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EAN : 9782359450156
248 pages
Éditeur : Éditions Myriapode (06/09/2012)

Note moyenne : 2.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Racho est un homme originaire de Dirédoua près de Harar en Éthiopie. Sa trisaïeule, femme Amhara d'une certaine élégance, vécut une brève idylle avec Arthur Rimbaud pendant le deuxième séjour de ce dernier à Harar. Suite à la famine due à la guerre et aux problèmes de sécheresse sévissant en Éthiopie, la famille de Racho s'exila dans le Golfe de Guinée.

Comme Rimbaud, Racho fait état d'une veine artistique profonde. Il est sculpteur et offre une nouve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
LiliGalipette
  07 novembre 2012
Racho est un artiste au génie certain : il transforme de vieux métaux en sculptures époustouflantes qui laissent souvent perplexes. « Je n'entrais dans aucun moule d'artiste, pourquoi entrer dans un moule si l'on n'est pas mou et laid ? » (p. 20) Il tire son talent de son ancêtre : en effet, son aïeule a eu une brève aventure avec Arthur Rimbaud. Et Racho est obsédé par cette glorieuse ascendance. « Je menais une vie paisible avant de répondre à l'appel du large pour rejoindre le pays de cet ancêtre. » (p. 18) Il décide de quitter le golfe de Guinée et son épouse Rahel pour atteindre la Rhénanie et se recueillir sur la tombe du fulgurant poète. Après un voyage clandestin sur un navire en partance pour la France, il tente de franchir la frontière allemande, mais sa tentative échoue. Racho dépose alors une demande d'asile politique et entame une nouvelle odyssée africaine, celle de l'immigré en terre d'accueil.
En voulant retrouver les racines de son arbre généalogique, Racho a scié la branche sur laquelle il était assis. Déconnecté de son ascendance rimbaldienne, il n'a plus que sa solitude et une identité à reconstruire : est-on quelqu'un sans ses ancêtres ? Peut-on se couper de sa terre d'origine ? de Rimbaud à Racho, on fait le chemin à l'envers entre l'Afrique et l'Europe et le jeune homme ne comprend pas cette fascination pour le continent noir. « Cette terre était-elle donc si précieuse que les Occidentaux qui la quittaient pouvaient en éprouver le regret ? » (p. 91) Racho n'est plus de là-bas et pas vraiment d'ici. Ou peut-être est-ce le contraire. En tout cas, le descendant africain d'Arthur Rimbaud s'est perdu en chemin.
Racho a confié son histoire à un dramaturge qui en a fait une pièce intitulée le train pour Bellevie. Sur le quai, impatients, l'Immigré, le Clochard, le Suicidaire, la Prostituée et d'autres personnages attendent le train du bonheur. Les actes s'intercalent avec le récit et Racho livre ses impressions sur cette pièce qui allégorise sa vie. « Si le rôle qui m'était dévolu fut juste de féconder son imagination, car c'était à lui de donner vie, étais-je prêt à assumer de sa part une naissance monstrueuse qu'elle que fut la beauté artistique ? » (p. 26) J'ai beaucoup aimé cette longue réflexion sur l'écriture, la transcription et la création.
La pluralité d'existences de Racho se décline en une pluralité littéraire : le texte est tour à tour roman, témoignage, pièce absurde ou triste vaudeville. Victor Kathémo déploie une langue dense, très lente, parfois solennelle. le récit exalte la dernière dignité qui reste à Racho, celle de disposer de son histoire, même si un autre s'en empare pour la sublimer.
Moi qui suis souvent perplexe devant la littérature africaine, j'ai découvert un texte d'une force étonnante où résonne le ton des conteurs noirs des siècles passés, le tout porté par une modernité bouleversante : même s'il court après son passé, Racho est un homme d'aujourd'hui. Et Victor Kathémo est assurément un auteur qui tient sous sa plume la littérature de demain.
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kimberlite
  08 novembre 2012
Un roman qui trace le parcours errant de celui qui veut retrouver le fil de son histoire, qui se cherche, et dérive entre de multiples influences, c'est passionnant car si véridique et transposables à de nombreuses biographies d'écrivains.
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yv1
  16 octobre 2012
Difficile d'entrer dans ce roman et même d'y rester. L'écriture est déroutante, et les allers-retours entre la réalité, l'irrationalité, l'onirisme sont déconcertants. Un garçon comme moi, prosaïque, terre-à-terre a beaucoup de mal à se retrouver dans les méandres du cerveau de Victor Kathémo. Quelques passages qui racontent la traversée de Racho, sa vie, permettent de s'accrocher un peu, mais ils sont trop disséminés dans le récit pour me retenir jusqu'au bout. Néanmoins, je ne doute pas que ce bouquin puisse trouver son public, l'écriture est plaisante et originale. C'est juste un mauvais choix de ma part qui, au départ m'emballait pourtant.
Lien : http://www.lyvres.over-blog...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   07 novembre 2012
« Si le rôle qui m’était dévolu fut juste de féconder son imagination, car c’était à lui de donner vie, étais-je prêt à assumer de sa part une naissance monstrueuse qu’elle que fut la beauté artistique ? » (p. 26)
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yv1yv1   26 septembre 2012
Difficile d'entrer dans ce roman et même d'y rester. L'écriture est déroutante, et les allers-retours entre la réalité, l'irrationalité, l'onirisme sont déconcertants. Un garçon comme moi, prosaïque, terre-à-terre a beaucoup de mal à se retrouver dans les méandres du cerveau de Victor Kathémo. Quelques passages qui racontent la traversée de Racho, sa vie, permettent de s'accrocher un peu, mais ils sont trop disséminés dans le récit pour me retenir jusqu'au bout. Néanmoins, je ne doute pas que ce bouquin puisse trouver son public, l'écriture est plaisante et originale. C'est juste un mauvais choix de ma part qui, au départ m'emballait pourtant.
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LiliGalipetteLiliGalipette   07 novembre 2012
« Je menais une vie paisible avant de répondre à l’appel du large pour rejoindre le pays de cet ancêtre. » (p. 18)
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LiliGalipetteLiliGalipette   07 novembre 2012
« Cette terre était-elle donc si précieuse que les Occidentaux qui la quittaient pouvaient en éprouver le regret ? » (p. 91)
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LiliGalipetteLiliGalipette   07 novembre 2012
« Je n’entrais dans aucun moule d’artiste, pourquoi entrer dans un moule si l’on n’est pas mou et laid ? » (p. 20)
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