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ISBN : 235584609X
Éditeur : Sonatine (24/08/2017)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 174 notes)
Résumé :
Les oubliés du rêve américain.
Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.
Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (117) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  05 octobre 2017
Un grand merci à Babelio et aux éditions Sonatine...
Sous un soleil plombant, Maben, un sac-poubelle jeté sur l'épaule, marche sur la bas-côté d'une route de Louisiane. Derrière elle, sa fille, Annalee, traine des pieds. Des jours qu'elles marchent ainsi vers la ville où la jeune femme a grandi. En chemin, une mauvaise rencontre et sa vie d'errance et de souffrance bascule à nouveau...
Après 11 ans derrière les barreaux, Russel goûte enfin au plaisir de la liberté, rêvant de jours paisibles. Mais son retour à McComb ne semble pas réjouir tout le monde, notamment deux frères, Walt et Larry, qui lui réservent un accueil pour le moins musclé...
Deux âmes écorchées, deux êtres meurtris et ballotés par la vie. Un homme, qui aspire à la tranquillité après un séjour en prison, et une femme, démunie mais combative, dont les chemins vont immanquablement se croiser au détour d'un fait divers sanglant dans ce coin perdu, vers la Nouvelle-Orléans. Un coin paumé où les rancoeurs persistent, où la vengeance n'est jamais loin, où les coups pleuvent et où l'on boit pour oublier un passé tortueux et un présent incertain. Michael Farris Smith nous plonge dans une ambiance poussiéreuse, parfois étouffante ou désolante. Une narration alternée, entre passé et présent et entre les deux protagonistes, et une plume ciselée font de ce Nulle part sur le terre un roman à la fois brutal et tendre, désolant et empli d'espoir, sombre et lumineux.
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Commenter  J’apprécie          790
Stelphique
  29 août 2017
Ce que j'ai ressenti:…Cap vers la Route du Désespoir…
« Fais ce que tu as envie de faire et ne regarde pas en arrière, se dit-il. »
Je m'en vais suivre ce conseil pour aller Nulle part sur la terre…Et je n'aurai voulu être nulle part d'autre sur la terre, que dans ma bulle d'air, pour apprécier au mieux cette petite pépite…
« le soir parfois je m'asseyais sur la véranda et ce que j'entendais c'était comme si la fin du monde avait eu lieu et qu'il y avait plus personne sur terre. »
Le gros point fort de ce roman, c'est son ambiance. Pesante. Poussiéreuse. Couleur d'asphalte…Il règne dans ses pages, un temps presque arrêté, un espace temps suspendu, et il nous faut prendre le temps d'en apprécier toute sa richesse. A l'heure où tourne le monde, avec sa folle frénésie de course contre le temps, cet effet « lenteur » est salvateur: les mots appuyés, le rythme maîtrisé…Juste ce qu'il faut pour en faire un roman noir prenant, nourri de lumière grise…
Mississipi, un lac…Cette étendue d'eau a des effets apaisants incroyables, comme si elle pouvait sonder la profondeur des âmes et peut être enfouir les plus noirs secrets, tout en gardant son hypnotisante beauté. Entre son calme et les bouillonnantes émotions de ce village perdu au milieu de rien, ce lieu devient le rendez vous des désespoirs lumineux, des lumières imperceptibles…Un cadre naturel pour le théâtre vivant des plus destructrices querelles passées et ses répercussions présentes…
Regarder le mal en face, pour rester à l'écart du mal. Autant que possible.
Maben tirant sa fille Annalee, avec l'énergie de la fatalité, luttant contre l'inactivité, pour ne pas que le monde l'avale, pour éviter les mauvaises rencontres du destin. Elle avance envers et contre tout, pour ne pas tomber, en essayant de remplir ses journées d'un amour maternel instinctif, comme on se raccroche à une bouée au milieu du néant…Tandis que Russel voudrait un semblant de calme, qu'il pense ne pas mériter, et se perd dans les routes américaines aux heures les plus sombres, pour essayer de trouver la paix. En vain…Ce trio de personnages, qui nous éclaire de leurs espoirs, nous inonde de leurs sentiments contraires est des plus intéressant à suivre car la route de la rédemption et de la culpabilité dévorante sera semée de plus d'épreuves que prévues, de virages inopinés qui laissera voir un panorama intense de violence et de douceur combinés…
« S'asseoir sur la véranda, regarder le jour décliner et le soir tomber sur la terre comme une couverture descendue la border pour la nuit. »
En ayant choisi des personnages complexes qui touchent le fond mais qui gardent une petite lueur d'espérance, Michael Farris Smith, nous offre un roman magnifique car il explore toutes les lignes floues entre le bien et le mal, tout en laissant son lecteur, maître de ses émotions face à ces contradictions humaines. On est, peut être Nulle part sur la Terre, mais on est très bien accompagné si on tient entre ces mains, cette belle lecture pleine d'humanité…
Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Lien : https://fairystelphique.word..
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Sylviegeo
  18 mars 2018
Pour la dure ou douce sensibilité de l'auteur et la résilience de ses personnages, là où il n'y en a ni de bons ni de mauvais, je craque !
Nous sommes au Mississipi, Russell sort de prison après 11 ans derrière les barreaux et revient chez lui. Bien sûr, rien n'est évident et un comité d'accueil vengeur, mené par Larry à la mémoire longue, l'attend avec rage, haine et hargne. Rien du retour ne sera facile.
Maben et sa petite fille fuient. Depuis des années. Nulle part où aller. Personne. Seules toutes les deux sur la route.
Puis, le passé qui ne nous quitte jamais tout à fait refait surface, ce passé qui n'est jamais qu'un ancien présent, Russel, Larry, Maben et tous les autres impliqués en vivront encore les conséquences.
Une écriture éclairée sur des sujets sombres. Une maîtrise de la simplicité dans la phrase, mais des mots vifs, vivants , chargés pour présenter la part d'ombre et celle plus innocente de l'âme humaine. C'est un don pour un auteur de pouvoir tout exprimer simplement avec modestie dans le verbe, la réserve dans le choix des mots sans que cela n'enlève rien à la charge émotionnelle, un auteur qui semble amant de son sujet pour le plus grand bonheur du lecteur.
Je viens de découvrir un grand auteur contemporain qui sait nous parler de cette toujours saississante Amérique .
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Crossroads
  21 novembre 2017
Dommage d'avoir "perdu  de vue" cette délicieuse émission éponyme.
Russell et Maben s'y seraient certainement sentis très à l'aise. Non pas qu'ils soient à la recherche d'un lointain amour de jeunesse ni du cousin germain de la crémière du facteur. Que nenni. Leur champ d'investigation aurait été bien plus réduit. Eux-mêmes.
Complétement à la ramasse, Russell revient au pays en ex-taulard, Maben et sa gamine en naufragées solidaires, avec pour ultime aspiration de se reconstruire, enfin, histoire de donner un quelconque sens à leur vie. Welcome home les n'amis ! Vous reprendrez bien une généreuse portion d'emmerdes ?
♪ Y a quelqu'un qui m'a dit♫ en préambule, gaffe, l'auteur multiplie les "et" comme personne. Certes, le procédé aurait pu rapidement lasser si le récit n'avait pas pris le pas sur le style. Un style, à l'image de nos deux anti-héros, qui aurait presque l'air de se chercher et donc parfaitement raccord avec l'ambiance générale.
Nulle Part Sur La Terre, c'est une nuit sans lune, un bon jour d'automne bien maussade au crachin persistant.
L'espoir semble y être persona non grata et pourtant.
Michael Farris Smith fait dans le ramassé, l'épuré, le nerveux.
A force de courts chapitres, il vous intègre, le blues en fonds musical, à son univers apocalyptique.
Un bled paumé du Mississippi dénué de toute espérance où rédemption et pardon ne sont pas de mise.
L'orage gronde, au loin, promesse d'un très sale moment en perspective et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce Nulle Part Sur La Terre l'a très largement tenu, lui, ses promesses en termes de découverte et de plaisir de lecture.
♫C'est quand le bonheur ?♪
Patience, petite, j'ai comme l'impression qu'il a encore loupé son train.
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Renod
  14 août 2017
Un vendredi soir. Lassitude d'un corps fatigué par une semaine de labeur. Etre raisonnable, rentrer et se coucher tôt ? Non, s'évader, oublier, évacuer la pression. L'envie de bouger sans trop savoir où aller, le désir de jouir d'une liberté fragile sans savoir que faire. Dans le sud du Mississippi, Russell prend le volant de son pick-up, s'arrête devant un magasin de spiritueux, achète une bouteille de bourbon, un grand gobelet de Coca et file dans la nuit. L'autoradio diffuse de vieux morceaux de blues, les vitres sont entrouvertes. Il traverse des espaces sans fin, un ciel immense, enivré d'alcool et de vitesse. Et puis un soir de virée, malchance ou fatalité, Russell percute un autre véhicule et tue son passager. Un accident dramatique qui va sceller le destin de nombreuses existences. Onze ans plus tard, Russell sort du pénitencier. Sa condamnation n'a rien résolu, tout est resté en suspens. Si la peine est purgée, la culpabilité ou la haine restent vives. Les personnages du roman sont accablés par le poids d'un même « passé qui ne meurt jamais ». Qu'y a-t-il derrière eux ? Un grand gâchis, un lot d'échecs ou de malheurs. Et devant eux ? Aucun projet ne se dessine, ils sont englués dans un quotidien sans horizon.
« Nulle part sur la terre » se déroule dans le sud du Mississippi, à proximité de la Louisiane, mais les spécificités de ce territoire sont peu exploitées. le roman reprend des thèmes classiques du roman noir : des individus rongés par leur passé, leur culpabilité, en quête de pardon ou de rédemption. Des thèmes connus des amateurs du genre mais ici la partition est convaincante, l'auteur parvient à animer une demi-douzaine de personnages aux motivations différentes, mais tous liés sans le savoir par un même drame. La pression monte au cours du récit, il faut crever l'abcès et cela passera par la violence ou le salut. Un roman convenu mais maîtrisé.
(je remercie les éditions Sonatines et Netgalley de m'avoir permis de découvrir ce roman)
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critiques presse (2)
LeFigaro   22 décembre 2017
L'auteur d'Une pluie sans fin revient avec un polar lyrique peuplé de personnages qu'on a envie de serrer contre son cœur.


Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   01 septembre 2017
Maben et Russell ont tout perdu, sauf l’espoir. « Nulle part sur la terre », roman poignant d’un auteur américain à suivre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   05 octobre 2017
Elle s'était rendu compte avec le temps que les mauvais coups, une fois que c’était parti, s'amoncelaient et proliféraient comme une plante grimpante sauvage et vénéneuse, un lierre qui courait tout le long des kilomètres et des années, depuis les visages brumeux qu'elle avait connus jusqu'aux frontières qu'elle avait franchies et à tout ce qu'avaient pu instiller en elle les inconnus croisés en chemin.
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ulostcontrol_ulostcontrol_   10 août 2017
Il avait dit qu’il revenait tout de suite mais elle avait compris rien qu’au ton de sa voix qu’il mentait. Au moins il avait laissé cent dollars, posés en évidence sur la télé. Et le sac-poubelle, avec ses vêtements et ceux de la gosse, devant la porte de la chambre du motel. Elle avait connu pire. Se faire larguer sans brutalité avait presque été une petite victoire en soi. Mais il n’en restait pas moins que le van avait disparu et lui avec et qu’elle avait déjà oublié comment il s’appelait et qu’elles s’étaient retrouvées une fois de plus seules toutes les deux dans une chambre qui n’était pas la leur. Alors elles étaient parties. Trois jours qu’elles marchaient. Retour au Mississippi, puisqu’elles n’avaient nulle part ailleurs où aller. Ça n’avait pas marché à La Nouvelle-Orléans et ça n’avait pas marché à Shreveport et la seule chose qu’elle avait réussi à Beaumont c’était de concevoir la fillette, et elle ne savait pas très bien au fond pourquoi le Mississippi, à part le fait que c’était la case départ. Elle était partie avec rien et revenait avec rien sinon une bouche de plus à nourrir. Et maintenant qu’elle était de retour, la chaleur exhalée par l’asphalte ressemblait à la chaleur exhalée par l’asphalte partout ailleurs. Elle avait vaguement espéré que se produise un miracle ou un autre, une fois qu’elles auraient franchi la frontière de l’État, et c’était peut-être bien ce qui s’était passé avec ce vieil homme qui les avait ramassées sur la route et leur avait donné quarante dollars. Et, les yeux fixés sur les traces séchées de glace au chocolat aux coins de la bouche de la petite, Maben se dit que c’était à peu près tout ce qu’elle était en droit d’espérer.
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BouvyBouvy   27 septembre 2017
Elle ouvrit la porte et Russell se colla de nouveau à elle et ils entrèrent en titubant jusqu’au milieu de la pièce et Russell n’avait soudain plus qu’une seule idée en tête. Il fit glisser les bretelles de sa robe sur ses épaules en se disant mon Dieu je vous en prie, puis fit glisser sa robe jusqu’à sa taille en se répétant mon Dieu je vous en prie et quand elle se mit à se tortiller il s’agenouilla et tira la robe jusqu’à ses chevilles et elle leva un pied puis l’autre pour s’en débarrasser et alors il dit merci mon Dieu. Une minute plus tard ils étaient tous deux nus sur le tapis et Dieu lui sortit complètement de la tête et il était allongé sur le dos et elle se trémoussait sur lui en lui plaquant les épaules au sol et puis, tandis qu’elle se penchait vers lui et qu’il la tenait par la taille et sentait ses seins contre son torse nu, il se mordit les lèvres pour s’empêcher de fondre en larmes et la pensée lui traversa l’esprit que s’il existait un autre homme sur cette planète qui à cet instant était plus heureux que lui, alors il ne savait pas comment ce salopard faisait pour le supporter.
+ Lire la suite
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RenodRenod   14 août 2017
Il était allongé sur le dos et elle se trémoussait sur lui en plaquant les épaules au sol et puis, tandis qu'elle se penchait vers lui et qu'il la tenait par la taille et sentait ses seins contre son torse nu, il se mordit les lèvres pour s'empêcher de fondre en larmes et la pensée lui traversa l'esprit que s'il existait un autre homme sur cette planète qui à cet instant était plus heureux que lui, alors il ne savait pas comment ce salopard faisait pour le supporter.
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WitchbladeWitchblade   09 novembre 2017
Elle abaissa son arme puis la laissa tomber et ses mains soudain tremblantes se levèrent et elle les posa sur sa tête mais ce n'était pas le moment alors elle ramassa ses vêtements et ses chaussures à l'arrière de la voiture et elle se rhabilla à toute vitesse et tout à coup elle fondit en larmes et se mit à hoqueter mais elle se força à arrêter.
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