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EAN : 9782283025833
128 pages
Buchet-Chastel (08/03/2012)
3.07/5   22 notes
Résumé :
Depuis 2010, le livre imprimé, relié, vertical tend à se diluer dans le virtuel de nos écrans. Certains déplorent l’avènement de ce nouveau livre fantôme, d’autres y voient une avancée extraordinaire. Tous se demandent si le numérique ne tuera pas le totem mis sur pied par Gutenberg.

Dépassant les prophéties et les clivages qui enflamment les débats actuels, Olivier Larizza s’interroge sur ce qui fragilise ou au contraire consolide notre désir de livr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Dans cet essai, je reproche à l'auteur sa totale absence d'objectivité. Je m'attendais à ce qu'il expose les pour et contre de l'é-book versus le livre en papier. Or, Larizza (prof' de littérature anglaise et conférencier à l'université de Haute Alsace-Mulhouse) prend clairement partie pour ce dernier et déclare d'emblée le livre numérique é-gnoble.

Après avoir défini Internet comme une contrainte utopique ("quasi religieux"), l'auteur énumère et souligne les pièges de l'é-book qui sont, selon lui :
- culturel : la lecture devenue uniquement visuelle entraîne un amoindrissement de la concentration (comme je suis honnête, j'avoue que j'ai pu le constater).
- écologique et économique, amenant une diminution d'intermédiaires entre l'écrivain et ses lecteurs.
- matériel : les droits de l'auteur ne sont plus, ou alors moins, respectés.
- symbolique : le "vrai" auteur (qui en détermine la définition ?) est dupé par l'amateurisme des écrivaillons (qui les cantonne dans cette case ?)

Larizza énonce ensuite que le livre est un objet du ressenti (visuel, texture, couleurs, typographie, odeur...) et que le numérique n'est que "un contenu sans contenant". Là encore, je suis d'accord, mais il pourrait éviter de prendre le lecteur-que-je-suis pour une poire en le lui répétant toutes les X pages.

Après avoir mis le livre-en-papier sur un piédestal de perfection, pérennité et postérité, il en vient à fustiger Internet et le numérique qui éparpillent les connaissances (contrairement au livre-papier qui reste intégral et cohérent), permettent la possibilité d'intervenir dans un oeuvre (le fameux "couper" et "coller") et le piratage qui autorise de bafouer les textes d'origine.

Le livre se termine avec un chapitre intitulé "La Guerre des books n'aura pas lieu" dans lequel l'auteur cloue au pilori les liseuses (s'attaquant surtout au Kindle d'Amazone)... Et il exprime une n-ième fois tout son amour pour, et attachement au objet livre-papier... Alors j'ai dit : "stop !, parle pour toi-même" ... moi aussi j'ai de l'estime pour les livres, mais contrairement à Larizza qui adorerait en tapisser ses murs... je préfère les partager !

L'amour pour les livres, oui !
L'attachement jusqu'à l'obsession, non !
Et la liberté de choisir sur quel support on "s'approprie" ses lectures...est préférable à toute querelle.
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Il s'agit d'un essai qui s'adresse à tous les amoureux de l'objet livre, qui s'interrogent sur l'avenir de sa forme traditionnelle. Olivier Larizza analyse les éléments de résistance de l'objet papier face à sa version fluide, électronique et immatérielle, de plus en plus prégnante et présente.

Olivier Larizza ne mâche pas ses mots en décrivant la lecture digitale : « Notre nouvelle réalité est en effet sous-tendue par une idéologie insidieuse qui nous pousse à croire que la fréquentation des fantômes (sur Facebook) est meilleure que celle des vivants en chair et en os, qu'il vaut mieux consulter un ouvrage en ligne que d'aller fureter dans une vieille librairie de quartier, que la compagnie des liseuses, lesquelles compressent des dizaines de milliers des pages en quelques millimètres d'un métal léger comme une plume, nous est préférable à celles des « tigres de papier aux dents de carton « , pour reprendre la métaphore de Frédéric Beigbeder ; redouterait-on une improbable morsure ? Cette idéologie qui nous assomme est celle du moindre encombrement poussé à l'extrême, c'est-à-dire la disparition. Voilà ce que signifie l'euphémisme « virtuel » : disparu. Car seul ce qui n'existe pas – ou plus – peut-être recomposé de toutes pièces afin de ressembler au nirvana, au paradis forcément artificiel que nous traquons sur terre. La disparition est devenue une qualité supérieure, la valeur ajoutée par excellence, le nec plus ultra. »

Ce livre didactique démontre progressivement avec force et conviction que le « vrai » livre a toujours un bel avenir devant lui. D'ailleurs comme le précise Olivier Larizza, la forme papier est à maturité depuis des siècles : une version rodée qui répond idéalement à ce pour quoi il est fait. Il confirme qu'une nouvelle technologie ne détrône pas nécessairement la précédente, il se peut même qu'elle la renforce. Et c'est bien ce qui se passe. En consultant des statistiques de 2018, on s'aperçoit que la vente de livre n'a pas diminué, bien au contraire : la consommation de papier par les éditeurs a augmenté et la part des formes numériques représente moins de 10% du marché. L'intuition d'Olivier Larizza, exprimée en 2012, est donc non seulement fondée, mais confirmée par les faits. L'arrivée du livre électronique représente donc plutôt un élargissement et une consolidation du marché, en offrant un complément du livre traditionnel auquel nous sommes globalement encore tous très attachés.

Finalement, derrière cette approche, ce qui se joue est un enjeu culturel et sociétal où le livre numérique n'a pas (encore) supplanté le livre papier, simplement celle d'un certain type de lecture rendu possible par lui et accompagnant une vie contemporaine rythmée par les usages numériques.

Avec un discours intelligent et bienveillant, Olivier Larriza évite vaillamment de sombrer dans le catastrophisme ou la caricature, contrairement à beaucoup d'ouvrages qui traitent de ce sujet. Et, en plus, il a, jusqu'ici, eu raison : l'apocalypse n'a pas eu lieu !
Lien : https://ogrimoire.com/2019/0..
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Avec l'ère d'Internet, des e-books et autres liseuses, ne risque-t-on pas d'entrer dans un monde complètement numérique pour ne pas dire totalement virtuel ? A plus ou moins long terme, le livre, objet de papier et de carton, ne pourrait-il pas disparaître ou, à tout le moins, se voir marginalisé et finir dans un avenir plus lointain au rayon des antiquités entre un rouleau de papyrus et trois 78 tours ?
C'est sur ces questions et quelques autres comme l'avenir des bibliothèques papier et même de la grande littérature elle-même que s'interroge Olivier Larizza en se rangeant ouvertement dans le camp de ceux qui déplorent l'avènement de ce nouveau livre fantôme, de cette chimère technologique inconsistante et pernicieuse alors que d'autres y voient une avancée extraordinaire, un accès plus aisé au savoir et une diffusion élargie et démocratisée de la pensée et du savoir. Les tenants du livre numérique lui trouvent trois avantages majeurs : ses qualités nomades, ses possibilités de désencombrement (un Kindle peut contenir dans un volume réduit la valeur d'une bibliothèque de 1500 ouvrages) et surtout son plus grand respect de l'environnement grâce à l'économie de papier réalisée. Larizza démolit allégrement tout cela et arrive même à prouver qu'avec ses coûts de fabrication et d'utilisation la liseuse représente une plus lourde empreinte écologique que le livre papier. de plus, l'e-book créerait une dilution des repères, un éparpillement de la lecture encore aggravé par les liens hypertextes de l'Internet. Il ne serait qu'une pâle copie de l'original, le livre-papier restant pour l'éternité « l'objet parfait » et non perfectible... On l'aura compris, cet essai reste assez nettement manichéen. Il confortera tout le monde quand il affirme avec force et conviction que le vrai livre a toujours un bel avenir devant lui et que son vilain golem venu de l'infosphère n'a encore réussi qu'à peine faire vaciller le trône du maître sur ses bases. Cependant le lecteur sera moins rassuré en ce qui concerne les habitudes de lecture des jeunes générations, ainsi que le statut du créateur, c'est à dire de l'écrivain, déjà en position de faiblesse face aux marchands de papier imprimé. Pour Larizza, le tout numérique lui ôterait tout statut et toute crédibilité.
Un essai intéressant, parfois un peu trop orienté didactique voire universitaire, parfois même déjà un peu dépassé (les commentaires sur les liseuses datant d'un an sont déjà presque obsolètes), souvent partial, mais qui peut servir de base à une réflexion plus approfondie. Derrière cette bataille « technologique », ce combat des « anciens contre les modernes », se cachent des enjeux autant culturels que civilisationnels. A lire néanmoins, car les ouvrages sur ce sujet particulier ne pullulent pas vraiment.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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L'écriture est fluide, littéraire et distrayante. On arrive à bout de l'essai en une seule petite heure.
Pourtant, je trouve que l'auteur manque clairement d'objectivité. Même si le déroulement est logique, je me demande s'il n'associe pas un peu trop vite ère numérique et internet. Au final le débat se pose entre le papier (pour lequel il prend clairement parti) et Internet !
La chose qui relève le prix du livre, pour ce que j'en ai retiré, c'est clairement les nombreuses références bibliographiques qui rajoutent une touche d'humour à ce débat houleux (ex : N'espérez pas vous débarrasser des livres).
J'avoue que cet essai me laisse un petit goût d'amertume par rapport à ce qui était présenté dans l'introduction, je me sens un peu flouée...
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Dans cet essai, l'auteur tente d'expliquer l'arrivée du livre numérique et ses répercussions sur l'avenir du livre papier.
Tout d'abord, il réfute les idées selon lesquelles le livre numérique serait plus écologique et plus économique : en effet, le livre papier est généralement issu de forêts certifiées tandis que la conception de liseuse demande de nombreux matériaux comme des minerais qui sont de ce fait plus polluants… Quant au coût du livre numérique, il est aussi cher voire plus cher que le livre papier sans compter le prix de la liseuse et sa durée de vie limitée dans le temps… le livre numérique répondrait aussi au manque d'espace disponible dans les habitats contemporains. Un livre papier prend de la place, et celle-ci manque cruellement… Une réponse donc aux temps actuels….
Mais alors la montée en puissance du livre numérique ? Un effet de mode, plausible, l'avenir nous le dira… et puis le livre numérique comme reflet de la société consumériste dans laquelle nous vivons. En effet, alors que le livre papier nécessite de se déplacer chez son libraire, le livre numérique permet d'obtenir immédiatement le texte souhaité… Consommé...jeté...
Mais alors, est-ce la fin du livre papier ? C'est sans compter sur la puissance symbolique de l'objet livre. En effet, le livre répond à un désir de s'immerger en tête à tête avec un univers, un nouveau monde. Nous fermons alors pour quelques heures la porte à notre réalité, chose impossible avec le numérique...le monde se rappelle toujours à nous via une notification facebook, un lien hypertexte nous invitant à approfondir un point de la lecture en cours cassant ainsi notre concentration, nécessaire pour s'immiscer pleinement dans une nouvelle histoire.
Et puis, l'histoire de l'objet, son odeur, le papier jaunissant, les pages cornées, les annotations...qui laissent deviner une histoire parallèle à celle racontée… celle de ses lecteurs, qui ont été touchés ou choqués par l'histoire narrée. Et puis que dire de la magie de ces bibliothèques, de ces librairies, dédales dans lesquels des êtres solitaires se perdent, se rencontrent… dans la perspective de trouver le livre qui changera peut-être leur vie….
C'est cette puissance symbolique qui nous laisse espérer que le livre papier n'est pas prêt de disparaître, et que tente de nous expliquer l'auteur à travers des passages emplis de poésie et de son amour pour le livre papier. le livre numérique peut être vu comme purement pratique et répondant à certaines exigences contemporaines : effectivement, partir en vacances avec une dizaine de livres est moins pratique qu'une liseuse. le livre numérique comme complément au livre papier, pourquoi pas, mais comme substitut…
Un essai qui se lit donc d'une traite, et qui peut parfois manquer d'objectivité, mais qui est surtout destiné à tous les amoureux de cet objet qui transporte vers mille et une contrées...
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critiques presse (2)
LesEchos
21 mai 2012
Annoncé comme « dépassant les prophéties et les clivages », il s'agit en fait d'une déclaration d'amour envers le livre papier : « Singulier, unique, parfait », « fantasmatique ». Et d'un procès en sorcellerie accusant le livre électronique de tous les maux.
Lire la critique sur le site : LesEchos
NonFiction
27 avril 2012
A vouloir tout dire en si peu de pages, Oliver Larizza finit par donner l’impression de tout confondre. Assimiler la disparition du livre papier à celle de la lecture et de la littérature de qualité, c’est sous entendre une identité entre le livre, tel qu’on le connaît, et la littérature.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
"Et Frédéric Beigbeder de s'émouvoir : " Un roman se méritait : tant qu'il n'était pas disponible en ligne, il exigeait de nous des efforts physiques. Il fallait sortir de chez soi pour aller le choisir dans un lieu rempli de rêveurs esseulés, puis faire la queue pour l'acheter, se forcer à sourire à des inconnus atteints de la même maladie, avant de le transporter dans ses mains ou sa poche jusqu'à son domicile, en métro ou sur la plage. Le roman de papier était ce tour de magie capable de changer un asocial en mondain, puis à nouveau en anachorète, en le contraignant à rester un instant - oh ! pas très longtemps, mais un peu tout de même - coincé face à lui-même [...] Les pages lues sur papier étaient une conquête, lire c'était déchiffrer un univers, comme un explorateur ou un alpiniste du cerveau humain. La lecture sur papier était davantage qu'une distraction, c'était une victoire !"."
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Ecrirai-je encore, se demande souvent Umberto Eco, si on me disait que demain une catastrophe cosmique allait détruire l'univers, si bien que personne ne pourrait lire demain ce que j'écris aujourd'hui ? Au premier abord, la réponse est non. Pourquoi écrire si personne ne peut me lire ? Ensuite, la réponse est oui, mais uniquement parce que je nourris l'espoir désespéré que, dans la catastrophe des galaxies, une étoile survivra, et que demain, quelqu'un pourra déchiffrer mes signes.
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Au cours des prochaines décennies, ce n'est plus un format singulier mais une offre multiple qui, selon Yves Moulin, serait davantage encline à satisfaire la demande. En effet, derrière le format unique se cache une agglomération de plusieurs services, parmi lesquels: l'écriture (par l'auteur), la sélection et la conrrection (par l'éditeur), la mise en page (par le maquettiste), la mise en papier (par l'imprimeur), la diffusion aux officines (par le diffuseur), la distribution (par le distributeur) et la vente au public (par le libraire). Soit sept services fondamentaux. La demande de texte pourrait alors se décomposer en l'achat de ces différents services, selon le prix que voudra mettre l'acheteur et l'usage qu'il compte faire du produit. On proposera ainsi une sorte de "livre à la carte" dont le menu dépendra des services choisis. L'offre minimale consisterait en deux services essentiels: l'écriture et la sélection correction, par le biais d'une plateforme de téléchargement mise à disposition par l'éditeur, pour une lecture nomade. Une offre intermédiaire pourrait consister en l'achat de trois services: l'écriture, la sélection correction et la mise en page pour un téléchargement d'un texte agréable à lire sur un écran ou sur papier après un tirage sur une imprimante personnelle ou, si l'on souhaite un meilleur confort de consultation, sur une machine proposant une reliure standard. Une offre haut de gamme consisterait en l'achat des sept services dans librairie physique ou virtuelle, c'est-à-dire d'un livre similaire aux ouvrages actuels. Dans cette hypothèse, le livre, fabriqué grâce à la technologie numérique, s'affranchirait de la dictature des économies d'échelle - l'impression numérique permettant une sortie en petit nombre sans entraîner des coût exorbitants - et bénéficierait d'économies de variété. Les consommateurs choisissant cette option attendraient probablement un objet de haute qualité (couverture, reliure, graphisme, papier) équivalant à un produit de luxe, c'est-à-dire à un bien dont le prix élevé peut le rendre plus désirable par un effet de snobisme. Il semble que les éditeurs n'aient, pour le moment, pas du tout anticipé cette possibilité.
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Il n'est pas certain, loin s'en faut, que le numérique constitue une avancée culturelle, écologique, économique et symbolique par rapport au papier. (…) Le livre numérique ne remplacera jamais complètement le livre papier, ou bien cela prendra plusieurs générations quand il n'a fallu que quelques années pour les autres industries culturelles. 
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Or le vertige de la virtualité est ce qui caractérise les utopies : elles sont virtuelles et elles sont vertigineuses par les promesses qu'elles font, les espoirs qu'elles prodiguent. Leur seule limite est l'idéal. Elles absorbent aussi angoisses et frustrations jusqu'à nous abstraire de la réalité concrète; ne dit-on pas que l'on va sur Internet, comme si l'on embarquait pour un autre monde, l'espace de tous les possibles ? 
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Vidéo de Olivier Larizza
L'universitaire Olivier Larizza est l'Invité du Jour sur la chaîne télé vià-Mirabelle en tant que coordinateur du livre-enquête « Fessenheim et le dogme nucléaire français » (Andersen). L'interview a lieu le 17 avril 2019 (deux jours après l'incendie de Notre-Dame de Paris) et porte notamment sur la propagande officielle, le projet d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse) ou l'argument du charbon allemand utilisé par les pro-nucléaires.
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