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Critiques sur Les adeptes (39)
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nameless
22 mai 2016
Ingar Johnsrud est un nouveau romancier en provenance de Norvège, et son premier roman, les Adeptes est proposé par Robert Laffont dans sa collection La bête noire.


Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce jeune auteur n'a pas choisi la facilité, ni dans les thèmes abordés, ni dans la construction de son intrigue. Tout commence par un massacre dans une communauté religieuse, “la lumière de Dieu”, où vivait Annette, fille d'une femme politique influente en pleine campagne électorale. Annette et son petit garçon ont disparu, de nombreux adeptes se sont volatilisés.


Pour Fredrik Beier et ses collègues, l'enquête s'annonce d'emblée corsée puisque une piste islamiste est suspectée, et que la notoriété politique de la mère d'Annette les contraint à marcher sur des oeufs. A partir de ce point de départ, Ingar Johnsrud tisse une toile d'araignée dans laquelle il emprisonne le lecteur avec virtuosité, perfuse dans son récit des éléments historiques, remontant au 18 mars 1925, où fut créée à Vienne, “la Société pour l'hygiène raciale”, ce qui donna lieu à une cérémonie solennelle dans la salle de bal de l'université de Vienne (p. 430). le leit-motiv est connu : “Il était dans le droit de la nature qu'une race, la plus adaptée, la plus évoluée sur le plan intellectuel et social, la race aryenne, soit appelée à dominer les races inférieures. Envisager tout autre cas de figure reviendrait à faire fi de l'évolution elle-même” (p. 75). Il n'hésite pas non plus à souligner les positions douteuses adoptées par son pays lors de la seconde guerre mondiale et rappelle par exemple, que Haakon, roi de Norvège, a remis la médaille de guerre à des sympathisants nazis (p. 487).


Les 553 pages du roman ne peuvent être résumées. Ingar Johnsrud ne ménage pas ses lecteurs, le nombre de personnages est immense, aux noms tous imprononçables, les rebondissements sont nombreux, dans le passé et le présent. Il est agréable, c'est mon avis, qu'un romancier ne considère pas ses lecteurs uniquement équipés de deux neurones en leur mâchant le boulot. Il s'agit donc d'une lecture intellectuellement stimulante qui demande de l'attention pour ne pas en perdre le fil. L'épilogue reste ouvert, donnant envie de découvrir le tome 2 de cette trilogie annoncée. J'ajoute un minuscule point négatif : Fredrik Beier m'est apparu comme un gros macho, notamment dans son comportement avec sa compagne Bettina.


Les points positifs sont très nombreux parmi lesquels : dénonciation de l'intégrisme religieux, de la collusion entre le pouvoir et certains extrêmismes. Particulièrement aujourd'hui, 22.05.16, jour d'élections qui pourrait voir l'avènement d'un parti d'extrême-droite en Autriche justement, je remercie Ingar Johnsrud de nous rappeler que : “Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde”.


Merci à Babelio et aux Editions Robert Laffont pour leur confiance.
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SMadJ
22 juin 2016
"Les Adeptes" de Ingar Johnsrud - La chronique qui convertit les fidèles !

Une excellente surprise que ce thriller d'Ingar Johnsrud venu du fin fond de la Norvège. le pays qui nous a livré Jo Nesbø et la merveilleuse série TV "Occupied".
Un auteur inconnu au nom sonnant comme un borborygme viking et c'est tout un voyage sur Norway Airlines qui s'ouvre à vous. Il paraît que lorsqu'on arrive à prononcer le nom de l'auteur, Ingar Johnsrud, 3 fois de suite à haute voix devant le miroir, un bouquin haletant apparaît entre vos mains.

Je l'ai fait et ça marche !
(Bon ok le coursier du service presse de chez Robert Laffont y est sûrement aussi pour quelque chose...).

Annoncé par l'éditeur comme une trilogie, ce premier opus à paraître dans nos contrées se doit de convaincre derechef dès le premier épisode. L'éditeur le compare à "Millenium" car les deux histoires trouvent leur source dans la nébuleuse de la seconde guerre mondiale et surfe sur le rôle complaisant qu'ont joué les autorités et une certaine partie de la population des pays Scandinaves vis-à-vis du nazisme.
C'est d'ailleurs une thématique prégnante et universelle de la littérature nordique. On a les traumatismes qu'on peut.

Je rassure, « Les Adeptes » est quand même beaucoup moins hermétique que le début un peu laborieux de "Millenium". L'action démarre dès les premières pages, là où Stieg Larson prenait tout son temps pour installer son histoire.
Véritable page turner, le roman se dévore à grandes bouchées.

Les personnages sont réussis même si l'auteur met parfois de la distance entre eux et les lecteurs. Mais de petits détails les rendent humains. Notamment quand il s'agit du personnage principal Fredrik Beier qui détaille toutes les silhouettes féminines qu'il rencontre pour le plus grand plaisir du lectorat masculin.

Johnsrud nous propose une construction ambitieuse, implacable, aux multiples ramifications, qui déroule ses fils au fur et à mesure des chapitres, multipliant les fausses pistes pour mieux nous embrumer l'esprit. Ambitieuse mais pas révolutionnaire (pour les raisons exprimées au-dessus), Johnsrud arrive néanmoins à nous tenir en haleine avec son intrigue âpre, taillée aux cordeau et proposant moults rebondissements. On attend la suite avec impatience.

Un grand merci à Babelio et aux Editions Robert Laffont pour l'envoi de ce livre dans le cadre de Masse critique
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LePamplemousse
20 mai 2016
Tout d'abord, je remercie Babélio et les éditions Robert Laffont pour cet envoi dans le cadre de masse critique.
Dès les premières pages, je me suis retrouvée plongée par cette histoire policière très riche qui mêle la disparition d'une femme et de son fils, des meurtres sur fonds de guerre entre sectes religieuses et groupes islamistes, des secrets qui datent de plusieurs décennies, des complots politiques, des expérimentations médicales sur des humains et bien d'autres ramifications encore.
J'ai eu un petit peu de mal au début à entrer dans l'histoire à cause du nombre très important des personnages et de leurs noms norvégiens, pas toujours simple à retenir et dont les consonances évoquent parfois un homme alors qu'il s'agit d'une femme ou l'inverse. de plus, les allers et retours entre les différentes époques m'ont un peu perdue, surtout au début quand on ne connaît pas encore bien les différents personnages.
L'intrigue en elle-même est bien menée mais j'ai trouvé que de nombreux passages n'apportaient pas grand-chose à l'histoire, si ce n'est à embrouiller le lecteur, et surtout, la fin est un peu incomplète à mon goût, certains points restent obscurs jusqu'au bout.
Mais comme il s'agit du premier volume d'une trilogie, peut-être que ces points seront éclaircis dans les volumes suivants.
Le personnage principal ne m'a pas particulièrement semblé attachant, c'est encore une fois un policier d'un certain âge qui a vécu un drame personnel, rien de bien nouveau dans le domaine du polar.
Ce roman se lit vite et bien, il est assez haletant mais il ne me restera peut-être pas en mémoire très longtemps car au final, il ne brille ni par son originalité ni par un style d'écriture particulier. C'est tout à fait le genre de roman qui pourrait être adapté au cinéma, car ici l'action prime sur la réflexion.
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stokely
12 juin 2016
Après mon coup de coeur pour Claire Favan avec Serre-Moi Fort lorsque j'ai reçu un e-mail de la part de Babelio pour lire les Adeptes de la part des éditions Robert Laffont collection la Bête Noire j'ai sautée sur l'occasion. J'ai eu cependant un peu peur de la comparaison avec Jo Nesbo dont je n'accroche pas au récit.

Mais ici la lecture est plutôt fluide malgré le nombre incalculable de personnage. On est de suite embarqué dans ce récit avec la disparition d'une femme et son enfant.

Pour un premier roman l'auteur à choisi un thème très différent des polars habituels et c'est tout à son honneur une communauté religieuse qui se nomme "la Lumière de Dieu" des fausses pistes, d'autres pages qui remontent dans le temps et ou l'on se trouve en seconde guerre mondiale en plein nazisme avec les expériences que font les médecins sur des cobayes humains.

On voit ensuite ses deux histoire s'entremêler, une lecture très dense mais qui se lit tout de même très rapidement (2 jours pour ma part malgré les 552 pages) et une fin qui laisse présage une suite.

Encore un grand merci pour cette découverte!
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HannibalLectrice
16 mai 2016
Tout d'abord, il me faut remercier Babelio et l'opération privilégiée ainsi que les Éditions Robert Laffont.


Réceptionner le livre Les Adeptes à la veille du week-end de la Pentecôte, ou comment après lecture d'icelui, y voir la venue du Saint-Esprit en la personne du facteur m'apportant non pas la bonne nouvelle de la résurrection de vous savez qui, mais d'une intense lecture qui m'aura scotchée durant 2 jours. Pas très emballée par le résumé, m'attendant plus ou moins à de honteux secrets révélés 70 après la fin de cette saloperie de guerre. Sauf que faute avouée, faute à moitié pardonnée, je me suis fourvoyée.

Mais c'est qu'ils sont terrifiants ces adeptes, des intégristes sous le joug de leurs trois pasteurs, manipulateurs, encore plus intégristes et plus terrifiants. Des suprémacistes de la race blanche de celle dite aryenne, des eugénistes, de quoi faire frémir. En espérant sincèrement, que la réalité ne dépasse pas la fiction, mais je me fourvoie probablement encore une fois.

Une trame qui tient en haleine, une écriture fluide, des dialogues de qualités, une histoire intelligente et fouillée. Les Adeptes est une judicieuse façon de mettre en garde contre les sectes, les intégristes de tout bord, la science, les politiques...

Une chose est sûre, j'attends le Tome 2 avec impatience.

Vous avez dévoré Millénium, vous dévorerez Les Adeptes.
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Livresque78
28 mai 2016
Merci tout d'abord à Babelio et à la Bête Noire Des éditions Laffont pour cette lecture.

J'ai un avis assez mitigé sur ce livre. J'ai alterné les moments d'euphorie littéraire et ceux où je nageais totalement, à la recherche de qui était qui.

J'ai trouvé que certains passages traînaient un peu en longueur ce qui forcément ralenti le rythme de l'intrigue.

L'auteur nous emmène fréquemment dans des allers-retours entre présent et passé et j'avoue avoir eu à de nombreuses reprises perdu le fil de l'histoire.

Cependant, il faut reconnaître que pour un premier roman Ingar Johnsur, met la barre très haute, il construit un polar complexe et riche. Il nous décrit des personnages principaux profonds, aux relations et au passé pas toujours simples, ainsi, le commissaire Fredrik Beier mène cette enquête difficile sur fond de secte, terrorisme...

Avec la réflexion, je pense que je suis passé de ce livre, j'ai dû à de multiples reprises revenir en arrière afin d'être certaine de la personne dont il était question. le nombres des personnages, ainsi que ( honte à moi) leurs noms pas toujours simples, m'ont un peu perdue.

Je me laisse la possibilité de retenter le coup, car les critiques des lecteurs sont plutôt bonne, donc il apraît évident que j'ai loupé quelque chose..
Lien : https://livresque78.wordpres..
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Ichirin-No-Hana
26 mai 2016
Je n'ai jamais lu de romans de Jo Nesbø, de Henning Mankell, de Camilla Läckberg, d'Arnaldur Indriðason, et je n'ai lu aucun des tomes de la quadrilogie Millénium. Les seuls romans d'origine scandinave que j'ai pu lire sont le Mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti et La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald et l'on est très loin du polar nordique avec ses deux romans. J'ai donc sauté sur l'occasion quand Babelio m'a proposé via une masse critique spéciale ce polar d'origine norvégienne. Je remercie donc Babelio et les éditions Robert Laffont pour cette découverte qui fut donc de plusieurs ordres pour moi.

Ingar Johnsrud est un auteur norvégien qui signe avec les Adeptes son premier roman. On suit, dans ce roman, l'enquêteur Fredrik Beier, enquêteur que l'on devrait retrouver dans de futures publications. Dans ce « premier tome », plusieurs assassinats ont été effectués dans une communauté catholique un peu sectaire. La majorité des membres sont portés disparus : sont-ils morts comme les autres ou ont-ils réussi à s'enfuir et sont actuellement cachés ? On alterne également avec des événements qui se sont passés dans les années 1940 et qui ont, comme on s'en doute, un certain lien avec la seconde guerre mondiale et l'on se pose donc la question du lien avec notre affaire.

Les Adeptes fut un roman particulièrement haletant et que j'ai pris plaisir à lire. Malgré ses 550 pages, ce petit pavé est dynamique et tient le lecteur vraiment en haleine. L'enquête est assez captivante et arrive à nous surprendre. L'action est là sans en faire trop et offre un parfait compromis avec le côté un peu plus réflexion autour des éléments de l'enquête.

Mais finalement, en ayant terminé ma lecture, je me rends compte que les personnages sont assez caricaturaux (notamment le duo enquêteur au passé trouble et à la vie privée assez solitaire et compliquée et la jeune policière qui découvre les côtés sombres du métier). le plus gros défaut de ce roman reste quand même la fin. La fin, c'est la dernière note du roman et la fin de ce roman laisse un goût d'inachevée et l'on a l'impression d'être un peu laissé de côté et abandonné par l'auteur et c'est dommage car la note finale s'en ressent.
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umezzu
22 mai 2016
Ça partait mal : une écriture un peu plate, un personnage, le commissaire Fredrik Beier, pas franchement défini, à la vie personnelle décousue, et comme trop souvent dans la littérature de polar en opposition avec sa hiérarchie, une nouvelle histoire scandinave tournant autour d'une secte – à croire que le sujet là bas est très important...
Et puis, une fois l'intrigue parvenue à ce que la quatrième de couverture en révèle, soit à peu prés en une soixantaine de pages, le rythme change assez vite. le polar qui démarrait mal se transforme en thriller addictif. Johnsrud ne devient pas un maître de la prose à ce moment là, mais il faut reconnaître qu'il sait écrire les scènes d'action, et ce roman en compte à foison. de plus, Johnsrud conclut chaque court chapitre par un événement qui avance l'enquête et fait saliver le lecteur. du coup, ce pavé de 550 pages se dévore à grande vitesse.
L'intrigue est maîtrisée, sans faux pas, et parvient à lier des thématiques éloignées : pratiques sectaires, tueur en liberté, courses poursuites, expériences raciales remontant à la seconde guerre mondiale, intrusion des services secrets et du pouvoir politique dans des enquêtes de police...
Le commissaire Fredrik Beier se retrouve en binôme (en fait un trinôme, mais le méthodique Andreas, qui fouille la documentation, est vite évacué) avec Kafa Iqbal, une jeune flic d'origine pakistanaise issue de la DGSI locale. Et le duo Beier – Iqfal va constamment foncer, sans prendre beaucoup de précaution. C'est d'ailleurs incroyable comment ces deux là peuvent aller se fourrer dans des lieux dangereux sans armes.
On se retrouve au final avec un thriller très efficace, pas particulièrement norvégien (sauf dans sa partie historique), évoquant effectivement un peu le Millenium de Stieg Larsson ou les enquêtes du département V de Jussi Adler Olsen (pour une fois que ce que promet l'éditeur est respecté...).
Une excellente découverte, qui promet pour l'avenir puisqu'une trilogie est annoncée. Merci à Babelio et à l'éditeur Robert Laffont d'avoir permis ces très bons moments de lecture.
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Selvegem
22 juin 2016
Merci à Robert Laffont !
Le commissaire Fredrik Beier devait travailler sur une affaire en apparence toute simple et classique : la disparition d'une jeune femme et de son fils. Mais en fouillant, il découvre que non seulement ils faisaient partis d'un groupe chrétien appelé « La Lumière de Dieu », mais aussi que c'est la fille d'une femme politique, à la tête du parti démocrate. Mais sous les airs innocents de ce groupe chrétien, il servirait en réalité à des expérimentations sur des êtres humains, visant à assurer la domination et la pureté de la « race blanche ». En plus de cette plongée dans la religion et l'expérimentation, Fredrik Beier doit en plus faire face à un sniper sans visage, à la collaboration avec l'Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais également à certains freins issus de ses collaborateurs.
Les Adeptes est une nouvelle lecture excellente de la part de la Bête Noire : que ce soit les différents thèmes abordés, la construction de l'enquête, le style de l'auteur, j'ai été emportée du début à la fin. Je pense que ceux qui ont appréciés la trilogie Millénium de Stieg Larsson devrait également appréciés Les Adeptes !
L'enquête se corse dès le début, avec notamment l'obligation d'avancer prudemment à cause du retentissement politique, mais aussi à cause du passé du pays. Ingar Johnsrud va se concentrer sur l'enquête principale de Fredrik Beier, tout en insérant quelques chapitres sur le passé, permettant d'élucider peu à peu quelques zones d'ombres.
Je tiens à signaler malgré tout que Les Adeptes est un roman assez complexe : il faut tout d'abord se souvenir de tous les noms à sonorité suédoise, mais aussi pouvoir se rappeler de tous les faits et autres petits détails qui émaillent l'enquête. Une fois pris par l'intrigue, ce n'est plus que du bonheur ! Beaucoup de personnages, de nombreux rebondissements, des bonds entre le présent et le passé, et une intrigue complexe.
(Mon avis complet sur mon blog.)
Lien : http://chezlechatducheshire...
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Davalian
07 juin 2016
La quatrième de couverture est pour le moins élogieuse et fait de ce roman une sorte d'étoile montante... Raison par laquelle sans doute, Babelio s'est associé à l'édition. Après coup ce constat apparaît franchement comme trop flatteur. Une traduction en vingt langues, et bien...

Les adeptes m'a été offert dans le cadre d'une opération spéciale Masse critique et j'en remercie l'équipe de Babelio. Il s'agit du premier roman d'une trilogie composée par Ingar Johnsrud et publiée aux éditions Robert Laffont. Auparavant des polars scandinaves je n'avais lu que la trilogie Millénium de Stieg Larsson.

Certaines déceptions sont évidentes. L'éditeur a omis un certain nombre de majuscules. le constat est douloureux lorsqu'il s'agit de communautés religieuses, d'autant plus lorsqu'une partie de l'intrigue se base sur un conflit entre deux d'entre elles. Quelques coquilles apparaissent çà et là. La forme du livre est assez étonnante : plus de 550 pages... mais le texte de chacune d'entre elle est plutôt léger. le format n'aurait-il pas gagné à être plus condensé ?

L'action se passe ici en Norvège et nous sommes partis pour une trilogie aux côtés du commissaire Fredrik Beier et de son équipe. Les personnages principaux (ceux qui restent du bon côté de la loi et de la morale) sont sympathiques. Si certains ont un vécu douloureux, ils ne sont pas trop caricaturaux. Andreas et Kafa apportent d'ailleurs un petit vent de fraîcheur. le style de l'auteur est également agréable. du moins s'il l'on fait abstraction du sujet.

L'intrigue est riche mais il faudra la réserver à un public très averti. Il s'agit d'un polar, noir de chez noir. Les meurtres (de masse pour la plupart) se comptent par dizaines, sans compter les passages où les personnages sont directement placés dans une situation de violence extrême. Les épisodes violents sont légions et pour nous changer les idées, rien de tel que des magouilles politiques, médiatiques et policières. le contexte du "tous pourris sauf quelques-uns" lasse bien vite.

L'auteur nous propose une mise en abîme via un récit enchâssé sur la Seconde Guerre Mondiale où il est question d'expériences sur les êtres humains, de trahison, de meurtres... Les pistes dévoilées ici au lecteur lui en disent beaucoup sur l'intrigue donnant l'impression que les protagonistes ont du mal à comprendre de quoi il est question malgré des indices a priori évidents.

Les pistes sont nombreuses, le background est franchement dense et malgré cela l'auteur peine à nous convaincre. Les épisodes violents ou les plongées dans le passés, donnent rapidement l'impression d'avoir été placés ici pour combler un manque d'inspiration... alors que par ailleurs l'auteur démontre qu'il n'en manque pas.

La première centaine de pages reste la meilleure. Les choses se gâtent ensuite et ce constat va se retrouver jusqu'à la fin... Cette lecture doit vraiment être réservée à un public friand de morbide et de glauque. A condition d'être patient et d'être près à suivre deux autres tomes.

Enfin, le dénouement est frustrant. S'être accroché pendant autant de temps pour en arriver là ! Quelle mauvaise blague ! C'est tout juste si l'on nous laisse pas une phrase du type "la suite au prochain numéro". Cela dit, si vous avez accroché, peut-être que la fin vous plaira... au moins elle a le mérite de l'originalité.

A réserver à un lectorat très choisi donc...
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