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Critiques sur Cartons (28)
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claraetlesmots
  12 novembre 2013
llustrateur de livre pour la jeunesse, Brice déménage. Il quitte Lyon pour un petit village dans lequel il a acheté avec sa compagne Emma une grande maison. Mais Emma est absente. Journaliste, elle en Egypte pour un reportage et Brice est sans nouvelles de sa part. Les cartons ont été entreposés dans le garage de nouvelle maison. Brice déprime. Il dort sur un lit de camp et pioche dans les cartons au fur et à mesure de ses besoins. Une entorse à la cheville le conduit à la pharmacie où il fait la connaissance de Blanche.

En dire plus serait presque criminel tant Pascal Garnier par son style parvient à créer des ambiances, à bousculer le lecteur en créant des surprises inattendues. Dès le départ, on ressent que ce déménagement pèse à Brice. La maison choisie par lui et Emma n'a plus son charme. Trop grande, silencieuse et froide. Et puis Brice attend le retour d'Emma. Ses beaux-parents l'appellent pour prendre des nouvelles et là, on se doute que l'absence d'Emma n'est pas normale. Brice tente d'émerger de sa torpeur mais bricoler est au-dessus de ses forces.

De sa rencontre avec sa voisine l'énigmatique Blanche, des cartons dépositaires de ses souvenirs et de sa vie, Pascal Garnier nous entraîne dans un roman où un certain malaise et des questions nous gagnent. le tout est écrit admirablement avec des phrases qui font mouche comme "Blanche entretenait la conversation avec l'incontinence verbale de quelqu'un qui n'a pas parlé à un être humain depuis la fin du monde". Un sens de l'humour et du détail sans compter une véritable affection pour ses personnages cabossés. Beau, touchant en plein coeur et marquant ! A lire et à relire !

Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
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emmyne
  11 mai 2012
Parution posthume de l'écrivain Pascal Garnier disparu en 2010, Cartons est un roman noir au style parfait, la tension monte tandis que personnages et lecteurs s'enfoncent. C'est le noir de l'humour d'abord, le noir de l'atmosphère dramatique ensuite.

A la dérision et l'ironie de la première partie sur les affres du déménagement - aux pages d'anthologie - auquel est incapable de faire face Brice - " Vous faites chier, les intellos, faut pas tasser les cartons de livres, comme ça ! - Désolé, je ne savais pas. - Ben comme ça vous saurez. " - succèdent un temps flottant, une forme de délire, de dérive. le héros de cette histoire se perd dans sa nouvelle maison, impuissant à reprendre le cours de sa vie, à donner à ce nouvel environnement une dimension de nouvel univers, de nouvelle vie - " Il fit le tour des chambres, se rucifiant à chaque fenêtre pour maintenir bras ouvert les volets. de l'extérieur on aurait pu croire un coucou suisse. Dong, l'horloge du clocher lui asséna la demie. " Désoeuvré, apathique, il éparpille le contenu de ses cartons, s'éparpille, s'intallant dans le garage au coeur du déballage dont chaque objet n'a plus de sens - " La vie lui tombait des mains " - Ou en a trop. Ensemble, comme des épaves d'une existence d'avant. Presque un coma, une perte de (re)connaissance. La rencontre avec Blanche l'entraîne hors de cette nébuleuse vers le monde trouble et incertain de la jeune femme, tout aussi lourds de souvenirs. La lueur est blême, leur hospitalité est inhospitalière. L'air devient pesant, plombé, menaçant, vicié de souffrances occultées; le délire cède la place à la folie, aux tragédies.

Cartons, c'est le deuil d'une vie. Et l'amour à mort.


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Seraphita
  13 juillet 2013
Brice a préparé ses cartons, il déménage. Il va migrer dans un havre de paix, au coeur d'un petit bourg, Saint-Joseph, flanqué d'une longue nationale. Il a peine à s'installer dans la grande maison qu'il occupe dorénavant, d'autant qu'il guette avec impatience un appel de sa femme, Emma, partie dans des contrées lointaines. Sa route va croiser celle de l'énigmatique Blanche, une sorte d'apparition spectrale. Au coeur de Saint-Joseph, Brice va tenter désespérément de convertir du provisoire en pérennité.

« Cartons » est un roman noir inédit, posthume, du talentueux Pascal Garnier. Dans ses oeuvres, l'auteur sait rendre toute sa légèreté aux pires tragédies. En ce sens, « Cartons » n'échappe pas à la règle. Dès le départ, on pressent le drame, en filigrane. La touche de légèreté, quant à elle, est rendue grâce à un humour (noir) omniprésent, une vision puérile portée sur les êtres et les choses, mais qui n'élude en rien le tragique de l'existence, dans son côté absurde. Blanche est ainsi dépeinte comme une fée, un elfe bien étrange, qui vit recluse dans son grand manoir. Brice, quant à lui, semble un artiste bien décalé, un enfant aux traits d'adulte qui a oublié de grandir.
Par petites touches, Pascal Garnier dépeint ces deux êtres murés dans un drame et une solitude que les mots ne peuvent lier. Alors ils partagent des repas un peu singuliers, au beau milieu des cartons, et tentent, par ce biais, de tisser une rencontre :
« le potage en sachet n'était pas plus mauvais que n'importe quel potage en sachet. Quant aux sardines à l'huile, on en avait connu de pires. Les biscottes étaient un peu humides. Blanche entretenait la conversation avec l'incontinence verbale de quelqu'un qui n'a pas parlé à un être humain depuis la fin du monde. » (p. 68.)
Mais c'est le passé qui va permettre aux deux protagonistes de se rapprocher : Brice va rappeler à Blanche son père défunt. Et la jeune femme va tenter de faire revivre son géniteur par l'intermédiaire de cet homme providentiel et de ses cartons. Mais le passé qu'on exhume avec force du cimetière des souvenirs, ramène aussi d'outre-tombe nombre de plaies non cautérisées. La vie et la mort ne sont jamais bien éloignées. Les fameux « cartons » sont là pour nous le rappeler, marquant le transit des êtres dans une vie placée sous le signe de l'éphémère et d'un absurde du provisoire…
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Yuko
  02 juin 2013
A travers une histoire de cartons, c'est le mouvement de la vie qui s'ébranle et se joue. le roman de Pascal Garnier évoque tour à tour, l'absence, la solitude, l'attente, la transition et le renouveau. Une oeuvre aux thèmes multiples, peuplée de personnages étonnant qui surprend par son rapport à un humour absurde.
Un roman parfois noir, toujours habile, porté par une écriture fluide. Sympathique.
Lien : http://art-enciel.over-blog...
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Shool
  09 septembre 2012
"Il était un petit navire,
Il était un petit navire,
Qui n'avait ja, ja, jamais navigué,
Qui n'avait ja, ja..."

Blanche, jeune femme qui a à peine la trentaine vit à St Joseph, proche de Valence. La jeune femme collectionne toute sorte d'objets trouvés proche de la nationale (mouchoirs, gants...). Elle rencontre Brice, homme d'une cinquantaine d'années qui arrive tout droit de Lyon et emménage seul dans une maison bien trop grande pour lui. Il cache un secret qui peu à peu va prendre des allures de réalités. A son grand désespoir. Ensembles, ils vont être plus fort face à leurs secrets malgré la désapprobation d'Elie, ami du feu père de Blanche très présent dans le roman.

Pascal GARNIER signe ici un roman qui m'a enchanté. L'écriture est d'une douceur exquise et pourtant d'une dureté a faire pâlir. le roman est à la fois poétique et noir, brûlant et froid et joyeusement torturé.
Nous passons volontier d'un décors de Nationale à un décors montagneux, où une source est perchée.
La lecture est rapide, la mise en page agréable. Les personnages sont facilement attachants et nous vivons avec joie quelques heures, bien trop courtes, à leurs côtés.

"Il était un petit navire,
Il était un petit navire,
Qui n'avait ja, ja, jamais navigué,
Qui n'avait ja, ja..."
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kiki23
  04 juillet 2012
Adieu, Monsieur….

Brice, illustrateur pour livres d'enfants quitte la ville de Lyon pour emménager dans un petit village de la Drôme entouré de vignes. Commence alors l'attente de son épouse pour déballer les cartons…. cartons qui vont l'écraser petit à petit… vont basculer emportant le lecteur d'un malaise certain à un épilogue qui glace le sang.

Il s'agit d'un roman posthume de Pascal GARNIER qui est décédé en 2010. C'est le second ouvrage que je lis de cet auteur, que j'apprécie de plus en plus.
J'aime son style simple et très poétique, ponctué de touches d'humour et pourtant très noir. C'est l'écrivain des petites choses du quotidien qu'il rapporte de façon saisissante. Il sort ses personnages d'un quotidien gris et sans intérêt apparent pour les mener vers des histoires hors normes.
C'est un raconteur hors paire qui ficèle son intrigue de manière imparable, une sorte d'engrenage dans lequel le lecteur cherchera en vain le point où tout bascule.
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Vepug
  02 juin 2012
Voilà un court roman très agréable à lire. C'est le troisième roman de Pascal Garnier que je lis. J'aime beaucoup la verve de cet auteur. Il a l'art d'écrire avec légèreté sur des sujets graves.

"Cartons" n'est pas en reste. Ce roman traite du deuil et de la difficulté des proches à accepter la situation d'autant plus qu'Emma a été tuée lors d'un attentat et que l'on n'a pas retrouvé son corps ; juste ses papiers. D'où la difficulté de faire son deuil face à l'absence de corps.

Brice attend toujours le retour d'Emma. Tous deux avaient prévus d'emménager dans une grande maison à la campagne. le récit débute au moment où le déménagement devient effectif. Brice attend le retour d'Emma pour déballer les cartons. Pendant plusieurs semaines, il va vivre au milieu de ces cartons. Rencontrer des figures marquantes et attachantes dans ce village campagnard : tels Blanche ou Elie.

Brice, tout au long du récit, semble submergé par le chagrin et l'espoir. Il semble, aussi, surnagé puis, d'un seul coup, semble remonter la pente... Mais y arrivera-t-il réellement ?

Le coup de théâtre de la dernière scène est particulièrement marquant et terrible.

En conclusion : roman sur la difficulté de faire le deuil, sur la déscente aux enfers écrit d'une main de maître.
Lien : http://coffresalivres.canalb..
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Apikrus
  27 octobre 2012
Brice est dessinateur, sa femme Emma reporter. Brice emménage dans leur nouvelle maison, dans un village de campagne mais il reste sans nouvelles d'Emma dont il attend désespérément le retour.

Dans ce roman, Pascal Garnier tourne souvent en dérision les sentiments et les actes de ses personnages, en particulier de Brice. L'auteur aborde ainsi des sujets graves et sombres (solitude, dépression...) sans que la lecture du livre ne devienne fastidieuse ni déplaisante. Son style est en outre agréable. L'ambiance du livre dans certains passages m'a évoqué celle de 'Ensemble c'est tout' d'Anna Gavalda, même si s'y ajoutent ici un ton humoristique, caustique et beaucoup de noirceur.

J'ai découvert Pascal Garnier par ce livre et ne m'arrêterai probablement pas à celui-ci.
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Loubhi
  21 mai 2012
Je ne suis jamais très objectif quand j'ai l'occasion d'évoquer Pascal Garnier tant sa bibliographie me séduit depuis deux ou trois années (date de ma découverte de cet auteur) et là encore je ne peux que m'incliner et me réjouir de ce livre posthume.

Son art du portrait tout en en clair - obscur, de deux ou trois personnages clés est à nouveau à l'oeuvre. On retrouve, ici, l'éternelle fuite en avant de ses anti héros, à la limite de l'aliénation, avec un lourd passé ou un lourd secret.
Brice, illustrateur rejette la réalité et attend le retour de sa femme dans la maison qu'ils avaient choisi pour vraiment aménager cette grande demeure à l'histoire et au destin tragique. Dans cette attente, il se désocialise et va rencontrer puis se rapprocher du second personnage de ce court roman noir ; Blanche. Celle-ci au lourd passé, attention à l'ultime rebondissement de ce livre, est en quête de son père et détentrice de lourd secret.

Ce récit sombre, par touche sensible, nous fait découvrir l'un et l'autre, leur histoire difficile, leur déchirement, leur apprivoisement, leur rapprochement à travers leurs histoires, les retours en arrière sur leur moments passés de bonheur privé.

Style sobre, soin des descriptions des lieux, des détails des moments d'intimité ou d'introspection. Peu d'espoir mais une véritable rencontre avec ces êtres fragiles, tellement humains.
Lien : http://passiondelecteur.over..
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Sando
  29 février 2012
Brice, bientôt la soixantaine, est illustrateur d'albums pour enfants. Il entreprend seul son déménagement, tandis que sa femme, grand reporter, est en mission à l'étranger. Loin d'être excité par le changement de vie qui s'annonce, ou par cette grande maison perdue dans une petite bourgade de la Drôme, Brice semble au contraire écrasé par le poids des cartons fraîchement éparpillés dans sa nouvelle demeure. Très vite, on sent que quelque chose cloche dans l'attitude de cet homme apathique, comateux qui trouve refuge dans le garage, au milieu du désordre et refuse d'investir les lieux. La maison paraît ridiculement grande pour cet homme cloîtré, ce fugitif. Où est donc Emma, cette femme adorée dont la présence plane sur les lieux ? Pourquoi n'occupe-t-elle pas cet espace qu'elle a tant désiré ? C'est alors que l'on comprend que non, Emma ne reviendra pas et que c'est cette réalité que Brice fuit tant bien que mal.
Fort heureusement, il trouve quelque réconfort dans la présence du chat qui a élu domicile chez lui, et dans la compagnie de Blanche, cette femme sans âge qui apparaît toujours quand on s'y attend le moins. Une amitié ambigüe se noue entre ces deux personnages marginaux, blessés par la vie et atteints d'une singulière folie… Une amitié qui ne sera pas sans conséquences…
C'est avec une incroyable douceur et beaucoup d'humanité que Pascal Garnier nous raconte ce basculement d'un homme vers une folie douce. L'écriture tout en finesse et en justesse apporte une certaine délicatesse à l'histoire et confère à la lecture un rythme harmonieux. Les cartons symbolisent cet entre-deux dans lequel Brice évolue, une situation qui ne peut prendre fin qu'avec le retour d'Emma ou l'acceptation de sa mort. Il vit à la manière d'un SDF, protégé par cette épaisseur de cartons, ce désordre chaotique qui lui sert d'armure. Brice nous émeut dans ce portrait où l'on devine l'homme qu'il a été et où l'on voit celui qu'il est devenu : un être apeuré, reclus, fuyant le deuil. Et pourtant, malgré le drame qui se joue, Pascal Garnier de manque pas d'instaurer certains moments pleins d'humour et de tendresse, des moments qui font du bien et grâce auxquels les personnages respirent, et le lecteur avec eux ! Pour moi, « Cartons » est un vrai petit bijou. C'est un texte fort, bouleversant et un gros coup de coeur à faire partager !
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