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EAN : 9782205075472
432 pages
Éditeur : Dargaud (16/09/2016)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 470 notes)
Résumé :
En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue.
Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ?
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Critiques, Analyses et Avis (110) Voir plus Ajouter une critique
carre
  18 octobre 2016
Le nouveau roman graphique, une fois n'est pas coutume, ne s'appuie pas sur les souvenirs du dessinateur, scénariste. En effet, il raconte le rapt de l'humanitaire Christophe André enlevé en Tchétchènie en 1997, les 111 jours de sa captivité jusqu'à son évasion. Delisle prend son temps pour montrer les différentes phases ressentis par l'otage. On éprouve nous aussi une sorte d'écrasement, d'étouffement devant la répétition de ses journées, ces semaines passées sans aucune information. Et paradoxalement c'est peut-être sur cet aspect là que le bât blesse, en tout cas qu'une forme d'ennui gagne le lecteur. C'est forcément voulu par Delisle mais ce roman graphique (432 pages) aurait peut-être gagné à être plus resserré. Les 60 dernières pages racontant l'évasion de C. Henry apportent enfin le rythme qui fait parfois défaut. Cela n'enlève rien à la qualité de l'oeuvre bien évidemment et au talent de l'artiste.
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Bazart
  01 novembre 2016
Guy Delisle, le célébrissisime auteur québécois installé en France depuis plusieurs années, connu notamment pour ses fameuses chroniques de Jérusalem, un récit inédit, à la fois candide et amusé, sur son année passée dans un Jérusalem occupé, a laissé de côté sa vie personnelle ainsi que ses très amusantes aventures de papa pour sa nouvelle BD particulièrement ambitieuse et audacieuse.
Guy Delisle revient en librairie en cette rentrée 2016 avec un vrai événement littéraire, S'enfuir. Récit d'un otage, qui est une plongée radicale dans la tête d'un otage.
Ce roman graphique dense et profond relate la terrible expérience de Christophe André- rien à avoir avec le psychologue médiatique-, membre d'une ONG kidnappé lors de sa première mission humanitaire dans le Caucase, en 1997, et ses trois mois de captivité et 111 jours qui suivront, nimbés de doutes, d'humiliation et d'espoir.
L'illustrateur québécois s'est lié d'amitié avec Christophe André il y a de nombreuses années, et a voulu rendre compte dans un roman graphique de toute la souffrance subie par l'otage, qui restera enfermé sans personne à qui parler, et rien à faire à part regarder une vieille ampoule et une porte qui reste fermée 99% du temps.
Au départ, enfermé dans une pièce avec une fenêtre obstruée, une ampoule au plafond et un matelas, notre travailleuyr humanitaire- kidnappé pour son première mission, ne pensait en avoir que pour quelques jours avant d'être libéré. Mais le temps passe, rythmé par les mêmes micro-événements ..
Pour ne pas perdre la notion du temps (il essaie de se repérer aux bruits et aux moindres détails), il égrène le calendrier dans sa tête, voyant défiler semaine après semaine : en effet, se rappeler de la date du jour, se repérer dans le calendrier, c'est éviter de ne pas sombrer, exister au milieu d'un monde dont on l'a coupé.
L'album de Delisle est particulièrement réussi pour sonder l'intérieur du cerveau de Christophe André;champ de réflexion permanent qui guette la moindre information du dehors pour tenter de comprendre ce qui lui arrive et si une éventuelle issue est possible.
Avec une distanciation et une profondeur analytique qui force l'admiration, Christophe André se raconte les batailles napoléoniennes pour ne pas péter un câble, un peu comme Kaufmann récitait les cépages bordelais lors de sa détention.
Guy Delisle réussit formidablement au cours de ces 400 pages à allier à la force du dessin et du texte, il montre avec une sensibilité remarquable tout ce que ressent cet otage et créé un suspense au fil des pages.
L'illustrateur parvient parfaitement à s'effacer derrière son interlocuteur, pour mieux raconter en détail sa captivité avec une précision et une justesse qui sidèrent et forcent l'admiration.
La répétition du décor et l'alternance des jours / nuits fait sortir le vide et l'attente invivable permet l'exploit de l'auteur de ne jamais lâcher l'attention du lecteur et la finesse du récit et de la narration font de ce S'enfuir, récit d'un otage" de Guy Delisle un des incontournables de la Bande Dessinée de cette rentrée mais aussi de cette décennie.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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blandine5674
  13 septembre 2020
Une nuit, alors que Christophe André travaille depuis trois mois en Tchétchénie dans l'humanitaire, est enlevé puis menotté dans une chambre. Un peu surprise qu'il soit aussi passif au début. Il ne crie pas, ne se débat pas, ne pose pas de question. Jours et nuits se ressemblent. Aucun ne parle français ni anglais. C'est là qu'intervient le talent de Guy Delisle avec cette sensation de rentrer dans la peau de l'otage qui espère, qui se fait violence pour ne pas entrer dans le syndrome de Stockholm, de ne pas perdre la notion du temps et de la mémoire. Imaginez être en prison sans savoir pourquoi ni la durée. Planches bicolores aux dessins simples et efficaces.
Commenter  J’apprécie          426
boudicca
  10 janvier 2017
En 1997, Christophe André mène sa première mission humanitaire en Tchétchénie pour le compte de Médecin sans frontière. Dans la nuit du 1er au 2 juillet, des hommes s'infiltrent dans le bâtiment dans lequel il loge à Nazran et l'embarquent avec eux. C'est alors que commence sa vie d'otage qui durera près de quatre mois au terme desquels il parviendra finalement à échapper à ses ravisseurs. Ce sont les 111 jours de captivité que nous relate Guy Delisle dans son dernier roman graphique, un ouvrage imposant à la lecture duquel on ne ressort pas indemne. le pari de l'auteur était osé, raconter jour après jour le quotidien de cet otage passant l'essentiel de ses journées seul, attaché à un radiateur, n'ayant, à priori, rien de captivant. On se prend pourtant très vite au jeu grâce à l'empathie immédiate qu'on éprouve pour le personnage, un homme ordinaire qui ne comprend pas ce qu'il lui arrive, qui a peur, qui cherche à se rassurer, à s'occuper, à ne pas devenir fou. En nous plongeant dans la tête du protagoniste, l'auteur nous incite à nous mettre à notre tour à la place de cet otage et à réfléchir à la façon dont nous réagirions dans une situation similaire. Serait-on par exemple capable de maintenir, par fierté, une attitude indifférente à l'égard de nos geôliers ? Saurions-nous saisir la première opportunité pour nous échapper ? Arriverions-nous à rester sain d'esprit ?
On suit avec un mélange d'appréhension et d'impatience le décompte des jours, curieux de savoir quelle attitude le personnage va adopter face à telle ou telle situation, avec toujours cette obsédante question en tête : et nous, qu'aurions-nous fait dans les mêmes circonstances ? Quelques moments cruciaux mis à part, le quotidien de Christophe André se réduit cela dit pendant la majorité de l'ouvrage à une longue attente, sans qu'aucun événement notable ne vienne troubler son ennui. Un sentiment que le lecteur, bien qu'en en étant témoin, n'éprouve cela dit à aucun moment lui-même tant la tension née de l'attente et de l'espoir reste perceptible, même dans les moments les plus anodins. Les planches se succèdent donc et se ressemblent, avec parfois quelques éléments supplémentaires témoignant d'un infime changement. le décor est tellement minimaliste que seuls de subtiles jeux de couleurs permettent de temps à autre de nous informer des jours et des nuits qui passent. Pendant tout ce temps, ce sont les pensées du personnage qui nous occupent : ses questionnements, ses moments de désespoir ou d'euphorie, et surtout ses stratégies pour échapper à l'ennui et rester lui-même (stricte décompte des jours, jeu sur les batailles napoléoniennes qui le passionnent depuis longtemps, une petite touche d'humour par-ci par-là...).
Avec ce récit d'otage, Guy Delisle nous plonge jour après jour dans le calvaire vécu par Christophe André, sans chercher à nous épargner l'impatience et la tension due à l'attente interminable endurée par l'otage. le résultat aurait pu être ennuyeux au possible mais pousse au contraire le lecteur à l'introspection et à l'empathie envers tout ceux qui, en ce moment même et partout dans le monde, doivent endurer cette épreuve.
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Imaginoire
  06 novembre 2020
15 années, un peu plus de 400 pages, c'est ce qu'il aura fallu à Guy Delisle pour nous raconter les 111 jours durant lesquels Christophe André a été retenu, otage, la plupart du temps attaché à un radiateur, au Caucase en 1997, où il réalisait sa première mission humanitaire pour Médecins Sans Frontières.
Le résultat est un album où les nuances de bleus et de gris nous montrent comment les quelques mois de la vie de Christophe furent ternes, silencieux, longs… Il ne se passe pas grand-chose dans sa vie, rythmée par les repas que l'on lui apporte, souvent composés de bouillon. On, ses ravisseurs, dont il ne comprend pas la langue et qu'il surnommera Thénardier, le grand, le jeune.
Pas plus surpris d'avoir été kidnappé dans ses régions dangereuses, qui nécessitent justement assistance d'ONG, il pense qu'il sera libéré en quelques jours et s'inquiète plus de risquer de faire perdre une grosse somme d'argent nécessaire à aider les gens pour payer sa rançon.
S'enfuir, c'est l'histoire d'un homme qui se retrouve confronté à la solitude, qui a peur non pas de mourir mais plutôt de causer ennuis et peines à son entourage. L'histoire d'un homme qui garde espoir en l'avenir et qui ne souhaite pas jouer au héros inutilement. L'histoire d'un homme qui garde la tête froide face au danger.
Guy Delisle, se fait la voix de Christophe André, pour nous mettre devant les yeux, ces longues journées, où coupé du monde, rien ne se passer pour Christophe. Et il réussit le tour de force de ne pas en faire un album ennuyeux.
Enfin, en ces temps où nous sommes nous tous, privés de liberté par une crise sanitaire mondiale, la lecture de S'enfuir, permet de relativiser les choses. Nous sommes cloitrés dans des logements en général plutôt confortables, en tout cas plus que d'être menotté sur une paillasse et ce, afin d'éviter de se retrouver ou d'envoyer nos proches sur un lit d'hôpital, entravés par un tas de tuyaux nous reliant à des machines sans lesquelles nous serions morts.

Lien : https://imaginoire.fr/2020/1..
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critiques presse (13)
Actualitte   23 mars 2017
Un travail maîtrisé et sensible qui confirme qu’il est un auteur avec lequel il faut compter.
Lire la critique sur le site : Actualitte
ActuaBD   02 janvier 2017
Un huis-clos très réussi : G. Delisle met en scène les 111 jours de détention d’un humanitaire en Tchétchénie.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Actualitte   23 novembre 2016
La vraie prouesse consiste à ne pas rendre pesante la narration de ce cauchemar éveillé, à garder l'acuité du regard et le souci du détail incongru qui font depuis plus de quinze ans le succès des albums signés par ce talentueux Québécois.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaPresse   14 novembre 2016
L'expérience du travailleur humanitaire Christophe André est bouleversante. L'imposant roman graphique qu'en a tiré Guy Delisle, S'enfuir - Récit d'un otage, aussi.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   24 octobre 2016
C’est un chef-d’œuvre qu’il nous livre.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Culturebox   18 octobre 2016
Une chronique au plus près de cette expérience de l'enfermement, servie par une narration graphique qui soutient un parti pris fort, tenu de bout en bout.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeJournaldeQuebec   18 octobre 2016
Un véritable chef-d’œuvre de bande dessinée, de story­telling, où tout est traité d’une manière vraiment efficace.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeDevoir   12 octobre 2016
Une séquence d’événements qui aurait pu n’être pour lui qu’un mauvais souvenir, mais qui désormais façonne une oeuvre sensible.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
BoDoi   10 octobre 2016
Avec sa ligne frêle et une palette réduite de gris, il transforme le journal intérieur de Christophe en aventure immobile palpitante et touchante. Un vrai coup de maître compte tenu de la difficulté du projet.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LaPresse   07 octobre 2016
Un étonnant album qui relate l'enlèvement du coopérant français Christophe André.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama   05 octobre 2016
S'enfuir a le défaut de ses qualités : son souci de véracité, la volonté qu'a le dessinateur de rester à tout prix dans les clous du témoignage, de ne pas s'aventurer dans l'affect ou l'imaginaire, confine au documentaire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   03 octobre 2016
Guy Delisle raconte les quatre mois d'un otage français dans le Caucase. L'esquisse d'un moment de vie en suspension.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BDGest   12 septembre 2016
Qu’importe, les gros bouquins de Mr Delisle, derrière une simplicité de façade, sont des fenêtres uniques ouvertes sur des théâtres où s’écrit l’actualité (sinon l’Histoire) du monde contemporain.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   29 novembre 2016
Je suis au fond du gouffre. Comment pourrais-je regarder dans les yeux mes amis, mes compagnons de travail avec cette somme que je leur aurais fait perdre ? ! Sortir d'ici, oui, plus que jamais. Mais pas à n'importe quel prix... pas à n'importe quel prix.
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Nat_85Nat_85   13 septembre 2018
Etre otage, c'est pire qu'être en prison. Au moins, en prison, tu sais pourquoi tu es enfermé. Alors qu'otage, c'est juste de la malchance. Au mauvais endroit, au mauvais moment.
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chocoladdictchocoladdict   18 septembre 2016
Être otage, c’est pire qu’être en prison.
Au moins, en prison, tu sais pourquoi tu es enfermé.
En prison, tu connais le jour où tu vas sortir, la date précise…
Alors qu’ici je peux juste compter
les jours qui sont passés sans savoir
quand ça va s’arrêter.
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alouettalouett   10 octobre 2016
Ne pas perdre le décompte des jours. Le temps, c’est la seule chose dont je sois certain. Je ne sais pas où je suis… Je ne sais pas pourquoi je suis ici… Je n’ai aucune idée de ce qui se passe à l’extérieur… Ça ne m’avance à rien d’y penser. 10 juillet, jeudi, le 10 juillet. Tout ce que j’ai comme repères, c’est le jour et la date. 10 juillet
Commenter  J’apprécie          60
blandine5674blandine5674   13 septembre 2020
Ça me paraît tellement irréel de savoir que la vie continue dans toute sa banalité alors que je suis enfermé ici, menotté au sol.
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Videos de Guy Delisle (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy Delisle
Après Chroniques Birmanes et Chroniques de Jérusalem, découvrez Chroniques de Jeunesse, un voyage intime dans les souvenirs de Guy Delisle.
Résumé : Vous ne le saviez peut-être pas mais avant d'être un célèbre auteur de bandes dessinées, le jeune étudiant Guy Delisle a travaillé trois étés dans une usine à papier. À partir de cette expérience de jeunesse, il dresse un portrait drôle et tendre du monde du travail et questionne les relations qu'il entretient avec son père, lui-même salarié dans l'usine.
En savoir plus : https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-chroniques-de-jeunesse/album-chroniques-de-jeunesse
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