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Jacques Houbart (Autre)Michel Mohrt (Autre)
EAN : 9782070367665
436 pages
Éditeur : Gallimard (20/07/1976)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 2959 notes)
Résumé :
"Sur la route" est centré sur le personnage obscur et fascinant de Dean Moriarty, alors considéré comme le chef de file de la Beat generation.

En révolte contre l'hypocrisie morale de l'Amérique bien-pensante, Jack Kerouac parcourt les États-Unis à la recherche d'un nouveau mode de vie.
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Critiques, Analyses et Avis (227) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  26 juin 2012
Ceci n'est pas un livre, c'est un état d'esprit. En effet, qu'on se le dise, Kerouac n'a pas écrit une histoire. Au début on est tenté de suivre les péripéties des deux gaillards principaux, Sal Paradise alias Jack Kerouac et Dean Moriarty alias Neal Cassady (N. B. : dans le rouleau original, Kerouac n'a même pas pris la peine de modifier les noms réels des protagonistes, ainsi Neal Cassady, Allen Ginsberg et autres apparaissent directement sous leur véritable identité).
Mais au bout d'un moment l'histoire semble patiner et nous avec et puis, d'un coup, paf ! On se rend compte que l'histoire n'a absolument aucun intérêt, que la seule chose qui prime c'est l'état d'esprit, le "Mood" pour reprendre un terme de jazz si propre à l'écriture de Kerouac.
Soit cela prend et c'est magique, soit cela ne prend pas et c'est une déception cruelle pour le lecteur. Vous aurez compris que pour moi ça a pris, peut-être parce que je l'ai lu moi aussi sur la route, il y a bien longtemps, au volant d'une petite voiture bouffonne avec Bob Dylan à plein tubes dans les oreilles, dans une pérégrination entre le Cap Nord et le Sahara, sans but et sans mobile comme les deux protagonistes et à peu près au même âge qu'eux.
Quand cela prend, on n'en ressort jamais complètement indemne, il y a un avant et un après Kerouac. La route prend une tout autre signification car ce livre n'est rien moins qu'une autre manière de voir la vie.
Cela devient de la métaphysique, une philosophie de vie à la Hermann Hesse (qui sera développée plus tard dans Les Clochards célestes). Est-ce moral de fuir ainsi tout le temps, d'abandonner ses enfants et ses compagnes comme le fait Dean ? Est-ce que ça changerait quelque chose, à l'heure du dernier soupir, de ne pas les avoir abandonnés ?
Ce livre a le mérite d'exister et de souffler une autre vision de la vie que l'utilitarisme. Faire des choses qui ne servent à rien, juste pour les vivre, juste pour l'éphémère sensation qu'elles vous procurent. Vivre tout à fond, comme si c'était la dernière fois, expérimenter à tout va, la folle vitesse, les folles drogues, les folles orgies, les folles distances, les folles déprimes, les folles rigolades, les folles relations humaines, explorer des terrains inconnus de l'être, de la société, de la morale, de l'espace, vivre 100 vies en une, bref, accumuler des expériences, des expériences, et encore des expériences, quels qu'en soient la nature et le type, se chercher soi-même en une quête sans cesse réitérée au travers de ce que l'on ne connaît pas (voir la citation que j'ai ajoutée en bas de commentaire dans le P.S. 2).
Voilà, pour moi, sur la route, c'est tout ça. La devise de ces joyeux drilles pourrait être " peu importe le flacon, pour peu qu'il y ait l'ivresse ! "
Le livre sortit en 1957, année mémorable à plus d'un titre, mais en particulier pour l'envoi dans l'espace du fameux satellite artificiel soviétique nommé Spoutnik. Il n'en fallut pas plus à un journaliste pour imaginer le terme de " beatnik " afin de qualifier ces sortes d'électrons libres déguenillés ayant la bougeotte.
Kerouac lui-même expliqua dans une interview que le terme " beat " faisait référence selon lui à trois notions combinées : la première provient des populations noires du métro de New York, littéralement les " battus ", oubliés du rêve américain, croupissant dans la misère et l'absence de perspective, mais caractérisés par une sorte d'insouciance, une bonne humeur et une fraternité de tous les instants, couplée à une sérieuse tendance à chanter pour un oui pour un non.
La seconde provient de la notion de pulsation, de " battement ", terme qui évoque le cœur, mais aussi et surtout la rythmique du jazz, dont la prose spontanée de Kerouac se veut l'équivalent littéraire des improvisations propres à cette musique. Enfin, n'oublions pas que Kerouac était francophone et que le français était même sa langue maternelle et donc que le terme " beat " fait également écho au terme français " béatitude " dans son sens d'émerveillement simple et naturel devant le spectacle de la nature (humaine ou rencontrée sur la route).
Ainsi, l'auteur désigna-t-il sa génération (ceux qui ont fait 39-45 et en sont revenus un peu paumés) comme la " beat generation ", clin d'oeil à la non moins fameuse " génération perdue " de 14-18, si bien décrite par D. H. Lawrence dans L'Amant de Lady Chatterley et dont l'écrivain Ernest Hemingway en est un archétype.
À titre de comparaison, si vous avez l'occasion, lisez cet autre " Sur la route " qu'est Voyage à motocyclette de Che Guevara et vous verrez un tout autre effet du fait de voyager sans but. D'une certaine manière, c'est la même histoire, les mêmes protagonistes, mais le hasard a fait qu'ils n'ont pas croisé la même réalité et qu'elle n'a pas eu les mêmes effets sur eux. Ceci engendre une autre métaphysique qu'il n'est pas inintéressant de confronter.
Enfin, est-il utile de préciser que le " Sur la route " de Kerouac est dans la lignée des romans américains qui tirent leur origine du monument de Herman Melville, Moby Dick. J'en veux pour preuve la première et la dernière page du roman. Dans la première, le héros ressemble à s'y méprendre au Ishmaël de Melville et dans la dernière, Kerouac compare l'Amérique à un ventre géant et allongé, allusion à peine masquée à la grosse baleine tueuse.
P.S. 1 : suite à une discussion que j'ai eue avec Sylvaine, je crois qu'il peut être utile d'apporter encore une précision. Je lui expliquais que selon moi, "Sur La Route" est un livre qu'il est bon de laisser décanter en nous, pour en saisir le sens profond. Lequel sens profond, me concernant, n'était pas forcément dans le projet de l'auteur. Je crois que la phrase, ou du moins l'une des phrases, les plus importantes du roman apparaît dès la première page et est la suivante : "Avec l'arrivée de Dean Moriarty commença le chapitre de ma vie qu'on pourrait baptiser : Ma vie sur la route." Ceci implique que même pour Kerouac, cette période devait être transitoire, qu'elle avait quelque chose d'extraordinaire, de hors du temps, qu'elle ne se reproduira jamais, et qu'elle est fortement liée à la personnalité si atypique de Dean. En aucun cas, au moment où il écrit "Sur la route" il ne songe à en faire un mode de vie qui soit une alternative crédible mais plutôt une relation d'expériences diverses qui sont une initiation, quelque chose comme faire ses armes avant de passer à la vraie vie dans le monde et dans la réalité.
P.S.2 : (ATTENTION! le morceau qui suit me paraît fondamental pour comprendre l'oeuvre dans son entier. Je vous restitue fidèlement la traduction exacte de Jacques Houbart qui date de 1960, mais cette traduction ne me semble pas géniale, loin s'en faut, surtout la fin. Je vous propose donc à la suite (en exclusivité et parce qu'il faut bien se mouiller un peu de temps en temps) ma propre traduction du même passage, elle aussi fort imparfaite, mais qui me semble un peu plus proche de l'esprit du texte original. Les anglophones, vous me direz ce que vous en pensez.)
Mais alors ils s'en allaient, dansant dans les rues comme des clochedingues, et je traînais derrière eux comme je l'ai fait toute ma vie derrière les gens qui m'intéressent, parce que les seules personnes qui existent pour moi sont les déments, ceux qui ont la démence de vivre, la démence de discourir, la démence d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller ni sortir un lieu commun mais qui brûlent, qui brûlent, pareils aux fabuleux feux jaunes des chandelles romaines explosant comme des poêles à frire à travers les étoiles et, au milieu, on voit éclater le bleu du pétard central et chacun fait: "Aaaah!"
They danced down the streets like dingledodies, and I shambled after as I've been doing all my life after people who interest me, because the only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue centerlight pop and everybody goes "Awww!"
Ils descendaient les rues en dansant comme des dingodadets, et je me traînais derrière eux, comme je l'ai fait toute ma vie derrière les gens qui m'intéressent, parce que les seuls êtres pour moi sont les fous : ceux qui vivent comme des fous, qui parlent comme des fous, ceux qui sont fous pour être sauvés, ceux qui désirent tout à la fois, ceux qui jamais ne bâillent ou ne débitent un lieu commun, mais qui au contraire brûlent, brûlent, brûlent, comme les fabuleuses chandelles romaines des feux d'artifices, qui éclatent en formant des araignées jaunes à travers les étoiles, et au beau milieu, vous voyez soudain le bleu du bouquet final et tout le monde fait « Aaah ! »
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Nastasia-B
  29 mai 2012
Chers Babelionautes, je vais expérimenter sous vos yeux un nouveau type de critique (une critique expérimentale en somme). Ne m'en veuillez pas si le résultat vous déplait cordialement.
Je me suis demandée comment rendre dans une critique un volatil état d'esprit, rédiger une critique aussi insaisissable, aussi impalpable que le livre qu'elle représente. J'ai été aidée en cela par l'écoute d'un long morceau à la guitare classique dont une quinzaine de secondes s'apparentent à une mélancolique sérénade. Cet air combiné à mes souvenirs de "Sur la route" ont accouché de ça, ce truc, sans forme et sans nom :
On vient
Jusqu'à mon jardin
Cueillir le muguet
Sentir le lilas
Et moi
Dans mon gros village
Derrière mon voilage
Je reste plantée là
On vient
Jusqu'à mon jardin
Sentir les fumets
S'évader des plats
Et moi
Dans mon gros village
Derrière mon voilage
On m'embarque pas
Et Dean
Avec une copine
Est passé par là
Et m'a dit comme ça :
Eh toi !
Dans ton gros village
Derrière ton voilage
Faut pas rester là
Eh toi !
Quitte ton gros village
Boucle ton paquetage
Et viens dans mes bras
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carre
  30 janvier 2015
Ca y est, j'y suis arrivé, quel voyage, les amis ! La route fut longue mais tellement incroyable, Kerouac nous ballotte d'une contrée, d'un état à l'autre. C'est le genre de livre qui à mon avis, l'on dévore très vite ou qu'on rejette très vite. Heureusement pour moi, c'est la première solution qui m'a guidée. Des kilomètres de bitume ou drogue, alcool, sexe sont les moteurs. Une forme de fuite en avant pour trouver un sens à tout ça. Vivre à fond sans penser à l'avenir. Des rencontres, des questionnements, une vie au jour le jour, une course perpétuelle pour trouver de l'argent, à manger, un toit. Kerouac remplit les pages, avec une frénésie et un style incroyables. Cette route-là avec la naissance de la génération Beatnik est drôlement addictive. Moi, je me suis régalé. On comprend pourquoi les pérégrinations de Kerouac sont devenues de même que son auteur cultes.
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Kittiwake
  20 juin 2020
Soixante ans après sa première publication, que reste-t-il de Sur la route, souvent qualifié de roman mythique, de révolution littéraire, et nimbé d'une aura sulfureuse?
On connaît l'histoire éditoriale du roman largement autobiographique, écrit initialement sur un rouleau de 36 mètres de long, et refusé sous sa forme originale car potentiellement inacceptable par l'Amérique puritaine des années 60. Ce qui en subsiste après correction, su le fond et sur la forme est bien pâle, et depuis, les auteurs ont pu faire fi de tous ces préjugés moralistes, y compris aux Etats-unis. Si ce road-trip n'est pas une promenade de santé, il reste très conventionnel. Beaucoup d'alcool (mais des ivresses plus festives que celles d'Hemingway dans le Soleil se lève aussi), un peu de drogue, un peu de sexe, beaucoup de folie (celle de Dean, démon tentateur, qui entraîne dans ses délires femmes et potes), tout cela est loin de l'image véhiculée par les rumeurs.
Difficile de parler de l'écriture, tant l'écran de la traduction fausse l'appréciation. J 'ai été gênée par l'utilisation du mot fille pour désigner les les petites amies . On se doute qu'il s'agit de girl en anglais, mais cela n'a pas le même sens, » It's my girl », , ce n'est pas « c'est ma fille » C'est certainement un roman à lire en VO. de même l'utilisation du neutre « on revint auprès de Frankie, », « on décida d'abord de se laver à la station service », un peu redondante.
Reste de sublimes pages sur le jazz, en particulier ce passage sur le « it », qui révèle une passion viscérale pour cette musique.
Donc pour le sulfureux, il faut sans doute se reporter au rouleau original, publié depuis et traduit.
C'est pour moi un mythe démystifié, et une lecture très mitigée, un peu longue et répétitive, et qui a (mal) vieilli.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Marple
  24 juin 2012
Qu'est-ce qui fait de 'Sur la Route' un livre culte depuis 50 ans pour tant de gens?
Certainement pas le récit au premier degré des voyages de Sal et Dean ! Liste des villes traversées, des moyens de locomotion utilisés, détails fastidieux de qui conduit à quel moment quelle voiture et à quelle vitesse, budget détaillé des 2/5/15€ dépensés ou manquants... Plutôt assommant tout ça !
D'autant plus que, quand ils ne roulent pas, ils sont soit en train de voler du fromage et du pain quelque part (toujours du fromage et du pain !), soit à une station service (où parfois ils volent en même temps du fromage et du pain !), soit en train de dormir au bord de la route (avec des petites variations : dans le sable près de la chaussée, sur le toit, sur la banquette arrière...).
Tout ça en transpirant abondamment (jamais vu autant d'allusions à la sueur dans un livre !) et sans jamais regarder le paysage ou visiter le moindre monument...
Probablement pas non plus leur vie entre les différents voyages...
En général, ils en profitent pour enchainer les beuveries d'alcool, "thé" ou benzedrine avec leurs nombreux amis déjantés; pour prendre un boulot également, si possible bien pourri, afin qu'on puisse à nouveau avoir le détail des 2/5/15€ qu'il leur manque en permanence; et enfin pour se trouver une gentille fille à rendre chèvre (voire, pour Dean, à épouser, mettre enceinte et rendre très malheureuse).
Tout ça en enchainant des élucubrations sans queue ni tête et des théories allumées sur le sens de la vie, et en cassant un maximum de choses (plusieurs voitures notamment, ou le pouce de Dean).
Bref, des bons losers, en plus même pas solidaires entre eux quand l'un ou l'autre va mal !
Non, ce qui rend ce livre culte à mon sens, c'est que Sal et Dean cherchent le 'it', la liberté, le bop. Ils ne veulent pas s'arrêter aux apparences, à la recherche de l'argent et du confort ou au conformisme petit-bourgeois. Ils veulent vivre vraiment, intensément, absolument, follement. Ils représentent les rebelles de ces années d'après-guerre, paumés mais fondamentalement vivants.
Même si je ne vois pas ce qu'il y a d'intense à sillonner le pays en transpirant et en déblatérant, j'ai été sensible à cette quête d'absolu. Elle m'a touchée, alors que les moyens mis en oeuvre ne me parlent pas du tout (suis plutôt sérieuse tendance coincée, moi).
Donc je suis contente d'avoir lu ce livre jusqu'au bout, aussi dérangeant et parfois ennuyeux qu'il ait été pour moi.
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critiques presse (1)
LeMonde   28 novembre 2011
Des années avant Sur la route, Kerouac y décrit son alter ego comme "en révolte contre la société telle qu'elle est". Tous les thèmes favoris de la littérature de la beat generation y sont déjà largement évoqués : The sea is my brother laisse transparaître l'amour de Kerouac pour les voyages, les grands espaces et les pérégrinations sans objectif précis
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (308) Voir plus Ajouter une citation
MipouletMipoulet   01 mai 2021
Tu vois mec, à mesure qu'on vieillit, les histoires s'accumulent. Un jour, toi et moi, on longera les ruelles au coucher du soleil et on ira faire les poubelles. - On finira clodos, tu veux dire? - Pourquoi pas, mec ? Bien sûr qu'on finira clodos si ça nous chante. Y a pas de mal à finir comme ça. Tant que tu empêches pas les autres de faire ce qu'ils veulent - les autres y compris les politiciens, les riches - on te fout la paix, tu peux tracer ta route à ta façon.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   28 avril 2021
Mañana, un mot charmant et qui probablement est synonyme de paradis.
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Nastasia-BNastasia-B   10 mars 2012
(ATTENTION! Le morceau qui suit me paraît fondamental pour comprendre l’œuvre dans son entier. Je vous restitue fidèlement la traduction exacte de Jacques Houbart qui date de 1960, mais cette traduction ne me semble pas géniale, loin s'en faut, surtout la fin. Je vous propose donc à la suite (en exclusivité et parce qu'il faut bien se mouiller un peu de temps en temps) ma propre traduction du même passage, elle aussi fort imparfaite, mais qui me semble un peu plus proche de l'esprit du texte original. Les anglophones, vous me direz ce que vous en pensez.)

Mais alors ils s'en allaient, dansant dans les rues comme des clochedingues, et je traînais derrière eux comme je l'ai fait toute ma vie derrière les gens qui m'intéressent, parce que les seules personnes qui existent pour moi sont les déments, ceux qui ont la démence de vivre, la démence de discourir, la démence d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller ni sortir un lieu commun mais qui brûlent, qui brûlent, pareils aux fabuleux feux jaunes des chandelles romaines explosant comme des poêles à frire à travers les étoiles et, au milieu, on voit éclater le bleu du pétard central et chacun fait: "Aaaah!"

They danced down the streets like dingledodies, and I shambled after as I've been doing all my life after people who interest me, because the only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue centerlight pop and everybody goes "Awww!"

Ils descendaient les rues en dansant comme des dingodadets, et je me traînais derrière eux, comme je l'ai fait toute ma vie derrière les gens qui m'intéressent, parce que les seuls êtres pour moi sont les fous, ceux qui vivent comme des fous, qui parlent comme des fous, ceux qui sont fous pour être sauvés, ceux qui sont désireux de tout à la fois, ceux qui jamais ne bâillent ou ne débitent un lieu commun, mais qui au contraire brûlent, brûlent, brûlent, comme les fabuleuses chandelles romaines des feux d'artifices, qui éclatent en formant des araignées jaunes à travers les étoiles, et au beau milieu, vous voyez soudain le bleu du bouquet final et tout le monde fait « Aaah ! »
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tynntynn   06 mars 2014
Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents...tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirez ou les désapprouvez, les glorifiez ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l'humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde y parviennent.
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gaillard1gaillard1   19 septembre 2010
Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.

Tel que relevé sur "Les fils de la pensée" http://xn--rflchir-byac.net/quote/418179
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Vidéo de Jack Kerouac
“Kerouac, l'obsession bretonne” : Un documentaire d'Arnaud Contreras et Vincent Abouchar diffusé sur France Culture le 25 avril 2011 (émission “Sur les docks”). © Photographie de la plaque de la rue Jack Kerouac à Lanmeur : Arnaud Contreras. Le site de ce dernier : http://arnaudcontreras.com. Ce documentaire porte un éclairage sur l’obsession bretonne de l’écrivain américain Jack Kerouac, et sur la découverte récente par la Bretagne de l’un de ses fils égarés. Au travers de toute son œuvre littéraire et dans sa vie privée, le chef de file de la Beat Generation ne cesse de faire référence à la terre de ses aïeux, se présente comme Jean-Louis Lebris de Kerouac, parfois prince, parfois baron, de Bretagne. En 1965, il se rend à Brest, chez Monsieur Lebris pour y rencontrer un présumé cousin. Élevé dans le mythe familial d’un ancêtre noble et de son trésor spolié, « Ti Jean » ne trouve rien et publie à son retour en Floride “Satori à Paris”, récit de son errance géographique et identitaire. Grâce aux travaux de Patricia Dagier et Hervé Quéméner, nous savons maintenant qu’il suivait de mauvaises pistes, que le premier Kerouac, parti aux Amériques pour d’obscures raisons au XVIIIème siècle, se nommait Le Bihan, que leur trésor se résume à quelques champs… à Kervoac (« prononcez Kerouac »). Pour les organisateurs et invités du festival organisé en son honneur à Lanmeur, petit village finistérien, comme pour Frank Darcel, écrivain et ex guitariste du groupe Marquis de Sade, ce qui importe c’est de transmettre le message de Jack : « Dépasser ses limites », trait de caractère qui leur paraît tout naturellement… breton.
Avec : Pierre Lebris, ancien libraire qui a reçu Jack Kerouac à Brest en 1965 Patricia Dagier, généalogiste, auteur de Kerouac, Breton d’Amérique Frank Darcel, écrivain et ex guitariste du groupe Marquis de Sade Jon Nix, du Beat Museum de San Francisco Valérie Derrien-Remeur, organisatrice du Festival Jack Kerouac de Lanmeur Louis Bertholom, poète
Production: Arnaud Contreras Réalisation : Vincent Abouchar
Thèmes : Documentaire| Littérature Etrangère| Bretagne| Héritage| Beat Generation| Racines| Jack Kerouac
Source : France Culture
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