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ISBN : 2253122327
Éditeur : Le Livre de Poche (16/01/2008)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 124 notes)
Résumé :
On ne saurait dire pourquoi l'univers de Pascal Garnier nous est si proche.
Pourquoi il nous envoûte avec des histoires plutôt simples, des personnages a priori ordinaires et malmenés par la vie, des mots familiers et des silences qui le sont encore plus. Ainsi Bernard, crétin solaire qui pose sur le monde un doux regard écarquillé. C'est ce qui séduit Simon, le cynique et élégant Simon, " éradicateur de nuisibles " en préretraite, autant dire tueur à gages a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  23 octobre 2017
Il est temps pour Simon Marechall, spécialiste en dératisation et extinction des nuisibles, rats, souris, pigeons, puces, cafards..., de raccrocher. Un dernier contrat à honorer et l'homme veut tirer sa révérence... définitivement. Pour ce faire, il a besoin de l'aide de Bernard, un grand gaillard amputé de deux doigts, un brin benêt et naïf.
C'est à Vals-les-bains que Simon, vieillissant et malade, rencontre par hasard Bernard, venu rendre visite à sa maman, Anaïs, qui végète dans une sorte de boutique, en compagnie de son meilleur ami, le Négrita. Les deux hommes sympathisent aussitôt, Simon étant touché par la naïveté touchante du jeune homme. Il l'engage alors pour deux jours en tant que chauffeur pour le conduire au Cap d'Agde, où il doit effectuer une ultime mission...

Simon et Bernard, deux personnes que rien ne semblait réunir. Un sexagénaire blasé, cynique, malade et au métier qui demande beaucoup de sang-froid et un benêt de 22 ans qui prend la vie comme elle vient. Leur petite escapade vers le sud va prendre une tournure inattendue. Sur leur route, ils croiseront Fiona, une jeune maman célibataire, et la petite Violette, deux âmes aussi blessées et égarées qu'eux. Pascal Garnier nous entraine dans une sorte de road-movie déjanté et noir, à la fois cynique et jouissif en compagnie de Simon et Bernard, deux héros modestes cabossés et malmenés par la vie. Deux hommes très attachants et fragiles, les femmes n'étant pas en reste comme Anaïs, dont la vie trépidante prête à sourire, Fiona qui reste collée à leurs basques ou encore Rose, cette taxidermiste belge. Un roman aux dialogues percutants et savoureux, à la plume incisive et à l'humour teinté de noir.
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nameless
  20 novembre 2016
Pourquoi Vals-les-Bains ? Peut-être à cause de Jean Ferrat que les touristes les plus observateurs reconnaissent au marché du dimanche, peut-être parce que Pascal Garnier aime l'Ardèche où il a terminé sa vie. Quelle que soit la raison, avec comme matériau de base cette station thermale sur le déclin où commence et finit l'intrigue, avec six personnages, Bernard, Simon, Anaïs, Fiona, Violette, Rose, dont il entrelace les destins comme ceux de naufragés que le hasard aurait réunis sur une île déserte, en 204 pages, l'auteur crée un microcosme romanesque à la fois attendrissant et désespéré qui touche le lecteur au coeur.
Simon est un exterminateur, spécialiste en dératisation, extinction des nuisibles, rats, souris, pigeons, puces, cafards…. Il est malade, s'arrête à Vals pour se reposer une nuit. En route pour effectuer une mission au Grau d'Adge mais trop épuisé pour conduire, il cherche un chauffeur. Parmi les indigènes, son choix se porte sur Bernard, dont le bon sens ingénu comme s'il venait au monde chaque jour séduit Simon : « Ce qu'il y avait d'irrésistible chez ce grand couillon c'était sa faculté à s'adapter aux situations les plus insensées, un don inné pour la résilience » (p. 143).
Bernard présente Simon à Anaïs, sa môman qui s'abreuve davantage au Negrita qu'à l'eau thermale, et qui toute sa vie a attendu, un bus, l'amour, la réussite, un coup de fil, et dit d'elle-même : « Mon passé est triste, mon présent catastrophique, mais par bonheur je n'ai pas d'avenir » (p. 29).
Le lendemain, c'est parti pour un road-movie entre Vals et Grau d'Agde. Il ne faudra pas plus de quelques kilomètres pour que Bernard s'arrête pour secourir Fiona, qui se fait tabasser par son mec sur le bord de la route. Voilà Fiona embarquée à bord de la luxueuse berline, avec Violette, son jeune bébé. “Et vous Fiona, d'où êtes-vous ? de la DDASS”. Tout est dit en cinq lettres. Bernard tombe sous le charme de Violette et de sa maman. Pour la première fois pour lui : “L'avenir avait un futur”.
Dans le camping où Bernard a loué deux caravanes, c'est Simon qui fait une rencontre. Rose, taxidermiste belge retraitée et seule, dont le travail consiste à conserver l'apparence de la vie après la mort, éprouve et donne de l'affection à Simon au bout du rouleau, alors qu'il ne voit plus très bien quelle différence il y a entre tomber amoureux ou dans le coma.
Dans quel pays d'Afrique, les gens se saluaient-ils le matin en disant : « Comment va la douleur ? ». Un titre magnifique qui reflète l'atmosphère crépusculaire et mélancolique de ce roman tout autant magnifique que son titre.
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koalas
  06 octobre 2016
Un beau jour de déprime
à Vals les Bains, en Ardèche
Simon sexagénaire cynique et mal en point rencontre Bernard un jeune benêt de 20 balais sans boulot
d'un optimisme à toute épreuve
ce qui l'horripile un brin...
Le bougon décide malgré tout avant d'accomplir son dernier contrat de dératisateur et de tirer sa révérence
d'embaucher le jeune blaireau à son service..comme chauffeur
un peu de béatitude, ça ne peut pas lui faire trop de mal...
Un duo de choc mal assorti qui va peut-être bien finir par s'accorder...
Comment va la douleur est un roman noir
façon duo road movie à coté de ses pompes.
Une fois n'est pas coutume
l'auteur délivre dès les premières pages
le fin mot de l'histoire.
Une fin noire tirée sur la corde raide
aidée par un petit coup de pied ...pas que du destin.
l'épilogue digéré
on peut suivre en toute quiétude
les pérégrinations de
nos deux compères aux antipodes qui vont
tout en s'apprivoisant
croiser des nuisibles à abattre...
et des invisibles abattus par leur douleur quotidienne.
Pas très bavards mais vases communicants
Simon bien pâle va reprendre quelques couleurs (pas pour longtemps)
au coté du solaire Bernard qui va en perdre...puis en reprendre
après un coup de foudre et des cris de bambins.
Pascal Garnier sait enrober d'une fine couche d'humour noir ses personnages en rupture
à l'instar d'une mère reine du Négrita
et d'une taxidermiste belge affolée du popotin
Encore un très bon Pascal Garnier
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Malaura
  16 octobre 2012
A Vals les Bains, petite ville thermale d'Ardèche, la rencontre entre Simon, un vieux tueur à gages à la retraite triste et bougon et Bernard, un jeune homme candide, doux benêt au grand coeur…
Séduit par l'irrésistible naïveté de ce grand gaillard à l'innocence enfantine, Simon propose à Bernard d'être son chauffeur, le temps pour cet « éradicateur de nuisibles » d'exécuter un tout dernier « contrat ».
La complicité immédiate entre les deux laissés pour compte, entre le vieil homme en fin de vie et le grand enfant à l'optimisme ravageur, décidera le mercenaire à demander au jeune homme d'effectuer pour lui une toute dernière mission.
Et les voilà partis sur les routes du Sud de la France, direction la mer, au gré d'un road-movie jalonné de coups durs, de coups de veine ou de coups du sort, de coups de gueule et de coups de foudre, de moments forts et d'instants loufoques.
Les hasards de la route donneront lieu à des rencontres inoubliables avec des personnages quelconques, originaux, farfelus ou paumés, des êtres malmenés par la vie ne demandant rien d'autre qu'un peu de bonheur: Fiona, jeune maman égarée dans une vie brutale et sa petite fille violette ; Rosa, taxidermiste belge terrifiée par le passage du temps ; Anaïs, la mère fantasque et pathétique de Bernard au penchant immodéré pour le Rhum Négrita…
Il arrive quelquefois qu'une rencontre change toute la vie. Les deux hommes vont saisir cette chance qui leur est accordés de pouvoir vivre un bref moment ce dont ils ont malheureusement été privés : une relation père-fils.
Bernard n'a jamais connu son géniteur et « à force de manquer de père, on finit par s'en inventer un, celui-là lui convenait ».
Pour lui, pour cet espoir constant que ses yeux continuent d'exprimer face à une réalité grise et bouchée, Simon, le vieux tueur blasé et déprimé prendra des airs d'ange de la providence et si l'on sait bien que la mort attend souvent au bout du chemin, c'est sans rechigner le moins du monde que l'on se laisse entraîner par ce tandem si atypique formée par ces deux caractères opposés mais complémentaires, le long d'un périple plein d'humanité et d'humour en demi-teinte.
On retrouvera avec le même plaisir intact que dans « La théorie du panda» ou « L'A 26 », ce qui a fait de Pascal Garnier ce romancier - hélas parti trop tôt - que l'on apprécie tant : ce sens aiguisé de l'observation des travers du genre humain, cet humour noir et incisif dépourvu néanmoins de méchanceté, cette faculté à la fois simple et lumineuse de camper décors et atmosphères de façon quasi cinématographique, cette volonté de mettre en scène des personnages ordinaires terriblement attachants, et enfin cette capacité pleine de finesse à nous faire entrevoir un monde certes désenchanté, mais aussi baigné de poésie…
Certains livres vous charment par la façon de s'imposer à vous tout naturellement comme des évidences, par la simplicité de leur écriture, par l'humour frais teinté de doux désenchantement de leurs lignes, par la sympathie dégagée par leurs personnages, par une atmosphère aérienne qui vous transporte sans effort… de ces petits livres qui vous tiennent chaud et vous enveloppent d'une douceur un peu triste mais tellement, tellement amicale…Ce petit roman noir aux faux airs de polar est de ceux-là.
Ainsi et selon l'expression usitée en Afrique pour se saluer et demander si tout va bien, à la question « Comment va la douleur? », on répondra en toute bonne foi : plutôt pas mal en vérité…
« C'est une histoire d'amour finalement, de rédemption aussi. Évidemment, c'est toujours un petit peu noir, mais les gens, c'est comme les photos : c'est dans le noir qu'ils se révèlent. » Pascal Garnier
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tamara29
  23 septembre 2017
le monde de Pascal Garnier oscille entre polar et roman noir et social. On y croise souvent des personnages un peu en marge, parfois complètement barrés, mais on finit par se dire que certains nous ressemblent étrangement. Son humour lui aussi a des tons différents, passant du caustique au tendre.
Dans ce roman, Simon est tueur à gages (« éradiqueur de nuisibles ») en pré-retraite. C'est le caustique de l'histoire. Bernard, jeune homme un peu simplet, sera le tendre. Une rencontre improbable mais Simon a besoin d'un homme comme lui. Simon, se sentant de plus en plus usé, va proposer à Bernard d'être son chauffeur le temps d'effectuer son dernier contrat.
C'est ainsi que Garnier nous embarque dans une sorte de road movie à la française, entre Val-les-Bains et Cap d'Agde. Un duo* qui ne manque pas de piquant tout comme les autres personnages qu'ils vont croiser en route. La mère de Bernard, par exemple, dont les rêves déçus l'ont peu à peu fait plonger dans l'alcool. Mais son fils, lui, a encore des rêves, des rêves intacts, même s'ils peuvent paraître de prime abord aussi simples que lui. Parce qu'ils représentent la fraîcheur et l'innocence, ses rêves vont en dérider plus d'un, même un Simon dont le regard sur les autres êtres humains est aussi corrosif que son boulot. Alors ce n'est pas tant l'histoire et les rebondissements qu'il faut attendre dans ce roman noir (pas de course poursuite, pas de flics aux trousses), le scénario est assez commun comme une bonne majorité de notre vie quotidienne. Non, ce qu'on apprécie chez Garnier, ce sont ses personnages qu'il sait toujours dépeindre en quelques mots judicieux, sans superflu. Aussi efficace et rapide qu'une balle d'un pistolet silencieux. C'est bien entendu aussi les dialogues que, pour ma part, je savoure toujours. Et puis même dans les romans noirs, l'amour peut surgir là où on ne l'attend pas.
J'ai découvert Pascal Garnier dans « La théorie du Panda » et je n'ai jamais été déçue par les suivants. « Comment va la douleur ? » est de la même veine. Et en Ardèche, Garnier nous rappelle ses dix ans en Afrique (« comment va la douleur ? » c'est ainsi qu'on se salue en Afrique). Un plaisir donc sucré-salé, qui fond doucement dans la gorge. Et on a tout intérêt à savoir apprécier ces romans lentement parce que Pascal Garnier nous a quittés en 2010.
(* cela m'a fait repenser au film que j'ai revu récemment « Regarde les hommes tomber » avec les excellents Mathieu Kassovitz, Jean-Louis Trintignant et Jean Yann).
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critiques presse (1)
Telerama   16 septembre 2015
L'essentiel est dans le regard poétique de l'écrivain, lorsqu'il se pose sur ses héros modestes, cabossés de la vie.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   29 octobre 2017
L'apparition qui suivit fut tout aussi insolite. Anaïs s'était faite belle, c'est-à-dire qu'elle avait superposé sur sa silhouette aux contours indéfinis ce qu'elle possédait de plus clinquant, soieries dévastées par les mites, dentelles fanées, satins ravagés aux reflets d'huile de vidange, colliers de verroterie à multiples rangs, bracelets tintinnabulants, boucles d'oreilles grosses comme des mappemondes, babouches éculées, turbans croulants et maquillage à la truelle que le plus maladroits des plâtriers n'aurait osé soumettre à un aveugle.
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marina53marina53   23 octobre 2017
Par les fenêtres ouvertes on percevait la musique du générique d'une série allemande qui à cette heure engourdissait les cerveaux déjà bien éprouvés des retraités occupant villas et résidences aux noms odoriférants : des Acacias, Mimosas, Pins, Tamaris. Pour dire vrai, ça sentait le cimetière avec ça et là des effluves de pommade révulsive de bandages herniaires et de barbecue.
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saphoosaphoo   21 avril 2010
la grimace qui crispait le visage des jeunes époux évoquait une furieuse envie de pisser ou bien la douleur insidieuse provoquée par le port de chaussures neuves. Le costume du marié semblait taillé dans du contreplaqué et les kilomètres de tulle enrobant sa promise sortir d’une bassine de barba à papa. Cramponnées à la traîne comme des morpions, les demoiselles d’honneur se tordaient les chevilles sur leurs premiers escarpins à talons. Les mères se tamponnaient les yeux, les pères bombaient le torse, les gosses jouaient à s’attraper en soulevant des tourbillons de poussière.”
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marina53marina53   23 octobre 2017
-Ça fait chaud au cœur, tout ça.
-Vous trouvez ?
-Oui, tous ces gens heureux, c’est bien, non ?
-Comment savez-vous qu’ils sont heureux ? 
-Ça se voit.
-Il faut se méfier de ce qui est trop voyant. En général c’est du toc. 
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BMRBMR   26 décembre 2010
[...] - Moi, j'aimerais bien y être déjà à la retraite.
- Qu'est-ce que vous feriez ?
- Rien.
- Vous n'avez pas de passions, d'envies de voyages ?
- Non, je voudrais juste avoir assez d'argent pour rien faire.
- Vous finiriez par vous ennuyer.
- Je crois pas. Quand on n'a pas de boulot ni d'argent, on s'ennuie parce qu'on pense tout le temps à comment en avoir, mais quand on a de quoi, rien faire c'est tranquille.
- Vous ne lisez pas, vous n'allez pas au cinéma ?
- J'ai du mal avec les livres. Arrivé au bas d'une page, je me rappelle plus le début alors forcément j'avance pas vite. Au cinéma je m'endors à cause du noir. Et vous, qu'est-ce que vous ferez à la retraite ?
- Je ne sais pas. J'aime la mer, les bateaux.
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