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EAN : 9782253134695
256 pages
Le Livre de Poche (24/08/2011)
3.84/5   514 notes
Résumé :
J'ai laissé partir mon père sans écouter ce qu'il avait à me dire, le combattant qu'il avait été, le Résistant, le héros. J'ai tardé à le questionner, à moissonner sa mémoire. Il est mort en inconnu dans son coin de silence. Pour retrouver sa trace, j'ai rencontré Beauzaboc, un vieux soldat de l'ombre, lui aussi. J'ai accepté d'écrire son histoire, sans imaginer qu'elle allait nous précipiter lui et moi en enfer... S.C.
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Critiques, Analyses et Avis (114) Voir plus Ajouter une critique
3,84

sur 514 notes

CasusBelli
  23 novembre 2021
"La légende de nos pères" est ma cinquième rencontre avec Sorj Chalandon et je commence à discerner une certaine thématique récurrente dans les lectures qu'il nous propose.
A tout le moins je pense que pour l'auteur, la vérité et la rigueur morale sont élevées au rang de vertus cardinales comme sont exécrés le mensonge et la dissimulation sous toutes leur formes.
Sorj Chalandon est journaliste de métier et il est aussi un homme qui s'engage, aussi je ne m'étonne plus que ses personnages soient complexes et authentiques et que ses histoires soient profondes et initiatiques.
Il est des gens que l'ont aime entendre parler car on sent qu'ils sont vrais, sincères et bienveillants.
Il y a aussi ceux que l'ont aime lire car il nous permettent de discerner le vrai du faux au plus profond de nous-mêmes, de nous persuader que même inconfortable, la vérité est toujours préférable.
Ce récit est d'une grande intelligence, d'une grande pudeur et d'une force émotionnelle certaine, ici le mot dilemme prendra toute sa signification.
Le narrateur, biographe, est contacté par Lupuline Beauzaboc, la fille d'un ancien résistant injustement oublié, pour écrire la vie de son héros de père qu'il rencontrera une fois par semaine pour recueillir ses souvenirs.
Notre biographe, lui-même fils d'un résistant qu'il n'a pas eu le temps de connaître, va s'investir dans cette tâche avec intérêt et passion, une relation qui dépasse le simple cadre professionnel débute alors...
C'est un livre qui a la saveur d'une pluie d'automne au parfum de feuilles mortes et qui m'a laissé un drôle de ressenti, la recherche de la vérité peut être obsessionnelle, la trouver peut se révéler finalement troublant.
C'est le genre de lecture susceptible de remuer pas mal de sentiments et qui pose de bonnes questions, j'ai beaucoup aimé.
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Jeanfrancoislemoine
  06 août 2018
Sorj Chalandon fait partie de ces auteurs qui savent écrire et associer les lecteurs à leur démarche .Le roman est court et le nombre de personnages réduit à trois.Il y a le narrateur,biographe,fils de résistant déporté, Beaudazoc,un vieux monsieur de 84 ans,et Lupuline,sa fille, qui a été bercée par les exploits de son père pendant la résistance .En arrière plan,le père du narrateur,décédé.
Beauzaboc et le narrateur vont se rencontrer pour la réalisation d'une biographie commandée par Lupuline.C'est cette rencontre qui va nous être rapportée et,peu à peu,nous conduire vers le malaise et les interrogations.
C'est un roman au rythme lent,si lent qu'il en est parfois irritant mais qui traduit avec force l' atmosphère de plus en plus pesante qui s'installe entre les deux hommes,exacerbée par les effets de la canicule de 2003.

L'écriture de Chalandon est parfois sèche ,brutale,rendant notre trouble encore plus opaque et les problèmes d'ordre moral qui vont se poser aux personnages vont peu à peu envahir notre conscience.
Sans doute faut il prendre un sujet "un peu plus léger à lire après "car j'ai trouvé ce roman pesant, perturbant mais il aborde toutefois le thème des non-dits ou des mensonges qui interpellera nombre d'entre nous bien au delà des faits de guerre.Un ouvrage qui mérite toute notre attention quant à la perception des autres,le jugement qu'on peut porter sur les êtres qui nous entourent et,bien entendu,sur nous mêmes .
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Eve-Yeshe
  14 janvier 2017
Dans ce roman, l'auteur réalise un travail sur la mémoire, en écrivant des biographies à petit tirage, à la demande d'un membre de la famille pour rendre hommage à l'un des leurs. Pour cela, il rencontre les personnes et notent tout ce qu'elles lui confient.
Ici, ce sont les souvenirs de guerre de Beuzaboc, à la demande de sa fille. Mais qui est-il vraiment ?
Il approfondit ainsi ce qu'est le véritable travail du biographe : mettre simplement des mots sur les souvenirs que l'autre raconte, rechercher les émotions, ou vérifier les faits à la manière d'un journaliste ?
"Le client raconte, le biographe écrit. C'est son devoir, sa fonction, son rôle. Et peu importe si tout est trop beau ou trop calme."
Il aborde ainsi très bien la notion de doute : S'agit-il de vrais souvenirs, ou embellit-il les faits pour se construire une légende ? Cela résonne d'autant plus chez le biographe que son propre père a été un héros anonyme, un survivant des camps et qu'il ne connaît pratiquement rien de lui car il était trop petit à son retour.
Certes, on peut vérifier les évènements dans les journaux de l'époque, mais, il est parfois difficile de retracer un parcours individuel (héros de l'ombre ou passé reconstruit?) Tout le monde s'est réveillé Résistant à la Libération alors que les vrais héros, ceux qui revenaient des camps restaient dans l'ombre. Voulait-on vraiment les entendre ?
On voit ainsi se tisser un échange, comme au tennis, entre la culpabilité de celui qui n'a peut-être pas été un héros et celle de celui qui n'a pas écouté son père décédé trop tôt, quand il en parlait avec son frère aîné et tous les regrets que cela peut provoquer ?
"On fait son deuil, mais on ne revient pas d'un rendez-vous manqué"
le style de Sorj Chalandon est direct, les phrase courtes, percutantes, voire lapidaires et la trame s'étoffe, peu à peu, comme les instruments qui se rajoutent pour enrichir le thème dans une partition de musique et il entraîne le lecteur dans une histoire passionnante. J'ai beaucoup aimé ce roman, comme j'avais apprécié "Le quatrième mur".

Lien : http://leslivresdeve.wordpre..
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Annette55
  18 avril 2017
Une jeune femme contacte un biographe professionnel, "familial,"afin de coucher dans un ouvrage les souvenirs de son père, ancien résistant , du nom de Beuzeboc.
Au fil des rencontres, un vrai doute s'installe entre le vieil homme et Marcel , le biographe.
Ces événements ont-ils vraiment eu lieu?
N'était - ce pas seulement des histoires racontées le soir à une petite fille ?
Est- ce qu'un biographe peut mettre en doute la parole d'un héros ?
Une fois de plus l'auteur nous livre un superbe ouvrage, émouvant , utile , sur la Mémoire sublimée par le regard d'un fils et d'une fille.
Il dépeint sans juger à l'aide d'une écriture poétique,faite de mots simples et de phrases courtes , des mots intenses,touchants, un style pudique, tout en retenue,qui cherche les mots au plus près, au plus pur, au plus nu !
Quel est le poids d'un héritage lorsque la conscience en appelle à la vérité ?
Lorsque celle- ci émerge ?
Un hymne à la résistance,aux résistants de l'ombre comme à ceux de la lumière, à cette France qui voulait rester debout !
Un questionnement subtil sur l'imposture, la vérité, l'engrenage du mensonge et le courage d'en sortir.
Entre révélations, tendresse , colére, les langues se délient : silences, non- dits dans la chaleur étouffante de la canicule de 2003......
Un très beau livre et des mots sublimes sur la relation pére - fille, autour des pères et de leurs chimères.
Un ouvrage magnifique , brillant et juste qui magnifie l'amour inconditionnel qu'un père peut inspirer à son enfant !
Des images fortes qui resteront en nous !
Bravo l'artiste !


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ssstella
  12 août 2017
Je pourrais dire bien des choses en somme... par exemple : "je ne suis pas entrée dans l'histoire" ou " je suis passée à coté", ou encore "ce n'était pas le bon moment pour moi", mais je ne vous offrirai qu'un banal "je n'ai que moyennement apprécié cette lecture".
Je suis bien entrée dans l'histoire puisque j'ai aimé le début. J'ai apprécié le style d'écriture et tout particulièrement quelques beaux passages... mes préférés étant ceux des regrets du narrateur pour les moments ratés avec son père.
Alors pourquoi un avis mitigé... oui, pourquoi ?
On comprend vite le sujet et avant la moitié du livre... qui n'est pourtant pas un pavé... j'ai eu l'impression que l'histoire tournait en rond. Et on ajoute une paire à la collection de chaussures rouges de Lupuline, et on reprend une fois encore les ralentissements d'un Beuzaboc récalcitrant (on dirait un petit enfant qui recule l'heure du couché avec de faux prétextes). Il allume sa cigarette... tranquillement, doucement... il s'appuie sur sa canne, se lève difficilement... pfff ! ... il va encore pisser !
Mais quand va-t-on avoir la certitude qu'il fabule ? Et le biographe va-t-il réaliser qu'il n'est pas très franc du collier lui non plus ?
C'était mon premier livre de cet auteur, alors pour conclure je m'interroge "était-ce le bon titre pour découvrir Sorj Chalandon ?".
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Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   16 février 2012
On fait son deuil. C'est effroyable, mais on le fait. Après avoir été au loin, au plus profond, creusé par l'absence et le silence, sans air, sans lumière, sans souffle, sans pensée, sans rêve, sans voix, après avoir perdu la faim, la foi, les nuits, après avoir tremblé à l'infini, après avoir eu froid de tous ces jours sans l'autre, tous ces gestes sans l'autre, après avoir traversé les fêtes maudites, les saisons détestables, après tant de matins pour rien, on défroisse le linceul qui nous couvrait aussi. On caresse l'étoffe, on la regarde encore, on la plie avec soin, on la range dans un coin de sa vie en attendant la suite. On fait son deuil, mais on ne revient pas d'un rendez-vous manqué.
J'avais laissé partir mon père. Pas mon papa. Pas celui qui me portait au lit, sa joue contre la mienne, qui nous avait aimés du regard et de la peau. Mais mon père, l'autre. Ce héros sans lumière, ce résistant, ce brave, ce combattant dans son coin d'ombre. J'avais laissé partir cet inconnu, ce soldat, ce déporté. Qui était retourné à la liberté comme on va au silence. J'avais laissé partir une page de notre histoire commune. J'avais oublié de m'asseoir à ses pieds, de rechercher ses yeux. J'avais tardé à l'assaillir, à le questionner, à moissonner sa mémoire. J'avais failli à mon métier de fils. J'étais devant la tombe et j'avais les mains vides de lui, les poches sans aucun ticket de notre vie à deux.
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joedijoedi   13 novembre 2014
Paupières closes, mains posées sur les accoudoirs du fauteuil, canne entre les genoux, il a chanté. Comme s'il était seul, ou fou, ou fatigué de tout.

Je viens de fermer ma fenêtre
Le brouillard qui tombe est glacé
Jusque dans ma chambre, il pénètre
Notre chambre pleure le passé

... Sa voix était rocaille, sourde, en éclats de briques.
— Vous connaissez ?
— Oui, j'ai répondu. La musique, pas les paroles.
Le vieil homme a souri. ... Il a dit que souvent, c'était ainsi. De la guerre, les gens d'aujourd'hui connaissaient la musique, mais pas les paroles...
— Cette chanson s'appelle «Seule ce soir», elle était chantée par Léo Marjane en 1941.
...
Encore, il a chanté.

Dans la cheminée le vent pleure
Les roses s'effeuillent sans bruit
L'horloge, en marquant les quarts d'heure,
D'un son grêle berce l'ennui.
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ssstellassstella   12 août 2017
- Nous n'attendions pas des honneurs insignes, des récomprenses exceptionnelles, des traitements de faveur. Nous ne nous apprêtions pas à jouer le rôle de héros nationaux...
L'un des gars a dit ça devant la tombe ouverte. C'était le seul que mon père appelait "compagnon". Ils avaient combattu ensemble dans une section du Loiret, puis en région parisienne. Ils avaient été arrêtés ensemble, déportés ensemble. Et ils étaient revenus de camp avec du cœur en moins.
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castabeacastabea   15 mai 2010
Un jeudi pluvieux d'avril, nous sommes passés devant le monument aux morts de la place Rihour, mon père et moi. Deux enfants s'amusaient sur le socle de pierre. Ils avaient mon âge. Un homme en manteau noir leur a crié de descendre du monument. Il a dit que c'était comme une tombe. Il a dit que personne n'avait le droit de jouer là. Que c'était interdit. Que c'était sacrilège. L'un des enfants s'est enfui. L'autre a eu peur. Il a glissé. Il est tombé sur le dos. Sa tête a heurté la pluie. Il a pleuré un peu. L'homme est parti. Il a traversé la rue sans regarder derrière. Mon père m'a lâché la main pour relever l'enfant.
Le petit n'avait rien. Il reniflait. Il était debout, tête basse, papa accroupi devant lui le tenait par les épaules. Je m'en souviens. Pas de tout ce que mon père a dit, mais presque. Il a dit au petit qu'il avait fait la guerre. Il lui a dit qu'il avait eu peur, et froid, et faim, et mal. Il lui a demandé s'il savait pourquoi il avait fait cela. Deux fois, il lui a demandé. Le gamin baissait les yeux. Il était comme puni dans un coin de l'école. Les voix ne semblaient plus lui parvenir. J'étais en retrait, debout, un peu gêné. Je regardais mon père. Je l'écoutais aussi. Il a dit à l'enfant qu'il avait fait cela, la guerre, la résistance, la peur, l'espoir, tout cela pour que lui...
- Tu t'appelles comment, bonhomme ?
- Freddy
- Freddy comment ?
- Freddy Delsault.
... Pour que lui, Freddy Delssault, et n'importe qui d'autre, le copain enfui ou tous ceux à venir, puissent s'amuser sur tous les monuments aux morts.
- Je me suis battu pour que tu aies le droit de jouer, a souri mon père.
Il a demandé au gamin s'il avait compris. L'autre a secoué la tête pour dire non. Puis il a rammassé son cartable. Et il est parti en courant. Je me rappelle aussi que mon père a ri. Que la soirée avait été légère
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Annette55Annette55   18 avril 2017
"On fait son deuil.
C'est effroyable, mais on le fait.
Après avoir été au loin, au plus profond, creusé par l'absence et le silence,sans air, sans lumière, sans souffle, sans pensée, sans rêve , sans voix, après avoir perdu la faim, la foi, les nuits, après avoir tremblé à l'infini, après avoir eu froid tous les jours sans l'autre, tous ces gestes sans l'autre .......
On défroisse le linceul qui nous couvrait aussi, on caresse l'étoffe, on la regarde encore,on la plie avec soin, on fait son deuil , mais on ne revient pas d'un rendez- vous manqué."
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Comment écrire la guerre ? de nombreux écrivains s'y s'ont frottés, et Emilienne Malfatto comme Olivier Weber évoquent des figures littéraires majeures qui ont influencé leur propre écriture de l'expérience guerrière. Sorj Chalandon, Malraux, Vassili Grossman ou encore Romain Gary... autant de plumes convoquées par ces deux reporters.
Emilienne Malfatto est auteure et journaliste et publie "Le colonel ne dort pas" (Editions du sous-sol, août 2022). Olivier Weber, lui, est auteur, grand reporter et ancien correspondant de guerre, et publie "Naissance d'une nation européenne" (éditions de l'Aube, août 2022).
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