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EAN : 9782081347281
304 pages
Flammarion (09/09/2015)
3.5/5   34 notes
Résumé :
« Si l'on ne peut trouver de jouissance à lire et à relire un livre, il n'est d'aucune utilité de le lire ne serait-ce qu'une seule fois », déclarait Oscar Wilde, qui faisait de la relecture « le critère élémentaire de ce qui est ou n'est pas de la littérature ». Mais que nous apprend au juste une deuxième lecture que la première n'avait pas révélé ? Pour quelle raison les enfants veulent-ils entendre chaque soir la même histoire ? Au fond, pourquoi relit-on ?
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Lire bien sûr! Mais relire? Alors que chaque année littéraire nous propose mille ouvrages de plus, et qu'ainsi se creuse le fossé des possibles. Et pourtant, la nouveauté n'est pas le garant de de la félicité attendue. le bouche-à-oreilles non plus. Alors se replonger dans un récit qui vous a enchanté jadis ou naguère, ou tenter une fois de plus de vaincre les obstacles qui rendent une lecture absconse, malgré les dithyrambes d'admirateurs inconditionnels?

C'est cette démarche qu'a voulu étudier Laure Murat. de façon méthodique, avec un questionnaire adressé à des spécialistes des mots écrits, qu'ils soient éditeurs, comédiens, écrivains ou universitaires.

Que relisez-vous? 'que relisiez vous lorsque vous étiez enfant? Quid de Proust ? (qui fait partie de ces classiques qu'on n'avoue jamais lire, mais toujours relire). Quel est le but de parcourir à nouveau les lignes déjà connues? Quel livre a pu vous décevoir après avoir été culte quinze ou vingt ans plutôt? Et réciproquement.

Ce sont toutes ces questions et bien d'autres encore qui sont soumises aux quelques dizaines de lecteurs triés sur le volet.

Et c'est intéressant, par le jeu des différences et ressemblances exposées. L'on se retrouve ou non en tant que re-lecteur, dans ces témoignages.

C'est aussi remarquable que les mêmes livres d'enfance puis les mêmes classiques soient cités. il est vrai que pour les lectures d'enfance, le marché offrait peu de choix : on a tous lu la comtesse de Ségur et les ancêtres du polar dans la bibliothèque verte. C'est à l'adolescence que se crée la frontière et que se dessine le profil du futur gros lecteur.

Un essai réussi sur cette passion solitaire qui ne demande qu'à être partagée. A lire (et relire?)
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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"Patrick Chamoiseau

Relire c'est l'âme du lire, son accomplissement. "(p. 139)

Si on m'avait dit que je me plongerai avec délice dans cet essai sur la relecture, j'aurais "ricané"... tant l'idée de la relecture durant des années a été dans ma tête un gâchis de temps...tant de livres nouveaux et classiques non lus... m'attendaient !

Il aura fallu un einième déménagement... des bouleversements de vie... et puis mon inscription pour Babelio... qui m'ont franchement incitée à "reparcourir" ou "relire" les textes qui étaient fortement restés dans mon souvenir, et que j'avais envie de partager ou de faire découvrir ....

Et devinez !! eh bien j'y ai trouvé de nouvelles saveurs et parfois j'ai re-découvert véritablement le texte, l'ayant lu trop superficiellement, ou dans une disponibilité médiocre,
sans oublier les changements , les évolution de pensée de tout un chacun.

Une première partie d'analyse sur la relecture, et la présentation des auteurs les plus relus... s'ensuit la partie la plus conséquente et la plus vivante du livre qui présente les réponses de dizaine d'auteurs à cette enquête sur la "relecture"...

Parmi ceux-ci: - Marianne Alphant , Christine Angot, Stéphane Audeguy, Patrick Chamoiseau, Eric Chevillard, julia Deck, Agnès Desarthe, Jean Echenoz, Annie Ernaux, Philippe Forest,
Cécile Guilbert, Bernard Hoepffner, Luc Lang, Linda Lê, Céline Minard, Dominique Noguez, Olivier Rolin, Thiphaine Samoyault, Philippe Sollers, Cécile Wajsbrot.

Un ouvrage épatant que l'on peut lire d'une traite, ou piocher selon l'envie, l'humeur et l'attirance du jour... et ne vous affolez pas. Votre PAL augmentera inévitablement !!!
Par contre, parmi les incontournables des relus et relus..il y a "La recherche"..... et j'avoue humblement ...que ce monument de la littérature... me reste à découvrir...
J'ai un mal fou à comprendre mes "résistances"...J'espère , un jour, parvenir à les dépasser... Mais d'autres oeuvres m'attendent, comme celle de Faulkner... jamais
abordée !

Par contre un petit mouvement d'humeur de ne pas voir cité Albert Camus !!!(ou trop peu; 3 malheureuses fois) un cruel manque, à mes yeux ! Cela n'enlève rien à la qualité de cette enquête ...

"Montrez-moi votre bibliothèque, et je vous dirai qui vous êtes. Dites-moi ce que vous relisez, et je recueillerai vos secrets" (p. 274)

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Ce livre est-il indispensable ?
Le bandeau est accrocheur : « Pourquoi garde-t-on ses livres, sinon pour les relire un jour ». Entre nous, je vois bien d'autre raisons : pour les prêter à ses amis, parce qu'une bibliothèque bien remplie, c'est beau, ça réchauffe le coeur, ça réveille des souvenirs, pour faire parler, pour le plaisir de reclasser, etc.
Le sujet est attirant : pourquoi, comment relit-on, et que découvre-t-on en relisant ? La manière, adresser un questionnaire à environ deux cents personnes (ayant à voir avec la littérature) puis exploiter leurs réponses, est à la fois un gros travail et une facilité : beaucoup de rencontres, de dépouillement, de sélection, mais moins de réflexion personnelle. Les deux tiers du livre sont une sélection de réponses, parfois contradictoires, mais dans lesquelles les interrogés, surtout des auteurs, ont fait l'effort d'argumenter, voire de proposer des points de vue inattendus, avec un certain talent d'écriture. Cette partie, intéressante pour la forme travaillée des réponses (un auteur sachant qu'il sera publié soigne sa réputation), m'a toutefois parue un peu longue, répétitive et contradictoire tout à la fois, quoique semée de jolis cailloux colorés (je ne vais pas jusqu'à pépite, mot d'ailleurs galvaudé).
J'ai préféré la partie rédigée par Laure Murat, qui outre les aspects statistiques (pourquoi si peu d'auteures relues?), explique bien les effets spécifiques de la relecture (lisez vous-mêmes). Surtout, son chapitre sur Proust, près de 25% des relectures et un de mes auteurs fétiches, m'a passionné. J'ai lu la Recherche jeune (comme beaucoup des interrogés), dans l'ordre, et ma relecture à l'âge mûr, toujours dans l'ordre, me permet les mêmes découvertes qu'aux autres, même si elle n'avance pas vite. Ce chapitre a excité mes petits neurones de la relecture, qui sont très bien connectés aux neurones du plaisir.

Un point ne ressort pas de cette enquête, et j'ai du mal à le comprendre : quand on a peu de temps devant soi, et même par principe, il me semble que relire un texte court, nouvelle, et surtout poésie s'impose. J'ai relu bien plus de poésie (et parfois même par volumes entiers, ce qui est hors de ce propos) que de n'importe quoi d'autre, et je suis surpris que ce ne soit pas le cas de ces professionnels de la littérature (guère plus de 10% des relectures). Au point que j'aurais envie de proposer là-dessus un sondage sur ce site. Si on arrivait à l'organiser proprement, ce serait une base de données bien plus riche que cette étude.
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Pourquoi relit-on ? Vaste question ! Pour comprendre ce qu'une première lecture ne nous a pas révélé ? Pour apprécier les détails sur lesquels nous sommes passés trop rapidement, trop absorbés par l'intrigue ? Pour se replonger dans une oeuvre que l'on a adorée et que l'on a envie de retrouver ?
Mais dans le fond, lit-on vraiment le même livre quand on le lit à 20 ans puis à 40 ? Franchement, je me garderais bien de relire des oeuvres qui m'ont éblouie quand j'étais gamine ! Je pense par exemple au Grand Meaulnes, à Gatsby le Magnifique…
Parfois, j'ai un peu honte d'être happée par l'envie irrésistible que j'ai de lire toutes les nouveautés qui envahissent les tables des librairies lors des rentrées littéraires. Lire une fois, comme nous le pratiquons très souvent, aurait quelque chose à voir avec la naissance du capitalisme, une espèce d'idéologie de la consommation. Je veux bien le croire mais je ne résiste pas ! Et pourtant j'aimerais tellement relire Proust, Flaubert, Giono… Mais je repousse cela à plus tard ! Je devrais faire comme François Bon : 22h/23h : lectures, 23h/0h30 : relectures ! (ça risque de piquer au réveil le lendemain !!!)
Barthes, plus sage et plus philosophe que moi, disait que « c'est dans le même qu'on trouve le nouveau ». En effet, selon lui, « dans le nouveau, on risque de ne chercher que le même. » Je veux bien le croire ! Selon lui, la vraie lecture est celle qui détruit le suspense. Elle « se passionne pour ce qu'elle sait » et est la seule garantie non seulement d'une grande jouissance mais aussi d'une vraie découverte. Peut-être...
En tout cas, Laure Murat va donc adresser le 11 janvier 2013 à deux cents participants (écrivains, universitaires, éditeurs…) un mail contenant dix questions permettant d'étudier leur rapport à la relecture. Chacun d'eux va s'emparer du sujet à sa manière pour nous révéler, dans le fond, des choses assez intimes… Dis-moi ce que tu relis, je te dirai qui tu es.
Un essai stimulant qui à mon avis dépasse même le sujet de la relecture pour évoquer le rapport à la vie et au temps.
Des textes passionnants ( Chevillard, Audeguy, Angot, Forest, Ernaux, Desarthe, Echenoz…) qui nous conduisent à nous interroger sur nos pratiques et qui nous proposent aussi des références littéraires susceptibles de faire encore grimper votre PAL de quelques centimètres !
Du petit lait cet essai !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Dans cet essai passionnant, Laure Murat analyse le phénomène de la relecture.
Le livre est divisé en deux parties : la première est une synthèse des questionnaires et un décryptage et une analyse des différentes pratiques de relecture, la seconde reprend les questionnaires détaillés de certains écrivains, critiques ou journalistes.
Cette construction implique d'ailleurs un certain nombre de redites, ce qui fait que j'ai trouvé la première partie plus intéressante.
Au départ, j'avais choisi de lire ce livre pour découvrir l'interview d'Annie Ernaux, mais au final ce n'était pas la plus intéressante (ce qui n'enlève rien à mon admiration pour cette auteur). En fait, ce que j'ai surtout aimé dans cet essai, c'est qu'il m'a amenée à m'interroger sur ma propre pratique de la relecture à l'aune des motivations décrites par les différents auteurs.


c
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critiques presse (1)
NonFiction
02 novembre 2015
Ce que relire veut dire : l’historienne iconoclaste propose une étude alerte sur un phénomène marginal mais constitutif de la passion littéraire.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (97) Voir plus Ajouter une citation
Jean Echenoz-

On invente un peu le livre qu'on lit. Un jour, un lecteur m'a parlé d'une scène dans un de mes livres. Je ne reconnaissais rien. Et puis j'ai fini par comprendre de quoi il s'agissait: il avait changé les sexes des personnages, les situations, les dialogues, les lieux, à peu près tout. J'ai trouvé ça formidable. Il avait entièrement reconstruit le livre-pour lui- C'était magnifique, c'était cette idée que le lecteur écrit le livre qu'il lit.

Je ne perçois pas du tout la dimension régressive de la relecture. La relecture me fait toujours avancer. Je ne suis pas dans une répétition vaine. Ce sont soit des redécouvertes, soit des retrouvailles selon d'autres angles. (p. 166)
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Cherchez-vous, dans la relecture, la lectrice que vous étiez ?

c'est même cette recherche qui motive le plus mon désir de relire. Mesurer la distance entre la lectrice d'autrefois ou/et retrouver celle que j'étais au moment où j'ai lu le livre pour la première fois. Double plaisir, par exemple, d'avoir relu (en diagonale tout de même !) -Les Misérables-: d'une part, m'éprouver dans la fille de seize ans, touchée par l'écriture lyrique de Victor Hugo, ce souffle généreux, vibrant au sort des humiliés ( Fantine, qui n'a plus de dents, insultée), , célébrant l'amour physique de Marius et Cosette avec des accents religieux. d'autre part, émotion mélancolique de considérer cette fraîcheur, cette naïveté, dont je suis aujourd'hui incapable en lisant n'importe quel livre ...(p. 177-178)
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Qu'est-ce qui fait qu'un texte tient ou tombe, passe ou non le « cap » de la relecture ? Ou, pour dire les choses autrement, la relecture est-elle le critère grâce auquel on reconnaît les chefs-d’œuvre ? Élisabeth Ladenson, professeure de littérature française , en est convaincue : « J'avais lu Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq à sa sortie. Je l'avais trouvé intéressant, sans toutefois l'adorer, une première fois. Or quelques années plus tard, j'ai dû l'enseigner, et cette deuxième fois, de surcroît avec obligation de le commenter, j'ai été impressionnée par sa nullité. Mon métier, qui exige une relecture régulière de beaucoup d’œuvres m'a incitée à contempler ce phénomène depuis des années, et j'ai fini par conclure que l'idée – le poncif – que c'est à la relecture qu'on reconnaît le vrai génie littéraire est exacte. J'ai relu par exemple L’Éducation sentimentale sans doute une dizaine de fois, notamment pour des cours, toujours avec un plaisir profond et un sens de découverte. Sans parler de Proust. »
Page 53
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Linda Lê

En relisant Jules Verne, je me rappelais tout ce que je ressentais alors: la joie d'entrer dans un monde inconnu, la joie d'apprendre des mots nouveaux, la joie aussi aussi d'établir des passerelles entre la France et le Vietnam. Quand je relis des livres plus tard, en France, c'est la joie de reconnaître ma dette d'amour envers certains créateurs. Les réminiscences livresques sont essentielles pour qui n'oublie pas, comme je l'ai dit dans un de mes essais, qu'avant d'être un débiteur d'histoires, l'écrivain est un débiteur, redevable aux intercesseurs hantés. (p.224)
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Dans son bel essai, Encore et jamais, Camille Laurens cite et commente les propos de la pianiste Hélène Grimaud, pour qui répéter signifie « re-chercher, chercher à nouveau, « ce qui implique que ce qui doit être répété ne fait pas partie des choses qu'on puisse acquérir une fois pour toutes ». Ainsi, ce qu'on va chercher lorsqu'on répète n'appartient pas au passé ; ce n'est pas une chose connue qu'on réitère, mais une chose future qu'on anticipe ». Au même titre, la relecture est un work in progress, un entretien infini, dont la caractéristique est d'être réservée à la seule jouissance intime du lecteur.
Page 42
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Vidéo de Laure Murat
À l'occasion de la publication de l'ouvrage : "Proust, roman familial" de Laure Murat (Robert Laffont)
Modération: Nathalie CROM, journaliste littéraire, directrice du service «Livres » à Télérama Intervenante: Laure MURAT, écrivaine et professeure à l'université de Californie
Avec "Proust, roman familial" (2023), l'historienne et professeure de littérature, autrice notamment de "Passage de l'Odéon" (2003), "La Loi du genre : une histoire culturelle du troisième sexe" (2006) ou "Une révolution sexuelle ? Réflexions sur l'après-Weinstein" (2018), invente une déclinaison inédite de l'égo-histoire, en relisant son histoire familiale à la lumière de la Recherche du temps perdu.
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