouac et Cassady, sont morts de leurs excès, peu après quarante ans, à l'aube des années 1970, sans avoir vu leur rêve de grande communauté se réaliser puis se faner comme s'est fanée cette « tempête de fleurs contraintes aux alizées » qu'ont été les années flower power .
« Je me sentais si seul, si triste, si fatigué, si tremblant, si brisé, si Beat », écrivait Kerouac dans « Sur la route ».
Etre « Beat », c'est être foutu, cassé, à bout de souffle…
Etre « beat » c'est être béat, assouvis, le corps poussé au paroxysme de l'alcool et de la benzédrine.
Le « Beat », c'est aussi le tempo, la rythmique, la musique jazz qui crépite et grésille comme les étincelles sous les roues des locomotives, la vibration saccadée des notes qui s'emballent et qui pulsent.
La respiration, la « pulse », c'est ce que recherchait Jack Kerouac lorsqu'il écrivait « Sur la route », c'est ce que cherchait Allen Ginsberg lorsqu'il concevait le poème « Howl », c'est ce que voulait trouver William Burroughs lorsqu'il rédigeait « le festin nu ». La recherche du rythme par les mots, la poursuite de ce souffle incandescent qui se déroule comme la longue langue de bitume sur les freeways, les highways et les roads.
Improvisations comme dans un morceau de free-jazz, intonations, accentuations, nouvelle prosodie du verbe, mouvement dégagé des contraintes du monde, écriture qui se crée et se génère « on the road », en avalant des centaines de milliers de miles, qui s'alimente d'aventures, de sexe, de drogue, de musique et d'expériences extatiques.
Kerouac, Ginsberg, Burroughs, poètes-philosophes qui veulent l'aventure pour l'écrire, tous trois cristallisés autour de la figure emblématique d'un ange de la route, mort sur un lit de gravier à l'âge de 42 ans ; Neal Cassady, mécanicien, fou du volant, avaleur de miles, muse, « pâte à fiction » pour les trois autres, « quand il appuie sur l'accélérateur ou le frein, il ponctue un texte en train de s'écrire, trois claviers cliquettent de concert crescendo quand il dépasse les 70 mph ».
Récit singulier, fulgurant, « Ballast », de l'écrivain genevois Jean-Jacques Bonvin, restitue, comme de petits graviers parsemés sur le macadam, les fragments épars de ces artistes que l'écriture a conduit au bout d'eux-mêmes, avalant les kilomètres pour les restituer sur le papier comme un voyage au long cours, « accélérant le cours du cylindre et le défilé des lignes » par l'absorption mortelle de benzédrine, d'acide lysergique (LSD), d'héroïne et d'alcool.
« Ballast », oeuvre ramassée sur elle-même, diluée, contractée, polarisée sur le cliquetis d'une machine à écrire.
Des mots qui claquent comme le roulement entêtant d'une locomotive, qui crissent comme les grincements des wagons sur la courbe des rails, comme le craquement du ballast sous le poids des corps vomissant leurs nuits de biture.
« Vite finir, mais finir après des millions de miles et le soleil dans les yeux au travers du pare-brise sur l'asphalte noir »
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
MalauraMalaura   11 décembre 2011
Vite finir, mais finir après des millions de miles et le soleil dans les yeux au travers du pare-brise sur l’asphalte noir...
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