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Alex Nikolavitch Racunica (Traducteur)
ISBN : 2756009105
Éditeur : Delcourt (05/09/2007)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 24 notes)
Résumé :

ON A TOUS QUELQUE CHOSE A CACHER... Lorsque l'inspecteur Richard Fell est transféré de l'autre côté du pont qui sépare la capitale du quartier de Snowtown, il n'imagine pas être confronté immédiatement au torrent d'immondices que lui réservent les habitants de ce véritable purgatoire sur Terre. Justicier par conviction, flic par désespoir, Fell est lui aussi hanté par un lourd secret. Warren Elli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
livr0ns-n0us
  27 janvier 2012
Premier point : Warren Ellis + Ben Templesmith = Dream Team.
Je rappelle que Warren Ellis est l'auteur -entre autres- du charmant et fleuri Transmetropolitan, l'un des comics les plus magistraux que j'aie pu lire. Quant à Ben Templesmith, vous avez déjà pu le croiser sur ce blog avec Wormwood et Bienvenue à Hoxford. J'apprécie tout particulièrement sa technique graphique, et j'ai donc décidé de lire (et de collectionner) toutes ses publications. Fell ne pouvait donc qu'être explosif, et je n'en attendais pas moins de la part de ces deux génies du comics.
Le scénario est apparemment simple : un flic puni par ses supérieurs, envoyé dans le pire quartier qui existe, essayant tant bien que mal de faire régner la loi dans un univers où le meurtre, le viol, la pédophilie et autres pratiques tordues sont monnaie courante. Ce premier tome est composé de plusieurs courtes histoires mettant chacune en scène Richard Fell et un truand. le fil rouge est bien évidemment la ville, Snowtown, qui d'après les habitants vole l'âme de ceux qui y habitent. Ces petits récits sont comme des fenêtres sur la cité, ouvertes puis aussitôt refermées ; ils nous permettent de nous imprégner de son atmosphère sans forcément suivre un schéma chronologique précis (il peut se passer deux jours comme deux mois entre chaque histoire, nous n'en savons rien). La narration s'effectue parfois en post-it rédigés par Richard Fell lui-même et renforce cette impression de fugacité, de choses entrevues, aperçues, telles qu'un officier de police débordé aurait pu les coucher sur le papier entre deux interventions. Les dialogues sont précis, minutieux, implacables : il est important de saisir en quelques mots de quoi il retourne.
Fell est, comme sont nom l'indique, centré sur le personnage de l'inspecteur, qui m'a beaucoup plu. Tête brûlée, il n'hésite pas à recourir aux même méthodes que ceux qu'il poursuit pour arriver à ses fins : mensonge, manipulation, passage à tabac... Toujours borderline, mais profondément convaincu de la justice de ses actions, ses antagonismes en font un personnage complexe, sensible, humain. J'aime beaucoup son flegme face à des situations hallucinantes (par exemple la fois où il découvre un type bardé de bombes dans une cabine d'essayage alors qu'il allait se racheter des vêtements). Il est cependant loin d'être mou et possède une extraordinaire capacité de réaction qui lui permet de toujours s'en sortir. Mais Richard Fell est aussi faillible, et Warren Ellis met brillamment en scène l'un de ses échecs, chose assez rare (que ce soit dans les films, les séries ou la littérature) pour être soulignée.
Le tout est magistralement porté par le trait incandescent de Templesmith. Toutes les pages sont un vrai délice pour les yeux ! Je manque d'adjectifs pour décrire le plaisir visuel que je ressens avec cet illustrateur virtuose. Les couleurs et les plages de noir et blanc sont minutieusement dosée, le trait tantôt flou, tantôt précis : tout est savamment orchestré pour conserver un bel équilibre.
Vous l'aurez compris, Fell est donc un gros coup de coeur. Je mets cependant en garde les plus sensibles, comme je l'ai fait pour les autres titres de Templesmith, car le scénario est loin d'être tendre et présente même un certain nombre d'aspects assez malsains (mais rien n'est gratuit). Une petite angoisse me saisit lorsque je vois que ce premier tome date de 2007 et que le suivant n'est toujours pas annoncé... J'imagine que nos deux larrons sont bien occupés ailleurs mais j'espère que le projet continuera !
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Presence
  13 avril 2015
En 2007, le très prolifique Warren Ellis entame une nouvelle série avec un illustrateur de renom Ben Templesmith ("30 jours de nuit" & "Wormwood"). Ce recueil comporte les 8 premiers épisodes de la série.
Richard Fell est un enquêteur de police qui, suite à une bavure, est muté dans un quartier de la ville baptisé Snowtown auquel on accède par un pont. Les 8 épisodes de 16 pages chacun racontent 7 de ses enquêtes plus une journée de travail. Richard Fell se révèle être un enquêteur vraiment intelligent et perspicace, manipulateur et psychologue hors pair. Il va ainsi être confronté à une histoire d'empoisonnement alcoolique, un meurtre d'une femme enceinte qui a été mutilée pour que le criminel récupère le foetus, un attentat suicide à la bombe, un cadavre ayant séjourné dans l'eau de la rivière, une maltraitance d'enfant... Toutes les enquêtes se déroulent dans Snowtown avec un nombre très réduit de personnages.
Les dessins de Ben Templesmith sont dans la lignée de ce qu'il a fait dans ses précédents comics. Il ressemble à des esquisses peu précises avec une mise en peinture qui s'attache à rendre une impression en jouant sur une gamme de nuances. le résultat n'est jamais déconcertant. le lecteur n'est pas agacé par le manque de détails dans les cases, mais tout de suite happé par la sensation à la fois claustrophobique et psychologique qui se dégage de ses illustrations. Ces dernières servent entièrement les scénarios d'Ellis et concrétisent sur la page les états des personnages, ainsi que les tensions existant entre les protagonistes.
Le plus bel exemple de la complémentarité des 2 artistes est l'épisode 5 qui se déroule dans une seule pièce dans laquelle Fell interroge un suspect (peu d'action et situation très peu visuelle). Warren Ellis et Ben Templesmith se sont fixés un défi très risqué : rendre intéressant un interrogatoire qui se déroule à huis clos dans une pièce entre seulement 2 personnages. Ellis concocte une enquête prenante, un duel psyhologique captivant et il montre comment son héros manipule le suspect pour prendre l'ascendant psychologique. de son coté Templesmith sait varier les angles de prises de vue, il réalise des expressions faciales très variées et en pleine adéquation avec les différentes phases de l'interrogatoire et sa mise en couleur rend visible les tensions psychologiques entre les 2 personnages.
Ces histoires sont tout à fait étonnantes et savoureuses dans le sens où les enquêtes sont intéressantes, le malaise de cette ville poisseuse est rendu palpable et les 2 artistes se complémentent de façon admirable. Attention toute fois, ce tome n'est pas pour les plus jeunes, les horreurs des crimes ne sont pas affadies. Il s'agit certainement de l'une des meilleures séries de Warren Ellis.
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yvantilleuil
  13 février 2011
On a tous quelque chose à cacher ! L'inspecteur Richard Fell, transféré pour d'obscures raisons de l'autre côté du pont, dans la (féro)cité nommée Snowtown, ne déroge pas à cette maxime. Dans ce ghetto urbain où règnent le crime, le désespoir et la peur, l'impunité est de rigueur. Les criminels grouillent, tandis que les trois flics et demi (un cul de jatte dans le lot) qui peuplent le petit commissariat de la ville ont oublié toute notion du mot «justice». Meurtres, voleurs de foetus, bombes humaines, cadavres méconnaissables, dépeceurs de femmes, proxénètes et pédophiles : les affaires sordides s'accumulent avec la régularité d'une horloge suisse, sans que ces policiers blasés y consacrent la moindre minute. C'est évidemment sans compter sur les talents de détective du nouveau venu, bien résolu à résoudre les enquêtes les plus glauques. Mais qu'a-t-il fait pour mériter d'atterrir dans un tel lieu de débauche et pourra-t-il faire la différence dans cette version la plus cauchemardesque du rêve américain ?
Chacun des huit épisodes de Snowtown livre une histoire indépendante qui contribue au développement des personnages et de l'intrigue secondaire. le format gaufrier de neuf cases par planche permet de compresser les différents récits en seulement seize pages, livrant des fascicules denses et bon marché, que Delcourt a la bonne idée de regrouper dans sa Collection Contrebande. La narration qui n'a pas peur de gratter les bas-fonds de notre vocabulaire en allant à l'essentiel, ne s'enferme pas dans un style et est parfaitement adaptée à cet environnement hostile qui étale sa misère, sa déchéance et son horreur sur la voie publique.
Le quartier de non-droit qui sert de décor à ce polar bien sombre fait office de véritable tonneau des danaïdes pour tout agent ayant le sens du devoir. Les différents protagonistes ont tous le profil de l'emploi. Warren Ellis (Desolation Jones, Transmetropolitan, The Authority) livre tout d'abord un héros tourmenté, capable d'identifier les démons cachés des êtres humains et doté d'un pouvoir de déduction et d'observation digne de Sherlock Holmes. Ensuite, il utilise très peu de personnages secondaires, mais tous véhiculent le malaise de cette ville sordide : du lieutenant Beard, complètement désabusé, à Mayko, la barmaid d'origine asiatique qui marque Fell au fer rouge du symbole de la ville, en passant par cette mystérieuse nonne arborant un masque de Nixon. L'introduction de ces deux derniers éléments surprenants contribue d'ailleurs à ajouter un côté mystique aux différentes enquêtes inspirées de faits réels, donnant l'impression qu'une force maléfique supérieure rôde à chaque coin de rue de Snowtown.
L'endroit, dissimulé dans un brouillard aux couleurs tamisées, semble filtrer la lumière et l'espoir. L'ambiance crasseuse qui ressort de cette pénombre enveloppée de tons bleus et gris, accompagne parfaitement le déclin moral de cette population en marge de la société. Sans être très détaillé et usant d'images floues lors des scènes d'action, le dessin de l'australien Ben Templesmith parvient tout de même à transmettre au lecteur ces petits détails importants qui font la force d'un bon roman policier.
Richard Fell est un homme à placer bien loin des superhéros en collants dans votre bibliothèque : peut-être à côté de Desolation Jones pour son côté dur à cuire, ou entre Sam et Twitch, car ce type qui fait des vilaines choses pour les bonnes raisons a également ses faiblesses … et ses secrets. On a tous quelque chose à cacher !
Lien : http://brusselsboy.wordpress..
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bibliojette
  13 janvier 2015
Warren Ellis est un de ces scénaristes de comics qui maîtrisent l'art du dialogue choc et des personnages grotesques. Dans ce polar surréaliste il donne libre cours à ses talents et dépeint sur un mode humoristique un monde glauque. le trait elliptique de Templesmith se marie à des histoires sordides pour en rehausser l'odeur de charogne.
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Cronos
  21 novembre 2013
Une chose est sûr après ce livre, je suis définitivement fan de Templesmith !
Le personnage principal me fais étrangement penser à l'agent du FBI dans une autre de ses oeuvres "30 jours de nuit".
Toujours dans un style mêlant horreur et une pointe d'humour, et dans un style graphique sombre mais coloré, avec des pointes de lumière sur certains éléments, l'image prend vie.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
CronosCronos   20 novembre 2013
Mon nouveau chez-moi. J'ai l'impression que des tas de gens se sont suicidés ici.
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Coccinelle2Coccinelle2   09 mai 2012
Tout le monde a quelque chose à cacher
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