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EAN : 9788496815056
180 pages
Éditeur : ASTIBERRI EDICIONES (01/03/2015)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 945 notes)
Résumé :
Après Shenzen, Guy Delisle a poursuivi son travail nomade d'animateur à Pyong yang, capitale de la Corée du Nord. Si ses sentiments vis-à-vis d'un pays totalement étranger se retrouvent d'un livre à l'autre, "Pyong Yang" présente en outre l'intérêt de donner des informations sur la vie quotidienne d'un des pays les plus secrets et les plus fermés du monde.
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Critiques, Analyses et Avis (111) Voir plus Ajouter une critique
cuisineetlectures
  07 mars 2015
En 2003, Guy Delisle part vivre deux mois en Corée du Nord pour travailler sur des dessins animés. Toujours affublé d'un interprète et d'un guide, Guy Delisle réside dans un hôtel quasiment vide, il est stupéfait par le manque d'hygiène et la qualité déplorable des menus. le récit de son séjour est absolument édifiant et pourtant il arrive à faire sourire devant l'absurdité des situations…
Officiellement, tout le monde est volontaire pour se livrer à toutes les corvées, même en dehors des heures de travail et heureux de respecter le calendrier qui commence le jour de la procréation du grand leader ! La propagande pour l'anti-impérialisme américain menée d'une main de fer entraine le pays vers la pénurie de nourriture, d'électricité et surtout vers une absence totale de liberté.
Ce qui frappe d'emblée, c'est le silence qui règne dans les lieux publics, la démesure des monuments ou musées à la gloire du grand leader, les routes très peu fréquentées sur lesquelles il faut rouler tout doucement.
Tout est verrouillé, on étouffe, on éprouve un sentiment de malaise permanent en découvrant son récit passionnant. Pourtant on ne s'ennuie pas et on est reconnaissant à Guy Delisle de nous livrer un carnet de voyage si précieux sur l'un des pays les plus fermés au monde. La fraîcheur de son témoignage glaçant est indispensable pour ne pas oublier la souffrance de la population nord-coréenne.
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Marple
  15 mars 2014
La Corée du Nord est-elle matière à sourire et à rire ? Quand c'est Guy Delisle qui nous la fait vivre en petites BD, la réponse est indéniablement oui. Attention, je ne parle pas du rire bête et méchant de celui qui se croit supérieur ou ne voit pas la réalité terrible, mais d'un amusement étonné devant les petites et grandes aberrations d'un système. Ou comment l'humour peut sensibiliser en finesse à des thèmes graves comme la dictature, la désinformation, l'endoctrinement des masses...
Donc Guy Delisle, dessinateur de BD et d'animation, a tenu le journal de bord de ses 2 mois en Corée du Nord en 2003 : privation de liberté (ah non pardon, c'est pour lui rendre service que son fidèle guide et son fidèle traducteur l'accompagnent partout), problèmes économiques (pas d'électricité sauf pour éclairer les monuments à la gloire du grand leader ou accueillir les délégations étrangères), délire mégalo de la dynastie communiste dirigeante (mention spéciale pour les pin's Kim Jong-Il et le calendrier qui démarre à la conception du père de la nation), appel aux volontaires pour faire tout (et surtout n'importe quoi : peindre 2/3 de pont ou couper l'herbe à la faucille...).
Évidemment, quand c'est moi qui l'écris, ça n'a pas l'air drôle du tout. Et pourtant ça l'est, car Guy Delisle a un talent fou pour dénoncer sans donner de leçons et pour montrer tout le ridicule de certaines situations. J'ai aimé ses silhouettes noires quand il n'y a pas d'électricité, ses phrases chocs et sa sincérité, notamment lorsqu'il s'étonne de n'avoir absolument jamais entendu de critique du régime autre que 'nos films sont ennuyeux'.
Accessoirement, j'ai trouvé intéressants les passages sur la création d'animation ou la solitude de l'expatrié qui joue avec ses avions en papier quand il ne se saoule pas avec les autres expatriés dans une boite de nuit pour expatriés... Lisant Guy Delisle dans le désordre, je me suis d'abord demandée où étaient sa femme Nadège et leur fils... mais en fait Pyongyang c'était avant (et du coup il n'y a rien de redondant, en tout cas avec les Chroniques birmanes).
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berni_29
  06 août 2020
Si vous n'avez pas encore choisi la destination de vos vacances estivales, il est encore temps de vous y préparer et si vous manquez d'idées, je vous suggère une petite escapade en Corée du Nord, à Pyongyang, sa capitale précisément. Ah ! Vous me direz, ça manque un peu d'exotisme... Et je vous répondrai que ça manque aussi de beaucoup d'autres choses là-bas, à commencer par la liberté !
Pour ma part, je me suis laissé entraîner dans ce voyage insolite par les mots et le dessin de Guy Delisle, qui y fit un séjour de deux mois en 2003 à la faveur d'un projet professionnel avec un studio coréen. Auteur de bandes dessinées parfois autobiographiques, cet auteur nomade aime nous plonger dans la réalité des pays dont il s'imprègne, parfois sans sas de décompression.
Dans un humour pince-sans-rire, l'auteur nous décrit ses premiers étonnements dans la rencontre avec la capitale, ainsi que ses habitants, les rues propres, aseptisées, le silence glacial qui y règne. C'est une déambulation à la manière de Candide, dans le meilleur des mondes... On n'échappe pas bien sûr au culte du grand fondateur éternel, Kim Il-sung, et des tonnes de granit dressées un peu partout dans le pays pour célébrer sa mémoire, ainsi que de son fils Kim Jong-il qui prit la relève, bénéficiant de la même popularité auprès de ses sujets, pardon concitoyens, j'oubliais qu'il s'agit d'une république. Depuis lors, Kim Jong-un, mioche pignouf de la descendance, n'est pas venu démentir ce succès familial... Paraît que la frangine qui piaffe d'impatience dans les coulisses est encore pire, d'une cruauté sans égale !
Ici, avec moultes anecdotes et scènes de la vie quotidienne, nous suivons l'auteur accompagné de ses fidèles compagnons locaux, un guide et un traducteur, deux véritables marionnettes lobotomisées, mais peut-on le leur rapprocher ? L'auteur ne ménage pourtant pas sa peine pour gratter le vernis, tenter de discerner la pensée réelle de ce peuple fidèle, idolâtre, muselé, à genoux, osant jusqu'à prêter son livre de chevet, 1984 de George Orwell à son compagnon traducteur, en mal de lecture occidentale.
Nous assistons parfois à des scènes surréalistes comme ces deux serveuses chassant une mouche dans la salle du restaurant du grand hôtel, offrant une scène digne d'un ballet d'opérette.
On pourrait se contenter d'en rire, - et il ne faut pas s'en priver -, s'il n'y avait cette tragédie en filigrane de ce pays le plus fermé au monde : la propagande, la terreur omniprésente, les actes « volontaires », les dénonciations, les disparitions aussi...
Comment expliquer la "docilité" d'un peuple totalement asservi, vidé de consciences individuelles ?
Une scène, en particulier, révèle à elle seule le malaise palpable qui règne dans l'ambiance du pays, lorsque l'auteur s'étonne un jour devant son compagnon traducteur : « Une chose qui frappe quand on se promène depuis des semaines dans les très propres rues de Pyongyang, c'est l'absence totale d'handicapés ». Beaucoup plus étonnant est la réponse à laquelle il a eu droit quand il s'est inquiété de leur sort : « Il n'y en a pas... Nous sommes une nation très homogène et tous les nord-coréens naissent forts, intelligents et en santé ». Et l'auteur de conclure : « Et au ton de sa voix, je crois qu'il le pensait réellement. Jusqu'à quel point peut-on manipuler le cerveau d'un individu ? On risque d'en apprendre un rayon sur le sujet quand le pays s'ouvrira ou s'effondrera ».
Antoine de la Boétie ne disait-il pas : « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » ?
C'est un carnet de voyage sidérant, passionnant, qui nous ouvre les yeux, résonne comme une claque, fait froid dans le dos...
Je remercie Caroline qui m'a suggéré cette lecture, à propos de l'humour des auteurs de bandes dessinées et de leur crayon, parfois comme seules armes pour dénoncer la barbarie humaine dans toute son horreur.
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ibon
  06 juillet 2020
C'est un témoignage du vide et du silence qui plombe l'ambiance dans une ville, surveillée. La misère, totalement absente des rues, est un signe apparent de bonne santé de la capitale et donc du pays.
Tous est sous contrôle: des hôtels uniquement pour les étrangers, des sorties restreintes et surveillées avec un guide qui montre les belles concrétisations du régime.
Le "1984" de Georges Orwell, le livre de chevet de notre serviteur, est un bien meilleur guide, tout y est: réécriture de l'histoire, surveillance de la population, pas d'esprit critique, pas de religion, pas d'opposition.
Un symbole: Kim Il-Sung, le fondateur de la Corée du Nord est le président éternel mais il est mort depuis 1994.
Il faudra à notre camarade Guy, déposer un bouquet de fleurs et s'incliner aux pieds de l'immense statue de ce bienfaiteur de la nation en haut d'une des collines de Pyongyang.
Delisle enfile un costume de journaliste bien ajusté. Ce sont des informations qu'il propose: montrer la non vie, avec des sourires de façade pour les touristes, dans une capitale communiste.
Dans le gris des pages, dans le morne de la vie quotidienne à Pyongyang, la moindre transgression, comme écouter une radio débridée, est une joie peu avouable.
La Corée du Nord est toujours un état totalitaire qui fait peur aux étrangers. Les rires provoqués par certaines situations sont un peu crispés, mais libérateurs du point de vue du lecteur loin de cette dictature.
On ne peut que remercier Guy Delisle pour ce témoignage où transparaît beaucoup, malgré tout ce qui lui est caché.
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blandine5674
  18 août 2020
Que sait-on de la Corée du Nord ? Moi, rien. Un peu plus, depuis que j'ai fini cette BD. Et franchement, ça donne pas envie d'y aller ou alors pour découvrir une autre planète. Guy Delisle nous fait rire devant tant d'absurdités. Rues, routes, monuments, restaus. Tout est vide. Pas d'handicapés : ils naissent tous en bonne santé. Les femmes ne doivent pas faire de vélo : mauvais pour la santé. Je laisse les autres surprises. On ne peut avoir que de la compassion pour ce peuple opprimé.
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critiques presse (1)
Bedeo   20 août 2019
Un petit tour dans le meilleur des mondes ? Delisle tombe les masques et jette avec talent anecdotes et satire sur le pays le plus fermé du monde.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
Under_the_MoonUnder_the_Moon   11 décembre 2013
Le métro de Pyongyang.
Enfoui à 90 mètres dans le sol, le métro de Pyongyang peut servir, en cas d'attaque, d'abri anti-nucléaire. Rien de mieux pour cultiver une constante ambiance de menace. (...)
Partout des fresques hautes en couleurs transfigurent une réalité, à mon sens, plutôt grise.
Dans une ville sans assez d'électricité pour alimenter ses feux de circulation, on se balade en métro sous un éclairage digne de Las Vegas. Mmm, moi je dis: "Louche... very louche". *
Une station plus loin la visite se termine. Notre chauffeur nous récupère à la sortie. Je n'ai encore rencontré personne ayant visité plus de deux stations.
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litolfflitolff   16 juillet 2012
Il y a une question qui doit brûler la langue de tous les étrangers visitant ce pays... une question que l'on se garde bien de formuler... une question que finalement, on se pose à soi-même... est-ce qu'il y croient, eux, à toutes ces conneries qu'on essaie de leur faire avaler ?
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ZilizZiliz   30 janvier 2012
Une chose qui frappe quand on se promène depuis des semaines dans les très propres rues de Pyongyang, c'est l'absence totale d'handicapés.
Et beaucoup plus étonnant encore c'est la réponse [du guide] à laquelle j'ai eu droit quand je me suis inquiété de leur sort...
"Il n'y en a pas... Nous sommes une nation très homogène et tous les Nord-coréens naissent forts, intelligents et en santé."
Et au ton de sa voix, je crois qu'il le pensait réellement.
Jusqu'à quel point peut-on manipuler le cerveau d'un individu ? On risque d'en apprendre un rayon sur le sujet quand le pays s'ouvrira ou s'effondrera."
(p. 135-136)
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jamiKjamiK   19 octobre 2018
Le Musée des Amitiés a été creusé dans la montagne de façon à pouvoir résister à une attaque nucléaire, ce qui en cas de conflit laisserait comme survivants : un bon paquet de suisses, les plus grands paranoïaques du monde entier, des cafards, des scorpions et tous les objets contenus dans le musée de l'amitié... Mieux vaut se faire irradier à mort...
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mandarine43mandarine43   26 janvier 2012
Une chose qui frappe quand on se promène depuis des semaines dans les très propres rues de Pyongyang, c'est l'absence totale d'handicapés.
Et beaucoup plus étonnant encore c'est la réponse à laquelle j'ai eu droit quand je me suis inquiété de leur sort...
- Il n'y en a pas... Nous sommes une nation très homogène et tous les Nord-Coréens naissent forts, intelligents et en santé.
- ...
Au ton de sa voix, je crois qu'il le pensait réellement.
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Videos de Guy Delisle (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy Delisle
Ayant parcouru le monde, de la Chine à la Birmanie en passant par Jérusalem et Pyongyang, seul ou en famille, Guy Delisle a raconté ses voyages et expériences dans une série de chroniques teintées de cocasserie et d'insolite. Pour ce nouvel album, il a décidé de se plonger dans le passé, sa jeunesse à l'usine dont il garde des souvenirs forts, avec "Chroniques de jeunesse", publié aux éditions Delcourt. Il nous en parle dans cet épisode de Raconte-moi un dessin.
Découvrez toutes les vidéos sur la plateforme dédiée de la Claque Fnac : https://laclaquefnac.com/articles/guy-delisle
Raconte-moi un dessin, toutes les discussions sur notre chaîne : https://www.youtube.com/watch?v=NKTQ9Gq3dv0&list=PLiecdOYPtnucOfwVmtKexNPjmhOKudzej
Retrouvez-nous également sur Facebook @Fnac : https://facebook.com/Fnac Instagram @fnac_officiel : https://www.instagram.com/fnac_officiel Twitter @fnac : https://twitter.com/fnac
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