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Critiques sur Nulle part sur la terre (80)
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marina53
  05 octobre 2017
Un grand merci à Babelio et aux éditions Sonatine...

Sous un soleil plombant, Maben, un sac-poubelle jeté sur l'épaule, marche sur la bas-côté d'une route de Louisiane. Derrière elle, sa fille, Annalee, traine des pieds. Des jours qu'elles marchent ainsi vers la ville où la jeune femme a grandi. En chemin, une mauvaise rencontre et sa vie d'errance et de souffrance bascule à nouveau...
Après 11 ans derrière les barreaux, Russel goûte enfin au plaisir de la liberté, rêvant de jours paisibles. Mais son retour à McComb ne semble pas réjouir tout le monde, notamment deux frères, Walt et Larry, qui lui réservent un accueil pour le moins musclé...

Deux âmes écorchées, deux êtres meurtris et ballotés par la vie. Un homme, qui aspire à la tranquillité après un séjour en prison, et une femme, démunie mais combative, dont les chemins vont immanquablement se croiser au détour d'un fait divers sanglant dans ce coin perdu, vers la Nouvelle-Orléans. Un coin paumé où les rancoeurs persistent, où la vengeance n'est jamais loin, où les coups pleuvent et où l'on boit pour oublier un passé tortueux et un présent incertain. Michael Farris Smith nous plonge dans une ambiance poussiéreuse, parfois étouffante ou désolante. Une narration alternée, entre passé et présent et entre les deux protagonistes, et une plume ciselée font de ce Nulle part sur le terre un roman à la fois brutal et tendre, désolant et empli d'espoir, sombre et lumineux.
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Renod
  14 août 2017
Un vendredi soir. Lassitude d'un corps fatigué par une semaine de labeur. Etre raisonnable, rentrer et se coucher tôt ? Non, s'évader, oublier, évacuer la pression. L'envie de bouger sans trop savoir où aller, le désir de jouir d'une liberté fragile sans savoir que faire. Dans le sud du Mississippi, Russell prend le volant de son pick-up, s'arrête devant un magasin de spiritueux, achète une bouteille de bourbon, un grand gobelet de Coca et file dans la nuit. L'autoradio diffuse de vieux morceaux de blues, les vitres sont entrouvertes. Il traverse des espaces sans fin, un ciel immense, enivré d'alcool et de vitesse. Et puis un soir de virée, malchance ou fatalité, Russell percute un autre véhicule et tue son passager. Un accident dramatique qui va sceller le destin de nombreuses existences. Onze ans plus tard, Russell sort du pénitencier. Sa condamnation n'a rien résolu, tout est resté en suspens. Si la peine est purgée, la culpabilité ou la haine restent vives. Les personnages du roman sont accablés par le poids d'un même « passé qui ne meurt jamais ». Qu'y a-t-il derrière eux ? Un grand gâchis, un lot d'échecs ou de malheurs. Et devant eux ? Aucun projet ne se dessine, ils sont englués dans un quotidien sans horizon.
« Nulle part sur la terre » se déroule dans le sud du Mississippi, à proximité de la Louisiane, mais les spécificités de ce territoire sont peu exploitées. le roman reprend des thèmes classiques du roman noir : des individus rongés par leur passé, leur culpabilité, en quête de pardon ou de rédemption. Des thèmes connus des amateurs du genre mais ici la partition est convaincante, l'auteur parvient à animer une demi-douzaine de personnages aux motivations différentes, mais tous liés sans le savoir par un même drame. La pression monte au cours du récit, il faut crever l'abcès et cela passera par la violence ou le salut. Un roman convenu mais maîtrisé.

(je remercie les éditions Sonatines et Netgalley de m'avoir permis de découvrir ce roman)
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Stelphique
  29 août 2017
Ce que j'ai ressenti:…Cap vers la Route du Désespoir…

« Fais ce que tu as envie de faire et ne regarde pas en arrière, se dit-il. »

Je m'en vais suivre ce conseil pour aller Nulle part sur la terre…Et je n'aurai voulu être nulle part d'autre sur la terre, que dans ma bulle d'air, pour apprécier au mieux cette petite pépite…

« le soir parfois je m'asseyais sur la véranda et ce que j'entendais c'était comme si la fin du monde avait eu lieu et qu'il y avait plus personne sur terre. »

Le gros point fort de ce roman, c'est son ambiance. Pesante. Poussiéreuse. Couleur d'asphalte…Il règne dans ses pages, un temps presque arrêté, un espace temps suspendu, et il nous faut prendre le temps d'en apprécier toute sa richesse. A l'heure où tourne le monde, avec sa folle frénésie de course contre le temps, cet effet « lenteur » est salvateur: les mots appuyés, le rythme maîtrisé…Juste ce qu'il faut pour en faire un roman noir prenant, nourri de lumière grise…

Mississipi, un lac…Cette étendue d'eau a des effets apaisants incroyables, comme si elle pouvait sonder la profondeur des âmes et peut être enfouir les plus noirs secrets, tout en gardant son hypnotisante beauté. Entre son calme et les bouillonnantes émotions de ce village perdu au milieu de rien, ce lieu devient le rendez vous des désespoirs lumineux, des lumières imperceptibles…Un cadre naturel pour le théâtre vivant des plus destructrices querelles passées et ses répercussions présentes…

Regarder le mal en face, pour rester à l'écart du mal. Autant que possible.

Maben tirant sa fille Annalee, avec l'énergie de la fatalité, luttant contre l'inactivité, pour ne pas que le monde l'avale, pour éviter les mauvaises rencontres du destin. Elle avance envers et contre tout, pour ne pas tomber, en essayant de remplir ses journées d'un amour maternel instinctif, comme on se raccroche à une bouée au milieu du néant…Tandis que Russel voudrait un semblant de calme, qu'il pense ne pas mériter, et se perd dans les routes américaines aux heures les plus sombres, pour essayer de trouver la paix. En vain…Ce trio de personnages, qui nous éclaire de leurs espoirs, nous inonde de leurs sentiments contraires est des plus intéressant à suivre car la route de la rédemption et de la culpabilité dévorante sera semée de plus d'épreuves que prévues, de virages inopinés qui laissera voir un panorama intense de violence et de douceur combinés…

« S'asseoir sur la véranda, regarder le jour décliner et le soir tomber sur la terre comme une couverture descendue la border pour la nuit. »

En ayant choisi des personnages complexes qui touchent le fond mais qui gardent une petite lueur d'espérance, Michael Farris Smith, nous offre un roman magnifique car il explore toutes les lignes floues entre le bien et le mal, tout en laissant son lecteur, maître de ses émotions face à ces contradictions humaines. On est, peut être Nulle part sur la Terre, mais on est très bien accompagné si on tient entre ces mains, cette belle lecture pleine d'humanité…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Lien : https://fairystelphique.word..
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Witchblade
  27 septembre 2017
Livre lu dans le cadre de la masse critique spéciale de Septembre 2017.

Je remercie Babelio et les éditions Sonatine pour l'envoi de ce roman. Je me suis proposée pour le lire et le critiquer en pensant qu'il s'agissait d'un roman policier comme « L'affaire Isobel Vine » de Tony Cavanaugh, précédemment découvert de cette maison d'éditions. le résumé m'a quand même intrigué mais ne connaissant pas les auteurs cités sur la 4ème de couverture, je n'ai pas pu réellement juger du type de roman qui m'attendait.

Alors certes, le début se lit vite malgré le style perturbant de l'auteur mais une fois la curiosité passée, le style m'énervait et je ne voyais pas le but de ce roman, à part de raconter l'histoire de 2 pauvres âmes, de 2 paumés du rêve américain. Concernant le style, 2 choses ont fini par me lasser. Comme signalé par une autre lectrice (Josephine2), l'auteur adore les « ET ». Chaque phrase longue en contient au moins 3. Il semble également fâché avec les virgules et les guillemets car des parties de dialogues se retrouvent dans le corps du texte sans rien. Cela m'a bien dérangée mais le pire a fini par être les « ET » répétitifs et l'absence de virgules. J'ai été obligée de relire plusieurs fois certaines phrases pour en comprendre le sens, et encore, ce n'était pas toujours gagné. Tellement l'habitude de lire des romans complexes que j'essaye de ne louper aucun détail quelque soit les romans, mais du coup, pour certains, je me complique la lecture pour rien. Et puis, je finis vite par me lasser quand le style me déplaît et qu'il ne se passe quasiment rien dans l'histoire. D'habitude, en lisant en diagonale les dialogues, ça me redonne envie de continuer la lecture mais ça n'a pas été une réussite pour celui-ci. du coup, j'ai abandonné cette lecture moribonde à même pas 100p. Je finissais même par m'endormir sur ces phrases sans queue ni tête...

Comme vous l'aurez compris, cette lecture n'a pas été la réussite que j'attendais. Contrairement à l'accroche en 4ème de couverture, le style et le talent d'évocation ne me sont pas allés droit au coeur. Ils sont singuliers, les « ET » répétitifs et l'absence de virgules sont fait exprès mais ils ont fini par me lasser car ma curiosité s'en est allée avec la rencontre de Russell et n'est jamais revenue même en retrouvant Maben et sa fille. Je ne pense pas être finalement un bon lectorat pour ce type de roman, je m'y ennuie vite... Et puis, j'attendais un roman policier et non, un roman sur la condition humaine. Si vous êtes amateurs de ce type de roman, je vous conseille de le découvrir, il vous ravira sans doute plus qu'à moi.

Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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JIMEDE
  13 septembre 2017
Une femme, une fillette, un baluchon, une route où elles marchent et qui les ignore...

Un homme, une prison, une sortie, un car et des passagers qui l'ignorent...

Ils ont en commun d'avoir touché le fond ; d'avancer sans assurance sur le chemin de crête étroit qui peut les faire basculer en un instant dans la désespérance ou la rédemption ; d'être tous deux habités de la faiblesse et du doute des laissés pour comptes, mais aussi de la force de ceux qui ont décidé de ne pas abdiquer sans combattre.

Eux, ce sont Maben et Russell, réunis par la fulgurance malheureuse d'un passé commun et par le hasard d'un fait divers du présent.

Nulle part sur terre est un polar noir sur la désespérance de ces laissés pour compte qui, nulle part sur terre, ne peuvent trouver un brin de répit, un peu de repos et encore moins, un peu d'oubli.

Nulle part sur terre est un roman d'espoir, sur ceux qui n'ayant plus rien à perdre, décident d'un seul coup qu'ils ont au contraire tout à gagner. Et qui arrivés au fond de la piscine, poussent fort sur leurs jambes pour trouver cette impulsion qui les fera remonter. Un peu...

Nulle part sur terre est une belle construction réussie par Michael Farris Smith, qui monte en puissance page après page, livre peu à peu au lecteur les fils de son intrigue, alterne avec maîtrise digressions naturo-psychologiques et dialogues ciselés.

Pour un deuxième livre, c'est remarquable !
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Bazart
  10 septembre 2017
Elles marchent toutes les deux au bord de la nationale. Maben rentre chez elle, dans la ville de son enfance avec Annalee sa fille. Après des années d'errance et de souffrance, elle sait pourtant que personne ne l'attend.

Pourquoi s'est-elle arrêtée dans ce motel glauque ? Il faut encore que le sale destin la mette sur le chemin de Clint, le flic le plus ripoux du canton. Russel, lui, c'est après onze ans de prison qu'il rentre au pays, à peine descendu du Greyhound, à la sortie de la gare routière, il est passé à tabac.

On ne pardonne pas facilement dans la région. Fernwood Mississipi va devenir le décor où devra se jouer le dernier acte d'une pièce commencée des années plutôt. Unité de temps, unité de lieu, unité d'action, la rédemption se gagnera aux poings pour Maben et Russel.

C'est noir, rural et brutal. Mickael Farris Smith connait bien les routes du Mississipi. Au plus près de ses personnages, il nous raconte l'histoire d'un homme et d'une femme qui veulent encore se battre à la loyale dans un monde dur et froid.

Mais l'écrivain américain est au fond de lui un vrai humaniste, il sait aussi nous parler de belles personnes qui sont prêtes à tendre la main, pourvu que l'on sache l'attraper. C'est noir, rural, brutal mais plein d'espoir.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Josephine2
  15 septembre 2017
« Nulle part sur la terre » raconte l'histoire de deux personnes fracassées par la vie. Celle de Maben qui vit en nomade, avec sa petite fille, Annalee. Elles ne souhaitent qu'un peu de répit. Et celle de Russel qui sort de prison après avoir purgé une peine de 11 ans.

Alors qu'elle erre sur les routes à la recherche d'un abri avec sa fille, Maben n'en finit pas d'aller d'embêtement en embêtement. Elle s'enfonce et ne voit pas le bout de ses mésaventures.

Quant à Russel, dès sa sortie de prison, il est attendu… Par son père, mais également par Larry et Walt qui ne pensent qu'à une chose : se venger, faire mal.

Un lien unit les deux personnages. Quel est-il ? Arriveront-ils à surmonter un jour leurs problèmes ? Personne ne sort indemne dans cette histoire.

A travers ce roman, on est loin de l'Eldorado que semble promettre les Etats-Unis.

J'ai beaucoup aimé cette histoire. le seul bémol, c'est l'emploi de la conjonction de coordination ET à quasiment chacune des phrases du roman et plusieurs fois dans chaque phrase. Ca a complètement déstabilisé ma lecture ! J'ai lutter pour faire abstraction de ces ET qui viennent alourdir, inutilement et sans raison l'écriture. J'ai même pensé que c'était une erreur, soit de traduction, soit d'impression.

Extrait : « Il hocha la tête ET ajouta qu'il aurait aimé pouvoir lui donner plus, mais elle lui dit que c'était déjà beaucoup. Elle souleva le sac, prit la fillette par la main ET le remercia encore en esquissant un sourire ET il leur tint la porte quand elles entrèrent dans la cafétéria. Il les regarda par la vitre. Il y avait un comptoir ET une rangée de tabourets de bar sur la droite ET la petite fille pianota du bout des doigts sur chacun des tabourets en passant ET la femme laissa tomber au sol son sac-poubelle ET continua d'avancer en le traînant sur le linoléum. Il continua de la suivre des yeux tandis qu'une serveuse les escortait jusqu'à une table près de la fenêtre ET il faillit alors entrer à son tour, pour leur donner son numéro de téléphone, dire à la femme qu'elle pouvait l'appeler si jamais on ne venait pas les chercher comme prévu ET qu'il ferait son possible pour les aider. Mais il se ravisa. Remonta dans la Buick ET fit demi-tour ET, arrivé chez lui, il se gara sous l'auvent avant d'entrer dans la maison où il retrouverait sa femme à la table de la cuisine. Il lui parlerait de la femme ET de la gamine ET quand elle voudrait savoir ce qu'il fichait d'abord sur la route de Louisiane, il n'en aurait aucune idée. »

C'est comme ça tout au long du livre. Dommage. Pour moi, ce n'est pas français ! C'est pour cela que je ne mets que 2,5 étoiles. J'ai quand même été jusqu'au bout de l'histoire, malgré ces ET parce que l'auteur m'a tenu en haleine.

Je remercie les éditions Sonatine et Babelio qui m'ont permis de découvrir ce livre par le biais d'une masse critique privilégiée.
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stokely
  12 octobre 2017
J'ai eu très peur au début de ma lecture car nous suivons deux protagonistes une maman et sa fille au bord de la route ayant pour tout bagage que des affaires dans un sac poubelle. Cela m'a fait tout de suite au livre La route qui ne m'avais pas emballé.

Second point ici il s'agit clairement d'un roman noir ce qui n'est pas mon genre de prédilection également la plupart du temps je m'ennuie ferme dans ce type de lecture.

Pourquoi alors la note de 4.5 sur 5 parce qu'ici j'ai tout de suite accroché aux personnages de Maben et de sa fille, parce que j'ai aimé également le personnage de Ruben parce que malgré tout ce que ces personnages traversent on voit qu'il existe encore de l'entraide.

Parce que même si tout parait noir ou sombre il y a toujours de la lumière au bout du tunnel

Parce que l'ambiance retranscrite dans ce roman et tout simplement géniale et pesante à souhait, un presque coup de coeur pour moi les 30 ou 40 pages de la fin sont en trop mais quelle découverte!

Un roman qui prend aux tripes et que je n'oublierais pas de sitôt!
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Killing79
  24 août 2017
Voilà un livre qui porte vraiment bien son nom ! « Nulle part sur la terre » est un bon résumé de l'histoire et sa (belle) couverture en dit beaucoup sur l'univers.
D'emblée, on est propulsé dans un endroit retiré au fin fond de l'Amérique profonde. Dans ce décor de désolation, on va croiser le chemin de personnages, plutôt paumés eux aussi. Un évènement dramatique va les réunir. Dès lors, leurs destinées vont être liées et ils vont devoir se battre ensemble.
La beauté de ce texte tient dans les portraits assez réalistes des protagonistes. On entre très facilement en empathie avec ces écorchés de la vie. Même si le destin semble ne pas vouloir leur faire de cadeaux mais seulement s'acharner sur eux, ils développent chacun une part d'humanité admirable. Au milieu du néant, leurs sentiments vont être décuplés. Toujours à vif, leur colère, leurs ressentiments mais aussi leur bienveillance vont devenir les moteurs de leurs survies.
L'auteur retranscrit parfaitement l'atmosphère sombre entourant cette tragédie. le lecteur se sent asphyxié à mesure que l'étau se referme sur les acteurs. Moi qui adore ce type d'ambiance, j'y ai donc trouvé mon compte. Seul le style de narration très descriptif peut être considéré comme un point noir. En effet, tous les gestes des personnages sont décortiqués avec précision et ces tournures m'ont un peu dérangé au début. Mais une fois l'action bien lancée, j'ai vite oublié ce détail et je me suis laissé emporter.
Michaël Farris Smith nous entraîne dans les tréfonds de la misère. Je ne conseille pas cette histoire à ceux qui veulent se faire du bien en lisant, même si du désespoir le plus profond peut parfois surgir une lumière qui fait chaud au coeur ! Et c'est en cela que cette aventure sur la condition humaine entre dans ma liste de mes belles trouvailles de romans noirs.

Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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gruz
  24 août 2017
Deux âmes perdues, cabossées par la vie, voient leurs destins s'entrecroiser. Deux personnages (trois plus exactement avec une petite fillette) au bout du rouleau, sans pour autant que ce ne soit inévitablement le bout du chemin.

Un thème universel, traité à maintes reprises, qu'on pourrait même croire rabâché. C'est sans compter sur le grand talent de Michael Farris Smith.

Le titre anglais (Desperation Road – La route du désespoir) donne clairement le ton. Trois êtres bringuebalés sur la route de la vie, ballottés par les pires conditions qu'une existence peut imposer, secoués par les horribles cahots de leurs quotidiens. Comme s'ils n'avaient Nulle part sur la terre pour trouver leurs places. Et pourtant, la vie réserve des surprises à chaque tournant.

Ce roman noir américain est prenant et parfois véritablement bouleversant. L'auteur a su créer un sentiment d'empathie rare pour ses personnages. Dans les pires comme dans les meilleurs moments. Parce qu'il y a de l'espoir dans cette désespérance, c'est tout le paradoxe.

Ces personnages d'une étonnante densité, ont du mal à pardonner à la vie ce qu'elle leur impose. Mais ils ont également des choses à se faire pardonner. Rien n'est tout blanc ou noir, il est question de rédemption aussi.

Michael Farris Smith, qui avait déjà marqué mon esprit avec son précédent roman Une pluie sans fin (Éditions Super 8), démontre à quel point c'est un auteur à suivre. Il y en a pléthore qui décrivent le désenchantement des femmes et des hommes de l'Amérique profonde, mais lui le fait avec un énorme supplément d'âme, et un notable talent narratif. L'écriture reste toujours au plus près des protagonistes, avec une capacité d'évocation hors normes. Sa plume est réellement addictive.

L'histoire, qui pourrait paraître assez banale, est en fait bien plus forte qu'il n'y paraît. L'idée qu'a trouvé l'auteur pour lier inexorablement les personnages est aussi magnifique, qu'étonnante. Il n'est pas juste question d'errance, mais de justice, de mort, de vengeance. Et de sentiments positifs aussi. le noir sans un brin de lumière n'est qu'obscurité.

Nulle part sur la terre est un roman puissant, qui risque fort de rester en mémoire par ses personnages, par une histoire poignante, et par la grâce d'une écriture emprunte d'humanité. Michael Farris Smith a un don, c'est une évidence.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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