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EAN : 9782253122326
187 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (16/01/2008)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 154 notes)
Résumé :
On ne saurait dire pourquoi l'univers de Pascal Garnier nous est si proche.
Pourquoi il nous envoûte avec des histoires plutôt simples, des personnages a priori ordinaires et malmenés par la vie, des mots familiers et des silences qui le sont encore plus. Ainsi Bernard, crétin solaire qui pose sur le monde un doux regard écarquillé. C'est ce qui séduit Simon, le cynique et élégant Simon, "éradicateur de nuisibles" en préretraite, autant dire tueur à gages au ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  23 octobre 2017
Il est temps pour Simon Marechall, spécialiste en dératisation et extinction des nuisibles, rats, souris, pigeons, puces, cafards..., de raccrocher. Un dernier contrat à honorer et l'homme veut tirer sa révérence... définitivement. Pour ce faire, il a besoin de l'aide de Bernard, un grand gaillard amputé de deux doigts, un brin benêt et naïf.
C'est à Vals-les-bains que Simon, vieillissant et malade, rencontre par hasard Bernard, venu rendre visite à sa maman, Anaïs, qui végète dans une sorte de boutique, en compagnie de son meilleur ami, le Négrita. Les deux hommes sympathisent aussitôt, Simon étant touché par la naïveté touchante du jeune homme. Il l'engage alors pour deux jours en tant que chauffeur pour le conduire au Cap d'Agde, où il doit effectuer une ultime mission...

Simon et Bernard, deux personnes que rien ne semblait réunir. Un sexagénaire blasé, cynique, malade et au métier qui demande beaucoup de sang-froid et un benêt de 22 ans qui prend la vie comme elle vient. Leur petite escapade vers le sud va prendre une tournure inattendue. Sur leur route, ils croiseront Fiona, une jeune maman célibataire, et la petite Violette, deux âmes aussi blessées et égarées qu'eux. Pascal Garnier nous entraine dans une sorte de road-movie déjanté et noir, à la fois cynique et jouissif en compagnie de Simon et Bernard, deux héros modestes cabossés et malmenés par la vie. Deux hommes très attachants et fragiles, les femmes n'étant pas en reste comme Anaïs, dont la vie trépidante prête à sourire, Fiona qui reste collée à leurs basques ou encore Rose, cette taxidermiste belge. Un roman aux dialogues percutants et savoureux, à la plume incisive et à l'humour teinté de noir.
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Ladybirdy
  20 octobre 2018
Troquons donc notre coutumier «comment ça va?» pour un «comment va ta douleur?» que les africains affectionnent. Original troc comme entrée en la matière où il est bien question de douleur dans ce roman.
Tout d'abord, Simon qui n'est plus tout jeune, plus en grande forme non plus et qui a passé sa vie à l'extermination des nuisibles. Chacun est ici libre d'imaginer dans quel camps se trouvent ces nuisibles... Simon est cynique, froid, désenchanté, en fin de vie en somme.
Anais ensuite, la mère de Bernard, plus vraiment jeune ni belle, un brin démente, esseulée dans sa solitude et qui cuve au Negrita à toute heure. Faut bien noyer son chagrin.
Voici Fiona, jeune mère célibataire de la toute petite Violaine, orpheline et complètement paumée.
Simon a une dernière mission à accomplir avant sa retraite. Il a besoin d'un chauffeur pour le conduire à bon port et c'est ainsi que Bernard pointe le bout de son nez. Bernard, l'estropié de la main, est ce type qui « avait un don pour la vie, un peu comme ces nouveau-nés qu'on retrouve vivants dans une poubelle ».
Certains le trouveront benêt et simplet, moi je l'ai trouvé attendrissant et d'une sincérité à fleur de peau.
Tout ce petit monde finira par se rencontrer. Pas toujours évident de cohabiter ensemble entre jeunes et vieux surtout quand la mort rôde pas loin et que pour des jeunes ça pue, la mort.
Pascal Garnier brosse un portrait cinglant de la vieillesse, de la mort, de la jeunesse, des cabossés où certains s'en sortent mieux que d'autres... Un zeste d'humour noir, une pincée de poésie, un reflet étourdissant de la vie, voici ce qui signe ce roman soigné et percutant.
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nameless
  20 novembre 2016
Pourquoi Vals-les-Bains ? Peut-être à cause de Jean Ferrat que les touristes les plus observateurs reconnaissent au marché du dimanche, peut-être parce que Pascal Garnier aime l'Ardèche où il a terminé sa vie. Quelle que soit la raison, avec comme matériau de base cette station thermale sur le déclin où commence et finit l'intrigue, avec six personnages, Bernard, Simon, Anaïs, Fiona, Violette, Rose, dont il entrelace les destins comme ceux de naufragés que le hasard aurait réunis sur une île déserte, en 204 pages, l'auteur crée un microcosme romanesque à la fois attendrissant et désespéré qui touche le lecteur au coeur.

Simon est un exterminateur, spécialiste en dératisation, extinction des nuisibles, rats, souris, pigeons, puces, cafards…. Il est malade, s'arrête à Vals pour se reposer une nuit. En route pour effectuer une mission au Grau d'Adge mais trop épuisé pour conduire, il cherche un chauffeur. Parmi les indigènes, son choix se porte sur Bernard, dont le bon sens ingénu comme s'il venait au monde chaque jour séduit Simon : « Ce qu'il y avait d'irrésistible chez ce grand couillon c'était sa faculté à s'adapter aux situations les plus insensées, un don inné pour la résilience » (p. 143).

Bernard présente Simon à Anaïs, sa môman qui s'abreuve davantage au Negrita qu'à l'eau thermale, et qui toute sa vie a attendu, un bus, l'amour, la réussite, un coup de fil, et dit d'elle-même : « Mon passé est triste, mon présent catastrophique, mais par bonheur je n'ai pas d'avenir » (p. 29).

Le lendemain, c'est parti pour un road-movie entre Vals et Grau d'Agde. Il ne faudra pas plus de quelques kilomètres pour que Bernard s'arrête pour secourir Fiona, qui se fait tabasser par son mec sur le bord de la route. Voilà Fiona embarquée à bord de la luxueuse berline, avec Violette, son jeune bébé. “Et vous Fiona, d'où êtes-vous ? de la DDASS”. Tout est dit en cinq lettres. Bernard tombe sous le charme de Violette et de sa maman. Pour la première fois pour lui : “L'avenir avait un futur”.

Dans le camping où Bernard a loué deux caravanes, c'est Simon qui fait une rencontre. Rose, taxidermiste belge retraitée et seule, dont le travail consiste à conserver l'apparence de la vie après la mort, éprouve et donne de l'affection à Simon au bout du rouleau, alors qu'il ne voit plus très bien quelle différence il y a entre tomber amoureux ou dans le coma.

Dans quel pays d'Afrique, les gens se saluaient-ils le matin en disant : « Comment va la douleur ? ». Un titre magnifique qui reflète l'atmosphère crépusculaire et mélancolique de ce roman tout autant magnifique que son titre.
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si-bemol
  01 décembre 2018
Une histoire qui commence de manière peu banale : à peine a-t-on eu le temps de faire la connaissance du premier personnage que le voilà suicidé et pendu. Circulez, rien à voir et bonjour chez vous... Au bout de six pages ? Sérieusement, ce ne sont pas des façons !
C'est pourtant sur cette scène que commence le roman de Pascal Garnier "Comment va la douleur ?", où l'on fait la connaissance de Simon le “dératiseur”, tueur à gages de son état (nous le découvrirons peu à peu), dandy cynique et à bout de souffle, et de Bernard, une sorte de candide qui pose sur le monde en toutes circonstances un regard bienveillant, serein et un peu niais.
Une rencontre fortuite sur un banc, un dîner, quelques confidences… très vite se nouent entre les deux hommes, le vieux tueur à gages fatigué et malade et le simplet plein d'innocence, les fils d'une relation quelque peu incongrue teintée d'affection réciproque. Car “ce qui était étrange chez ce jeune crétin c'est qu'il n'était pas bête. Il faisait preuve d'un bon sens ingénu qui rafraîchissait Simon, le ramenait à l'évidence d'une vie simple comme bonjour. C'était comme découvrir une fontaine d'eau vive après une longue marche au soleil. Sa vulnérabilité le rendait invincible.”
S'ensuit un périple improbable, à mi-chemin de la farce et du drame, en compagnie d'une jeune mère désemparée rencontrée par hasard, sur les routes du Sud de la France où Bernard, au volant de la Mercedes de Simon, le conduit sans le savoir vers sa dernière mission de tueur à gages…
Avec "Comment va la douleur ?" j'ai retrouvé l'univers de Pascal Garnier, dont j'avais lu et beaucoup aimé “Cartons”, son humour décalé, son écriture légère et vive et cette forme de pudeur qui lui permet d'aborder les plus grandes détresses sans s'y appesantir, sans même s'y attarder, avec beaucoup de sensibilité et de drôlerie.
Un livre plein de tendresse, d'une lecture agréable, et avec lequel j'ai passé un bon moment.
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michfred
  06 septembre 2020
Ça commence par la fin. Comme ça on est prévenu. Pas de surprise. On sait où on va. Comment va la douleur, c'est la question qui contient sa réponse aussi.
Mais ce serait bien léger de résumer Pascal Garnier par cette sorte de pirouette ou de tête à queue. 
Simon , un homme bien sous tous rapports,  est un tueur à gages. Y a plus sympa comme heros auquel s'identifier. Pourtant ca marche. On aime Simon. Cruel, pourtant,  "éradicateur de nuisibles" sans états d'âme. Malade aussi. Il n'a plus beaucoup de temps. Pour vivre, ni pour aimer.
Bernard est un doux crétin,  naïf, confiant, docile, gentil. Il aime sa maman, boulimique, velléitaire, alcoolique, looseuse de haut vol. Il aime aussi les bagnoles. Et conduire celle de Simon. Il sera son chauffeur dans ce "Thelma et Louise" pour mecs...
Avant le dernier round, ces deux-là vont faire la paire.
Histoire d'une amitié et d'une rencontre sur fond de détresse humaine.
Fort et violent. Comme l'espoir dans la débine, comme le phare dans la tempête,  comme la mort dans la douleur.
Justement: comment va-t-elle, la douleur?
Avec Pascal Garnier, elle est toujours supportable, parce qu'elle se shoote à la fraternité.
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critiques presse (1)
Telerama   16 septembre 2015
L'essentiel est dans le regard poétique de l'écrivain, lorsqu'il se pose sur ses héros modestes, cabossés de la vie.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   29 octobre 2017
L'apparition qui suivit fut tout aussi insolite. Anaïs s'était faite belle, c'est-à-dire qu'elle avait superposé sur sa silhouette aux contours indéfinis ce qu'elle possédait de plus clinquant, soieries dévastées par les mites, dentelles fanées, satins ravagés aux reflets d'huile de vidange, colliers de verroterie à multiples rangs, bracelets tintinnabulants, boucles d'oreilles grosses comme des mappemondes, babouches éculées, turbans croulants et maquillage à la truelle que le plus maladroits des plâtriers n'aurait osé soumettre à un aveugle.
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LadybirdyLadybirdy   20 octobre 2018
Je serai là-haut, tout là-haut, là où il y a un grand trou à la place du bon Dieu et je m’assoirai sur son trône à ce vieux con et c’est moi qui me mettrais aux commandes, je pourrai pas faire pire que lui. Ce sera mon tour de me fendre la poire en tirant les ficelles, ça oui !… Et puis non, tiens, je laisserai tout tomber. Je ferai des chapeaux à plumes pour les anges et ceux qui voudront pas les porter je les enverrai griller en enfer, comme des poulets ! Et que je te tournerai la broche et que je tournerai, tournerai…
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marina53marina53   23 octobre 2017
Par les fenêtres ouvertes on percevait la musique du générique d'une série allemande qui à cette heure engourdissait les cerveaux déjà bien éprouvés des retraités occupant villas et résidences aux noms odoriférants : des Acacias, Mimosas, Pins, Tamaris. Pour dire vrai, ça sentait le cimetière avec ça et là des effluves de pommade révulsive de bandages herniaires et de barbecue.
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saphoosaphoo   21 avril 2010
la grimace qui crispait le visage des jeunes époux évoquait une furieuse envie de pisser ou bien la douleur insidieuse provoquée par le port de chaussures neuves. Le costume du marié semblait taillé dans du contreplaqué et les kilomètres de tulle enrobant sa promise sortir d’une bassine de barba à papa. Cramponnées à la traîne comme des morpions, les demoiselles d’honneur se tordaient les chevilles sur leurs premiers escarpins à talons. Les mères se tamponnaient les yeux, les pères bombaient le torse, les gosses jouaient à s’attraper en soulevant des tourbillons de poussière.”
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marina53marina53   23 octobre 2017
-Ça fait chaud au cœur, tout ça.
-Vous trouvez ?
-Oui, tous ces gens heureux, c’est bien, non ?
-Comment savez-vous qu’ils sont heureux ? 
-Ça se voit.
-Il faut se méfier de ce qui est trop voyant. En général c’est du toc. 
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