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EAN : 9782344019184
96 pages
Glénat (28/11/2018)
3.75/5   18 notes
Résumé :
Paris. Septembre 2011. La justice française saisit avenue Foch plusieurs dizaines de véhicules de luxe appartenant à Téodorin Obiang Nguema, fils aîné du président de la Guinée Équatoriale. C’est la première action concrète d’une enquête fincancière ouverte cinq ans auparavant. Une investigation tentaculaire qui a permis de mettre au jour l’incroyable fortune accumulée en France par plusieurs chefs d’états africains et leurs proches... avec la complicité de l’État f... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Erik_
  29 août 2020
Je me doutais que cela existait mais je n'aurais jamais crû que la cupidité de ces dirigeants africains était à ce point et dans de telles proportions indécentes. Il est clair que beaucoup de monde savait entre les banques, les compagnies pétrolières notamment Elf ou encore les services secrets ou même les journalistes mais le commun des mortels l'ignorait encore.
L'affaire des biens mal acquis nous est totalement décortiquée par des auteurs qui se basent sur des faits précis. On peut encore être satisfait que dans notre démocratie en France, la justice soit totalement indépendante au point d'aller à l'encontre du gouvernement pour l'ouverture d'une enquête à ce sujet. Cependant, ce n'était pas partie gagnée pour les plaignants tant il y a eu des embûches et des intimidations sans compter le silence de la République.
C'est tout simplement scandaleux que ces familles de dictateurs accaparent tant de richesse alors que le peuple meurt de faim et vit dans une pauvreté absolue. Ces pays sont réellement riches mais cette richesse est détournée presque totalement par le pouvoir en place. Ce sont des appartements et des voitures luxueux dans les meilleurs quartiers parisiens ou encore l'achat d'une villa de 35 millions de dollars à Malibu Beach. L'argent ne profite même pas à l'Afrique. Par exemple, la famille Bongo possède 39 appartements ou hôtels particuliers dont 17 au nom du président Omar Bongo. Un de ces hôtels coûte 19 millions d'euros. Comment est-ce possible avec un petit salaire de président de 15000€ par mois ? C'est ce type de réflexions compilées que nous analysons au travers cette bd bien construite.
Il est clair que pétrole et démocratie n'ont jamais fait bon ménage. Bien entendu, ces pays organisent des scrutins où leur soi-disant président est réélu avec 95% des voix. Toute forme d'opposition est réprimée très sévèrement. La démocratie est brûlée au pétrole. Chaque année, des dizaines de milliards de dollars quittent illicitement le continent africain vers des paradis fiscaux. Cette manne pétrolière est la clé de la longévité de ces régimes.
On apprend que le Gabon s'est vu décerné le titre de plus grand importateur de champagne par habitant au monde avec une bouteille pour trois habitants. Il est vrai qu'après un demi-siècle d'exploitation pétrolière, ce pays ne dispose que de 800 kilomètres de routes bitumées. Sur le papier, les habitants sont les plus riches du continent avec un PIB par tête de 17000 dollars par an. On se rend compte de l'or noir peut être une véritable malédiction. C'est ce qu'on appelle le paradoxe de l'abondance.
J'ai admiré le travail réalisé par Jean Merckaert qui a fait de la lutte contre les biens mal acquis un combat afin de changer la donne. Un jour et c'est l'espoir, le peuple viendra réclamer des comptes à ces dirigeants corrompus qui se permettent de redorer leur blason en créant des prix à l'UNESCO. Sont visés les pays de la Françafrique à savoir le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Congo Brazzaville, le Cameroun... Pour leur défense, ils accusent la France de racisme et de néocolonialisme. Les dirigeants politiques français ont bien entendu une grande part de responsabilité dans ce processus comme cela sera démontré par les auteurs.
J'ai trouvé cette enquête sur les avoirs détournés très instructive. Les résultats de celle-ci sont d'ailleurs assez spectaculaires. Les principaux mécanismes sont bien expliqués. C'est également servi par un dessin plutôt efficace et agréable à la lecture. C'est une excellente idée d'avoir relaté tout ces faits en bande dessinée. Bien entendu, c'est à lire pour découvrir un autre aspect de l'Afrique loin de la carte postale imaginée.
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Arthemyce
  02 juillet 2019
Bien mal acquis ne profite jamais ?
Car c'est bien de cela qu'il s'agit, l'affaire des Biens Mal Acquis et ses multiples acteurs, qu'ils soient despotes Africains ou orbitent dans le feutrage politique Français.
Le bal s'ouvre sur la perquisition des voitures de sports de TNO* à Paris en 2011 ce qui permet d'être tout de suite dans l'ambiance. La luxure dans laquelle se vautre certains dirigeants du continent considéré comme le plus pauvre du monde est incroyable. La désinvolture, comme la connerie, n'a visiblement pas de limite.
En "voix" off, Jean MERCKAERT nous guide à travers les méandres de la Françafrique sur plusieurs années : des programmes coloniaux Français et du bureau "Afrique" de l'Etat, à la première tentative de plainte (spoiler : retoquée héhé), en poursuivant jusqu'aux affaires encore en cours.
On y croise beaucoup de tête connu en douce France : Claude GUEANT, Dominique DEVILLEPIN, Nicolas SAKOZY, sans oublier BOURGI - beaucoup de gens de la Droite, si prompts à donner des leçons d'argent - et bien sûr un large éventail de dirigeants Africains pour la plupart d'anciennes colonies Françaises - que le gouvernement entend bien garder sous son aile...
Planche après planche, les liens entre les différents acteurs se tissent sous nos yeux. Elf est bien sûr de la partie et c'est ainsi une sorte de commerce triangulaire qui s'installe entre elle, la France et l'Afrique.
Lorsqu'on aborde en détail la riposte judiciaire (qui aura mis du temps à se déclencher), on est affligé de voir une fois de plus à quel point la Justice française semble inapte à traiter la fraude institutionnalisée. On se demande comment les quelques français cités ci-dessus peuvent encore être libres (pour ceux visés, voire condamnés).
Mais... tout ça fini bien. Pour les spoliateurs.
Même si les dernières planches font état des enquêtes et instructions en cours, on y apprend que TNO s'est offert 2 yachts récemment (même s'il a perdu ses voitures, quelques appartements de luxes, etc)...
Restons positifs toutefois, les choses avancent plus qu'elles ne reculent ! Et la BD est vraiment bien structurée. On regrettera peut-être le manque de sources (articles de journaux, chiffres liés au pétrole, etc) mais dans l'ensemble la lecture est fluide ce qui, vue l'interconnexion entre les nombreux acteurs, est bienvenue.
Côté traits - je ne suis toujours pas un expert - mais j'ai trouvé ça sympa, avec une palette de couleurs large et vive que j'ai apprécié.
Idéal pour une première approche de la Françafrique
*Teodoro NGUEMA OBIANGUE MANGUE
https://fr.wikipedia.org/wiki/Teodoro_Nguema_Obiang_Mangue
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Aderu
  26 février 2021
Une bonne porte d'entrée dans les méandres de la Françafrique, par l'angle économique - principalement.
L'affaire des Biens Mal Acquis (BMA pour les intimes) est racontée au travers de la figure de Jean Merckaert, ancienne figure de l'association CCFD-Terre solidaire (qui est d'ailleurs partenaire de la publication de l'album).
De quoi s'agit-il ? D'un angle d'attaque ayant permis de mettre sous les feux des rampes médiatiques et judiciaires des dynasties dictatoriales d'Afrique Centrale. Une première plainte impliquait aussi l'Afrique de l'ouest, mais la version finale se concentre sur trois familles : Bongo du Gabon, Sassou-Nguesso du Congo-Brazzaville et Obiang Nguema de Guinée-Équatoriale.
Le postulat est simple : vu le patrimoine immobilier impressionnant, le parc automobile et les nombreux effets de luxe des sus-nommés, et vu leurs salaires officiels respectifs, il y a un delta financier gigantesque à expliquer !
L'album détaille bien les différentes étapes des procédures en lien avec les diverses législations invoquées et les stratégies choisies.
L'idée globale est assez simple, mais le sujet étant sulfureux, et les procès pouvant tomber facilement, Xavier Harel fait l'effort de disséquer chaque mécanisme en fournissant force détails.
Au milieu de certaines pages un peu plus techniques, des anecdotes viennent personnifier les pratiques mises en exergue.
Le dessin est nickel, les personnalités dessinées sont aisément reconnaissables. Et en bonus quelques mises en scène graphiques - surtout vers la fin de l'album - tout à fait efficaces.
Deux petits griefs, pointilleux je le concède :
- servir la soupe à Antoine Glaser, c'était dispensable ;
- il n'y a même pas de pointillés pour le Sahara occidental sur la carte de l'Afrique dans les dernières pages.
Une introduction accessible et concrète sur la Françafrique, au gré des différents chapitres d'une de ses batailles judiciaires emblématiques.
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critiques presse (2)
Sceneario   09 avril 2019
Avec la complicité du dessinateur Julien Solé (Les méchants de l'Histoire), l'auteur Xavier Harel nous propose aujourd'hui l'adaptation de son livre en bandes dessinées : L'argent fou de la Françafrique. Et nous permet de comprendre de manière simplifiée, en bandes dessinées et grâce quelques "dessins-schémas", les rouages de cet époustouflant vol organisé à grande échelle ayant cours depuis des décennies et des décennies...
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDGest   23 novembre 2018
BD-documentaire classique dans sa forme, L’argent fou de la Françafrique décrypte avec précision une des plus grandes captations illégales de richesse de l’Histoire. Lecture indispensable pour tous ceux qui veulent comprendre le dessous des cartes et des choses.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
SpilettSpilett   12 juillet 2021
DESINFORMATION, CORRUPTION ET CAPTATION DES RICHESSES

L'indice de la liberté de la presse dans le monde que publie chaque année la Freedom House fait référence. La Guinée équatoriale y est rangée avec la Corée du Nord, le Turkménistan, la Biélorussie ou la Syrie, dans la catégorie "pire des pires".
La situation du Gabon ou du Congo-Brazaville est à peine plus enviable.

L'accaparement des richesses par la famille et les proches du pouvoir est devenu, au fil des années, la raison d'être de ces régimes.
Accéder au pouvoir, c'est avoir la main sur les revenus générés par le pétrole, le bois et les autres matières premières.
Perdre le pouvoir revient à renoncer à cette manne. L'argent du pétrole permet de corrompre l'ensemble du jeu politique. Il permet d'acheter les juges, la presse, les opposants, les électeurs... le jeu de la démocratie s'en trouve complètement discrédité.
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AderuAderu   26 février 2021
En mai 2015, l'Alma Chamber Orchestra donne plusieurs concerts en Afrique du Sud, à Johannesbourg, Soweto, Durban.
L'orchestre a été créé par Anne Gravoin, violoniste et épouse du premier ministre Manuel Valls.
Les concerts ont été parrainés par la Fondation Brazzaville, présidée par Jean-Yves Ollivier, richissime homme d'affaires et homme de confiance de Denis Sassou-Nguesso.
Le 17 juin 2015, Ollivier est promu au grade d'officier de la Légion d'honneur par Manuel Valls (en présence du patron des renseignements congolais, Jean-Dominique Okemba).
[...]
Quelques semaines plus tard, en juillet 2015, Manuel Valls rend visite à Denis Sassou-Nguesso dans son palace parisien.
Probablement pour parler musique...
(21)
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BdecouverteBdecouverte   10 septembre 2020
Les banques savaient, les compagnies pétrolières savaient, la banque de France savait, la cellule anti blanchiment savait, les services secrets savaient, les journalistes savaient... Et pourtant, personne n'a rien fait !
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AderuAderu   26 février 2021
Cocktail Sassou
Un fond de pétrole
Un gros doigt de nettoyage ethnique
Une bonne dose de corruption
Un soupçon de népotisme
Remuer à la kalachnikov
À déguster dans les meilleurs hôtels
(14)
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Erik_Erik_   31 août 2020
Mieux vaut le sacrifice d'un seul que la corruption d'une quantité de gens.
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