AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9791094786680
612 pages
Éditeur : Editions Plume Blanche (03/03/2020)

Note moyenne : 4.65/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Depuis la Tour, leur demeure, les Aînés et leurs Maîtres veillent sur les Sept-Royaumes. Être appelé à les servir est un honneur, se lier à l'un de ces dieux est le rêve. Il en existe toutefois un pour lequel personne ne nourrit la moindre ambition : Asroth, l'incarnation de la Mort, qui entraîne l'esprit de ses Maîtres, l'un après l'autre, vers les ténèbres et nourrit leur âme du sang de la guerre...
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Odlag
  02 septembre 2020
Les Cycles corrompus est le premier tome de la série de fantasy Les Aînés de Serenya Howell. Je l'avais fait acheter pour ma médiathèque, car le résumé et la couverture donnaient envie, même si j'avais trouvé très peu de critiques dessus. Je ne regrette pas du tout ce choix, car j'ai vraiment beaucoup aimé ce roman.
Alors, de quoi ça parle, au juste ?
Et bien déjà, il faut savoir que les premiers êtres vivants à être nés sur la Terre sont des dragons, que les humains, apparus bien plus tard, considèrent comme des dieux qu'ils ont appelés Aînés. En tout il y a huit Aînés, qui vont par paire : Lëysha, dragon de la Vie (aussi appelée Reine des Aînés) et Asroth, dragon de la Mort ; Drarock, dragon du Feu et Alëyna, dragon de l'Eau ; Toriack, dragon de la Terre et Velnëa, dragon de la Nature ; Naroth, dragon du Soleil et Dënya, dragon de l'Étoile. Chacun possède des pouvoirs propres à sa nature, qu'il partage avec son Maître, un humain capable d'entendre dans son esprit la voix des dragons et qui a été choisi par l'un d'eux pour se lier à lui. Quand un Aîné meurt, son Maître meurt, et inversement. Sauf que pour l'Aîné la mort est moins définitive : il prend la forme d'un oeuf qui ne peut éclore que lorsqu'il est de nouveau lié à un humain élu pour ce rôle. Ainsi un nouveau Cycle commence pour lui. Ensemble, Aînés et Maîtres veillent sur les Sept-Royaumes depuis la Tour. À l'exception d'un seul : Asroth, depuis longtemps haï et rejeté par les autres, vit sur ses propres terres, partant sans cesse en guerre contre ses frères et soeurs, corrompant l'esprit de ses Maîtres pour mener ses sombres projets à terme.

Voilà pour le contexte. À présent, voici l'intrigue de ce premier tome, qui se divise en trois parties :

- Dans la première partie, l'histoire est racontée du point de vue de Dënorh, jeune Aspirant qui rêve de devenir Maître un jour. le jour où il a entendu la voix d'un Aîné dans sa tête a changé sa vie, lui qui vivait dans la rue, à devoir voler pour se nourrir. Car lorsqu'une personne entend la voix des Aînés, sa vie ne tourne plus qu'autour d'eux, tous ses soucis n'en sont plus et elle vient vivre à la Tour, où elle devient un Aspirant pour peut-être un jour devenir Maître. Un jour, Dënorh est appelé à la cérémonie de l'Éclosion comme élu potentiel. Cela aurait pu être le plus beau jour de sa vie, mais il se retrouve alors lié à Asroth, incarnation de la Mort, Aîné craint et haït de tous. La surprise passée, Dënorh s'enfuit de la Tour pour s'éloigner le plus possible du dragon noir, pour au final être obligé de voyager avec lui.
Dënorh va devoir lutter contre les mauvais penchants d'Asroth et ses pouvoirs si tentants, et va au contraire essayer de convaincre la Mort de changer de camp, d'arrêter les massacres. le problème est que Dënorh se fait attaquer par les Hommes et qu'il va devoir utiliser les pouvoirs d'Asroth pour tuer ses attaquants. Car Dënorh veut vivre, tout simplement, mais il se heurte aux a priori des Hommes, qui sont persuadés qu'il finira comme les précédents Maître de Mort, une marionnette entre les griffes du dragon noir. Tous ces a priori que les Hommes ont envers Asroth, Dënorh les avait aussi, mais au fur et à mesure qu'il apprend à le connaître, il finit par réviser son jugement. Ensemble, Aîné et Maître vont lutter pour survivre, et nouer une relation faite de compromis et, parfois, de bonne entente.
J'ai beaucoup aimé cette première partie, qui entre assez vite dans le vif du sujet. Il y a pas mal d'action, le pauvre Dënorh se faisant souvent attaquer par les Hommes alors qu'il fait tout pour faire les choses bien, sa raison risquant sans cesse de se perdre dans les ténèbres. On ressent vraiment cette lutte intérieure et on se prend à espérer que le jeune Maître parvienne à convaincre son Aîné qu'il peut être heureux sans guerre ni tueries. Car on s'attache à ces deux personnages, et j'ai vraiment apprécié leur relation, qui évolue au fil de leur avancée de manière tout à fait crédible et touchante.
Et la fin de la première partie m'a tellement happée que lorsque j'ai compris qu'on changeait de personnage principal dans la deuxième, alors que l'on quittait Dënorh en pleine catastrophe, j'ai poussé un petit "oh non !" de désespoir.

- Heureusement, contrairement à ce que je craignais, la deuxième partie est tout aussi captivante que la première, même si le rythme diffère. Car nous suivons à présent Aymerick, le meilleur ami de Dënorh, Aspirant lui aussi, qui se reproche d'être resté à la Tour plutôt que de suivre son ami pour l'aider. Au fond de lui, Aymerick sait que Dënorh parviendra à lutter contre les ténèbres si tentants de Mort, et espère son retour. le fait qu'il soit proche de lui va lui causer quelques problèmes, car la majorité des Aspirants voit à présent Dënorh comme un ennemi, un traître qu'il faut éliminer. Aymerick va donc être victime de brimades et l'un des Maîtres va le prendre comme Assistant pour le protéger. En parallèle, Lëysha, Reine des Aînés, espère le retour de son frère adoré Asroth auprès d'elle, retour qu'elle fomente depuis des Cycles et des Cycles en lui cherchant un Maître qui pourrait le faire changer. Après plusieurs échecs, elle prie pour que Dënorh soit le bon. En attendant, étant donné qu'elle n'a pas le droit de quitter la Tour car elle est trop précieuse (sa disparition pourrait entraîner la fin de toute vie), elle va prendre secrètement contact avec Aymerick afin qu'il l'aide à convaincre le Conseil d'accepter de donner une chance à Asroth et Dënorh.
Dans cette partie, nous avons moins d'action et davantage d'intrigues internes (un peu comme des intrigues de cour), mais elle reste tout aussi captivante. À chaque fois que les membres de la Tour découvrent que Dënorh a tué des gens et qu'ils le jugent aussitôt sur cela sans prendre en compte le contexte, je ne pouvais m'empêcher de râler sur leur stupidité. Bon il faut dire qu'ils ont de quoi penser au pire quand on connaît les antécédents d'Asroth et de ses anciens Maîtres. Mais nous, nous avons eu l'occasion de voir les événements tels qu'ils se sont déroulés, alors cela va de soi pour nous qu'ils se trompent tous. J'avoue m'être davantage inquiétée pour le sort de Dënorh et Asroth que pour Aymerick et Lëysha (qui n'est en fait pas si innocente que tout le monde semble le penser), car au final l'histoire tourne principalement autour de ce duo Aîné/Maître de Mort et de leur possible... rédemption. J'avais d'ailleurs trouvé le début de la deuxième partie un peu frustrante car on reprend l'histoire du point de vue d'Aymerick après l'Éclosion d'Asroth alors que je mourrais d'envie de savoir ce qui allait arriver à Dënorh et son Aîné. Mais je me suis quand même laissée entraînée dans l'histoire d'Aymerick, car cela nous permet de comprendre certains éléments et événements de la première partie.
La fin de la deuxième partie marque la fin de l'histoire de Dënorh et Aymerick. J'ai été surprise, car pour moi certaines choses n'étaient pas réglées, comme le problème avec les Chevaliers d'Obsidienne (je ne vous dis rien de plus à ce sujet, vous comprendrez quand vous l'aurez lu), ce qui est plutôt dommage. du coup je ne peux m'empêcher de me demander ce que le deuxième tome racontera...
- Oui, j'avais bien dit que le roman était divisé en trois parties, et la dernière est en fait une préquelle qui raconte les origines des Sept Royaumes. Je ne peux pas vraiment décrire ces origines sans spoiler certains éléments des parties précédentes, donc il vous faudra vous contenter de ça : d'abord il y a eu un certain nombre de dragons, puis les Hommes sont apparus pour une raison bien particulière (s'ils savaient, ils ne se sentiraient pas aussi importants... ahah !).
Après deux parties assez riches en rebondissements, celle-ci m'a parue bien lente, ce qui casse totalement le rythme du livre. Surtout au début, où il y a trop de longueurs : l'autrice s'appesantit trop sur des éléments qui ne le nécessitaient pas forcément, créant ainsi des redondances qui m'ont un peu lassée au bout d'un moment. Heureusement ça s'améliore quand Lëysha commence à faire n'importe quoi avec ses pouvoirs et avec les Hommes et qu'Asroth se voit obligé d'intervenir avant que tout ça ne vire à la catastrophe. Dans cette partie, on découvre la totale inconscience de l'Aînée Vie, tandis que Mort nous apparaît plus mature. J'ai beaucoup apprécié cela, surtout quand on voit dans les parties précédentes comment les Hommes considèrent chacun de leurs Aînés.
Dans les deux premières parties, au début de chaque chapitre nous avons des extraits de journaux de Maîtres ou d'Aspirants, d'essais historiques et de chansons. Chacun d'eux révèle des événements passés ou des théories de Maîtres sur l'histoire des Aînés, etc., mais donne également des indices sur ce qu'il va se passer dans le chapitre. Cela permet aussi de découvrir des choses que les personnages principaux ne peuvent pas forcément savoir, et d'avoir le point de vue de personnages tiers sur les événements. J'adore quand il y a des éléments comme ça en début de chapitre, ça nous ancre davantage dans l'histoire, je trouve.
J'ai également été agréablement surprise par la plume de Serenya Howell, qui a pris le parti d'un langage assez soutenu, allant jusqu'à utiliser l'imparfait du subjonctif (exemple : "sans que je pusse répondre"). Quand j'ai vu ce temps vers les premières pages, j'avais peur que ça alourdisse le texte (ce qui arrive en général quand on en abuse), mais ce n'est pas le cas ici. Il est vrai que ça surprend un peu au début, mais on s'y habitue vite et on ne peut qu'être enchanté par l'écriture fluide et maîtrisée de l'autrice qui nous plonge dans un univers riche et particulièrement bien développé.
En bref...
Avec Les Cycles corrompus, Serenya Howell nous livre un premier tome réussi grâce à une intrigue bien menée dans un univers plutôt original (des dragons considérés comme des dieux, le lien Aîné/Maître, la naissance des Sept Royaumes) et bien développé. Les personnages sont complexes, ni tout noirs, ni tout blancs, et l'on ne peut que s'attacher à certains. À cela s'ajoute de l'action, des rebondissements et des intrigues qui donnent un bon rythme malgré quelques longueurs dans la préquelle en dernière partie. le tout est servi par une plume particulièrement agréable à lire, l'autrice maîtrisant la langue française à la perfection. J'ai hâte de découvrir ce qu'elle nous réserve pour la suite !
Lien : https://escape-in-books.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
callysse
  15 janvier 2021
Et bien, cela faisait longtemps que je n'avais pas autant A-D-O-R-É un roman! J'ai eu un coup de coeur monumental pour cette histoire. Question de point de vue probablement, alors ne va pas t'imaginer une montagne la concernant, je ne tiens pas à ce que tu sois déçu(e) à cause de mon avis hyper enthousiaste. Mais bon sang, qu'est-ce que j'ai aimé! Les Aînés fait partie de ces bouquins dans lesquels je suis longtemps restée plongée, immergée, mon esprit toujours tourné vers lui, ses personnages, son univers lorsque j'avais un moment à moi pour m'égarer et penser. J'ai même relu certains passages par pur plaisir histoire de faire durer un peu ma lecture. Et il est évident que j'ai eu une difficulté monstre à quitter ce livre. Si j'avais le temps, je pense même que je serais déjà en train de le relire alors que je viens tout juste de le terminer!
J'ai adoré la construction du récit où chaque chapitre débute par un extrait de mémoire d'anciens maîtres, de comptines, de courriers, etc. avant de reprendre le fil de l'histoire. En plus de clarifier petit à petit le lien unissant Aîné et Maître et de mettre en lumières certains évènements annexes ou personnages secondaires, ils permettent d'apporter des réponses à certaines de nos interrogations mais surtout d'étoffer l'univers de ce roman sans pour autant ralentir l'intrigue principale. Un gros plus pour moi! Toutefois, cela ne conviendra pas à tous les lecteurs, certains pouvant être perdus par cette double narration. Mais personnellement, j'ai adoré cette construction atypique qui a, tout au long de ma lecture, étanché ma soif d'en apprendre toujours plus sur ce monde.
Le rythme est dynamique et accrocheur, la plume totalement immersive. Si des longueurs ont été relevées par quelques lecteurs participant à la lecture commune de ce roman, à laquelle je prenais part également, je ne les ai personnellement jamais ressenties, tellement j'étais incroyablement bien entre ces pages. J'ai aimé les 3 cycles qui composent ce tome, bien que j'aurais apprécié que le deuxième dure plus longtemps histoire de le clôturer un peu moins rapidement. Alors que les deux premiers se répondent l'un l'autre, le troisième est un peu à part. Mais il est crucial! Certains lecteurs pourront donc être déstabilisés par ce dernier car il aurait en effet pu faire l'objet d'un livre séparé. Mais je trouve que les avoir regroupés dans ce premier tome permet de composer un ensemble qui pourra satisfaire les lecteurs ne souhaitant pas s'engager dans une saga. En effet, la majorité des réponses aux questions soulevées dans cet opus étant données, il est ainsi possible de s'arrêter là sans être frustré. Pour moi, c'est cependant totalement inenvisageable, car il y a tellement de potentiel avec cet univers que je ne m'imagine même pas ne pas lire ses suites! Et je suis certaine que Serenya Howell nous réserve de sacrées surprises!
Les personnages principaux sont totalement attachants, complexes et nuancés. J'ai adoré assister à l'évolution du lien qui se tisse entre Asroth et Dënorh. Qui aurait cru que le dragon incarnant la Mort serait aussi touchant, patient, comique par moment et curieux qu'on lui montre un autre chemin que celui auquel il est destiné depuis plusieurs cycles. Evidemment, c'est mon personnage favori (même s'il a parfois tendance à faire son calimero et à être extrêmement têtu et un peu trop solitaire)! Quant à Dënorh, ce qu'il vit m'a bouleversée plus d'une fois. J'ai aimé sa force de caractère, son intelligence et ses convictions. La forte amitié qu'il a noué avec Aymerick est également une composante importante et magnifique de l'histoire. J'ai eu énormément d'empathie envers ce dernier et j'étais avide de connaître sa réaction face aux évènements. Sa loyauté et sa foi envers son ami est impressionnante. Volontaire, il sera déterminé à changer l'Histoire pour que Denörh et Asroth trouvent enfin la place qu'ils méritent.
Et preuve en est que les personnages sont loin d'être manichéens, c'est Leisha, le dragon incarnant la Vie, qui est celui le moins touchant de tous. Sous couvert de bienveillance et de bonnes intentions, celle-ci se révèle insouciante, exaspérante, manipulatrice, déterminée quoi qu'il en coûte à obtenir ce qu'elle désire le plus au monde. Malgré ce qu'elle incarne et tout l'amour qu'elle porte à ses semblables, elle m'a davantage fait froid dans le dos qu'Asroth. Inconsciente et (in)volontairement (je n'ai pas tranché) sourde et aveugle aux conséquences de ses actes, elle ne s'excuse jamais pour ses erreurs. Et c'est peut-être cela qui m'a le plus gênée avec elle. Elle est loin d'être méchante mais ces décisions sont parfois désastreuses et bien souvent ce n'est pas elle qui en paye le prix… Si je ne l'ai donc pas particulièrement apprécié, je l'ai en revanche trouvée très intéressante. Et puis sans elle, Asroth ne pourrait pas être aussi grognon et fascinant.
Enfin, afin d'être totalement honnête, je me dois de mentionner les deux seuls petits points négatifs que j'ai relevé au cours de ma lecture. Je n'ai pas compris pourquoi le terme Maître était systématiquement utilisé pour désigné l'Homme lié à un dragon, que cela soit un homme ou une femme, alors que celui d'Aîné est conjugué en fonction du sexe que chaque dragon s'est attribué. Les personnages secondaires étant nombreux, j'ai trouvé que cela apportait de la confusion. D'autant que le nom des Maîtres et Aînés sont assez complexes et difficiles à retenir, ce qui ne m'a pas aidée pendant un temps à différencier tout ce petit monde en dehors des personnages principaux cités précédemment. Une liste succincte des personnages n'aurait pas été de trop je pense.
Lien : https://callysseblog.wordpre..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
LesReveriesdIsis
  31 mars 2020
J'attendais depuis longtemps la parution des Aînés de Serenya Howell. Alors, autant dire que quand j'ai trouvé un exemplaire esseulé au détour d'un rayon, dans une librairie de Limoges, je me suis jetée dessus. La couverture est, comme toujours avec les éditions Plume Blanche, magnifique et, déjà, nous savourons l'objet livre avant de savourer l'histoire. Il n'y a pas de petit plaisir!
Ce roman présente un univers où Dragons et humains existent. Au sein de la Tour, vivent les Aînés, créatures fabuleuses et respectées. Entendre leur Appel, devenir un jour peut-être Maître et se lier à eux est un honneur. Pourtant, l'un des Aînés ne provoque pas le même enthousiasme : Asroth, l'incarnation de la Mort car il entraîne plutôt ses Maîtres vers les ténèbres, la désolation et le sang.
Tout d'abord, je suis subjuguée par l'univers. D'un coup de plume, Serenya Howell nous transporte dans un autre monde, un monde séculaire, auquel on peut croire, car finalement, il a des points communs avec ce que nous connaissons. Cependant, le monde des Hommes se trouve ici profondément modifié par la présence des Aînés, ces dragons qui veillent sur le monde, présidant au Conseil avec leur Maître. Ce monde est tiraillé par une lutte immémoriale entre la majorité des Aînés et Asroth. La guerre fait rage avec plus ou moins d'intensité, selon les époques… et l'Aîné honni sème terreur en même temps qu'il récolte mépris, violence et préjugés, de la part des hommes, mais aussi de la part d'une grande partie du Conseil. C'est pour cela qu'aucun Aspirant ne souhaiterait être lié à l'Aîné noir, que tous se défient du malheureux élu. Pourtant, au milieu de ces conflits, au milieu des préjugés, affleurent des points de vue divergents comme une promesse de renouveau. Lëysha, la reine des Aînés, aspire au retour de son frère… mais rien ne permet d'affirmer que ce n'est pas un doux rêve. Les luttes intestines, les machinations et les complots sont légions ici et permettent de donner de la densité à l'oeuvre, en même temps qu'elles entretiennent le mystère sur l'issue du combat. Rien n'est joué d'avance, mais rien ne sera simple, et les alliés d'un jour peuvent devenir les ennemis de demain.
Serenya Howell a réussi à faire cristalliser un monde entier, sa genèse, ses turpitudes et ses beautés dans une seule oeuvre. Une oeuvre dont la construction est particulièrement travaillée, percutante et… parfois frustrante! Cette lecture est donc haute en émotions. le dosage entre passages épiques et apaisement est parfait. le découpage en Cycles joue avec les nerfs du lecteur nouant et dénouant nos attentes, ménageant le suspense et finalement, soulageant nos peurs, en dernière instance, comme dans un dernier soupir. En effet, l'autrice a savamment tissé la toile qui nous emprisonne et nous attache à son oeuvre. Rien n'est laissé au hasard. Alors que la tension est à son maximum et que nous retenons notre souffle, elle nous prend à contre-pied, change le point de vue adopté et diffère la résolution, nous emportant malgré nous dans une suite éclairante, qui ne rend que plus savoureuses les révélations et la chute. Ainsi, la frustration ressentie se mue en un plaisir décuplé et nous comble parfaitement. le dernier Cycle de ce premier tome suit une logique similaire. J'ai eu du mal à me plonger dedans, surtout après les montagnes russes émotionnelles qui avaient précédé. Pourtant, à un moment donné, la rythmique s'est relancée, et… impossible de lâcher le livre de nouveau. Cette dernière partie est absolument nécessaire et parachève le tome. Elle nous livre des clefs essentielles et complète le portrait d'Asroth de manière magistrale.
de plus, la plume de Serenya Howell est vite addictive. Nous suivons les aventures de Dënorth et d'Aymeric, deux Aspirants à la Tour, ivres du désir de devenir Maître un jour, modestes et souriants, touchants par leur simplicité et leur complicité. Mais leur destin ne sera pas un long fleuve tranquille et ils tomberont plus d'une fois, ils se heurteront plus d'une fois à la cruauté et à la méchanceté du monde, ils douteront, ils seront terrassés, mais pas vaincus, et avec l'énergie du désespoir, mû par l'amour du Bien, par l'amitié, par l'espoir – aussi vacillante que soit cette flamme- ils avanceront et changeront définitivement la face du monde.
J'ai eu un coup de coeur pour Dënorth et Asroth. Ces deux personnages sont finement taillés dans la pierre et deviennent des diamants bruts que les pages polissent peu à peu, jusqu'à leur donner leur éclat parfait. L'humour qui innerve les pages m'a atteinte droit au coeur : j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai tremblé, j'ai parfois posé ma lecture pour faire une pause, craignant le tour que prendraient les événements, et j'y suis revenue, immanquablement. C'est une lecture qui m'a profondément émue, profondément touchée, car au-delà de la fantasy et de l'univers riche mis en place, nous pouvons aussi sentir affleurer toute une réflexion sur l'Autre, sur l'Acceptation, sur les préjugés, sur l'espoir et sur le pardon. En plus de la beauté de ce monde inventé, nous avons donc une beauté du coeur qui transparaît, toujours effleurée, suggérée et rendue aérienne par l'humour.
Je pense que cela ne fait aucun doute pour personne… J'ai eu un coup de foudre pour ce roman. Les mots sont bien faibles pour exprimer à quel point je l'ai aimé. Je sais déjà que l'attente sera longue avant la suite, mais je me réjouis déjà de retrouver des personnages si chèrement aimés.
Ce premier tome des Aînés est donc un petit bijou. Un univers finement ciselé se déploie sous nos yeux, peuplé des personnages attachants, aux multiples facettes. L'histoire est trépidante, le suspense est à son comble et la révélation est à la hauteur des attentes. Un travail d'orfèvre.
Lien : https://lesreveriesdisis.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
LeParfumdesMots
  09 janvier 2020
J'ai commencé à lire des romans très jeune grâce au talent de Mary Higgins Clark dont je dévorais tous ses romans alors que je n'avais que 7 ou 8 ans à peine. En une vingtaine d'années, j'ai lu plus de 1500 romans différents et celui qui occupe la première classe du classement est le même depuis 1997. 23 années qui viennent d'être « bousillées » par ce petit ovni écrit par une jeune bordelaise d'à peine 30 ans.
Après quelques pages seulement, j'ai compris qu'il ne s'agissait pas d'un roman comme un autre, que j'avais entre mes mains une pure merveille que j'ai dévorée en quelques heures seulement. Je m'étais même obligé à attendre une année avant de publier la chronique que vous êtes en train de lire au risque de faire trépigner d'impatience l'auteure (avant de finalement craquer en la publiant aujourd'hui). Qualifiant ce premier roman de « coup de coeur » après seulement quelques minutes de lecture, je ne me sentais pas suffisamment objectif pour en tirer une critique littéraire constructive et donc, sans le moindre intérêt pour d'éventuels futurs lecteurs.
Je me suis donc lancé dans une deuxième lecture qui accentue encore davantage ma certitude d'avoir entre mes mains une pure merveille digne des plus grands auteurs de ces 50 dernières années. Après quelques mots à peine, le lecteur ne fait plus partie de ce monde et se retrouve, malgré lui et très naturellement, immergé dans l'univers qui sort de l'imagination de l'auteure avec une facilité déconcertante. A chaque fois que j'interrompais ma lecture, quelques heures venaient de passer et il me fallait systématique quelques minutes pour me souvenir que je n'étais pas dans l'histoire et que je lisais un livre.
J'avais cette étrange impression d'avoir établi un lien unique avec les mots, avec l'intrigue et avec les personnages à l'image de ce lien si rare et unique qui lie un dragon avec son maître.
Résultat de recherche d'images pour "dessin crayon dragon"
Si vous avez l'habitude de me lire, vous savez que je n'aime pas me servir du résumé d'un roman afin de construire ma chronique car j'estime que c'est le boulot du lecteur de lire le résumé proposé par l'auteur et/ou l'éditeur sans oublier que trop nombreux sont les blogueurs et critiques littéraires qui se limiteront du synopsis pour terminer sur un « J'aime bien car on parle de dragon ! ». Mais quand l'auteur se limite à une description aussi énigmatique, on peut envisager une petite exception.
Serenya Howell nous propose de suivre les aventures d'un jeune homme destiné à devenir le Maître de l'un des sept dragons assimilés comme des dieux et admirés de tous. Après avoir été une première fois appelée à assister à une éclosion (synonyme de la désignation d'un nouveau maître), la Reine des Ainés intervient et lui réserve une surprise de taille. Il existe un huitième dragon. Celui que tout le monde haï. Il représente la Mort. Asroth, le Maudit, est sur le point d'éclore à son tour et désignera son prochain maître.
L'élu malheureux parviendra-t-il à renverser la mentalité dévastatrice et sanguinaire de ce dragon qui sème, avec joie, la mort ?
Alors que j'ai un petit faible pour les dialogues, je me suis laissé surprendre par ce roman où les discussions sont relativement « rares » grâce au choix judicieux de Serenya Howell de proposer à ces lecteurs toutes les pensées des différents narrateurs. C'est un peu comme si nous étions leur confident secret à qui ils se confiaient.
Cela accentue davantage un côté immersif très présent. Pas une seule seconde, je n'ai douté de ce que j'étais en train de lire. Cela me semblait si évident que les dragons existent, vraiment ! Sans douter non plus qu'ils règnent sur le monde en compagnie des hommes et ce n'est qu'une fois le roman refermé que j'en viens à regretter ce monde dans l'auteure a probablement été le témoin dans une autre vie.
Après de nombreux échanges sur les réseaux sociaux, je me suis rendu compte que Serenya Howell est une grande stressée et attend, avec inquiétude, les premiers retours sur son roman. Une fois de plus, je peux dire que cette jeune trentenaire est complètement cinglée.
En ce qui me concerne, quand je sortais d'un examen, je savais pertinemment si j'avais réussi. de même que je suis parfaitement conscient que je n'ai aucun talent inné pour écrire une histoire. Serenya Howell n'est-elle donc pas consciente d'être une auteure exceptionnelle et qui possède un réel don pour narrer ces histoires ? C'est la première fois, depuis l'avénement Harry Potter en 1997, que je me retrouve dans cet état de béatitude.
Serenya Howell nous propose trois parties pour ce premier roman édité aux éditions Plume Blanche. J'aurais préféré qu'elle ne propose pas les deux dernières pour ce premier volume. A la fin de ce dernier, j'étais dans un état de détestation total pour l'auteure au point de lui envoyer illico presto un colis piégé pour me venger. Et pourtant, ce que j'apprécie le plus dans un livre, c'est être piégé par son auteur qui nous oblige à devoir patienter de longs mois avant de connaître le dénouement final.
Serenya Howell a pris le parti de proposer une « solution » au dénouement dramatique de la première partie et se tire finalement une balle dans le pied, car elle m'a enlevé la moindre once d'imagination sur la suite des événements à la limite du classique « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ».
Finalement, et même si son emploi est utilisé exclusivement en littérature pour désigner des actions incertaines, je n'ai pas apprécié l'utilisation du subjonctif imparfait qui, d'une certaine manière, vieillit et alourdit le texte.
Lien : https://leparfumdesmots.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
LesMotsMagiques
  10 janvier 2021
Dans ce roman, on évolue dans un univers gouverné par une fratrie de dragons et les humains auxquels ils sont liés. En l'occurrence, on y suit surtout Asroth, l'incarnation de la mort, et son maître Dënorh. A travers les trois cycles présents dans le livre, on va découvrir si celui qu'on surnomme le Maudit est vraiment l'être infâme que tout le monde pense, ou bien si la vérité est plus complexe que ça.

J'ai vraiment adoré ma lecture de ce livre (peut-être même est-ce un coup de coeur ?) que j'ai trouvé vraiment immersif. Si le début est assez lent, on est vite transportés par l'écriture et par la qualité des personnages. Qu'il s'agisse des aînés (les dragons) ou des humains, on est très loin des personnages manichéens. On a notamment une incarnation de la mort d'une loyauté impressionnante, ou une incarnation de la vie qui sait se montrer extrêmement manipulatrice sous couvert de vouloir le meilleur pour tous. Mon seul bémol au niveau des personnages, c'est leurs noms ! Ils sont souvent assez complexes (assez fréquent en fantasy) et parfois très proches les uns des autres (Lëniack et Lënoriack par exemple), ce qui peut créer quelques confusions au début.

J'ai trouvé qu'on abordait pas mal de thèmes intéressants comme la notion de « nature versus nurture » (en gros, la frontière entre ce qui est inné et ce qui est acquis). On parle aussi pas mal de préjugés, du fait d'être incompris ou encore de luttes internes.

En ce qui concerne le déroulement de l'histoire, j'ai trouvé l'intrigue vraiment bien menée. Dans le premier cycle, j'ai pu trouver quelques longueurs mais elles ne m'ont pas gênées outre mesure, d'autant que le cycle s'est fini de manière explosive.

Le second cycle m'a un peu inquiété sur le coup parce qu'il voyait un changement de point de vue, et qu'on commençait à y suivre un personnage qui m'intéressait moins a priori. Finalement, c'est le cycle que j'ai préféré parce que j'ai trouvé qu'on y découvrait vraiment la profondeur du lien entre aîné et maître, et qu'on approfondissait vraiment l'aspect émotionnel de leurs liens.

Si je devais émettre un petit bémol, il tournerait autour du troisième cycle, mais pas à cause de sa qualité ! Pour le coup, j'ai beaucoup aimé ce cycle qui explique énormément de choses et permet vraiment d'apprécier toute la richesse de l'univers construit. le souci, pour moi, c'est son positionnement à la fin du livre qui crée une vraie rupture avec les deux premiers cycles. Je pense que ce cycle aurait peut-être mérité d'être dans un tome dédié, ou peut-être coupé en morceaux intercalés régulièrement dans les deux premiers cycles. Après, ça reste vraiment un sentiment personnel et ça n'impacte pas vraiment mon avis.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SaiwhisperSaiwhisper   27 novembre 2020
Vole petit, vole jusqu'à moi...
Commenter  J’apprécie          20

autres livres classés : dragonVoir plus
Notre sélection Imaginaire Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Serenya Howell (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2162 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre