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ISBN : 2253025070
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 6 notes)
Résumé :
En cet été de 1835, les chevaux se vendent à prix d'or dans le sud de la France tant chacun est pressé de quitter ville, bourg ou village pour fuir le choléra qui a frappé Toulon et Marseille avant de se répandre dans l'intérieur.
Parti de Paris avec le projet de vendre sa maison natale de Nîmes sur l'instigation de sa femme, Julien Jourdan se voit bloqué à soixante kilomètres du but, s'entête, arrive enfin malgré les risques de contagion et un accident, mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Floccus
  04 février 2014
J'ai découvert un pan de l'histoire des Cévennes que je ne connaissais pas plus que cela. La propagation du choléra de l'année 1835 a été terrible. D'autant plus effrayante qu'à l'époque on en ignorait les tenants et les aboutissants. Dans les villes, c'était le sauve-qui-peut généralisé. On brûlait des fagots de genévrier pour désinfecter les rues de Nîmes. Ce qui, vu du vingt-et-unième siècle, paraît à la fois censé et dérisoire.
Jean Carrière tire de cet épisode historique et de quelques documents d'archives le récit d'une aventure communautaire hors norme. du rassemblement d'un groupe de personnes cherchant un refuge hors de portée de la maladie, il brode un pied-de-nez à la bourgeoisie, bouscule l'ordre social.
“Ignorant que ce geste symbolique allait sanctionner une des aventures les plus audacieuses de cette ère si bourgeoise et si pantouflarde.” (457)
Cette communauté sauvage s'installe dans une grotte sur le Mont Aigoual. J'ai retrouvé des coins que je connais. J'ai essayé de repérer le parcours de la communauté sur une carte, mais Jean Carrière se joue un peu de la géographie. On apprend au passage quelques techniques de survie. Quelques recettes d'expert en gastronomie de détresse. Comment manger les radis sauvages et le coeur des chardons. Comment accommoder les corneilles en ragoût. Comment cuisiner un renard en le faisant mariner dans du vin.
Par l'intermédiaire de ses personnages principaux, l'auteur cherche la sève de la vie, l'huile essentielle de l'existence. En état d'ébriété mentale, il essaie de retrouver la qualité de perception de l'enfance, “son besoin d'infini, comme lié à la portée de sa vue et à l'ampleur de sa respiration.” Il ne peut s'empêcher de “parler des solitudes monstrueuses, des lagunes gelées qui s'étendaient à perte de vue au nord de sa pensée habitable.”
Sur la fin, le chevauchement passé/présent est parfois confus. le roman est trop long. On retrouve ce qui fait à la fois la force folle et inspirée et le défaut des romans de Jean Carrière : sa recherche quasiment psychanalytique, son implication personnelle dans les personnages. On le reconnaît à tous les coins de rue.
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Feolin
  22 août 2015
Roman magnifique empli d'un message relatif à la vie difficile mais heureuse d'une communauté restreinte malheureusement vouée à l'échec en fin de parcours. Roman métaphorique de notre époque actuelle où la vraie vie d'amour et de beauté tend à disparaître. Un oeuvre magistrale portée par un souffle épique rare et magique.
Michel Moulin Lyon
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   10 novembre 2013
« Qu'est-ce qui se passe, dit Jourdan. Tout est vide, partout. Est-ce qu'il y a des gens malades par ici ? »
La petite secoua les tête et baragouina quelques mots de patois, mais le cheval semblait l'intéresser bien plus que toutes ces questions, et s'approchant, elle lui caressa le chanfrein en lui roucoulant à l'oreille des amabilités, à croire qu'ils étaient tous les deux de veilles connaissances ou gens du même bord. Après quoi, sans accorder un gramme d'attention au conducteur, elle attrapa lestement son panier de linge, et le collant encore ruisselant sous son bras, elle s'en alla, pieds nus et déhanchée, un bout de chanson aux lèvres, en tortillant son abricot, déjà hardi sous les plis de sa jupe. Il y avait, dans ce petit corps de quinze ou seize ans, dans son agilité, dans son insouciance, quelque chose d'implacable et de décidé qui le subjugua littéralement, et il suivit des yeux la petite paysanne jusqu'à ce qu'elle disparaisse, obliquant dans une traverse, sans avoir daigné gratifier d'un regard ce vieillard de quarante-deux ans.

1302 - [Le Livre de poche n° 5427, p. 27/28]
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JcequejelisJcequejelis   20 novembre 2014
A moins d’un quart de lieu de la crête, il eut la surprise de tomber sur une bergerie en ruine, sans toit ni porte, habitée d'orties parmi les ardoises effondrées et entourées d'un petit plan d'herbe tendre qui contrastait avec l'ingratitude des alentours. Pareils à des pèlerins égarés, trois sorbiers en mauvaise santé y avaient élu domicile, et luttaient depuis des lustres contre la triple corrosion du vent, du temps et de l'espace, qui semblait les effaroucher. Il s'y reposa une bonne demi-heure, pris par le charme amer de cette retraite qui n'avait pour tout voisinage que les cailloux dont elle était issue. Dans les dispositions d'esprit où il se trouvait, rien ne lui aurait été plus agréable que de s'installer ici quelques jours, sans autre compagnie que celle des lézards et des sauterelles qui, avec quelques culs-blancs, paraissaient constituer à peu près la seule population de ces hauteurs. Ici, pesait cette torpeur envoûtante des endroits où il ne se passe jamais rien, mais peut-être y a-t-il au fond du cœur humain une région de silence et de pierres mortes qui s'accorde avec ces solitudes frottées par les ressac des siècles, et qui fait qu'on aurait envie de rester là des jours, à attendre on ne sait trop quoi.

2178 - [Le Livre de poche n° 5427, p. 381/382]
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JcequejelisJcequejelis   17 novembre 2014
Une fois débarrassée de l'homme, (la terre) retournerait à ses origines païennes, n'en ferait de nouveau qu'à sa tête. Après un mauvais départ, la planète Terre allait se remettre à neuf, s'ébrouer, reconquérir son intégrité. Tout serait de nouveau comme à l'ère où les océans vierges n'avaient été labourés par l'étrave d'aucun navire.

2169 - [Le Livre de poche n° 5427, p. 379]
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JcequejelisJcequejelis   24 novembre 2014
Les amateurs de sensations fortes et les partisans de l'agitation sociale étayèrent l’hypothèse du tocsin, les premiers pour des raison obscures qui renvoyaient à toute une gamme d'anxiétés ou de démêlés personnels avec la vie normale et l'ordre établi sur des principes contraires à leur besoins, les seconds parce qu'ils nourrissaient l’espoir de voir le choléra reprendre en main la révolution que le parti de la résistance leur avait carottée sous le nez. Ils bordèrent, certifiant que des hordes affamées et furieuses allaient par ces régions stupéfies, pillant les magasins ou les appartements des bourgeois, assaillant les bureaux d'octroi, saccageant ceux des contributions indirectes, mettant à sac les dépôts d'armes et de munitions, brûlant les calvaires et les oratoires, comme au cours des émeutes de 1831 et 1832.

2194 - [Le Livre de poche n° 5427, p. 419]
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JcequejelisJcequejelis   13 mars 2014
- Vous parlez du choléra comme s'il s'agissait d'un être vivant.
- Je suis persuadé qu'il s'agit d'un être vivant. Voyez-vous, jeune homme, cela fait des années que je consulte les innombrables travaux qui ont été consacrés à cette maladie, surtout depuis qu'elle a pris l'ampleur d'une véritable pandémie et qu'elle a quitté Jessore, aux Indes, en 17, pour s'étendre au monde entier. (Le docteur Moraud alla retirer un livre de sa bibliothèque). La seule hypothèse qui m'ait satisfait est celle du professeur Haneman. Il pense que certaines maladies nous sont communiquées par des petites bêtes minuscules, invisibles à l'œil nu, qui se promènent dans l'air que nous respirons, la nourriture ou les liquides que nous absorbons. Un animalcule, un genre de ciron qui s'installe dans nos tripes, met nos humeurs en révolution, et prend le pouvoir.

1666 - [Le Livre de poche n° 5427, p. 67]
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Jean Giono, du côté de Manosque. entretiens avec Jean Carrière
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