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ISBN : 2843044758
Éditeur : Zulma (12/03/2009)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 59 notes)
Résumé :
La vie de Pascal Garnier est à elle seule tout un roman. On retiendra qu'il est une figure singulière de la littérature française contemporaine, dont on a rapproché l'univers de ceux de Bove, Callet, Hardellet ou Simenon. Il a élu domicile dans un petit village en Ardèche où il peint, et écrit aussi pour la jeunesse. On ne s'étonnera pas qu'il ait reçu le Grand Prix de l'Humour noir (2006). Avec Lune captive dans un œil mort, Comment va la douleur ?, les Hauts du ba... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
koalas
  27 janvier 2016
Ratiboisée à la libération, Yolande vit depuis recluse dans sa maison, une véritable souricière...
Elle passe son temps à regarder le monde extérieur par ce qu'elle appelle selon son humeur le "nombril" ou " le trou du cul du monde". le spectacle se résume souvent à l'arrivée de la camionnette du gros con de boucher ou du car de ramassage scolaire.
Bernard, son frère, employé de la SNCF, la cinquantaine pas bien portante, veille tendrement sur sa soeur...
D'autant que le chantier de l'autoroute A26 à proximité ramène son lot de désolation et depuis peu des découvertes macabres...
L'A26, le premier roman noir de Pascal Garnier annonce la couleur :
Il dépeint le portrait d'un patelin du nord au passé peu glorieux qui se moque bien du sort et du malheur des autres. La vie n'y est pas folichonne : l'ennui , les occupations stériles, les ragots, la jalousie, les rancunes...
Et toute la bêtise du monde concentrée dans l'unique bar du coin, tenu par un patron qui dépasse l'entendement...
Sans compter le sacrifice de Bernard un peu ermite pris entre les pattes du crabe, les pinces de sa frangine, les rails de la SNCF et les gravats de l'autoroute.
Un tableau bien sombre nuancé par une touche poétique, son humour et sa tendresse pour ses personnages désespérés.
L'A26, un court roman noir, allumez vos pleins phares !
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Commenter  J’apprécie          630
Yassleo
  08 septembre 2015
Un frère et une soeur, liés, à la vie à la mort...
Yolande, tondue à la Libération, vit depuis des années claustrée dans sa tanière tel un animal traqué. Lentement, une insidieuse et irréversible folie l'a arrachée à notre monde. Pour accompagner sa solitude, Bernard, le frère. Il vit pour et par Yolande. Jour après jour, année après année, il assiste à son lent déclin, impuissant, résigné mais armé d'un désir de protection sans faille. Quoi de plus naturel que de faire don de sa vie à sa soeur? Et aujourd'hui, son sacrifice se voit ironiquement recompensé: la maladie frappe à sa porte, le ronge et ne le quittera plus... Cette fatale et ténébreuse récompense l'amène à faire le bilan de cette vie livrée sans réserve à Yolande, pour finalement pactiser avec la mort. Mort qu'il explorera dans ses moindres replis, attentif à son visage, pour mieux affronter la sienne, proche.
C'est dans cet univers morbide, empreint d'aliénation et de désarroi, que Pascal Garnier nous entraîne. Nous assistons à la déchéance de ces deux êtres abandonnés par la vie, en spectateurs souvent désarmés et compatissants devant ces tragiques destinées, touchés par leurs faiblesses et leurs détresses. Nous nous immergeons dans leur solitude, leur folie. Pascal Garnier se délecte, nous plonge subtilement et sans précaution dans l'âme de ses personnages. Et toujours imperceptiblement, il parvient à métamorphoser notre sollicitude en cruelle avidité à découvrir l'issue de ces destins hors du commun...
Un roman noir, court et impitoyable: allégorie de la folie ou de la vie, allez savoir...
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Seraphita
  30 mars 2011
Yolande vit recluse chez elle, cloîtrée dans son couvent de souvenirs et de rancoeurs, depuis qu'on l'a tondue au sortir de la guerre. Son frère Bernard va désormais pouvoir pleinement veiller sur elle : il se débat dans les pinces d'un cancer et s'est mis en congé maladie. Entre deux visites à sa soeur, il erre au gré des rails qui ne mènent nulle part et des autoroutes, notamment l'A26 que l'on bâtit à grand renfort d'engins et de béton : cette autoroute en chantier vouée à n'être qu'un point de passage va devenir demeure d'éternité pour quelques êtres croisés sur le chemin d'une fin de vie.
Encore un grand roman de Pascal Garnier qui m'a offert un excellent moment de lecture et de détente. A travers ce très court roman policier (environ 100 pages), l'auteur montre qu'il maîtrise le sens de la dramatisation, de la construction fine d'une intrigue dans laquelle le suspens reste le maître mot. Il nous offre une réflexion sur le sens de la vie, notamment quand on reste prisonnier d'un passé tragique qui vous a marqué au fer rouge de manière indélébile, sur la violence, les pulsions de vie étroitement mêlées aux pulsions de mort.
L'extrait suivant illustre le titre du roman, filant la métaphore de l'autoroute qui figure une vie, une existence qui se déroule sans surprise pour laquelle son auteur et/ou acteur aimerait un changement de direction mémorable. Bernard va y veiller dans une ultime pirouette aux confins du sommeil :
« - Excusez-moi, ça fait tellement longtemps. Je croyais que ça ne m'arriverait plus jamais. Tout ce que je vous ai raconté ce soir est faux. Je n'ai jamais voyagé, je n'ai jamais connu de grandes émotions, toute ma vie j'ai eu peur de souffrir alors je n'ai jamais rien vécu de fort. Il ne m'est jamais rien arrivé d'exceptionnel. de l'autoroute, rien que de l'autoroute, monotone, avec quelques arrêts sur des aires de repos et des pauses sandwichs surgelés. Bientôt ce sera le péage et je n'aurai rien vu, rien. Je ne veux pas rentrer à l'hôtel. Emmenez-moi chez vous, Bernard. Rien que pour cette nuit, je partirai demain, je vous le promets ! » (p. 47)
Même dans les moments de violence, témoignant de la méchanceté humaine, Pascal Garnier parvient à introduire une forme de beauté à travers des métaphores simples et recherchées. Dans l'extrait suivant, l'auteur montre Yolande qui va noyer le chat d'une petite vieille qui l'agace :
« Yolande avait fait tournoyer le sac au-dessus de sa tête et l'avait balancé au milieu de la mare en poussant un grand HAN ! L'eau avait souri des ondes et des ondes et s'était refermée intacte, comme une flaque d'oubli. Bernard s'accrochait à la jupe de sa soeur. » (p. 54)
L'acte est brutal, mais l'eau sourit des ondes et se referme comme une flaque d'oubli. L'étang devient le dépositaire de la cruauté d'une enfant.
Si le propos au fil du roman se veut désespérément noir, quelques éclaircies apparaissent comme autant de pauses salutaires :
« La journée avait pourtant bien commencé, elle était de bonne humeur en se levant. Une flèche de lumière provenant d'une faille entre les volets avait ricoché sur l'émail blanc de son bol. Ça avait suffit pour faire ressurgir en elle tout un flot de bons moments. La vie a beau être ce qu'elle est, parfois elle fait des cadeaux, même à ceux qui ne le méritent pas, même à de sales gosses comme elle. C'est normal, la vie tue bien les braves gens, à coups de guerres, d'accidents de voiture, de maladie. Faut bien qu'elle rattrape ses conneries. » (p. 53)
Bernard s'accroche à la vie malgré sa maladie qui le ronge : on le voit se débattre entre pulsions de vie et pulsions de mort et commettre ainsi des actes désespérés jusqu'au point ultime et tragique où le passé refait surface et se rejoue dans un dernier acte de démesure et de violence.
« Et pourtant, même si elle se refusait à l'admettre, l'air de la calomnie faisait du chemin dans sa tête, comme un ver dans une pomme. Bouleversée comme elle est, la nuit, tout devient possible, des points d'interrogation s'accrochent comme des hameçons aux étoiles. On voudrait tirer le filet et le voir vide mais c'est vrai, Bernard est si bizarre ces derniers temps, on dirait qu'il a un secret, quelque chose qu'il garde pour lui, quelque chose qui, comme tous les secrets, ne demande qu'à éclater au bord de ses lèvres. » (p. 91)
Un très grand roman policier, où l'auteur a su condenser en une centaine de page une intrigue extrêmement bien pensée qui explore les méandres d'une fin de vie : j'ai souvent frémi, j'ai parfois été horrifiée (tout comme à la lecture de « Mygale » de Thierry Jonquet), mais j'ai beaucoup aimé ce roman très noir dont je conseille vivement la lecture.
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Shool
  20 septembre 2012
On dit que ce roman de Pascal GARNIER est l'un des meilleurs qu'il a écrit. Je suivrai bêtement le mouvement en disant la même chose.
L'auteur traite ici de la solitude, de l'amour, de la guerre, de la haine, et surtout... de la paranoïa.
Yolande, la soeur de Bernard, s'est faite rasée la tête pendant la Résistance suite à un refus de coucher avec des officiers. Depuis, elle vit recluse de la société, enfermée chez elle, cloisonnée. elle ne voit l'extérieur que par un petit trou qu'elle a conçu, semblable à une meurtrière, qu'elle appelle poétiquement "Le Trou du cul du Monde" ou "Le Nombril".
Bernard vit avec elle, malgré les rats, les odeurs, la difficulté à la gérer dans ses crises de folie.
Il pense avoir loupé sa vie, notamment son amour avec Jacqueline, qui est la barman du Café de la Gare et qui travaille donc en face de celle-ci, où Bernard est employé.
Elle s'est mariée avec Roland, chasseur dans l'âme, alcoolique à ses heures perdues, et continue d'espérer avoir un jour la chance de partager la vie de Bernard. La courte vie de Bernard, qui s'accompagne d'un cancer dont il mourra. le médecin est formel. Ou presque.
Les frères et soeurs vivent proche de l'A26 en construction. Ce qui permet à Bernard de venger son cancer, ou au moins de diminuer la douleur psychique en tuant et faisant disparaitre les corps sous cette autoroute.
Peut-on vivre avec la mort ?
Peut-on vivre avec un mort ?
Et la solitude, nous tue t-elle à petit feu ?
Une chute attendue, mais néanmoins surprenante pour clore cette lecture très agréable.
J'ai dévoré ce livre avec un appétit féroce. J'ai avalé les pages avec frénésie, sans modération aucune. Et ça fait du bien.
Un bon roman noir comme je les aimes, et que je vous conseil évidement.
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claraetlesmots
  17 décembre 2013
L'autoroute 26 continue son avancée dans le Nord de la France. Les travaux sont arrivés près d'un village que Yolande appelle "le Trou du cul du monde". Elle ne sort jamais de chez elle, vit confinée dans son passé. Son seul lien avec l'extérieur c'est son frère Bernard. Employé de la SNCF, il sait qu'il n'en a plus pour longtemps, que la maladie le grignote petit à petit.
Bernard a passé sa vie à faire ou ne pas faire de choix en fonction de Yolande. Tondue durant la guerre pour avoir refusé de coucher avec certains hommes, depuis Yolande est cloîtrée chez elle dans un capharnaüm sans nom, emmurée dans ses souvenirs, refusant de voir quiconque hormis Bernard. Maintenant que la mort le guette de près, Bernard n'a plus rien à perdre. Lui si tranquille, si calme va céder à ses pulsions.
Flanquées sous un ciel gris, ce sont des vies ratées que Pascal Garnier nous dépeint. Des personnages comme condamnés à passer le restant de leur jour dans ce village avec des remords. On retient son souffle car on assiste impuissant aux tragédies.
C'est noir, infiniment noir mais malgré tout il y a des touches lumineuses comme des lampions suspendus au-dessus de nos têtes ébahies. Cependant il m'a manquée dans ce livre la tendresse que Pascal Garnier a envers ses personnages dans ses autres livres...

Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
SeraphitaSeraphita   30 mars 2011
La journée avait pourtant bien commencé, elle était de bonne humeur en se levant. Une flèche de lumière provenant d’une faille entre les volets avait ricoché sur l’émail blanc de son bol. Ça avait suffit pour faire ressurgir en elle tout un flot de bons moments. La vie a beau être ce qu’elle est, parfois elle fait des cadeaux, même à ceux qui ne le méritent pas, même à de sales gosses comme elle. C’est normal, la vie tue bien les braves gens, à coups de guerres, d’accidents de voiture, de maladie. Faut bien qu’elle rattrape ses conneries.
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SeraphitaSeraphita   30 mars 2011
- Excusez-moi, ça fait tellement longtemps. Je croyais que ça ne m’arriverait plus jamais. Tout ce que je vous ai raconté ce soir est faux. Je n’ai jamais voyagé, je n’ai jamais connu de grandes émotions, toute ma vie j’ai eu peur de souffrir alors je n’ai jamais rien vécu de fort. Il ne m’est jamais rien arrivé d’exceptionnel. De l’autoroute, rien que de l’autoroute, monotone, avec quelques arrêts sur des aires de repos et des pauses sandwichs surgelés. Bientôt ce sera le péage et je n’aurai rien vu, rien. Je ne veux pas rentrer à l’hôtel. Emmenez-moi chez vous, Bernard. Rien que pour cette nuit, je partirai demain, je vous le promets !
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SeraphitaSeraphita   30 mars 2011
Et pourtant, même si elle se refusait à l’admettre, l’air de la calomnie faisait du chemin dans sa tête, comme un ver dans une pomme. Bouleversée comme elle est, la nuit, tout devient possible, des points d’interrogation s’accrochent comme des hameçons aux étoiles. On voudrait tirer le filet et le voir vide mais c’est vrai, Bernard est si bizarre ces derniers temps, on dirait qu’il a un secret, quelque chose qu’il garde pour lui, quelque chose qui, comme tous les secrets, ne demande qu’à éclater au bord de ses lèvres.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   17 décembre 2013
Ils sont tous comme ça, les gens à se plaindre de leur vie; et il fait trop chaud, et il fait trop froid, et je suis trop jeune, et je suis trop vieux, etc.Ils n'ont qu' à faire comme elle, ne rien aimer, comme ça, on n'est jamais déçu et on fout la paix aux autres.
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SeraphitaSeraphita   30 mars 2011
Yolande avait fait tournoyer le sac au-dessus de sa tête et l’avait balancé au milieu de la mare en poussant un grand HAN ! L’eau avait souri des ondes et des ondes et s’était refermée intacte, comme une flaque d’oubli. Bernard s’accrochait à la jupe de sa sœur.
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