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ISBN : 9057791404
Éditeur : Belgian Art Research Institute : Olivier Bertrand (31/12/2011)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
De son vivant la notoriété de Meunier n'eut rien à envier à celle de Rodin. Un siècle plus tard, malgré une courageuse tentative de réhabilitation en Belgique, à l'instigation du marchand d'art Maurice Tzwern, suivi par les milieux académiques, le souvenir du grand Constantin Meunier se meurt lentement. Son talent n'est pas mis en cause et ne pourra d'ailleurs jamais l'être. Mais les sujets qui sont chers a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
clude_stas
  06 novembre 2014
Rédigée par Micheline Jérôme-Schotsmans, cette monographie de Constantin Meunier fait la somme de nos connaissances à propos de ce grand sculpteur belge, si méconnu, en réalité. Il est vrai que l'auteure est l'arrière-petite fille de l'artiste et a eu accès à des documents de première main.
Mais qui est cet homme dont la notoriété fut presqu'égale à celle d'Auguste Rodin ? Dernier enfant d'une famille bourgeoise, Constantin Meunier est très vite orphelin de père. de santé fragile, il est destiné à devenir menuisier et son frère aîné, Jean-Baptiste, lui enseigne les rudiments du dessin. Dans son entourage, se trouve le graveur italien Calamatta, à l'origine des carrières de Jean-Baptiste (comme graveur) et de Constantin Meunier. Celui-ci, en 1845, entre à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Il a le numéro 531 dans le registre des inscriptions. Par la suite, ayant choisi la sculpture, il devient l'élève de Louis Jéhotte. Pour compléter sa formation, il travaille dans un atelier extérieur, celui d'Auguste Fraikin où il serait demeuré un peu moins de trois ans. Au Salon de 1851, il expose une esquisse mais cette formation de statuaire ne le satisfait guère, tant cet art lui semble confiné dans des directions fort rétrogrades ; la sculpture se révèle incapable de correspondre à ses aspirations. Alors, pendant sa dernière année à l'Académie, il se trouve dans l'atelier du peintre François Joseph Navez, ancien élève de Jacques Louis David. le soir, il fréquente l'Atelier Saint-Luc rue des Laines à Bruxelles, avec d'autres assidus tels que Félicien Rops, Louis Dubois ou Charles de Groux.
A la même époque (1857-1875), Constantin Meunier fait quelques séjours chez les Trappistes de Westmalle, en Campine, dans le nord de la Belgique. Il est dans une période de recherche spirituelle, et très probablement esthétique. Là naissent les premiers éléments de son intérêt pour le monde des travailleurs. Dans ces dessins, sont déjà présents la simplicité des lignes, des formes, qui va à l'essentiel, et l'esprit synthétique qui seront les caractéristiques dominantes de sa sculpture. A partir de 1857, il présente des tableaux aux Salons belges et parisiens : des sujets principalement religieux, mais également des sujets souvent choisis dans l'histoire récente de la Belgique. S'étant marié en 1862, le voilà avec charge de famille, il accepte donc la commande de tableaux, certains destinés à des églises, bien plus rémunérateurs que les oeuvres personnelles. le couple aura cinq enfants, trois filles et deux fils.
A l'âge de 47 ans, il séjourne chez un ami et découvre à Huy, les laminoirs et les fonderies. En 1879, invité par la direction, il visite, à Seraing, les usines Cockerill et les verreries du Val-Saint-Lambert. Dès 1880, au Salon de Gand puis à celui de Paris, il montre ses premières compositions inspirées directement de ce monde industriel. Il parcourt également le Pays noir, le Borinage et Charleroi, les terres du charbon et de l'acier, en compagnie de l'écrivain Camille Lemonnier et du peintre symboliste Xavier Mellery. Il accepte de collaborer, en l'illustrant, à la mise en oeuvre de l'ouvrage monumental de Lemonnier, « La Belgique » (1881-1883). Dès décembre 1982, les dessins sont exposés au Cercle artistique de Bruxelles.
Pour des raisons financières, il pose sa candidature pour aller copier à Séville, la « Descente de Croix » de Pedro Campana, conservée dans la sacristie de la cathédrale. Il obtient la commande avec 12 000 francs à la clef (somme qui couvre tous les frais inhérents à la réalisation). D'octobre 1882 à avril 1883, il découvre l'Espagne, sa luminosité si intense, ses fabriques de cigares, et la réalité crue de la vie de ses habitants.
Quelques mois après son retour, Meunier revient à la sculpture. Il reçoit de son ami, le sculpteur Charles van der Stappen, un peu de cire à modeler et en fait un petit visage de puddleur, directement inspiré par un de ses tableaux. En février 1985, il expose cinq sculptures aux XX, dont il refuse de devenir membre. Dès lors, la statuaire reprend une place centrale dans la vie de l'artiste. Et, dans la foulée, il postule pour l'obtention du poste de directeur de l'Académie de Louvain (Leuven). En mars 1887, il est témoin des ravages de la catastrophe du charbonnage de la Boule, entre Quaregnon et Pâturages ; un coup de grisou fit 113 morts. Il y trouve les thèmes de deux de ses plus célèbres créations : « le Grisou » (Bruxelles, M .R.B.A.B.) et « Vieux Cheval de Mine » (idem.)
Fin août 1887, il s'installe à Louvain où il n'a obtenu qu'un poste de professeur de peinture. Il commence dès lors à travailler sur un « Monument au Travail », vaste projet qu'il conçoit comme un hymne au labeur. Hélas ! Il ne sait pas qu'il sera mort depuis longtemps quand il sera installé près du canal de Bruxelles, à Laeken, en 1930. En 1894, ses deux fils meurent dans des circonstances tragiques. Il revient vivre à Ixelles où il fait construire en 1899 une maison – atelier (l'actuel Musée Meunier, rue de l'Abbaye). Mais sa réputation prend un essor international après avoir exposé chez Siegfried Bing, dans la galerie « l'Art nouveau, à Paris et cela, sans doute, grâce à l'intervention de l'architecte Henry van de Velde. Dresde et Berlin lui font un triomphe en 1897. La Sécession viennoise l'accueille en 1898. Sa patrie n'est pas en reste : il est nommé à l'Académie Royale de Belgique.
En 1903, Meunier, âgé et fatigué, accepte la commande d'un monument dédié à Emile Zola, écrivain qu'il admire. Il meurt le 4 avril 1905 en se rendant dans son atelier. La veille encore, il travaillait avec le peintre et voisin Isidore Verheyden dans son atelier.
Aujourd'hui un peu oublié, voire méprisé par toute une frange de la politique belge, Constantin Meunier reste un des artistes belges les plus productifs de la seconde moitié du XIXe siècle, époque où la Belgique était un carrefour des arts, des courants intellectuels et littéraires.
Cette monographie est donc incontournable, rédigée sous le regard bienveillant de Pierre Baudson. Elle comprend en plusieurs chapitres la biographie de Meunier, mais également vingt pages consacrées au « Monument au travail » et à ses déboires urbanistiques, pour se clore sur la fortune critique des oeuvres peint et sculpté. Dans les annexes, après les habituels remerciements, la liste des musées présentant des oeuvres de Meunier et une bibliographie plutôt compète, me semble-t-il. L'ouvrage est abondamment illustré, se lit aisément, se concentrant essentiellement sur l'homme et l'artiste, sans aucune prétention psychologique, mais également esthétique ou politique. le texte se veut le plus neutre possible.
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