AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Critiques sur L'affaire Lolita (29)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
LaBiblidOnee
  29 mai 2014
« "- J'attache une valeur inestimable à un bon livre posé sur ma table de nuit. Malheureusement quand je vais enfin me coucher, je tombe de sommeil aussitôt après avoir lu quelques pages."
Florence calcula qu'à ce rythme, un bon livre durerait plus d'un an au directeur. le prix moyen d'un livre était de douze shillings et six pence. Elle soupira. »


Florence, qui vit depuis quelques années sur le capital décès de son mari, décide d'acquérir une vieille bâtisse du village afin d'y ouvrir une librairie. Mais contre toute attente, cette décision n'est pas accueillie avec enthousiasme par les villageois et surtout par Violet, une bourgeoise influente du village qui fera tout pour faire échouer son projet : Elle tentera d'abord de l'en dissuader en prétendant vouloir cette maison pour organiser un centre artistique, puis devant la détermination de Florence, elle use de stratagèmes plus pernicieux : Faire courir des rumeurs, jouer de ses relations, faire passer des lois pour la faire partir, etc… Pourquoi le village ne veut-il pas de la librairie de Florence ? Et surtout, qui va gagner cette lutte un peu puérile ?


*****

Nous n'aurons pas réellement de réponse à la première question, et c'est bien ce qui m'a le plus chagriné dans cette lecture. Tout le roman s'appuie sur cette lutte intestine, mais pourquoi des gens voudraient-ils s'acharner à empêcher une librairie d'ouvrir ? Finalement, en apprenant à connaître les personnages, je pense que Violet la bourgeoise ne supporte tout simplement pas qu'une autre femme, moins influente et plus récemment arrivée au sein de la communauté, entreprenne quelque chose avant elle, réussisse, et risque de devenir influente à son tour dans le village. Et je crois que c'est le noeud du roman.


Celui-ci doit beaucoup à la plume incisive qui le porte et à son atmosphère désuète de village anglais. Tout l'intérêt du livre réside dans l'opposition entre d'un côté cette femme récemment arrivée qui a le courage de se lancer, veut s'intégrer en participant à l'activité de la ville, et de l'autre côté les hiérarchies et relations villageoises dans lesquelles il est difficile d'interférer. Ainsi, Florence ne comprend pas pourquoi mais tous se liguent contre elle, y compris un drôle d'esprit frappeur qui hanterait la librairie.


Car Pénélope FITZGERALD est réputée pour son humour froid et sa prose raffinée, et c'est ce qu'elle nous offre à la lecture de ce roman. On pourrait tout simplement déduire de cette histoire qu'aujourd'hui, la littérature a moins la cote que d'autres formes d'art que Violet et les villageois prétendent vouloir promouvoir dans un centre culturel ; Mais plus sûrement, l'auteure a dénoncé dans ce roman, un peu à la manière de Jane Austen en son temps, à la fois la vie de village (le rejet, l'importance des invitations et réceptions en vue, etc…), mais aussi la fierté bourgeoise (avec ses jeux d'influences, de pouvoir, et d'argent) et les rivalités féminines. Il sera donc très dur de s'imposer pour Florence qui est une femme droite mais sans relations ni grande richesse, et récemment arrivée dans cette communauté. La librairie parviendra-t-elle à s'imposer ? Comme le suggère l'image utilisée par l'auteure, autant se battre contre un fantôme …


Je suis contente d'avoir découvert Pénélope FITZGERALD et j'ai apprécié sa plume, mais je ne conseille cette satire sociale qu'aux amateurs du genre : En effet, l'histoire demeure extrêmement simple et linéaire, et l'auteure laisse le lecteur déduire la morale qu'il veut de sa fin à la fois abrupte et attendue, ce qui peut donner une impression de frustration. Enfin, si vous avez du mal à trouver ce livre, sachez qu'il a été réédité en 2006 sous le nom bien moins pertinent de « L'affaire Lolita », titre d'un roman cité dans l'histoire. N'hésitez pas à me conseiller d'autres livres de cette auteure si vous en aimez un !


Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          185
motspourmots
  13 août 2016
Deux découvertes en une avec ce livre : une auteure britannique délicieusement caustique et une nouvelle collection, à mi-chemin entre poche et grand format, au design absolument irrésistible. Une belle occasion de faire connaissance avec la plume savoureuse de Penelope Fitzgerald, auteure britannique décédée en 2000 en laissant neuf romans dont celui-ci paru en 1978 et d'en savoir plus sur cette femme dont le premier livre a été publié à soixante ans, grâce à la belle préface écrite par sa biographe, Hermione Lee.

Qui aurait pu penser que l'ouverture d'une librairie dans un calme petit village côtier du Suffolk, pourrait susciter autant de haine ? Nous sommes en 1959 et Florence Green, une jeune veuve de guerre décide d'acheter une vieille propriété à l'abandon et d'y ouvrir une librairie, commerce alors totalement absent de la région. Seulement voilà, dans la société britannique, cette drôle de construction à étages, il faut faire attention à ne pas contrarier ceux qui, par leur influence font la pluie et le beau temps. Par son initiative, Florence est loin d'imaginer ce qu'elle a déclenché...

Avec cette histoire, l'auteure nous plonge avec fureur au coeur de la bourgeoisie anglaise de province, par-delà le légendaire flegme qui régit les moeurs. Sous les façades policées, les rapports sont d'une violence inouïe et les alliances se font et se défont au rythme des intérêts du moment. le tableau est tout simplement magistral alliant humour et ironie grinçante avec une touche de cruauté qui n'épargne personne. Très certainement né d'une observation fine de ses congénères, ce livre est un petit bijou de style et de concision narrative.

Je me suis tout simplement régalée, complètement soufflée par la tension qui gagne progressivement le récit et par la violence morale qui s'exerce peu à peu envers la pauvre Florence. En si peu de pages, Penelope Fitzgerald nous dit tout sur les règles sociales, les classes dirigeantes, la condition féminine et la difficulté de faire sa place dans n'importe quelle communauté. Quant à la façon dont est perçue la littérature... ce n'est pas tendre non plus.

Je comprends la communauté d'auteurs totalement fan de Mrs Fitzgerald au point de convaincre les éditeurs de rééditer ses textes. Qu'ils en soient remerciés, ce petit livre est fantastique.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Labibliothequedemarjorie
  26 novembre 2020
Hardborough, dans le Leicestershire. Nous sommes en 1959. Florence Green, sans travail, met tout en oeuvre pour ouvrir sa propre librairie. Pour cela, elle envisage l'acquisition d'un vieux bâtiment que l'on dit hanté, The Old House. Sa librairie serait la seule de la ville. Son projet attise cependant des médisances. Florence n'est pas au bout de ses peines pour franchir les barrières et atteindre son objectif.

"La libraire" est une oeuvre de l'écrivaine britannique Penelope Fitzgerald, publiée à l'origine en 1978 et sélectionné pour le Booker Prize. Dans les années 2000, elle est rééditée sous le titre "L'affaire Lolita" pour retrouver son titre d'origine dans cette dernière traduction de 2016.

Avec humour, l'autrice nous présente une petite galerie de personnages dans l'Angleterre de la fin des années 1950. Florence, le personnage principal, est veuve. Elle souhaite acquérir un local pour ouvrir son commerce dans la petite ville de son enfance. Dès le départ, elle se heurte à des difficultés, d'abord d'ordre financières, puis d'emplacement, pour ensuite faire face à diverses manoeuvres de quelques personnes mal attentionnées. Toutes les occasions sont bonnes pour l'empêcher de mener son projet à terme, mais le pire reste à venir.

La librairie voit enfin le jour. Les commandes de livres sont passées. Et c'est lorsque Florence décide de mettre en vente le titre "Lolita" de Nabokov que les choses se gâtent. Sa boutique attire du monde et malgré toute sa volonté et son courage, elle va avoir bien du mal à se défendre. Même son notaire, M. Thornton, sous la pression de personnes bien placées dans la commune, tentera de la freiner dans son élan.

Un livre mettant en scène une femme passionnée. La librairie est un lieu de culture, ciblant les amoureux des livres mais aussi les curieux, et c'est aussi un lieu de rencontres et d'échanges. Avec son style, à l'humour très british, Penelope Fitzgerald nous présente une femme seule contre tous, prête à défier les réfractaires et à remettre en cause les convenances sociales.

Un bon roman à mettre entre toutes les mains et à avoir dans sa bibliothèque. Une très bonne lecture.
Lien : http://labibliothequedemarjo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
prune42
  11 septembre 2016
1959, Hardborough, en Angleterre. Quand Florence Green décide de reprendre "The Old House" pour en faire une librairie, elle n'imagine pas l'opposition qu'elle va rencontrer sur sa route. Mrs Gamart veut créer subitement à cet endroit un centre artistique alors que la boutique est fermée depuis des années. D'ailleurs, le lieu est particulièrement humide et hanté par les esprits qui se manifestent régulièrement. le projet de Florence Green aboutit pourtant. Peu après, la commerçante déclenche de nouvelles hostilités en vendant Lolita de Nabokov et en faisant travailler une jeune écolière après l'école. Comment la librairie peut-elle survivre au milieu de toutes ces hostilités ?
Quel ennui ! Ce court roman britannique a été conseillé par un supplément au journal du dimanche et décrit comme "un délice". Personnellement, je n'y ai trouvé quasiment aucun intérêt et je me suis demandée plusieurs fois si je n'allais pas interrompre pour de bon ma lecture. Mis à part le climat hostile dans le village concernant l'existence de la librairie, il ne se passe rien. J'aurais dû être charmée par ce livre qui parle des livres comme j'affectionne ce thème, or rien, aucun plaisir. Ouf, il est terminé, passons vite à autre chose !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
rosacalifronia
  29 novembre 2019
J'ai lu ce livre sous son premier titre : La libraire, que je crois plus adapté. Je n'ai pas trouvé que le livre Lolita soit vraiment le coeur de ce roman, mais sans doute que c'est plus accrocheur commercialement parlant. J'ai couplé ma lecture avec le visionnage du film réalisé par Isabel Coixet qui suit parfaitement le déroulé de l'histoire. le véritable sens de ce livre réside dans l'accomplissement de ses rêves et dans l'amour que l'on porte aux livres. La condition du veuvage de guerre est également évoquée, surtout quand il s'agit de monter une affaire seule. La protagoniste est fort attachante et courageuse comme c'est le terme qui lui revient de droit dans le récit, tandis que les personnages qui gravitent autour d'elle sont peu avenants et rendent la lecture plutôt rigide.
Commenter  J’apprécie          90
PetiteBalabolka
  23 décembre 2015
Une histoire de libraire, peu importe où et quand, voilà qui aurait dû ou pu me plaire. Les ingrédients sont nombreux et riches, une histoire de livres donc, un microcosme social, des mentalités confinées au périmètre de la bourgade, (Hardborough dans le Suffolk), une période, celle de la fin des années 50 coincée entre passé et modernité, un personnage principal, elle-même entre deux âges.
Le ressort de l'histoire est assez facile à résumer : Florence Green, une veuve encore jeune, acquiert une très vieille propriété, The Old House, inhabitée et hantée, pour la transformer en librairie, service (non, je n'ai pas envie de dire "commerce") dont la petite ville est dépourvue. A priori, on ne voit pas trop quels obstacles elle pourrait rencontrer étant donné qu'elle dispose du capital nécessaire et d'une expérience professionnelle, si ce n'est identique mais pour le moins, proche. Et pourtant elle rencontre des oppositions puisqu'une dame patronnesse toute puissante a prévu un autre projet pour cette vieille bâtisse qui finalement suscite encore l'intérêt. Entre Florence, l'insignifiante mais déterminée et Violet, l'influente pas spécialement bien intentionnée, je m'attendais à des joutes acharnées mais j'ai davantage eu la sensation des escarmouches et de l'esquive. Pendant toute la lecture, j'ai eu un sentiment de mise à distance comme si les personnages, y compris Florence, ne s'impliquait pas complètement dans leur histoire. La structure des phrases et notamment la juxtaposition de certains groupes de mots m'ont parfois perturbée par leur manque de fluidité.
Finalement, les personnages que j'ai trouvé les plus attachants et les plus aboutis psychologiquement sont le vieux Mr. Brundish, allié inattendu de Florence et la jeune et dégourdie, Christine Gipping, employée à la librairie après l'école dont le franc-parler balaie d' un vent de fraicheur des attitudes trop souvent mesquines.
Quant au (nouveau) titre de ce livre, initialement appelé La libraire, réglons-lui son affaire. Quel intérêt de donner un titre qui se veut sans doute plus accrocheur (d'accord, c'est l'une des missions d'un titre) si celui-ci ne correspond en fait qu'à une toute petite partie de l'histoire ? le lecteur ne s'y retrouve pas et se sent même limite floué. Ce n'est pas la vente du célèbre roman, Lolita de Nabokov qui met en difficulté Florence Green. Au contraire, le sulfureux suscite l'intérêt et notre libraire réalise un substantiel bénéfice. Son adversaire saisit certes le prétexte des mouvements de foule devant The Old House pour alerter la police mais tout ceci ne pèse pas bien lourd. Voilà donc toute l'affaire Lolita de ce roman même si la maison d'édition s'emploie à en gonfler l'importance. de l'accueil réel du roman en 1959, nous n'apprendrons pas grand chose. Frustrant.
Reste le tableau social qui n'est pas inintéressant lorsqu'il décrit les influences conquises puis piétinées, par la force du ressac où s'agrègent toutes les médisances.

Lien : http://leschroniquesdepetite..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
cvd64
  14 février 2020
des étoiles plus pour le fond que pour la forme; une histoire passionnante pour des passionnés de livres.
Commenter  J’apprécie          50
Chaplum
  24 juin 2012
Fin des années 50, Florence Green, une veuve d'âge moyen, décide d'acheter The Old House, un bâtiment inoccupé et à l'abandon, à Hardborough dans le Suffolk. Elle a pour projet d'ouvrir une librairie avec le pécule que lui a laissé son mari. Mais la vieille ville se montre rapidement hostile au projet de Florence, surtout lorsque Mrs Gamart décide que The Old House ferait un bon centre artistique.

Je pensais qu'il s'agissait d'un roman récent mais en fait non, il s'agit d'une réédition en 2006 d'un roman paru en 1978 avec un nouveau titre en français très peu approprié. Comme Lou l'a d'ailleurs justement fait remarquer, l'anecdote dans laquelle le roman Lolita fait scandale à Hardborough n'occupe que quelques pages dans la seconde partie du récit. Soit, ce n'est pas très grave. Mais cela n'est pas ma seule déception. Dès le départ, j'ai trouvé l'écriture plate et sans relief. Les premiers chapitres, je trouvais même le récit décousu. Mais c'est peut-être dû à la traduction. Néanmoins, les personnages, bien que parfois assez caractériels et souvent antipathiques, n'ont eux aussi que peu de consistance. Principalement Florence Green, malgré une force de caractère qui lui permet de tenir tête aussi bien au notaire voulant la convaincre de renoncer à son achat de The Old House qu'à Mrs Gamart essayant de lui faire choisir l'ancienne poissonnerie pour sa librairie. Au final, j'ai eu l'impression de lire un roman gentillet, loin de la « plume ironique et finement ciselée » dont parle la quatrième de couverture. Je me demandais même où était la « peinture mordante« , car bien que l'ensemble du village se révèle exécrable et bêtement méchant, à l'exception de Mr Brundish, je trouvais qu'on était loin du style acide et de l'humour tranchant d'une Barbara Pym ou d'une Elyzabeth Taylor. Mais c'est alors que je me suis prise la fin comme une gifle et que je suis ressortie bien triste de cette lecture. Présenté comme « roman hautement moral et un plaidoyer contre la bêtise« , je le vois plutôt comme immoral et reflet d'une société de plus en plus corrompue. Non, franchement pas séduite.

Lien : http://www.chaplum.com/laffa..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
DelD
  25 avril 2021
Ce livre était déjà paru sous le titre « L'affaire Lolita ». « La Libraire », plus banal, est cependant plus proche du titre original « The Bookshop », et plus cohérent. En effet, si Florence Green, qui ouvre en 1959 une librairie dans un petite ville du Suffolk, vend bien le best-seller de Nabokov, ce n'est certainement pas l'élément central du livre. L'ensemble ne m'a pas emballée d'emblée, mais en refermant le livre, je suis finalement séduite parce qu'il a dévié de ce à quoi je m'attendais à la lecture des premières pages. Il commence comme un « roman qui fait du bien », situé dans une petite ville pittoresque avec une galerie de personnages hauts en couleur, mais prend une direction différente, beaucoup plus critique. L'auteur manie parfaitement l'art de l'understatement ou pour parler français de la litote, même si cette traduction ne rend qu'imparfaitement cette notion très britannique.
Commenter  J’apprécie          40
Ebroc
  28 février 2021
J'ai lu ce livre avec comme titre "la libraire" , ce qui me semble plus approprié puisque le fond du propos n'est pas tant l'éventuel scandale lié au côté "sulfureux" du roman de Nabokov (dont il est somme toute, assez peu fait mention dans le livre) que la simple existence de cette librairie et de sa libraire obstinée qui refuse de plier devant le micro pouvoir d'une notable acariâtre.
Un petit roman sympathique, qui se lit très vite et donne envie d'aller trainer à la librairie du coin puis se rentrer se mettre dans un fauteuil, sous un plaid, avec un nouvel ouvrage à déguster en sirotant un thé avec des petits gâteaux au beurre.
Soutenons nos libraires !!! Courage Florence !
Commenter  J’apprécie          40


Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Londres et la littérature

Dans quelle rue de Londres vit Sherlock Holmes, le célèbre détective ?

Oxford Street
Baker Street
Margaret Street
Glasshouse Street

10 questions
818 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature anglaise , londresCréer un quiz sur ce livre