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ISBN : 8496815056
Éditeur : ASTIBERRI EDICIONES (01/03/2015)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 762 notes)
Résumé :
Après Shenzen, Guy Delisle a poursuivi son travail nomade d'animateur à Pyong yang, capitale de la Corée du Nord. Si ses sentiments vis-à-vis d'un pays totalement étranger se retrouvent d'un livre à l'autre, "Pyong Yang" présente en outre l'intérêt de donner des informations sur la vie quotidienne d'un des pays les plus secrets et les plus fermés du monde.
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Critiques, Analyses et Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
Macha_Loubrun
  07 mars 2015
En 2003, Guy Delisle part vivre deux mois en Corée du Nord pour travailler sur des dessins animés. Toujours affublé d'un interprète et d'un guide, Guy Delisle réside dans un hôtel quasiment vide, il est stupéfait par le manque d'hygiène et la qualité déplorable des menus. le récit de son séjour est absolument édifiant et pourtant il arrive à faire sourire devant l'absurdité des situations…
Officiellement, tout le monde est volontaire pour se livrer à toutes les corvées, même en dehors des heures de travail et heureux de respecter le calendrier qui commence le jour de la procréation du grand leader ! La propagande pour l'anti-impérialisme américain menée d'une main de fer entraine le pays vers la pénurie de nourriture, d'électricité et surtout vers une absence totale de liberté.
Ce qui frappe d'emblée, c'est le silence qui règne dans les lieux publics, la démesure des monuments ou musées à la gloire du grand leader, les routes très peu fréquentées sur lesquelles il faut rouler tout doucement.
Tout est verrouillé, on étouffe, on éprouve un sentiment de malaise permanent en découvrant son récit passionnant. Pourtant on ne s'ennuie pas et on est reconnaissant à Guy Delisle de nous livrer un carnet de voyage si précieux sur l'un des pays les plus fermés au monde. La fraîcheur de son témoignage glaçant est indispensable pour ne pas oublier la souffrance de la population nord-coréenne.
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Marple
  15 mars 2014
La Corée du Nord est-elle matière à sourire et à rire ? Quand c'est Guy Delisle qui nous la fait vivre en petites BD, la réponse est indéniablement oui. Attention, je ne parle pas du rire bête et méchant de celui qui se croit supérieur ou ne voit pas la réalité terrible, mais d'un amusement étonné devant les petites et grandes aberrations d'un système. Ou comment l'humour peut sensibiliser en finesse à des thèmes graves comme la dictature, la désinformation, l'endoctrinement des masses...
Donc Guy Delisle, dessinateur de BD et d'animation, a tenu le journal de bord de ses 2 mois en Corée du Nord en 2003 : privation de liberté (ah non pardon, c'est pour lui rendre service que son fidèle guide et son fidèle traducteur l'accompagnent partout), problèmes économiques (pas d'électricité sauf pour éclairer les monuments à la gloire du grand leader ou accueillir les délégations étrangères), délire mégalo de la dynastie communiste dirigeante (mention spéciale pour les pin's Kim Jong-Il et le calendrier qui démarre à la conception du père de la nation), appel aux volontaires pour faire tout (et surtout n'importe quoi : peindre 2/3 de pont ou couper l'herbe à la faucille...).
Évidemment, quand c'est moi qui l'écris, ça n'a pas l'air drôle du tout. Et pourtant ça l'est, car Guy Delisle a un talent fou pour dénoncer sans donner de leçons et pour montrer tout le ridicule de certaines situations. J'ai aimé ses silhouettes noires quand il n'y a pas d'électricité, ses phrases chocs et sa sincérité, notamment lorsqu'il s'étonne de n'avoir absolument jamais entendu de critique du régime autre que 'nos films sont ennuyeux'.
Accessoirement, j'ai trouvé intéressants les passages sur la création d'animation ou la solitude de l'expatrié qui joue avec ses avions en papier quand il ne se saoule pas avec les autres expatriés dans une boite de nuit pour expatriés... Lisant Guy Delisle dans le désordre, je me suis d'abord demandée où étaient sa femme Nadège et leur fils... mais en fait Pyongyang c'était avant (et du coup il n'y a rien de redondant, en tout cas avec les Chroniques birmanes).
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Myriam3
  05 mai 2016
Pénétrer en Corée du Nord semble mission quasi impossible. Et pourtant, en lisant Pyongyang, j'ai été surprise d'apprendre que des entreprises du monde entier y envoient pour de courts séjours des employés de leurs boîtes.
Guy Delisle lui-même vient remplacer une collègue dans le studio d'animation Sek, qui anime les dessins intervalles entre les clés qu'ils reçoivent (allez, un peu de vocabulaire technique: les clés sont les dessins qui démarrent et terminent un mouvement de personnage, et les intervalles sont les dessins qui permettent de lier les clés entre elles).
Naïve sans doute, j'étais convaincue qui si des étrangers au régime nord-coréen pénétraient danse pays, ce ne serait que pour des motifs diplomatiques, politiques ou éventuellement humanitaires. Je découvre qu'il s'y trouve toute une économie de sous-traitance telle que ce studio d'animation justement!
Guy Delisle se retrouve dès l'aéroport affublé d'un traducteur et d'un guide qui le lâchent rarement et dont il a besoin pour visiter les lieux phares du pays, qui sont les lieux de culte - statues, musées, cinémas etc... - des dictateurs père et fils et du régime.
Kim Il Sung et son fils Kim Jong Il sont partout, impossible d'échapper à leur regard! Comment ne pas faire le rapprochement avec 1984 d'Orwell que le dessinateur a choisi, justement, comme livre de chevet?
Guy Delisle prend le parti des descriptions cocasses: la collègue qui chante à tue-tête les chansons patriotiques, le guide et l'interprète offusqués de devoir le suivre en marchant, signe de pauvreté quand une voiture avec chauffeur est à leur disposition, le métro souterrain impeccable, fortement éclairé, mais désert, alors qu'il n'y a pas assez d'électricité pour éclairer les rues et les immeubles la nuit, etc...
le narrateur ne reste bien sûr que trois mois, mais que penser de tous ceux qui naissent, vivent et meurent dans ce monde totalitaire ou le moindre mot négatif sur le régime peut les envoyer en camp de rééducation? Qui n'ont absolument aucune vision ni du monde extérieur ni de ce qui se passe réellement dans leur propre pays?
Avant celui-ci, j'avais lu Chroniques Birmanes, du même auteur. J'aime le côté documentaire, mais je retrouve ce qui m'avait déjà dérangée avec le premier, une difficulté à interpréter certains dessins ou certaines chutes, et un humour qui ne me correspond pas vraiment.
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litolff
  16 juillet 2012
Je lis les chroniques de Guy Delisle à l'envers : après « Chroniques de Jérusalem » et « Chroniques Birmanes », voici donc « Pyongyang », plongée dans le pays le plus fermé du monde, la Corée du Nord.
A la différence de son séjour en Israël et en Birmanie où Guy Delisle suivait sa femme, expatriée pour Médecins sans Frontières, il n'était pas marié lorsqu'il est parti 2 mois en Corée du Nord et s'est rendu sur place pour superviser un studio produisant des dessins animés.
C'est donc avec stupéfaction que l'on fait la connaissance des sympathiques leaders nationaux, le défunt mais omniprésent Kim-Il-Sung et son charmant rejeton, le glorieux Kim-Jong-Il, tous deux à l'origine des plus grandes découvertes mondiales et grands bienfaiteurs de l'humanité : d'ailleurs ils ont fait de leur pays un paradis sur terre, lequel pays bénéficie quand même d'un métro résistant aux attaques nucléaires et comportant deux stations, des postes de radio bloqués sur une station officielle, des autoroutes somptueuses pour desservir un musée à la gloire des leaders nationaux… Et pour découvrir ces merveilles, le pays fournit obligeamment un « camarade guide » et un « camarade traducteur » dont il est manifestement difficile de se séparer... Pays merveilleux, donc (quand te reverrai-je ?), que Guy Delisle découvre avec parcimonie car bien évidemment, en deux mois, il n'a que le temps de visiter les monuments à la gloire du régime et peut difficilement semer ses anges gardiens, et dont il nous fait partager les splendides réalisations avec un humour corrosif.
A noter qu'en deux mois de séjour, il n'a trouvé personne pour oser émettre la moindre critique vis-à-vis d'une dictature de type stalinienne dominée par la permanences du culte de la personnalité et des plans stratégiques incohérents et inefficaces… et pour cause, les camps de redressement sont légion !
On ne peut donc lire cet ouvrage sans éprouver compassion et empathie envers ces Nord-Coréens qui vivent cette année l'an 105 du Juché, puisque la Vie n'a commencé que lors de l'année de naissance du premier grand leader…
Bienvenue au pays de la joie de vivre et de la propagande !
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Under_the_Moon
  13 décembre 2013
J'ai voulu lire ce roman graphique de Guy Delisle pour deux raisons :
- d'abord, c'était pour avoir un "complément de lecture" après avoir lu Nouilles froides à Pyongyang ;
- et puis parce que j'avais déjà lu et aimé les Chroniques birmanes de l'auteur et avait aimé sa façon de raconté et mettre en scène (avec humour!) son expérience dans un pays où le touriste est rare.
Je ne regrette absolument cette lecture. Les deux se complètent bien. On retrouve des similitudes dans les deux récits, notamment la référence au 1984 de George Orwell. Toutefois, le séjour de Guy Delisle a eu l'air plus "agréable", du moins son personnage a t'il bénéficié de plus de liberté - bien que le mot soit un peu fort dans le contexte nord-coréen.
Les deux "petits plus" que je retiens sur cet ouvrage sont 2 visites Jean-Luc Coatalem et son acolyte n'ont pas été autorisé à faire : le métro et le grand magasin de Pyongyang !!!
Ces deux anecdotes permettent à Guy Delisle de montrer l'absurdité et les paradoxes du système nord-coréen, même mieux que le pont qu'il faut sans cesse repeindre (avec de la peinture de mauvaise qualité bien sûr!).
A l'inverse du récit de Coatalem, à force de rire ont oublierait presque que la Corée du Nord est un régime totalitaire des plus terrible. Mais l'auteur nous rappelle le système de rationnement de la nourriture en fonction de sa fidélité au régime, et là... y'a pas de quoi rire !
On rit avec Pyongyang, jusqu'à ce qu'on se souvienne que cette terrible absurdité c'est le quotidien de plusieurs millions d'habitants...
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   16 juillet 2012
Il y a une question qui doit brûler la langue de tous les étrangers visitant ce pays... une question que l'on se garde bien de formuler... une question que finalement, on se pose à soi-même... est-ce qu'il y croient, eux, à toutes ces conneries qu'on essaie de leur faire avaler ?
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   11 décembre 2013
Le métro de Pyongyang.
Enfoui à 90 mètres dans le sol, le métro de Pyongyang peut servir, en cas d'attaque, d'abri anti-nucléaire. Rien de mieux pour cultiver une constante ambiance de menace. (...)
Partout des fresques hautes en couleurs transfigurent une réalité, à mon sens, plutôt grise.
Dans une ville sans assez d'électricité pour alimenter ses feux de circulation, on se balade en métro sous un éclairage digne de Las Vegas. Mmm, moi je dis: "Louche... very louche". *
Une station plus loin la visite se termine. Notre chauffeur nous récupère à la sortie. Je n'ai encore rencontré personne ayant visité plus de deux stations.
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ZilizZiliz   30 janvier 2012
Une chose qui frappe quand on se promène depuis des semaines dans les très propres rues de Pyongyang, c'est l'absence totale d'handicapés.
Et beaucoup plus étonnant encore c'est la réponse [du guide] à laquelle j'ai eu droit quand je me suis inquiété de leur sort...
"Il n'y en a pas... Nous sommes une nation très homogène et tous les Nord-coréens naissent forts, intelligents et en santé."
Et au ton de sa voix, je crois qu'il le pensait réellement.
Jusqu'à quel point peut-on manipuler le cerveau d'un individu ? On risque d'en apprendre un rayon sur le sujet quand le pays s'ouvrira ou s'effondrera."
(p. 135-136)
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jamiKjamiK   19 octobre 2018
Le Musée des Amitiés a été creusé dans la montagne de façon à pouvoir résister à une attaque nucléaire, ce qui en cas de conflit laisserait comme survivants : un bon paquet de suisses, les plus grands paranoïaques du monde entier, des cafards, des scorpions et tous les objets contenus dans le musée de l'amitié... Mieux vaut se faire irradier à mort...
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mandarine43mandarine43   26 janvier 2012
Une chose qui frappe quand on se promène depuis des semaines dans les très propres rues de Pyongyang, c'est l'absence totale d'handicapés.
Et beaucoup plus étonnant encore c'est la réponse à laquelle j'ai eu droit quand je me suis inquiété de leur sort...
- Il n'y en a pas... Nous sommes une nation très homogène et tous les Nord-Coréens naissent forts, intelligents et en santé.
- ...
Au ton de sa voix, je crois qu'il le pensait réellement.
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Videos de Guy Delisle (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy Delisle
Guy Delisle publie la suite du Guide du mauvais père. Il explique ici comment il s'y est pris pour apprendre à dessiner. Plus d'informations sur la BD "Le Guide du mauvais père", tome 4, parue chez Delcourt : https://www.franceinter.fr/livres/bande-dessinee-le-guide-du-mauvais-pere-de-guy-delisle Plus de leçons de dessin : https://www.youtube.com/playlist?list=PL43OynbWaTMLSUzMpmqwuKcJNbTeC5GhD
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