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ISBN : 2843045754
Éditeur : Zulma (02/02/2012)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Tout commence par un déménagement - cette " catastrophe naturelle " : Brice, illustrateur de livres pour la jeunesse et compagnon de la dive bouteille, quitte son appartement lyonnais pour une grande maison plutôt isolée à la campagne. Il a choisi l'endroit avec son épouse journaliste d'ailleurs partie quelque part en Egypte. Esseulé, sans nouvelles d'Emma, Brice s'abandonne peu à peu au désespoir en squatteur de son propre logis, ne sortant plus guère du garage où ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
koalas
  18 septembre 2016
Brice déménage, quitte Lyon
pour s'installer dans un petit un village de la Drôme
dans une grande baraque qui croule sous les cartons
qu'il déballe au fil de ses besoins...
et tourne en rond en attendant le retour de sa compagne Emma, une journaliste partie en reportage à l'autre bout du monde
jusqu'à sa rencontre avec Blanche, une excentrique, dernière d'une grande famille...
Comme dans ses autres romans, Trop près du bord, Les insulaires ou Flux,
Cartons, roman noir posthume de Pascal Garnier paru en 2012, deux ans après la mort de l'auteur continue d'éclairer ceux qui fuient comme un seau percé ou qui se recroquevillent comme ici dans leur coquille...de cartons.
L'auteur doué d'un humour noir ravageur, est un grand styliste, un écrivain de la marge, champion des citations poétiques improbables "Une fleur artificielle dans un verre à dents" et des réflexions philosophiques à couper le souffle : 'A quoi bon prendre des raccourcis pour arriver nulle part ?'.
Cartons..presque plein dans le mille.
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nadejda
  07 avril 2012
Brice, illustrateur, un peu las, d'une série d'albums pour enfants (qui m'a fait penser à la série des «Martine») délaisse Lyon pour s'installer dans le village vigneron de Saint Joseph où plus rien ne lui plaît «Les piquets de vigne, noirs comme des allumettes brûlées, plantés en rangs serrés à flanc de coteau, faisaient penser à une sorte de cimetière militaire.» Lui et sa femme Emma y ont acheté une maison ancienne qui lui semble immense. Il se sent perdu .
«Mais qu'est-ce que je fous ici ?... Qu'est-ce qui nous a pris d'acheter cette foutue baraque ?... Je devais être soûl, c'est ça, j'étais soûl.
(...) Il ouvrit les persiennes de la salle à manger et du salon mais la lueur d'eau de vaisselle qui s'y déversa ne parvint pas à réchauffer l'atmosphère. On se serait cru dans un aquarium sans poisson.
--- Une concession à vie, voilà ce qu'on s'est acheté.»
Qui ne s'est pas senti déprimé après un déménagement qui demande de rompre ses habitudes, entouré de cartons, seul dans une maison vide qui paraît hostile ? Rien d'étonnant au prime abord à ce qu'il en soit de même pour Brice qui espère le retour proche de sa femme reporter, alors en Egypte. Mais l'ennui le gagne...
«Il s'accoutumait à l'ennui comme d'autres à l'opium»
Comme dans tous les romans de Pascal Garnier on ne sait pas trop où l'on a mis les pieds, on est désarçonnés et l'on voit mal où il va nous entraîner tout en sentant que quelque chose cloche et que le dérapage n'est pas loin.
Brice va rencontrer Blanche, solitaire, attirée par sa ressemblance avec son père.
«Elle parlait à mi-voix, grignotant le silence. On aurait dit l'écho de sa propre solitude.»
Elle va s'installer doucement, insidieusement, dans la solitude de Brice.
Rapprochement factice de deux êtres fragilisés par tout ce qui leur est tombé dessus au cours de leur vie qui tentent de rassembler les morceaux, de renouer des liens mais sans succès. Ils sont trop cabossés pour parvenir à se redresser malgré leurs efforts.
On ne peut en dire beaucoup plus. le titre prend entièrement son sens à la toute fin de ce roman noir dont les personnages sont très attachants comme tous les personnages de Pascal Garnier malmenés par la vie, tendres et cruels à la fois. Et puis il y a la tonalité de l'auteur, faite d'humour noir lié à une tendresse désespérée et une attention aigüe envers les êtres qu'il croisent, qui fait mouche et touche à chaque lecture.
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moustafette
  14 mars 2012
Il y a un an jour pour jour, tout comme Brice Casadamont, j'attendais le camoin des Déménageurs bretons qui allaient déverser les 40m3 de meubles et de cartons dans ce qui allait être ma nouvelle demeure. Heureusement pour moi, la comparaison avec le protagoniste du dernier roman de Pascal Garnier s'arrête là !
Quittant Lyon pour le petit village de Saint-Joseph proche de Valence, Brice se retrouve complètement désemparé devant le vide de la grande maison qui l'accueille. Il attend le retour de sa femme Emma, une trentenaire reporter sans cesse en vadrouille aux quatre coins du monde. On comprend vite que, sous cette absence et cet hypothétique retour, il y a anguille sous roche.
Alors qu'il est incapable d'investir les lieux tant qu'Emma n'est pas là, Brice va finalement s'installer dans le garage où il vivra au milieu d'un fatras de cartons éventrés au fur et à mesure de ses besoins.
Illustrateur de livres pour enfants, Brice met entre parenthèses ses activités lucratives pour faire connaissance avec l'environnement et les quelques habitants de Saint-Joseph, et notamment avec Blanche, une femme assez fantasque qui ne tarde pas à prendre sous son aile le pauvre Brice un brin paumé.
Je ne peux hélas en dire beaucoup plus car avec Pascal Garnier on sait d'où on part mais la destination est toujours des plus inattendues... Ce qui est sûr c'est qu'avec une certaine légèreté, voire une désinvolture quasi inoffensive, le blanc vire imperceptiblement au gris pour sombrer subitement dans le noir.
"Il aurait volontiers passé ses vacances dans le coma."
Voilà, c'est du Pascal Garnier tout craché, une écriture imagée mêlée d'un humour délicat... Merci à Zulma de le ressusciter du fond des limbes, son ton unique nous manque !

Lien : http://moustafette.canalblog..
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kathel
  21 mai 2012
Pascal Garnier est un auteur auquel je ne peux pas résister, me demandant à chaque fois ce qui se cache de bien noir, à l'affut derrière un titre sobre et une situation anodine.
Un déménagement, rien que de très courant, mais dès les premières pages, le sentiment que Brice, qui a choisi avec sa compagne de quitter la ville pour une grande maison quelque part dans la Drôme, ne se sent pas très bien. le déménagement est pourtant rondement mené par une équipe de costauds, mais Brice attend des nouvelles d'Emma, partie en reportage en Egypte, et, tout à son attente, ne parvient pas à se faire sa place dans la maison. Quoique dans le garage, peut-être... Il tente pourtant quelques bricolages, quelques incursions dans le village, mais en même temps se laisse gagner par une lente dérive. Et ce n'est pas la rencontre avec l'étrange Blanche qui va arranger les choses. L'imagination du lecteur peut toujours travailler, celle de l'auteur la dépassera toujours !
En peu de mots, mine de rien, Pascal Garnier, avec cet humour noir qui respecte toujours les personnages, construit une histoire aussi implacable qu'inoubliable. Et quel style ! Je ne m'en lasse pas. Encore une réussite, dans la lignée de Comment va la douleur ?, Les insulaires, Les hauts du Bas ou Lune captive dans un oeil mort...
Lien : http://lettresexpres.wordpre..
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canel
  24 octobre 2012
Brice est dans le pétrin : le voilà qui se retrouve à déménager, quittant la ville pour la campagne, ceci pour un coup de coeur de son épouse Emma. Mais celle-ci a disparu, Brice est seul. Lorsqu'on lui demande des nouvelles de sa femme, il répond invariablement "J'ai bon espoir". En attendant, il se morfond, déprime, regrette le choix de cette maison trop grande et isolée, ne s'installe pas vraiment, dort sur un lit de camp dans le garage et pique-nique, éventrant ses cartons au fur et à mesure de ses besoins. Quelques voisins viendront changer Brice de sa routine...
Pascal Garnier a beaucoup de talent. Son écriture parfaite nous immerge d'emblée dans une ambiance sombre, froide et sinistre, à l'image de l'état d'esprit du personnage principal et de son nouveau logement. Beaucoup de perles dans les réflexions de l'auteur, de l'humour, même, qui ne suffit pas cependant à évacuer le malaise ressenti par Brice, et conjointement, par le lecteur. Un très bon livre.
De cet auteur, j'ai aimé 'Trop près du bord', moins 'Lune captive dans un oeil mort', et beaucoup moins 'La théorie du panda'. Il est temps que je le redécouvre, il reste des pépites !
Pascal Garnier est décédé en mars 2010, cet ouvrage a été publié pour la première fois à titre posthume.
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Les critiques presse (1)
Lexpress   12 avril 2012
Cartons est une histoire de déménagement infini, le destin d'un homme qui ne rangera jamais ses affaires dans les placards et n'ouvrira plus les tiroirs de la commode pour trier ses vieilles photos.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
MarymaryMarymary   03 août 2017
Une abeille vint se poser juste à côté de sa main, sur le dossier du banc. Une vieille abeille, tout empêtrée dans son veston rayé jaune et noir trop grand pour elle. Elle devait venir de loin, de l'été dernier peut-être. Elle n'en pouvait plus, haletante, tricotant des antennes comme si elle cherchait à capter Radio Londres. Elle se mit à tourner sur elle-même en agitant fébrilement ses maigres pattes : "C'est où qu'on meurt ?..." Dans un dernier effort elle fit vibrer ses ailes mais n'obtint qu'un fatal looping qui la renversa sur le dos. Brice songea à abréger ses souffrances d'un coup de canne bien placé mais contre toute attente elle se retourna, pointa vers sa main un dard encore redoutable et reprit un vol aléatoire vers ces coulisses de la vie où nul spectateur n'a le droit d'entrer.
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canelcanel   24 octobre 2012
Les enfants lui avaient toujours fait peur, même quand il en était un lui-même. Ces panneaux à l'entrée des villages, Attention enfants ! comment les interpréter ? Il s'en méfiait comme de la peste. "Les enfants sont des ogres, des vampires. Il suffit de voir leurs jeunes parents, les mères aux seins taris, les pères aux mains vides pour saisir tout l'avidité de ces impitoyables cannibales. Ils nous cueillent à la fleur de l'âge et dévastent nos jardins secrets avec leurs tricycles rouges et leurs ballons pareils aux masses qu'on balance du haut des grues pour ébouler les vieux pans de murs. Ils font de nos amantes de grosses femmes qui bavotent béatement en se tâtant le ventre et de nous des idiots abrutis de fatigue poussant des caddies débordant de nourriture insipide. Ils nous en veulent d'être des nains,nous obligent à les punir puis à le regretter.Sur la plage ils jouent à nous enterrer ou creusent des trous pour nous pousser dedans. Ils ne rêvent qu'à ça, prendre notre place. Ils ont honte de nous, regrettant de ne pas être orphelins tout en nous singeant d'une façon odieuse. Plus tard ils pillent nos tiroirs, deviennent de plus en plus bêtes à mesure que leur barbe pousse, que leurs seins poussent, que leurs dents poussent. Bientôt, comme les années passées, on ne les revoit plus. Ils ne réapparaîtront que pour balancer une poignée de terre ou une rose fanée sur notre boîte et se disputer les reliefs du repas. (p. 46)
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VALENTYNEVALENTYNE   04 janvier 2013
- Tant mieux. Si je puis me permettre… je vous ai apporté un petit poème de mon père. Vous aimeriez le lire ?
- Avec plaisir.
Elle tira de sa bourse une feuille de papier pliée en huit qu’elle déplia avec mille précautions et la lui tendit en rougissant.

SERMENT DE PERE

Père siffleur / Fille de pêche
Père formant / Fille de fer
Père No / Fille de l’eau
Père mis-de-conduire / Fille conducteur
Père sonnalité / Coup de fille
Père mission-de-minuit / Fille à la patte
Père colateur / Fille électrique
Père turban / Fille à plomb
Père qué ? / Fille à dénouer
Père savon / Fille à retordre
Père Fecto / Fille du rasoir
Père fusé / Fille dénudée
Père peinard / Bobine de fille
Père missionnaire / Fille barbelée
Père manant / Fille torsadée
Père nicieux / Fille à coudre
Père tinent / Fille à souder
Père la boule / Fille à haute tension
Père mutant / Fille tendue
Père clus / Fille d’antenne
Père sonne ne m’aime / Fille poissé
Père limpinpin / Fille à couper le beurre
Père nambouc / Fille d’Ariane
Père pétuité / Fille du temps
Père méable / Fille de soie
Père Lachaise / Etoile filante

Brice replia soigneusement le feuillet jauni et le rendit à Blanche.
- Il avait de l’humour votre père.
- Oh oui ! On s’amusait bien avec lui.
- Et votre mère ?
- Je l’ai à peine connue. J’étais toute petite quand elle a disparu.
- Désolé.
- Pourquoi ? Elle ne m’a jamais manqué
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nadejdanadejda   07 avril 2012
Il s'abandonna aux mains de Martine (la coiffeuse) en la scrutant à l'ombre de ses cils dans le miroir qui lui faisait face. Elle avait atteint cet âge où le sucre de la femme se fait miel. Une poitrine confortable moulée dans un T-shirt noir brodé d'un Pierrot pailleté servait de socle à un visage poupin dépourvu de cou et généreusement tartiné de fard qui donnait à ses joues rebondies le satiné des fruits factices.
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moustafettemoustafette   14 mars 2012
Mais les choses, les choses !... Il en grouillait des centaines, des milliers autour de lui dans la pénombre du garage. Les cartons en vomissaient chaque jour de nouvelles. Chacune attendait de lui une fonction, un emploi et il ne savait que les éparpiller au hasard, leur imposant une sorte de partouze monstrueuse. A force, bien sûr, elles se reproduisaient, engendraient l'inconcevable. On imagine mal ce que peut donner l'accouplement d'une moulinette à légumes avec une paire de skis. C'est épouvantable. On se serait cru dans un tableau de Jérôme Bosch.
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