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Jacques Noiray (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070417247
Éditeur : Gallimard (25/09/2002)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Dans Paris, qui peut être lu pour lui-même, prend fin l'histoire de Pierre Froment. Ce jeune prêtre tourmenté par la perte de la foi, chez qui Zola a mis beaucoup de lui-même, va trouver à Paris la réponse à ses angoisses, découvrir par le travail et l'amour de nouvelles raisons de vivre. Ce roman est aussi un immense drame social, une chronique exacte et animée de la vie politique française au moment du scandale de Panama et des attentats anarchistes, une peinture ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Cathy74
  27 novembre 2017
Zola est connu du public, surtout par son grand oeuvre au titre générique, "Les Rougon-Macquart". Poursuivant ma quête sur la vie au XIXe siècle, j'ai eu la curiosité d'aller du côté des "Trois Villes" et, néophyte, j'ai commencé par la dernière, "Paris".
Tout de go, je dirais, un roman type "matafan". On y retrouve chez Zola cette envie de brosser le bilan du siècle, mais un seul personnage, Pierre Froment, porte sur ses épaules le poids du texte et j'ai eu une sensation d'étouffement en le lisant. Il faut tout avaler d'un coup :
Le prêtre ayant perdu la foi, et qui oppose désormais au dogme religieux la foi scientifique, l'idée de charité à la justice sociale.
Son roman d'amour avec Marie, la très jeune fiancée de son frère aîné Guillaume, et les "tempêtes sous un crâne" décortiquées selon un long processus de doutes, de colères et de réconciliations entre les deux frères.
La décomposition d'une société où seule la classe bourgeoise, issue de la Révolution de 1789, a trouvé place et richesse, abandonnant à la charité chrétienne le monde ouvrier appauvri, qui ne bénéficie d'aucune protection sociale et désigné clairement dans "Paris" comme le Quatrième État (comme on dit maintenant le "Quart Monde").
La corruption des nantis, les grands scandales de la spéculation, leur monde du plaisir, du luxe et de la jouissance.
L'anarchie et ses actes terroristes, frappant à l'aveugle, période d'extrême tension où Pierre Froment découvre que son frère Guillaume, chimiste, est le concepteur d'un explosif de "dernière génération" qu'il veut mettre en oeuvre à Paris avant d'envoyer sa "recette" à tous les gouvernements afin d'annihiler la guerre, chaque pays se trouvant ainsi à la merci respective des autres (et comment ne pas penser alors à la force nucléaire, qui verra le jour au siècle suivant...)
La réflexion sur la défense du pays, armée de métier, enrôlement volontaire ou conscription, les idées s'affrontent.
Le pouvoir des médias de l'époque, acharnés - comme aujourd'hui - à gonfler les nouvelles, dans le but d'entretenir, encore et toujours, les ventes.
La lutte des classes, l'opposition du capital soumis à la concurrence et du salariat, soumis au marché. L'émergence des idées de collectivisme (le phalanstère de Fourier) et du paternalisme patronal.
La peine de mort, qui fait du XIXe siècle l'enfant en ligne directe de la Terreur et de la guillotine (« La Révolution, toute la Révolution, voilà la source de la littérature du XIXe siècle », écrira Victor Hugo en 1864), sentence qui laisse les familles du condamné, femmes et enfants, encore plus pauvres et misérables et soumis à l'opprobre et à la mendicité.
Au final, 430 pages dans mon édition, qui laissent le lecteur sonné, comme s'il avait reçu sur le crâne les 19 tonnes de la Savoyarde, Bourdon de la Basilique du Sacré-Coeur, promis un temps à la démolition par Guillaume Froment (le frère aîné chimiste, vous suivez toujours ?)
Mais aussi un roman passionnant, foisonnant, lu avec plaisir, au prix, je l'avoue volontiers, de quelques pages abandonnées en cours de route... Je vais me mettre en "vacance" avant de continuer le chemin à l'envers : Rome, puis Lourdes.
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davzen
  27 octobre 2012
Dernier tome de la trilogie des Villes... la quête religieuse de l'abbé Froment s'achève au coeur de Paris de cette fin du 19ième ...
Ici transpire la misère sous toutes ses formes...physique et psychologique !
du fond des caniveaux... aux salons luxueux de la grande bourgeoisie.
A l'arrière plan de ce drame social , l'anarchie !!
...combat sans merci contre l'injustice au point de faire exploser Paris.
à l"ombre de la cette guillotine , honteuse... Zola tranche dans le vif !
Bouleversant et intelligent ...roman de la réflexion ....
Zola conclue son oeuvre littéraire comme il l'a commencé.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
isajuliaisajulia   17 septembre 2013
Ainsi était-ce en lui toute une évocation effroyable, tant de drames auxquels il avait assisté, tant de cris, de larmes et de sang, les pères, les mères, les enfants en tas mourant de besoin, de saleté et d'abandon, un enfer social ou il avait fini par laisser la dernière espérance, sanglotant lui-même, s'enfuyant, convaincu désormais que la charité était une simple distraction de riches, illusoire, inutile.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   06 février 2015
Ce matin-là, vers la fin de janvier, l’abbé Pierre Froment, qui avait une messe à dire au Sacré-Cœur de Montmartre, se retrouvait dès huit heures sur la Butte devant la basilique. Et, avant d’entrer, un instant il regarda Paris, dont la mer immense se déroulait à ses pieds.

C’était, après deux mois de froid terrible, de neige et de glace, un Paris noyé sous un dégel morne et frissonnant. Du vaste ciel, couleur de plomb, tombait le deuil d’une brume épaisse. Tout l’est de la ville, les quartiers de misère et de travail, semblaient submergés dans des fumées roussâtres, où l’on devinait le souffle des chantiers et des usines ; tandis que, vers l’ouest, vers les quartiers de richesse et de jouissance, la débâcle du brouillard s’éclairait, n’était plus qu’un voile fin, immobile de vapeur. On devinait à peine la ligne ronde de l’horizon, le champ sans bornes des maisons apparaissait tel qu’un chaos de pierres, semé de mares stagnantes, qui emplissaient les creux d’une buée pâle, et sur lesquelles se détachaient les crêtes des édifices et des rues hautes, d’un noir de suie. Un Paris de mystère, voilé de nuées, comme enseveli sous la cendre de quelque désastre, disparu à demi déjà dans la souffrance et dans la honte de ce que son immensité cachait.

Pierre regardait, maigre et sombre, vêtu de sa soutane mince, lorsque l’abbé Rose, qui semblait s’être abrité derrière un pilier du porche, pour le guetter, vint à sa rencontre.

« Ah ! c’est vous enfin, mon cher enfant. J’ai quelque chose à vous demander. »

Il semblait gêné, inquiet. D’un regard méfiant, il s’assura que personne n’était là. Puis, comme si la solitude ne suffisait pas à la rassurer il l’emmena à quelque distance, dans la bise glaciale qui soufflait, et qu’il paraissait ne pas sentir.

« Voici, c’est un pauvre homme dont on m’a parlé, un ancien ouvrier peintre, un vieillard de soixante-dix ans, qui naturellement ne peut plus travailler, et qui est en train de mourir de faim, dans un taudis de la rue des Saules… Alors, mon cher enfant, j’ai songé à vous, j’ai pensé que vous consentiriez à lui porter ces trois francs de ma part, pour qu’il ait au moins du pain pendant quelques jours.

— Mais pourquoi n’allez-vous pas lui faire votre aumône vous-même ? »

De nouveau, l’abbé Rose s’inquiéta, s’effara, avec des regards peureux et confus.
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AustralAustral   22 mai 2012
Au fond, c’était la médiocrité intolérable du petit employé, aussi désastreuse que la misère noire de l’ouvrier, la façade fausse, le luxe menteur, tout ce que cache de désordre et de souffrance la fierté intellectuelle de ne pas travailler à un étau ou sur des échafaudages.
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AustralAustral   12 juin 2012
Et c’était là leur passion à tous, ils se montraient justes parfois pour des hommes, des adversaires irréconciliables, qui n’avaient aucune de leurs idées, tandis que le grand crime sans pardon possible était de penser à peu près comme eux sans être absolument d’accord sur toutes choses.
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AustralAustral   12 juin 2012
Il battait à son insu même, ce cœur, qui, là-bas, dans la solitude de la forêt, dormait innocent.
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