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EAN : 9782752910769
324 pages
Phébus (04/01/2018)
2.56/5   9 notes
Résumé :
Une mère et une fille se regardent et se racontent au prisme du temps passé. Betsy, aspirante écrivaine, écrit l'histoire de sa mère, Lois, une enfant du Midwest qui a tout quitté dans les années 50 pour embrasser une carrière à l'opéra. En retour, cette dernière confie à sa fille, ses souvenirs. Entre complicité et réconciliation, le livre d'Elizabeth Crane est un entrelacs subtil de tendresse, de regret et d'anecdotes enjouées qui dresse deux portraits de femmes ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Quelques boites à ranger dans un grenier et voilà les souvenirs qui surgissent. Son père Fred était professeur de musicologie , sa mère Lois cantatrice. Betsy est née dans une famille où l'on ne jette rien.

Lois est obligée pour son travail à de fréquents séjours à New-York. Un papa et une maman qui empruntent un chemin différent, une petite fille qui ne comprend pas pourquoi elle doit changer de cadre de vie et d'école, pourquoi elle ne peut pas voir son papa un mercredi sur deux.

Quand elle sera grande, Betsy sera vedette à Broadway, vétérinaire ou espionne, mais à douze ans avec sa copine Nina ses sujets de conversations tournent autour des garçons et des garçons.

Boire pour oublier sa solitude à en devenir alcoolique, entre déménagements, petits boulots et relations amoureuses décevantes.

L'auteur explore donc son histoire personnelle, mais ce récit est bien éloigné d'une autobiographie traditionnelle. Elle s'imagine assise aux côtés de sa mère et chacune raconte ce qu'elle croit savoir de la vie de l'autre. Si les cent premières pages sont agréables à lire, avec des passages savoureux comme lorsque Betsy jouent avec ses amies à la psychologue, ensuite malheureusement on déroche vite. Betsy souhaite, en effet, écrire l'histoire de sa maman, pas vraiment les événements tels qu'ils se sont déroulés, mais des circonstances similaires et crédibles alors elle se laisse emporter par son imagination et invente des histoires où mère et fille sont soeurs, la ligne de séparation entre ce qui est réel et ce qui ne l'est pas devient complètement floue.

Un récit donc non conventionnel, très novateur, bien écrit mais dans lequel je n'ai pas réussi à m'immerger.
Je remercie les éditions Phébus et babelio de m'avoir permis de découvrir ce roman.



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Je remercie Babelio et les éditions Phébus pour l'envoi de Histoire vraie de nos vies formidables d'Elizabeth Crane, à l'occasion de la sortie en France de ce roman et d'une opération Masse Critique privilégiée.
Ce roman est polyphonique et d'inspiration très autobiographique ; il est présenté comme une ultime tentative de rapprochement entre une mère et sa fille qui se répondent et entrecroisent leurs narrations. Betsy, aspirante écrivaine, écrit l'histoire de sa mère, Lois, une enfant du Midwest qui a tout quitté dans les années 50 pour embrasser une carrière à l'opéra. En retour, cette dernière confie à sa fille ses souvenirs de jeune mère et de femme ambitieuse bouleversée par l'arrivée d'un enfant dans l'Amérique opulente de l'après-guerre.

Elizabeth Crane nous livre donc à la fois deux portraits de femmes et une étude de moeurs, sur deux générations. À priori, cette thématique avait tout pour me séduire… mais je n'ai pas réussi à adhérer au pacte de lecture proposé.
J'ai d'abord été assez déconcertée par ces écritures à la deuxième personne, chacune racontant l'histoire de l'autre ; de plus les passages en italiques qui scandent le récit, dialogues imaginaires entre la fille et sa mère morte ne m'ont pas convaincue. Ces vies doublement croisées, chronologiquement, individuellement, par la filiation et par l'écriture, entre vérité et invention ont mis un peu de temps à m'interroger, à me concerner… J'ai trouvé que les anecdotes manquaient d'effet de réel.
Pourtant, il est vrai qu'une mère ne connaît jamais totalement sa fille, qu'une fille a du mal à imaginer que sa mère a été jeune, amoureuse, a commis des erreurs, fait des bêtises, eu une vie sexuelle… Il est donc normal que l'une et l'autre, ensemble et séparément, imaginent, enjolivent leurs vies individuelles et entrecroisées, essaient plusieurs possibilités scénaristiques.
Le thème de l'écriture, traité dans une triple mise en abyme à travers les deux récits et les ambitions littéraires de la fille, était amené de façon plutôt originale dans une temporalité fluctuante mêlant passé, présent et futur dans des dimensions complexes et entremêlées.
Tout cela m'a perdue : je ne me suis pas retrouvée dans le " bazar " de l'auteure, je n'ai pas trouvé de points de chute dans ce fouillis émotionnel, pas adhéré à cette vision prismatique. J'ai trouvé superfétatoires les " éléments équivoques " fournis à la fin du livre.

En conclusion, je livre un bilan mitigé, étant plutôt déçue par ce roman dont ni la réelle originalité, ni l'univers particulier n'ont réussi à me captiver.
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Dans ce roman d'Elisabeth Crane, nous assistons à des rapports très particuliers d'une mère et de sa fille. Toutes deux, selon leur âge respectif, font ressurgir des évènements du temps passé qu'elles ont vécu. Entre Betsy et Lois, la communication n'a pas toujours été évidente. Au fil des pages, chacune d'elles mettent à profit les évènements plus ou moins douloureux vécus par chacune des deux protagonistes.
Si le début paraissait prometteur, j'avoue ne pas avoir vraiment adhéré à ces révélations de l'une à l'autre. En tentant de se rapprocher par des souvenirs souvent néfastes, j'ai eu le sentiment d'assister à un procès qu'elles s'incombent, au risque de s'exposer à une rupture totale plutôt qu'un rapprochement. Ce cafardage mère fille ne m'a pas spécialement emballé malgré l'amour qu'elles éprouvent l'une pour l'autre par le lien les unissant par-delà leurs souffrances mutuelles.
Au final, je dois avouer que l'histoire vraie de leur vie n'était pas si formidable que cela...
Je remercie Babelio et les éditions Phébus pour m'avoir offert gracieusement ce roman D'Elisabeth Crane.
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Betsy dialogue avec sa mère défunte, Lois, qui fut une cantatrice de renom. Au fil des chapitres écrits à la deuxième personne, on découvre en parallèle la vie de ces deux femmes que vingt-cinq ans séparent : Lois est née en 1936 à Muscatine, dans l'Iowa. À vingt ans, elle épouse Fred, son professeur de musique, et elle entame une carrière de chanteuse d'opéra. Elle accouche de sa fille unique en 1961, l'une des deux narratrices de cette histoire, Betsy, la fille, double de l'écrivaine Elizabeth Crane.

On voit la mère et la fille évoluer à travers les souvenirs qu'elles ont l'une de l'autre, car personne ne se raconte directement dans cette autobiographie originale ; chacune se laisse inventer par son interlocutrice. Parfois, surtout dans les premières pages, on doit revenir en arrière, un peu perdu par ce tutoiement, pour savoir qui parle, et de qui. Mais une fois que le principe littéraire est compris et accepté, le lecteur devient témoin du déroulement de leur destin et il se laisse facilement emporter par l'histoire de ces deux femmes. En avance sur son temps, et sans être féministe, comme elle le dit, la mère de Betsy ose abandonner son mari pour vivre à New-York et favoriser sa carrière. Sa fille se rêve écrivaine, mais elle a du mal à trouver sa voie, que ce soit sur les plans amoureux ou professionnel : elle boit beaucoup, cherche l'âme-soeur sans jamais la rencontrer. Parfois, les histoires dérapent et laissent place aux fantasmes de chacune : « crois-tu que j'aie vraiment fait cela ? »

La mère et la fille disent ce qu'elles croient savoir de l'autre ; elles devinent aussi comment cette autre la perçoit. Mais, au bout du compte, c'est l'auteur qui se cache derrière les deux interlocutrices, et la mise en abîme est telle que ce livre apparaît comme une autobiographie singulière. Elizabeth Crane permet même à ses narratrices quelques libertés. Elle nous fait assister à la fabrication du roman, interrompant le récit par des dialogues extra-diégétiques. « La ligne de séparation entre ce qui est réel et ce qui ne l'est pas commence à être un peu floue pour moi. », dit l'un des personnages (p.265). Puisqu'un romancier peut tout se permettre, si Lois et Betsy s'imaginaient soeurs ? Si elles s'inventaient autrement ? Orphelines ? Créatrices de mode à succès ?

L'une des scènes fondatrices de la vie de Lois, c'est l'épisode où, enfant, elle joue avec une petite copine noire que son père, raciste, met à la porte. Cet épisode marquant de son existence sera exploité de nouveau plus tard dans le récit et permettra à l'auteur d'écrire « un mélange super-bizarre de science-fiction et de récit subjectif » (p.270), en donnant la parole à Betsy elle-même, qui viendrait du futur pour annoncer effrontément à son grand-père qu'il sera gouverné, en 2016, par un Afro-américain. Dans ce nouveau genre littéraire, tous les délires sont permis et l'on peut visiter à son gré les souvenirs en les rejouant sur un autre ton. Arranger la réalité, la rendre plus belle ou pas, c'est ainsi qu'on fabrique un livre.

L'un des passages étonnants du roman se déroule au moment du mariage de Betsy, quand elle est déjà quadragénaire. Sa mère est morte d'un cancer du poumon, elle qui vivait de son souffle et était reconnue comme l'une des plus grandes cantatrices de son temps. Pourtant, la défunte est présente le jour des noces, car les mères ont le pouvoir de revenir une fois, post-mortem, auprès d'un de leurs enfants. Bien que la situation soit triste, puisque ce subterfuge littéraire sert à faire revivre la mère tant aimée, l'auteur en profite pour créer une situation cocasse (la défunte, toujours aussi véhémente, vient régler quelques comptes avec son ex-mari, par exemple, ou avec sa fille qui l'a décrite comme « lunatique » dans un roman) et illustrer la « sci-fi-subjective », ce genre nouveau d'autobiographie, où l'on se permettrait de jouer avec les époques et les actions, où il serait possible, si on le décide, de changer de vie soudain et de partir très loin, à dos de baleine.

À la fin du livre, Elizabeth Crane donne un crédit supplémentaire à sa narration, en offrant au lecteur la possibilité de voir des photos d'elle et de sa famille, et ce moment est touchant pour qui a suivi ces deux destins. Elle dit avoir eu l'idée de ces points de vue croisés à la lecture d'un livre de Percival Everett, qui l'a beaucoup marquée. Elle fait part de la genèse du livre dans les dernières pages, en son propre nom, expliquant qu'elle n'a pas voulu trop fouiller les souvenirs et qu'elle a préféré laisser ressurgir le passé tel quel.

Avec Histoire vraie de nos vies formidables, Elizabeth Crane en est à son cinquième livre publié chez les éditions Phébus (dont on peut saluer la qualité formelle des ouvrages). La narration est vivante, même si les personnages restent rangés et les thèmes abordés très hétéro-normés… le destin de la mère, qui est exceptionnel, n'est pas ressenti comme tel à la lecture. On la voit plutôt comme une femme difficile, souvent en conflit avec sa fille. On n'est jamais très surpris par les choix des narratrices, qui ne sortent pas beaucoup des sentiers battus et restent finalement un peu trop politiquement correctes. La nouvelle mode des dialogues sans tirets, usage rencontré dans de nombreux romans contemporains, est assez désagréable aussi. Passées ces quelques réserves, ce roman vers lequel je ne serais jamais allée de moi-même se lit avec plaisir.
Lien : http://salon-litteraire.lint..
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Je n'ai pas du tout accroché à ce récit entremêlé de deux destins, celui d'une mère, Lois, cantatrice et de sa fille Betsy, écrivain. L'utilisation du pronom personnel "tu" par la narratrice en est partiellement la raison car je ne savais pas automatiquement laquelle de ces deux femmes s'adressait à l'autre au début de chaque chapitre. La suite de ces derniers est d'ailleurs également déroutante; soit très proches ou au contraire, très éloignés dans le temps; ce qui m'a fortement agacée. Pourquoi des passages de la vie de l'une ou l'autre ont-ils été occultés?
Bref, je n'ai pas du tout aimé le style de la narration, qui, de plus, se dégrade très fortement après les cent premières pages.
Pourtant, je trouvais le personnage de Betsy touchant et j'aurais aimé lire sa biographie, fictive ou non (on devine qu'il peut s'agir du double de l'auteure) mais rédigée d'une manière plus linéaire.
En tout cas, je tiens à remercier les éditions Phébus et Babelio pour cet envoi. Je ne connaissais pas cette maison d'édition et je tiens à souligner que le livre est vraiment très beau et très agréable à tenir en main par son format et la qualité du papier.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Tu as maintenant accumulé un certain nombre d'indices s'agissant de ce que peut se permettre un homme mais pas une femme. L'homme, ainsi que tu le comprends, fait tout ce qui lui chante- ou pas- et la femme fait tout le reste. Pourquoi? Tu n'en as pas la moindre idée.
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Tu as maintenant accumulé un certain nombre d'indices s'agissant de ce que peut se permettre un homme mais pas une femme. L'homme, ainsi que tu le comprends, fait tout ce qui lui chante - ou pas- et la femme fait tout le reste. Pourquoi? Tu n'en as pas la moindre idée.
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Je suis issue d'une famille où l'on ne jette rien. Mon père, professeur de musicologie, avait coutume de garder les choses pour diverses raisons, dont la principale était la préservation de l'histoire ; pour ma mère, une cantatrice qui a connu plusieurs périodes de vaches maigres, c'était plus une question de "Ça pourrait servir un jour" ou de "C'est encore en parfait état." (Appréciation qui pouvait même, à l'occasion, s'appliquer à une feuille d'essuie-tout chiffonnée qui traînait sur le plan de travail. Bizarrement, je comprends cette attitude, aujourd'hui.) Il m'arrive de penser que pour ne pas être qualifié d'amasseur compulsif, il faut avoir de la place chez soi.
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Il y a quelques années de cela, j'avais certes relu l'intégralité de mes journaux intimes en vue de l'écriture d'un récit autobiographique et cette expérience ne m'avait apporté absolument aucun plaisir. Au mieux, cela avait été un peu éclairant, dans le sens où je me suis aperçue que le souvenir que j'avais conservé des choses était très différent du compte-rendu écrit que j'en avais donné à l'époque.
Mais l'idée est que je ne voulais pas que ce livre dépeigne fidèlement les événements. J'adore le genre de fiction dans laquelle l'auteur utilise son vrai nom comme nom de son personnage.
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L'homme, ainsi que tu le comprends, fait tout ce qui lui chante - ou pas - et la femme fait tout le reste. Pourquoi ? Tu n'en as pas la moindre idée.
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