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EAN : 9782226432933
576 pages
Éditeur : Albin Michel (09/01/2019)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Falco Danté était un gringalet dans un monde en guerre. Pire, Falco était méprisé, mis à l'écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Mais à l'Académie de la guerre, Falco a bien changé : il est devenu plus puissant, il a gagné le respect de ses compagnons d'arme. Il ne lui reste plus qu'une épreuve pour devenir un mage de bataille à part entière : le rite d'Assay. S'il réussit, il aura le droit d'invoq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  19 avril 2019
Chaque roman possède sa propre construction et son propre rythme, donc il est contre-intuitif et contre-productif de le découper artificiellement pour des raisons fallacieuses, à fortiori pour une première parution où on peut rester sur une mauvaise impression sans que le bouche-à-oreille puisse corriger le tir… Car on ne va tortiller du cul pour chier droit : dans "Mage de Bataille" tous les défauts se concentrent dans la première partie VF et toutes les qualités se concentrent dans la deuxième partie VF ! Car la fin est mieux que le début, mais c'est généralement le cas avec la fantasy épique n'est-ce pas ? ^^
On continue en puisant dans la romans et les films de guerre, et fatalement après leur passage à l'Académie militaire les héros ados doivent faire leurs premières armes (on pensera ici au film de Clint Eastwood intitulé "Le Maître de guerre"), sauf que nous sommes à la fin de l'âge des hommes et le Marquis de la Douleur marche le monde libre tandis que l'Assassin traque un à un ses derniers défenseurs. le pote musculo et la pote fémino du héros ado se marient donc exit la romance Young Adult (et dans la foulée exit le fresh air quaterback et ses potes caïds de cour de récré) : dans la Fantasy classique la mise en place du récit est toujours plus ou moins archétypal quand c'est bien fait et toujours plus ou moins stéréotypé quand c'est mal fait, mais là je me demande pourquoi on a perdu autant de pages à développer tous les clichés des teen movies… On oublie aussi carrément toutes les caractéristiques de l'ado emo, caricatures des déboires d'Elric de Melniboné alias la Dame aux camélias à baudrier, donc là aussi pour quoi avoir accordé autant d'importance et donc de pages à tout cela pour rien… On se recentre donc sur l'apprentissage de mage de bataille de Falco Danté (qui emprunte peu ou prou à l'Épervier d'Ursula le Guin dans le premier tome de "Terremer"), avec toute la clique thaumaturgique qui ne veut pas qu'il réussisse car il ne vient pas du même monde élitiste qu'eux, et sur la quête de vérité de Meredith Saker qui bien que venant du monde élitiste cherche à comprendre ce qu'il s'est réellement passé lors de la Grande Possession : que n'a-t-on pas construit le roman là-dessus au lieu de se perdre en clichés, car d'un coup on quitte un monde PG-13 pour les univers plein de bruit, de fureur et de noirceur de Paul Kearney !
La dernière partie du roman intitulée "Rédemption" fait 300 pages : on évacue assez rapidement la phase guerre civile, voire la phase révolution sociale vu que le peuple veut lyncher les élites de l'entre-soi, de l'arrogance et de la condescendance qui l'ont trahi pour mener à bien leurs petits intérêts personnels bien calculés (refrain que trop bien connu et malheureusement toujours d'actualité), pour entrer dans la bataille finale entre le Bien et le Mal. Les derniers résistants de Beltane et d'Illicie (l'Europe centrale) sont écrasés, et Clémonce (l'Angleterre) et Valence (la France) doivent défendre leur frontières déjà enfoncées par les forces ennemies alors que l'Achéron (l'Amérique du Nord pour ne pas dire les très orgueilleux États-Unis incapable de trouver une voie médiane entre impérialisme et isolationnisme) et la Thrace (l'Amérique du Sud toujours inféodées aux précédents et constamment sous la surveillance des Chicago Boys à la fois Gardiens et Marchands du Temple) hésitent encore à entrer dans le conflit qui risque de se terminer par la damnation de l'humanité. Catherine d'Ire à la fois Elizabeth Ière et Winston Churchill est obligée de colmater les brèches au péril de sa vie avec sa garde d'honneur renforcée des jeunes et des vieux, des blessés et des handicapés, en attendant que l'Amérique, euh pardon l'Achéron, se bouge enfin le cul, tandis que Sir William le Chevalier d'Eltz mène l'armée de la dernière chance à la Porte Noire : c'est dans la boue, le sang et les pleurs que tout va se jouer... Et l'auteur Peter A. Flannery envoie du lourd en développant un epicness to the max plein de sacrifices héroïques et de morts tragiques (du coup on lui pardonnera le retour des roulés-boulés en armures de plaques), à grands renforts des toutes les horreurs démoniaques que connaissent bien les habitués de l'univers Warhammer plus Dark Fantasy tu meurs (et si ce dernier n'était pas par essence un pot-pourri, on pourrait allègrement accuser l'auteur de vils plagiats) ! Et qui dit bataille finale dit combat final, donc Falco Danté et son dragon noir Onyx affrontent le Marquis de la Douleur : à l'image de "Star Wars" on place les enjeux sur le plan moral et à l'image du "Seigneur des Anneaux" on place les enjeux sur un plan quasi-religieux, donc le sort du monde se joue dans l'âme d'un seul homme quand le Champion du Mal tente de faire passer du Côté Obscur le Champion du Bien… Comme dans Warhammer les forces du bien tirent leur pouvoir de la foi et les forces du mal tirent leurs pouvoirs du nombre de croyants qu'ils font sombrer par la peur et la douleur dans le désespoir donc l'hérésie : l'idée est donc que Falco Danté l'ado emo qui croit dur comme fer en la force de l'espoir et de l'amitié est immunisé à la corruption (ce qui expliquerait la succession de power-up overcheatés dont il est l'objet), mais tout cela a comme un arrière-goût de fanservice Young Adult !
C'est tout à l'honneur de l'auteur d'avoir voulu boucler son livre-univers dans un stand-alone, mais en fonction des objectifs visés il est ou trop court ou trop long. Je ne reviens pas sur tous les clichés adolescents dont on se serait bien passés pour que l'ensemble gagne en maturité, mais il y a aussi beaucoup sinon beaucoup trop de personnages pour qu'ils soient tous caractérisés et développés de manière intéressante, d'autant plus qu'ils ne sont pas aidés par un naming de piètre qualité (Dominic Ginola, Sebastien Cabal, Patrick Vockler, Aurelian Cruz, Jacques Bonnot, Garnier de Ledane, Reynald de Roche, François de Lacy, Blas Schneider et autres Armand Dietrich : la francophilie de l'auteur nous change du traditionnel frenchbashing anglo-saxon, mais cela ne suffit pas). Je me suis fait à l'univers stéréotypé qui ressemble plus ou moins à une version médiévale-fantastique de l'Europe pendant le WWII, mais le worlbuilding et le magicbuilding restent bancals (d'où viennent les dragons ? d'où viennent les démons ? Et si la magie est basée sur la foi, pourquoi les crevards sans foi ni loi ni loi peuvent-ils la pratiquer ?). Nous sommes en présence d'un livre auto-édité, ce qui peut expliquer la principale faille du roman : on ne peut pas marier la High Fantasy à la JRR Tolkien, ici mâtinée d'Ursula le Guin et Anne McCaffrey, à la Dark Fantasy à la Michael Moorcock pour la simple raison que la 2e s'est entièrement construite contre la 1ère donc que cela ne peut aboutir qu'au mariage de la carpe et du lapin… Après je n'ai pas trop compris la fin du roman qui use d'un deus ex machina avec élu et prophétie, et la même happy end à l'eau de rose un peu bizarre du "Légende" de David Gemmell. Je finirai sur le positif : à mi-roman je ne j'aurai guère parié sur Peter A. Flannery pour l'avenir, et là j'ai bien envie de savoir ce qu'il va écrire par la suite ^^

Challenge défis de l'imaginaire (SFFF) 2019
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BazaR
  16 mai 2019
Boudiou, ça a été un peu duraille de recoller les wagons. Faut dire que ce tome 2 n'est que la deuxième partie d'un gros roman découpé en deux. Mais bon, on n'est pas Game of Thrones hein, on s'y retrouve vite.
Alors si vous êtes curieux, vous verrez que ma note est un peu inférieure à celle du tome 1. C'était moins bien ? J'ai moins aimé ? Ben non, vu que je l'ai dévoré pendant les vacances avec autant de plaisir instantané que si c'était un bon morceau de Comté. Je crois que ça traduit simplement le fait que tout ça est extrêmement simple, et aussi que la fin est à mon avis un peu trop vite expédiée.
Mais voyons le bon côté des choses : le ton est le même que dans la première partie. Il colle au style d'un bon manga d'action genre Naruto qui se serait égaré sur un jeu de plateau de la revue Jeux et Stratégie. Plus manichéen tu meurs, mais ça fait du bien de temps en temps. Les personnages principaux, Falco Dante en tête, sont jeunes, manquent de confiance en eux mais passent outre, se jettent tout nus en suivant leur instinct et réalisent des exploits qui épatent leurs ainés. Ces derniers, les sages, les généraux, sont prêts à sacrifier leurs belles stratégies à cause d'une intuition d'un jeunot. Pas crédible ? Dans cet univers si, car l'intuition de certains est plus efficace que la stratégie d'hommes qui manquent clairement d'informations sur leur ennemi.
Les secrets sont dévoilés dans de superbes mises en scène, et c'est pas grave s'ils sont prévisibles, si on sent venir la couleur du dragon de Falco à des kilomètres, ça pète en couleurs. On absorbe les émotions simples des héros et la haine des vilains comme on s'enfile une plaquette de chocolat. Et on suit les incertitudes des immenses batailles avec la goutte sur la tempe, en sachant que tout ça se terminera bien. La moindre fissure devient une montagne par contraste, et la mort de certains sidekick fait très mal. Elles sont d'ailleurs violentes, mais superbement héroïques.
Vous le sentez hein ? C'est simple et c'est agréable à cause de ça. du moins peut-on le recevoir ainsi. On peut aussi le recevoir avec déception si l'on attend un minimum de complexité, en se disant qu'on a vu ça mille fois. Perso je suis content de pouvoir encore m'éblouir devant un récit qui parle à l'enfant que j'ai été et que, quelque part, je reste (mais faut chercher un peu à la cave).
Merci monsieur Flannery donc.
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Dionysos89
  08 mars 2019
Même si à l'origine Mage de bataille, de Peter A. Flannery, est un seul et même roman, sa traduction a mené à une publication en deux tomes chez les éditions Albin Michel. C'est la deuxième partie de ce diptyque dont nous parlons ici.
De retour dans la bataille !
À peine sortis de l'Académie, les trois amis, que sont Falco le futur mage, Malaki le chevalier et Bryna l'archère et cheffe de compagnie, doivent partir sur le front, puisque les Possédés, ces hordes grouillantes de morts-vivants, sont guidés par des démons de plus en plus puissants vers les contrées encore habitées par de véritables vivants. C'est l'occasion pour chacun d'eux de s'illustrer dans son art de prédilection, malgré le jeune âge qu'ils ont au compteur. Même si les personnes à suivre sont de plus en plus nombreuse (sans être un nombre délirant), clairement Falco est le héros qui monte et que tout le monde sent venir, toutefois il doit relever certains défis mis sur sa route, à commencer par le fameux rite d'Assay qui doit le consacrer en tant que mage de bataille apte à diriger des armées. En parallèle de cette quête initiative à venir à bout, de cette montée de puissance, l'un de ses mentors, Mérédith Saker tombe par hasard sur une étrange piste qui risque de le conduire vers les secrets inavoués de sa compagnie des thaumaturges. La situation est donc bel et bien tendue à l'extrême pour nos compagnons, d'autant qu'au loin s'annonce déjà le démon des démons, le dénommé Marchio Dolor ! (je serais bien curieux de savoir quel était le terme utilisé par l'auteur en version anglaise, ou alors Patrice Louinet, qui fait un très bon travail de traduction de bout en bout, a juste conservé l'expression originale)
Un deuxième tome plus dynamique
Cette deuxième partie du diptyque (en édition française) se révèle très classique, à l'image du premier tome évidemment, mais diablement efficace au point de ne pas lâcher cette aventure jusqu'à la fin. Il faut se souvenir que c'est un roman découpé en deux, donc il est nécessaire de constamment se souvenir que l'oeuvre originale suit une progression logique. Par exemple, ici, l'échelle change. Nous ne suivons plus uniquement un petit héros appelé à faire de grandes choses, mais une carte des opérations de plus en plus immense que nous sommes amenés à parcourir à tire d'ailes de dragon. Mine de rien, comme il y a plutôt beaucoup d'action, les personnages n'ont pas trop le temps de s'appesantir sur leurs chagrins, malgré des situations franchement tristes et douloureuses pour un certain nombre d'entre eux. D'ailleurs, ces moments passent tellement vite et l'histoire s'étend parfois sur de telles distances que le temps semble passer à une vitesse plus grande que prévue. Cela se voit dans la progression rapide des personnages par exemple. Quelques controverses politiques viennent émailler le récit, notamment concernant l'attitude à tenir face à cette menace commune à tous les royaumes, mais chacun ayant sa propre stratégie ce qui mène forcément à des quiproquos non désirés.
Épopée, épopée, qui es-tu, épopée ?
La force de ce roman est le souffle que son auteur arrive à impulser entre ses lignes. Nous sommes clairement dans de la high fantasy comme on en voit plus que rarement dans les publications mises en avant et l'aspect épique dans ce style-ci, il faut savoir le tenir de bout en bout. Peter A. Flannery sait le tenir, il faut le reconnaître. Les moments dramatiques sont bien présents, sans être longuets. Les moments de bravoure sont parfaitement répartis entre les personnages, principaux ou secondaires d'ailleurs. Les retournements de situation sont parfaitement dosés (ni trop énormes, ni répétitifs). Bref, tous les bons ingrédients sont là et il est difficile de trouver des faiblesses à l'organisation de ce récit. Alors à quoi tient l'aspect épique d'un texte ? Dans un tel contexte de high fantasy, de fantasy mettant en scène un combat entre Bien et Mal sous leurs formes quasi absolues (des hordes dirigées par des créatures venues des Enfers contre de petits héros qui sortent des prouesses pour régler la situation), cela tient surtout à de petites choses comme la façon de faire interpréter aux plus simples personnages des situations hors du commun sans que cela paraisse si incroyable que cela ou bien le fait d'entendre cliqueter les armes, gronder les éléments et vrombir les champs de bataille tant l'ambiance est bien dépeinte. Enfin, un dernier aspect parle forcément à nous lecteurs occidentaux férus d'histoire féodale : les noms de lieux, de personnages qui font référence à la toponymie anglaise, écossaise, française, germanique, etc. selon les royaumes d'Ire traversés. C'est classique, mais toujours efficace, au risque cependant de parfois aller trop loin quand l'auteur, sûrement fan de football et de rugby franco-britanniques, invite un certain Ginola et un autre Sébastien Cabal sur le champ de bataille…
En somme, avec Mage de bataille, nous sommes clairement dans de la high fantasy des plus classiques, mais qu'à cela ne tienne, ce roman est rudement efficace et l'essentiel est de passer un excellent moment avec ces héroïnes, ces héros et quelques dragons en prime !
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oursinculte
  11 janvier 2019
Mage de bataille est un one-shot massif de Peter A. Flannery, ça aurait donné une brique de 1000 pages en français alors Albin Michel Imaginaire a décidé de couper le pavé en deux. Comme je n'ai aucun respect, j'ai attendu que les deux soient sortis pour tout lire en une fois et je le chronique aussi comme un seul gros roman, vu qu'il a été écrit comme ça.
Dans ce Mage de bataille, l'auteur nous présente Falco Danté, jeune homme malade et tout faiblard qui coule des jours à peu près paisibles dans la bourgade de Caer Dour. le seul petit soucis c'est la grosse armée démoniaque qui progresse de l'ouest, ravageant les cités les unes après les autres et condamnant les humains à des souffrances éternelles. Leur arrivée s'accompagne d'une aura de désespoir qui décime les armées avant même que le premier coup soit porté. le seul recours des armées humaines est la présence d'un mage de bataille dont la magie peux maintenir le moral des troupes et vaincre les démons majeurs à l'aide de son dragon. Quand l'armée de possédés arrive donc vers Caer Dour, et que le mage de bataille local se prépare à appeler son dragon, Falco fait une légère boulette qui va forcer l'évacuation de la ville. C'est une colonne de réfugiés qui va se diriger vers la frontière du royaume de Clemonce en regardant Falco d'un oeil méprisant.
Heureusement, le jeune homme a toujours quelques amis qui vont l'aider à surmonter ça. Ensemble, ils vont même se trainer jusqu'à l'académie militaire pour participer à l'effort de guerre. Mais que peux faire un gringalet tout malade contre ces armées impies ? Est-ce que sa filiation avec le grand mage de bataille devenu fou Aquila Danté nous glisserait un petit indice dans la cervelle ? C'est donc plus de mille pages de grande guerre épique contre des démons qui nous attendent ici, en compagnie de Falco et ses amis Malaki, Bryna, Alex, Quirren, et tous les autres. Nous allons assister à de grandes batailles épiques, des drames, des victoires et des grosses-boules-de-feu-dans-ta-face, des combats à dos de dragons et des « Oh-mon-dieu-tout-espoir-est-perdu ».
Déjà, si vous cherchez tout autre chose que du médiéval fantastique européen old-school avec des dragons et des mages, passez votre chemin. C'est carrément de la fantasy nostalgique à ce niveau-là. L'auteur jongle avec un bon gros paquet de stéréotypes et de petits schémas désuets, c'est complétement assumé mais si vous êtes pas prêt à vous rouler dans une couverture avec un chocolat chaud pour un revival Baston et Dragons, ce livre n'est pas pour vous. Pour les autres, il y aura peut-être une seconde barrière à passer : le worldbuilding. le monde d'Ire est, grosso merdo, l'Europe à qui on aurait filé des coups de maillet dans la gueule. Y'a la pseudo-France, la pseudo-Espagne, la pseudo-Allemagne, et même le… pseudo-pays basque ? du coup vous aurez des persos avec des noms germanisants, d'autres qui sentent un peu le français, l'italien, etc… Au milieu t'as des noms latins, d'autres qui sortent de Grèce Antique. Ça donne un gros côté foutoir et on tape dans du over-the-top ridicule. Déjà Falco Danté le héros, ça pose la barre haut, puis quand en plus on te sort des hommages sportifs avec Dominic Ginola ou Sébastien Cabal, là tu sais plus trop où t'es. T'en rajoutes une couche avec le royaume méchant qui s'appelle la Férocie, il auraient pu mettre la Méchantie et la Gentillie aussi, tant qu'à faire. Puis t'es perdu quand tu comprends que Ire est à la fois ce grand continent, mais aussi une ville au milieu. Bref, c'est un peu n'importe quoi. Mais partez pas tout de suite.
Parce qu'au final, moi j'ai beaucoup aimé ma lecture. Parce que ses points forts résident précisément dans ce qui compte vraiment pour moi quand je plonge dans une histoire : Les personnages excellents, l'action, l'émotion. J'ai été emporté dans cette aventure grâce à Falco et les fantômes qui le hantent, sa maladie, ses origines, mais il compte sur ses amis pour passer des épreuves dantesques (hohoho). Oui on a une trajectoire classique de « gentil élu », d'épreuves, de formation, de drame. Mais c'est quand même vachement prenant. Les éléments un peu naïfs sont contrebalancés par cette menace démoniaque parfois bien hardcore et gore, c'est littéralement l'enfer qui se déverse sur Ire avec ses promesses de tourments éternels auxquelles une bonne vieille mort serait préférable. Il y a ces moments de désespoir intense, de défaite absolue, et un acte héroïque inattendu (ou pas) va renverser la vapeur, et galvaniser soldats et lecteurs en même temps.
Falco va traverser une succession d'épreuves pour accomplir sa destinée mais au milieu on a beaucoup de moments intimistes, de la tendresse, de la camaraderie joviale ou de l'admiration qui créent une dynamique de groupe très agréable. On finit par apprécier tout le casting et quand tout prend des proportions épiques dans de grandes batailles, aucun élément ne parait secondaire. On regarde de partout pour savoir comment s'en sortent les Exilés, les chevaliers d'Ire, les mages de bataille ou ces couillons de Dalwhinnies. On assiste aux manoeuvres, aux marches forcées, aux charges, tout est prenant, épique et exaltant. D'ailleurs le côté militaire est bien maitrisé, à la fois crédible et clair. Il y a plusieurs moments vraiment dramatiques merveilleusement bien gérées qui arrachent une petite larme aux lecteurs qui savent ressentir des émotions. C'est une vraie baffe qui fait oublier ses quelques maladresses (comme appeler un personnage par son nom deux chapitres avant qu'il reçoive ce nom…).
Au-delà de la trame générale « méchants démons qui veulent faire du mal aux gentils », on a quand même une pile de mystères plutôt bien mise en place concernant le père de Falco, les dragons et la Grande Possession. Un passé tragique pèse sur les humains mais le Thaumaturge Meredith va creuser le truc, parce que ça lui parait louche et ça pourra aider Falco, dont il assure la formation. Et nous voilà avec une bonne couche de trahison-mensonge-complot pour donner un peu de corps à cette fantasy de bourrin, pour au final aboutir à quelque chose de très équilibré et satisfaisant.
Si vous pouvez pardonner une fantasy old-school en 2019, si vous pouvez pardonner un monde un peu bordélique qui mélange livres d'histoire-géo de cinquième et albums Panini, il se pourrait bien que vous appréciez ce bouquin épique, prenant de bout en bout, et qui a du coeur. Moi j'ai adoré.
Livres reçus en service presse de la part d'Albin Michel Imaginaire, merci à eux.
Lien : http://ours-inculte.fr/mage-..
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celindanae
  12 janvier 2019
Mage de bataille est un roman de Peter A. Flannery paru en langue anglaise en décembre 2017 en un seul très gros volume. Devant le nombre de pages (1100 environ), Albin Michel Imaginaire a fait le choix de scinder le roman en deux parties, ce qui permet d'avoir une très belle couverture avec les deux tomes mis côte à côte.
Mage de bataille est un roman de fantasy assez classique qui comporte toutes les caractéristiques du genre. On y retrouve des gentils, des méchants très très méchants, des mages, des guerriers, des combats, et surtout des dragons. le monde dans lequel évolue les personnages est en guerre, une guerre de longue haleine menés contre l'armée infernale des Possédés, sorte de morts vivants à la solde de démons. Une des meilleures armes pour combattre les démons et leurs armées est un mage de bataille accompagné de son dragon. Les dragons sont invoqués par les mages de bataille lors d'une cérémonie, mais le dragon ne doit pas être noir, synonyme de malheur, de mort et d'exécution pure et simple du dragon appelé. Dans ce tome 2, Peter A. Flannery fait évoluer son intrigue et développe également son univers. On a ainsi toutes une flopée de démons différents et bien flippants, certains même gore avec notamment le terrible Geôlier. Les méchants prennent ainsi de l'ampleur et incarnent ainsi de véritables méchants, héros du mal. L'enfer prend corps avec ses tourments perpétuels, ses horreurs diverses et variées.
Du côté des dragons, les choses évoluent également. Certains mystères se dévoilent avec une partie très intéressante sur les thaumaturges avec notamment le personnage de Meredith. Tous ces éléments permettent d'étoffer l'univers, de donner plus de corps à certains personnages secondaires, et de contrebalancer l'aspect bataille certes très présent, en mettant une couche d'enquête et de complot. La relation entre un mage de bataille et son dragon est également précisée dans cet opus avec une véritable complémentarité entre les deux et une empathie profonde du mage pour les humains. le destin d'un mage de bataille peut paraître enviable (voler à dos de dragon, ça doit être quelque chose!) mais terrible par bien des aspects, surtout si l'on considère la situation du monde lors de ce tome 2. Les mages incarnent l'espoir dans un monde qui n'en a plus, un monde qui a sombré dans le chaos et les ténèbres. Comment garder la foi et l'espoir quand on affronte le doute, des démons, et la peur? Comment ne pas sombrer dans le désespoir surtout quand on voit la composition du camp démoniaque.
Un des éléments marquants de ce roman est qu'il est très prenant, une fois entamé, on a vraiment du mal à le lâcher. Certains passages détiennent une tension telle qu'on souffre pour ces personnages, on vit les combats, les batailles. Peter A. Flannery a un vrai talent pour les scènes d'action, elles sont extrêmement vivantes, dynamiques, cohérentes. Les 100 dernières pages sont une pure merveille de ce point de vue. On ne sait presque plus où donner de la tête tellement c'est ébouriffant. Plusieurs points de vue sont adoptés pendant cette grande bataille épique et le mot est presque faible pour la décrire. Rien ne nous apparaît sans importance ou de moindre intérêt par rapport au combat de Falco, au centre du tout. On vibre pour les Exilés, les Dalwhinnies. On a l'impression d'être à la bataille de Minas Tirith mais en encore plus épique, plus dramatique, plus démoniaque et avec plus de magie « gros bill » type boule de feu, éclair démoniaque.
Et si tous ces passages fonctionnent aussi bien, c'est parce qu'on s'est pris d'affection pour ces personnages principaux comme secondaires. Ils sont tous très bien campés, terriblement humains, pris dans des situations qui leur échappent, dans un monde au bord du chaos. Les personnages féminins ne sont pas en reste avec Bryna, l'archère courageuse et surtout Catherine, la reine d'Ire, personnage brillant. Tous ces personnages apportent l'émotion nécessaire à toute bataille pour marquer le lecteur. Celui qui incarne le plus ces sentiments est certainement Falco, hanté par son passé, par son père lui aussi mage de bataille. Il incarne le héros devant affronter de terribles épreuves et son personnage est très touchant.
Mage de Bataille ne marquera pas les esprits par son originalité ou par la construction de son univers assez classique. Les codes du genre High Fantasy sont bien présents, pouvant donner une impression de déjà lu. Cependant, on se laisse prendre au jeu très vite car Peter.A. Flannery y met tout son coeur. Il nous offre des personnages hauts en couleur, des démons terribles, des batailles grandioses, des scènes bouleversantes, de la magie et des dragons! Un cocktail détonnant d'émotions, d'actions, de magie, de fureur que j'ai adoré, un roman terriblement prenant auquel on pardonne ses petites faiblesses tellement la magie prend et nous emporte très loin.

Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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critiques presse (2)
Elbakin.net   16 janvier 2019
S’il n’est ici nulle question d’un ouvrage allant révolutionner la fantasy ou renouveler le genre, Peter A. Flannery parvient toutefois, en utilisant des ingrédients connus et en suivant une recette maintes fois lue, à donner une saveur bienvenue et fort appétissante à son œuvre.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Actualitte   13 janvier 2019
Des personnages hauts en couleur, un rythme tendu et des morts-vivants qui ne sentent ni le réchauffé ni la naphtaline. Définitivement un bel exploit.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BazaRBazaR   05 mai 2019
Certains disent qu'il faut de l'huile, et d'autres du sang
Certains disent que les ans seuls peuvent la tremper
Mais aucune lame forgée de main d'homme
Ne sera plus solide
Qu'une épée abreuvée de larmes.
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Dionysos89Dionysos89   09 avril 2019
Dans toute la création, on ne trouve d’âme qu’en trois choses : les hommes, les dragons, et dans l’épée d’un mage de bataille.
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Video de Peter A. Flannery (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter A. Flannery
Peter A. Flannery, en compagnie de Gilles Dumay, répond à nos questions concernant Mage de bataille (éd. Albin Michel Imaginaire) durant le festival Trolls & Légendes 2019.
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