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EAN : 978B003BQ4G4G
Éditeur : Editions Julliard (30/11/-1)
5/5   1 notes
Résumé :
Des femmes dans la Résistance... Des femmes de toutes origines, de toutes conditions sociales, de toutes convictions... Servantes de ferme, avocates, institutrices, infirmières, ouvrières, étudiantes... Pour elles, pas le moindre doute : il faut chasser l’occupant nazi de France et rétablir la paix, même si l’idée qu’elles se font de l’avenir diffère quelque peu. Au risque de leur vie, à ce prix souvent, elles se donneront totalement à cette lutte, qu’elles ne regre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
nanashi
  22 novembre 2020
Quelles vies, ces femmes ont pu vivre ! Des vies riches de petites joies, de petites victoires, de grand courage. Mais surtout, des vies de combats, de peurs, de peines voire de souffrances. Et toutes ces vies, qu'elles ont tenté de sauver, aux prix de dangers et de sacrifices.
Un témoignage passionnant, et tellement, tellement important à découvrir, retenir et transmettre. Un bel hommage fait à ses femmes de l'ombre, qui se sont battues pour vivre libre et humainement. Terrible leçon.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
nanashinanashi   22 novembre 2020
Les malheureux gars ! C'étaient des enfants, pour moi. Ils m'avaient dit : "Quand ce sera fini, on vous fera une belle fête ! A ce moment-là, c'est pas vous autres qui paierez, ça sera pour nous ! (Évidemment, M. Duvallet les hébergait pour rien).
Christian est mort en déportation, au mois de décembre, à Buchenwald, à bout de souffrances. Il n'était pas fort...
Albert Bouannet est mort aussi. Il a été libéré par les Russes, il vivait encore. Mais il était tellement faible qu'il n'a pas pu résister...
Mallet, on n'a jamais su. Un beau soir, au mois de septembre-octobre, après la Libération, j'ai revu l'Alsacien.
Je lui ai dit :
- Comment ? Vous revoilà ?
- Oui !
- Mais... Vous aviez été pris avec Dédé !...
- Oui, mais je suis arrivé à me débrouiller, je me suis sauvé.
- Mais... Comment ? Expliquez-moi comment vous vous êtes sauvé.
- Ben, oui. Ils nous embarquaient sur des bateaux. Et puis, ma foi, alors que j'étais sur le partir, je me suis sauvé.
Et ce jour-là, justement, les parents de Dédé sont arrivés à la maison. Je leur dis : "Tenez, voilà le monsieur qui a été pris avec Dédé." Il leur a dit : "Vous savezw votre garçon... Il n'est pas perdu. Vous verrez qu'à Rouen, à l'ambassade de Belgique, ils vous donneront des nouvelles de lui. Il est en Belgique." Pensez-vous, c'était pas vrai. En tous cas, on ne l'a jamais revu.
Jacques Bourrot, il est mort il y a cinq ans, pauvre gars ! A quarante-deux ans !
Le Russe a été libéré. Pierre s'est engagé pour l'Indochine. Il a fait quinze ans de service. Et puis, il s'est installé à Rambouillet, il travaille pour l'armée, il répare des camions.
Pour les cinq qu'on connaissait le plus, parce qu'il y en a qui sont partis et qu'on ne sait pas s'ils sont encore en vie, on fait dire une messe tous les ans, en septembre, c'est pour nous l'anniversaire de la Libération.

Suzanne Letondeur
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nanashinanashi   22 novembre 2020
Je n'aime pas raconter ça, mais j'ai dû le raconter l'autre jour à une gamine qui me disait : "Vous ne deviez pas avoir peur !" pour lui montrer qu'on avait peur souvent. Et aussi, parce que, quand j'ai été malade, en 1950, je me suis dit : "On va mourir et les jeunes ne sauront pas ce qui a été fait pour que notre pays reste la France. Et l'histoire, dans vingt ans, elle va être racontée comment ? Par la bourgeoisie ? Ils vont la raconter à leur manière - on voit maintenant les livres qu'ils ont faits sur la Deuxième Guerre mondiale ! Nous n'avons pas le droit de mourir et de garder ça pour nous !"

Martha Desrumaux
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nanashinanashi   22 novembre 2020
C'est ce qui a été le plus douloureux. On était séparé des familles. On avait des nouvelles très rarement, par hasard, avec des complications...
Comme j'avais changé plusieurs fois de région, je travaillais avec des camarades que je ne connaissais pas. Il y avait des moments où cette solitude pesait. Par exemple, quand je montais à Paris, tous les mois. J'y restais deux jours. Sur ces deux jours, j'avais deux ou trois rendez-vous d'un quart d'heure ou d'une demi-heure. Le reste du temps, j'allais au cinéma ; quand il faisait beau, j'allais m'asseoir dans un square. On trouvait peu de livres intéressants... C'est pourquoi il était si précieux de recevoir un accueil chaleureux. Ces gens qui ont eu un rôle obscur ont eu un rôle admirable, car c'est grâce à eux que la Résistance a pu tenir.

Yvonne Dumont
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nanashinanashi   22 novembre 2020
Puis, la première action que nous avons faite pour montrer que nous étions bien contre l'envahisseur a eu lieu à Lille, en juin. Il y avait près de la gare une maison dont les Allemands se servaient pour leur propagande. Tous les matins, ils appelaient la population devant une grande photo d'Hitler et disaient : "Est-ce que vous voulez du saucisson ? ou du pain ? Que ceux qui en veulent lèvent la main !" Il n'y avait plus rien dans Lille, et les gens levaient la main. Le lendemain, dans les journaux, on lisait : "La population de Lille a salué Hitler."
Quand on a vu ça, avec deux jeunes, j'ai dit : "Il faut qu'on fasse quelque chose." (J'avais retrouvé les initiatives des grandes grèves du textile, quand il fallait lutter contre les"jaunes", qui allaient travailler pendant que nous faisions grève.) On a rempli des bouteilles de goudron. Puis, on a été voir un copain qui habite pas loin de la gare et on lui a dit : "Vous allez mettre sur votre table des tasses avec un fond de café, des cartes, deux cendriers avec des restes de cigarettes, et vous nous attendrez, et vous ferez comme si nous étions là depuis le matin."
Alors, le soir, pendant que je tenais les vélos, les deux jeunes copains ont jeté le goudron dans les vitrines de cette maison de propagande, puis nous sommes repartis à vélo chez le copain. Comme on n'entendait rien, on s'est dit : "C'est qu'on n'a pas été poursuivis." Alors, on a continué toute la nuit à jouer aux cartes. Mais le lendemain, les journaux ! Les Allemands n'étaient pas fiers ! Ça a été notre premier travail.

Martha Desrumaux
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nanashinanashi   22 novembre 2020
Au départ, ce qui a mis les femmes dans le mouvement, ce sont les conditions dans lesquelles elles se sont trouvées du fait de l'Occupation. Ça a été une chose très brutale, ce changement de vie. Il y avait des millions d'hommes prisonniers, et des femmes, qui n'y étaient pas préparées, se sont trouvées du jour au lendemain, sans soutien, avec leurs enfants, chefs de familles. Il fallait gagner le pain des gosses, elles en avaient la charge sur tous les plans...
Au début, les motivations de la plupart des femmes étaient des motivations économiques, non politiques. Mais en agissant, elles ont pris conscience. Beaucoup de leurs actes peuvent paraître élémentaires, mais ils ont gêné l'Occupant. D'abord, elles réclamaient des galoches, elles allaient demander le droit de correspondre avec leurs prisonniers, de leur envoyer des colis, elles exigeaient des bons de lait, etc.
Quand on parle de la Résistance, on a un peu trop tendance à ne voir que les actes héroïques, et non ce caractère populaire.

Yvonne Dumont
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