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EAN : 9782413011309
416 pages
Éditeur : Delcourt Littérature (09/01/2019)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Un soir de février, à Londres, un renard traverse un pont, une femme percute un passant. Elle est américaine, il est ghanéen. A partir de cet événement presque banal, Aminatta Forna tisse le long de la Tamise, à deux pas des monuments et des beaux quartiers, une succession de rencontres improbables entre ces deux personnages et des étrangers de l'ombre qui travaillent dans les arrière-cours des théâtres, les parkings ou les cuisines des palaces. Une communauté dispa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  14 mars 2019
Je suis partie à Londres.
Pas que j'en avais très envie mais j'avais le paradoxe du bonheur comme passe presque gratuit avec cette jolie bouille d'un renard alors j'ai embarqué. Mais Londres ou la Belgique, y'a comme un air de toujours autant de pluie chez moi.
Poudre de perlimpinpin et je le vois là au Waterloo Bridge le renard et je vois les autres aussi, ceux qui font la part belle à ce paradoxe. Il y a Jean (c'est la femme biologiste qui étudie les renards avec un prénom de mec mais c'est bien une vraie de vraie avec un mari et un enfant) et Attila (lui, c'est l'homme, le médecin spécialisé dans les troubles de stress post traumatique).
Dans ce petit monde sous la pluie londonienne, ça court, ça cherche, ça en veut, c'est très vert écolo aussi, faut protéger les renards. Je l'ai regardé de ma banquise ce petit monde gentillet, j'ai pas toujours réussi à leur parler, c'est comme une vague idée du bonheur mais sous la pluie avec des vents contraires, c'est tout un paradoxe.
Bref, j'ai adoré le billet de mon amie Nadia qui a fait le même voyage que moi mais toi, Nadia, t'as vu des arc en ciel et des pépites, et rien que tes mots ici c'est de l'or en barre sur ma terre mouillée.
Mais il fait quand même beau, il fait beau, il fait beau 🎶 🎶
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nadiouchka
  21 février 2019
Il existe de nombreux premiers romans intéressants, il en existe d'autres qui se détachent, pour lesquels on se plonge immédiatement dans l'histoire et dont le titre laisse penseur. C'est le cas pour « Le Paradoxe du bonheur » de Aminatta Forna.
Ayant vu qu'il y avait déjà quelques critiques, je pense que ma tâche ne va pas être aisée. Ce livre a reçu un brillant hommage de Salman Rushdie : « Un formidable roman » et je ne parlerai pas des autres.
Alors je me suis dit : pourquoi ne pas retranscrire la réflexion de l'un des personnages, Attila, qui émet l'hypothèse suivante : « Attila reprit son stylo et coucha ses pensées sur une feuille. A gauche, il écrivit : « Résilience : capacité à maintenir un état d'équilibre face à l'adversité », puis : « Espoir. Humour. Survie. Adaptabilité. Attentes. Impermanence (acceptation) ». A droite, il établit une autre liste : « Déni. Attitude protectrice. Contrôle. Environnement (création du parfait). » Il traça une flèche transversale à côté de « Attentes » et répéta le mot dans la seconde énumération. Au milieu de la page, il ajouta : « Traumatisme = souffrance = dommages psychiques » et « Traumatisme = souffrance # dommages psychiques », et enfin « Traumatisme = souffrance = changement.
Il s'adossa à son siège pour se relire, avant d'inscrire en haut de la page : « LE BONHEUR », qu'il souligna de deux traits, et au-dessous : « LE PARADOXE ». (p.389)
Il représente exactement le contenu de ce livre.
Vous avez bien compris le raisonnement ?
Mais il faudrait tout de même donner quelques indications sur cette histoire, un réel coup de coeur.
Nous sommes à Londres. Une femme (Jean) qui fait son jogging, bouscule un homme (Attila). Elle est Américaine, biologiste spécialisée dans le comportement urbain des renards, coyotes, loups..
Lui est Ghanéen, spécialisé dans la psychiatrie et arrive d'Accra pour intervenir dans une conférence.
Pas loin d'eux, un renard traverse le Waterloo Bridge….
Et des renards, Londres n'en manque pas, à tel point que certains habitants s'insurgent. On trouve même des perruches qui s'en mêlent ainsi que des loups.
Jean oeuvre pour eux de façon très poussée et les liens entre les deux personnages principaux vont se nouer peu à peu, surtout avec la présence du petit Tano, fils de la nièce d'Attila.
Page après page, notre connaissance sur le travail fait pour ces animaux, s'étoffe. de la tendresse s'immisce avec la présence de Rosie qu'Attila vient voir le plus possible dans son établissement spécialisé. On entend parler d'une baleine ayant remonté la Tamise….
Ce livre est absolument formidable avec toutes les découvertes que nous faisons – livre bien écrit, intelligent – la traduction par Claire Desserey est parfaite.
Les différents thèmes de cet ouvrage se trouvent donc effectivement dans l'équation d'Attila (comme écrit au début de ma critique), mais ce n'est pas tout. En effet, pour détailler juste un peu, ce récit est empreint de paradoxes sur le bonheur et justement là où on ne pensait pas en trouver.
En lisant ce livre, je me suis étonnée sur le fait de n'avoir jamais vu de renards nulle part à Londres quand j'y suis allée « écumer la ville » pendant deux semaines. Il se peut que je ne ne sois pas trouvée au bon endroit ou au bon moment ?
Avec cette histoire originale et si bien menée, je peux affirmer que les éloges reçus soient aussi nombreux. Je vous fais grâce des autres et vous en trouverez déjà quelques uns sur le rabat de la couverture.
« Le Paradoxe du bonheur » a donc été un vrai bonheur de lecture avec les belles descriptions des animaux mais ce n'est pas tout… de plus, il fait réfléchir à la frontière entre le milieu sauvage et le milieu domestiqué.
Je passe à ma conclusion qui est toute simple puisque je ne peux que recommander ce livre de Aminatta Forna et ne pas publier de lire les « Remerciements. »
💕😍💕😍💕😍💕😍💕😍
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alexb27
  30 mars 2019
Un très beau roman qui fait la part belle à la nature dans un environnement totalement urbanisé, puisque l’histoire se déroule principalement à Londres. Renards, coyotes et loups sont les héros de ce récit atypique. L'écologie est au coeur de ce texte mais l'amour également avec la rencontre inattendue d'Attila, psychologue ghanéen, spécialiste en stress post traumatique, qui intervient dans les conflits du monde entier et Jean, divorcée et mère de famille américaine, chargée d'étudier les renards vivant au coeur de la ville. Un récit dense qui traite aussi bien de la place de la nature dans la cité que de deuil, de résilience et de relations familiales. Un roman à découvrir.
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motspourmots
  01 février 2019
La voilà la bonne surprise que j'attendais ! Un roman foisonnant, moderne et ambitieux. Dans lequel je me suis immergée sans plus penser à rien d'autre qu'à la compagnie des très beaux personnages que nous offre cette jeune auteure écossaise, nourris sans aucun doute par la fibre cosmopolite que dévoile sa courte biographie. Mère écossaise, père sierra-léonais, une enfance entre Sierra Léone, Thaïlande, Iran et Zambie... une ouverture sur le monde qui irrigue ce texte et l'ancre solidement dans la réalité londonienne.
Tout comme ces renards qui ont envahi les rues de la capitale anglaise, une situation dont de récents reportages n'ont pas manqué de se faire l'écho ces derniers mois. C'est l'un d'entre eux qui figure la première apparition du roman en se faufilant entre les passants du Waterloo Bridge. Et qui va provoquer la rencontre fortuite de nos deux héros aux univers si différents que seul le hasard pouvait se mêler de les mettre en contact. Il s'appelle Attila et il est ghanéen. Psychiatre spécialiste des troubles liés aux syndromes post-traumatiques, il intervient sur les zones de conflit, partout dans le monde. Elle s'appelle Jean, elle est américaine. Scientifique, elle est à Londres pour une mission d'observation des renards et, pour boucler les fins de mois, travaille comme paysagiste auprès de particuliers. Il est au contact des atrocités commises par les humains sur d'autres hommes, elle travaille à défendre et protéger les animaux des velléités de contrôle et de destruction de ces mêmes hommes. Arrivés au mitan de leurs vies respectives, parfois nostalgiques du passé, effrayés par le futur, ils s'attachent à vivre l'instant présent. Une amitié naît et se renforce lorsque le fils de la nièce d'Attila disparait et qu'ils unissent leurs forces pour tenter de le retrouver. Jean active son réseau constitué d'individus chargés de la renseigner sur les renards : un mime de rue, des contractuels, des employés de la ville... tout un petit monde invisible qui patrouille dans les rues de Londres et va s'avérer des plus utile.
Comme je le disais en préambule, la densité de ce roman est remarquable. Grâce au petit monde "souterrain" qui s'anime sous nos yeux, c'est un autre Londres qui nous est donné à voir, multiculturel, vivant, un Londres de l'entraide et de la débrouille sociale. Les backgrounds des deux héros sont impeccablement fouillés grâce à quelques flashbacks qui permettent d'observer Attila lors de ses missions ou Jean lors de son précédent travail, auprès des populations de coyotes aux États-Unis ; de mieux comprendre aussi les douleurs passées, un veuvage pour l'un, un divorce pour l'autre. Autant d'éléments de contexte utilisés pour explorer la question du bonheur et de l'aptitude au bonheur, dans un monde où la violence s'épanouit.
"Chaque fois que vous marchez sur un trottoir bondé, vous croisez des tueurs en puissance. La guerre leur en donne la permission. Nous nous plaisons à croire que les hommes sont communément bons, mais en avons-nous seulement la preuve ? Personne n'est bon par principe ; il y a juste une majorité de gens qui n'ont pas eu l'occasion de se comporter autrement".
Il y a chez Attila et Jean une forme de sagesse liée à l'expérimentation, mais également beaucoup de pudeur et d'empathie dans le regard qu'ils portent sur chaque individu. Il y a chez eux ce conflit permanent entre l'envie de retenter quelque chose, de se laisser aller aux sentiments qui les envahissent et puis la vieille peur de souffrir. Pourtant "qu'est-ce qu'une vie sans incident ? Est-ce même possible ?" demande Attila à juste titre.
Avec ce roman, j'ai retrouvé le même plaisir qu'avec les livres de William Boyd (compatriote de l'auteure avec laquelle il semble partager d'autres influences) qui vous entrainent de façon très immersive dans un univers particulier et offrent un vrai regard sur le monde qui nous entoure. Une lecture dont on ressort un peu plus riche.
Suivez le renard, c'est un vrai régal !
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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BonoChamrousse
  13 février 2019
LE PARADOXE DU BONHEUR de Aminatta Forna
Traduit par Claire Desserrey
Éditions Delcourt
********** C O U P d'E C O E U R **********
Voilà un livre pour lequel j'ai eu un énorme coup de coeur, qui est un CHEF-D'OEUVRE et pourtant j'ai beaucoup de difficulté à en parler... Il ouvre tellement de sujets de réflexions que je ne sais pas par quel bout l'empoigner.
Tout d'abord, c'est l'histoire d'une magnifique rencontre amoureuse entre un psychiatre ghanéen (veuf) et une scientifique américaine (divorcée)...
C'est un superbe portrait de Londres...
Ça parle des traumatismes et de leurs conséquences...
... de notre responsabilité envers les malades...
... de la mort...
... de la relation de l'homme avec l'animal et le monde sauvage...
... de la perte de notre animalité...
... de la survie et de l'adaptabilité nécessaire pour y parvenir...
... c'est aussi une réflexion politique sur la fracture entre les somewhere (ceux qui sont de quelque part) et les anywhere (ceux qui ne sont de nulle part). Comment ne pas voir dans ces renard et ces perruches qui "envahissent" Londres une corrélation avec les problèmes d'émigration et la peur de l'autre qu'ils entraînent. Et sur notre façon de traiter l'étranger...
Et au final, le paradoxe du bonheur c'est d'arriver à la résilience malgré les épreuves, aussi douloureuses et diverses qu'elles aient été (décès d'un conjoint, divorce, avoir accompagné un malade d'Alzheimer, traumatisme de guerre, expatriation, ...).
Aminatta Forna est sans aucun doute à l'égale des très grands écrivains grâce à sa subtilité et à son écriture tout en délicatesse.
Je remercie les éditions Delcourt pour cette lecture extrêmement enrichissante.
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critiques presse (1)
LeMonde   30 janvier 2019
Des animaux sauvages envahissent Londres, qu’arpentent des marginaux. L’écrivaine britannique s’interroge sur le bonheur et le lâcher-prise [...] Le lecteur est invité à repenser la frontière entre espace sauvage et domestiqué.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   14 mars 2019
Quel effet cela ferait-il de sortir la nuit et de hurler pour trouver un partenaire sexuel ? Il y avait quelque chose de séduisant dans le fait d’exprimer ainsi son désir sans détours, sans petit jeu. La femelle disait : « J’en ai envie. Qui peut me satisfaire ? » Les mâles se portaient candidats et elle choisissait.
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nadiouchkanadiouchka   21 février 2019
Il arrive un moment où l’on voit un nouvel amour, la personne qui pourrait devenir un nouvel amour ; l’éventualité du sentiment a été prononcée mais il est encore possible de faire marche arrière, l’un ou l’autre peut encore s’écarter du précipice.
P.339
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LadybirdyLadybirdy   13 mars 2019
La cruauté à l’égard des animaux est un marqueur prédictif d’actes beaucoup plus graves.
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armand7000armand7000   12 juillet 2019
Le coyote la regarde. Elle a failli ne pas le voir tant son pelouse moucheté se confond avec la végétation. Seul le reflet argenté de ses jarres permet de distinguer ses formes. La frontière entre son corps et les jeux du vent dans l'herbe est impalpable. Elle s'immobilise autant qu'elle le peut, soutient son regard. Pendant de longues minutes, sa conscience se réduit à sa respiration, à l'air qui entre et qui sort de ses poumons, aux iris pailletés d'or de l'animal. Un souvenir remonte, suffisamment viscéral pour être réel : l'odeur de sa fourrure le jour où elle l'a endormi pour lui passer le collier, la chaleur qui émanait de lui, les pulsations du sang dans ses veines.
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nadiouchkanadiouchka   23 février 2019
C’est quoi, déjà, la différence entre les primates et les humains ?
Les primates tirent des leçons de l’expérience, sourit Attila. P.49
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