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Critiques sur S'enfuir : Récit d'un otage (105)
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Myriam3
  30 juillet 2017
Pour une fois, ce n'est pas lui-même que l'auteur met en scène, mais Christophe André, un humanitaire enlevé une nuit et détenu par des Tchétchènes.
Il pense d'abord que c'est la clé du coffre de son ONG qui intéresse les ravisseurs, puis suppose que sa détention ne durera que quelques jours, deux semaines tout au plus. En réalité, il restera enfermé bien plus longtemps.

Après l'enlèvement, l'isolement dans lequel se retrouve Christophe André est dépeint par la nudité des chambres, l'incompréhension entre lui et les ravisseurs qui ne parlent ni anglais ni français, et la monotonie des jours qui passent, tous semblables. Ils sont ainsi égrenés presque un à un, notant le moindre petit bruit suspect de l'autre côté du mur comme un événement, avant que ça ne retombe à plat.

Ce que je reprocherais à ce livre, c'est qu'en voulant montrer la lente descente en enfer de l'otage, sans nouvelles de l'ONG ni de personne, de plus en plus seul et désespéré, il ne soit pas allé plus au fond des pensées de cet homme qui a passé tout ce temps sans livre, sans interlocuteurs ni radio ou télé pour se divertir: à part ressasser les stratégies de guerre de Napoléon qu'il semblait connaître par coeur, il a bien dû se poser des questions métaphysiques, repenser à sa vie, à celle des siens, etc..
J'aurais aussi voulu en savoir plus sur les autres otages de la même vague d'enlèvements, ou sur les longues négociations des différents organismes qui se sont occupés de lui une fois enlevé.

Finalement, j'ai trouvé ce témoignage un peu léger par rapport à la gravité des faits, comme si l'auteur n'avait pas voulu y aller à fond.
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ladyshania
  18 février 2017
Pioufff ! Je suis ressortie de cette lecture le coeur battant et le souffle coupé !
Été 1997. Christophe André est en mission humanitaire pour MSF (Médecins Sans Frontières) dans la région du Caucase. Dans la nuit, des hommes l'enlèvent et l'amènent dans une ville voisine. Il va alors passer plus de trois mois séquestré et menotté. Balloté de planques en planques, ses geôliers et sa condition d'otage restent les mêmes.
Le dessinateur Guy Delisle arrive parfaitement à retranscrire les émotions et les phases d'espoir et abattement de Christophe. Elles sont amplifiées avec une luminosité plus ou moins accentuée des couleurs. L'emploi unique des nuances de bleu-gris est très habile car cela accentue l'impression d'enfermement.
Ce oeuvre est assez conséquente en terme de pages. Certains peuvent trouver des passages ennuyant car des planches se répètent mais cela ne pas dérangeait. Au contraire, je pense que c'est pour montrer le côté routinier de la condition d'otage.
C'est un récit poignant d'une personne qui a une grande volonté et un grand courage. En effet, dès sa captivité, Christophe va échafauder tous les scénarios possibles afin de pouvoir s'évader par propres moyens. Et cette idée ne le lâchera pas : s'enfuir.
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zazimuth
  18 décembre 2019
Le narrateur, héros de ce témoignage, participe en Tchétchénie à une mission humanitaire lorsqu'il est kidnappé une nuit et enfermé sans raison explicite.
Dans les deux premiers tiers du livre, on pourrait penser qu'il ne se passe pas grand chose et que c'est répétitif mais cela permet de bien comprendre l'horreur et l'absurdité de l'enfermement, l'isolement (dans une pièce attaché à un radiateur) même sans violence physique mais c'est une torture psychologique dans laquelle l'otage imagine, alors qu'il ne comprend pas un mot de ses ravisseurs. L'espoir au départ, "ça ne va pas durer", "on va me sortir de là"... puis l'abattement devant l'impasse, le sentiment d'impuissance...
Le lecteur vit dans la tête de l'otage qui rêve de s'enfuir tout en en mesurant l'impossibilité jusqu'au jour où...
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svecs
  18 février 2019
Christophe André travaillait pour une ONG en Ingouchie, république d'Asie Centrale frontière de la Tchétchénie. le 1er juillet 1997, sa porte est défoncée par 4 individus qui l'embarquent. Passé la sidération, il comprend vite la triste réalité. Il vient de se faire kidnapper. Commence pour lui plus de 100 jours d'attente, d'ennui cloitré dans une pièce close, menotté à un radiateur. Il n'est pas torturé. Il n'est pas menacé. Il est juste enfermé, dans l'attente. Sans savoir qui l'a enlevé, ni pourquoi. Quelles sont leur exigences. S'ils sont en contact avec l'ONG qui l'emploie.
Au moins, un prisonnier peut décompter les jours jusqu'à la date fixée de la fin de sa peine.
Un otage ne peut qu'attendre, sans savoir s'il en a pour 2 jours, 2 semaines, 2 mois... à moins qu'il ne se fasse exécuter.
Et comment ne pas craquer face à cet isolement total, les seules interactions humaines étant avec des geoliers qui ne parlent ni français, ni anglais.
Delisle traduit cet enfermement dans une mise en page austère. le gaufrier typique, 3 x 2 cases, dans un dégragé de gris-bleu dépressif. Nudité des décors, où une simple ampoule, un matelas à même le sol et un radiateur représentent l'univers qui reste. Nécessité de conserver trace du temps, de compter les jours, à défaut de les décompter, de ne pas perdre un jour de sa vie en passant du lundi au mercredi ou en comptant deux fois un samedi. Et garder le fil de la journée, rythmée par les repas, les visites aux toilettes et le trajet du rai de lumière qui passe à travers la fenêtre.
Guy Delisle met magnifiquement en image les mots de Christophe André. Un très beau livre par l'auteur de Shenzhen.
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Wyoming
  27 novembre 2018
Très beau roman graphique que cette narration de l'enlèvement, de la captivité et enfin de l'évasion d'un otage, Christophe André, capturé alors qu'il était en mission à Nazran, en Ingouchie.
J'ai particulièrement aimé les dessins et surtout le choix des couleurs qui se limitent au bleu et au gris dans toutes leurs nuances. Elles illustrent fort bien cette interminable attente de près de quatre mois vécue par Christophe.
Ensuite, le texte et ses longueurs nécessaires, pour bien marquer la répétition des jours et des nuits, ancrer dans l'imagerie du lecteur cette attente et ses incertitudes, ce quotidien sans fin, ce décompte des jours réalisé par Christophe, son espérance qui émerge toujours lorsque le découragement se fait sentir.
Enfin, sa double évasion, d'abord celle par l'esprit en revisitant les batailles napoléoniennes, puis la vraie, qui semble presque facile puisque due à une négligence des geôliers, alors que le risque était certainement immense d'être repris et de subir ensuite à savoir quels traitements.
Donc, une belle lecture, bien imagée avec quelquefois les dessins qui parlent d'eux-mêmes, sans légende.
Et une note finale très lyrique puisque Christophe aura l'opportunité de se rendre, avant son envol pour la France, à Borodino, haut lieu napoléonien.
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Vexiana
  27 janvier 2017
Dans cette très bonne BD, Christophe André nous raconte, par le biais du dessin de Guy Delisle, ses 111 jours de captivité en Tchétchénie. Enlevé une nuit, il se retrouve menotté dans une petite pièce...l'attente commence.
Guy Delisle arrive à rendre la suite des jours (monotones et tragiquement similaires les uns aux autres) avec une très belle virtuosité. Même si l'essentiel de ce roman graphique se déroule dans trois pièces quasiment vides, même si le héros est couché les trois-quarts du temps, même si les actions qu'il fait sont toujours les mêmes, on ne s'ennuie pas.
Après ces longues pages, la dernière partie nous semble filer à toute allure, on peut ressentir l'excitation, la peur du personnage et ça, je trouve que c'est un coup de maître de la part de Delisle qui a su générer en nous un sentiment de claustrophobie puis un sentiment de libération à travers son dessin et l'ambiance oppressante qu'il y a placée.
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PhilippeCastellain
  06 décembre 2016
1997. Entre deux guerres, la Tchétchénie est devenu l'un des enfers du monde. A une centaine de kilomètres de là, un jeune travailleur humanitaire dort paisiblement. Soudain, au milieu de la nuit, trois hommes font irruption dans sa chambre, l'entrainent, le jettent dans une voiture. Commence alors pour lui une longue captivité, que Guy Delisle nous fait partager.

C'est l'attente qui domine. Longue. Incompressible. L'impuissance totale. Les jours qui se succèdent, toujours semblables. L'inquiétude. le rapport ambivalent aux kidnappeurs - pour eux s'occuper d'un otage a l'air de relever de la routine.

Et la résistance morale de Christophe André. Réfléchir. S'accrocher au moindre détail. Puiser dans sa mémoire.

S'évader...

Et quand le livre se ferme, vient la question insidieuse : et moi, j'aurais fait quoi à sa place ?
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LiliGalipette
  30 avril 2017
Ceci est une histoire vraie. En 1997, alors qu'il travaillait pour Médecins sans frontières dans le Caucase, Christophe André est enlevé par des Tchétchènes. « S'ils connaissaient mon prénom, c'est qu'ils ne m'avaient pas choisi par hasard. J'étais leur cible. » (p. 20) Déplacé à plusieurs reprises, il regarde les jours s'écouler pendant plus de trois mois. Il contemple le plafond, l'ampoule nue, la fenêtre bardée de planches. « Je suis bel et bien attaché à un radiateur dans une pièce sans meubles. » (p. 46) Les journées sont inlassablement rythmées par des bouillons de légumes et des passages éclair aux toilettes. Elles se ressemblent toutes. Christophe tente lutter contre les pensées négatives et le découragement : que font les secours ? A-t-il été abandonné par la France ? « J'en suis à combien de jours à mourir à petit feu ici ? Trente ? … Quarante ? … Putain, j'en peux plus ! » (p. 181) Il imagine les retrouvailles avec les siens et mille moyens d'échapper à sa prison et à ses geôliers dont il ne comprend pas la langue, ni les intentions. « J'en veux au monde entier de me laisser moisir ici. » (p. 216) Mais s'il raconte son histoire, c'est qu'il a eu la chance de s'échapper.

Dans un camaïeu de bleu et de gris, on assiste à la répétition des mêmes scènes et des mêmes gestes. Il y a des successions de vignettes quasiment identiques qui illustrent l'attente et le temps interminable et mortellement répétitif. « Ne pas perdre le décompte des jours. le temps, c'est la seule chose dont je sois certain. » (p. 85) Ce roman graphique est une oeuvre puissance et terrifiante qui, sans le montrer, écrit le mot « liberté » sur toutes les pages.
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MademoiselleMaeve
  15 mars 2017
Lors d'une des dernières émissions de N'écoute pas les idoles sur Radio Béton (celle du 18 février, et d'ailleurs en écoutant le podcast, tu pourras aussi m'entendre), Mélanie a présenté le dernier album – enfin, avec ses plus de 400 pages, on peut peut-être parler de roman graphique – de Guy Delisle, S'enfuir, récit d'un otage. Et comme elle est super sympa, elle me l'a prêté.

S'enfuir a été mon coup de coeur de février. J'ai refermé cette BD les larmes aux yeux. L'auteur de Pyongyang, de Shenzhen, de Chroniques birmanes et de Chroniques de Jérusalem a réalisé un petit bijou.

Christophe André a passé 111 jours en captivité, enlevé lors de sa première expérience au sein d'une ONG en 1997. Pas d'explication, pas de discussion avec ses geôliers. Rien. le silence, quatre murs, un matelas et des questions qui tournent dans sa tête.

J'ai beaucoup aimé la construction de cet album. On se focalise sur Christophe André et non sur la prise d'otage. Des tractations, on ne sait rien. Des déplacements au milieu de la nuit, on n'en comprend pas le sens. Comme l'otage, on ne voit rien, à part ces quatre murs et ce matelas.

S'enfuir m'a fait penser au Joueur d'échecs de Stefan Zweig. A travers cet album, on touche du doigt ce que peuvent ressentir tous les otages : la peur, l'incompréhension, le désespoir, mais aussi la rage.

C'est subtil, touchant et percutant.
Lien : https://mademoisellemaeve.wo..
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livreclem
  04 janvier 2017
Cette BD est saisissante par son sujet et son traitement graphique. le lecteur vit avec l'otage son enfermement (toujours les mêmes couleurs, la même disposition des meubles avec le personnage qui bouge..). On espère avec l'otage et on est surpris par son courage et par la force mental qu'il déploie pour rester humain.
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