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Isabelle Chapman (Traducteur)
ISBN : 2259197590
Éditeur : Plon (24/04/2003)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Résumé Edition Points:
Il existe des pays sans frontières où l'hiver rend fou. Hors-la-loi, trappeurs et fermiers miséreux tentent d'y survivre, n'obéissant à aucune autorité et ne connaissant pas d'autres lois que la corde et la haine. Après avoir perdu femme et enfants dans des circonstances troubles, Blood, un homme rude et silencieux, s'est mis en tête de reconstruire sa vie là-bas.

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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  27 octobre 2017
En l'an de grâce mille huit cent trente-huit, il existe un pays sans foi ni loi, où la loi n'est pas dictée par des autorités éloignées, où la foi se décline dans une taverne à coup de godets de rhum. Cette petite enclave, qui n'appartient à personne encore moins au Canada ni au New-Hampshire - qui d'ailleurs se livreront une petite guerre, est la République de l'Indian Stream. Quelques centaines d'habitants, mélanges cosmopolites de fermiers usés, de trappeurs et d'hors-la-loi, des contrebandiers et assassins, y vivent presque paisiblement. Blood, au passé caché donc forcément douteux, prend sa charrue, l'âme commerçante l'anime. A son bord, des barils de poudre, des tonneaux d'un excellent rhum et Sally, une gamine qu'il a gagné en jouant aux cartes dans un bordel, presque un peu à contrecoeur l'idée de se trimbaler cette nana qu'il mettra vite au turbin, dans son arrière-salle, le commerce avant tout.
« Parait qu'on peut repartir de zéro ici, à ce qu'on m'a dit. »
Se dire qu'il y a des lieux perdus où se réunissent les âmes perdus, et recommencer une toute nouvelle vie, presque vierge de passé si ce n'est la conscience. Blood, juste Blood dans cette vie, ouvre une taverne, fait ses petits arrangements, Sally faisant les siens auprès de la « gente masculine » en manque de putains. Il remplit les godets métalliques, la caisse se remplit, les clés de la caisse accrochées à son poitrail, se prépare pour l'hiver, quelques provisions, l'hiver, c'est quand il y a trop de neige pour avancer, mais malgré les précautions d'usage et de distance, le sens de l'esquive et de l'attaque, tout ne se passe forcément bien, surtout quand une lutte de pouvoir s'installe.
Remettre les compteurs à zéro.
Laisser tomber la poussière de sa vie.
A la limite je te dirai peu importe le châtiment ou la rédemption, le passé est dans le passé – phrase trouvée après un verre de rhum -, et l'avenir est toujours incertain – là, je devais être au second verre de rhum. Seul compte le présent, et le silence du présent. Un brouhaha dans la taverne, mais dès que l'on sort respirer un air frais qui vous griffe les poumons, le silence des lieux t'enveloppe, te porte, t'emporte dans la mélancolie d'une putain de vie. Et malgré la violence des hommes et des âmes qui se terrent dans ce territoire à l'écart des lois et des sheriffs, le paysage en devient presque contemplatif. J'ai envie d'une vache pour y boire du lait frais, un petit coin de jardin pour faire pousser quelques plantes aromatiques et autres légumes pour accompagner le steak de caribou ou le pavé de grizzli. Et aussi d'un godet de rhum. D'ailleurs... de mémoire, il y a ce vieil adage indien, ne dit-il pas que la route du Rhum mène à l'Indian Stream - là, je crois que j'ai fini le tonneau.
La lune illumine de son aura les collines alentours, des coups de pistolets viennent réveiller brusquement le silence, un coup de canon fait entrer la nuit dans une torpeur insondable comme les âmes perdues de ce coin-là, avant que mon regard absorbé par la lune bleue ne replonge dans un silence méditatif, et que mon corps nu plonge dans cette rivière de rhum.
Et si la République de l'Indian Stream avait été fondée autour de quelques godets de rhum et de silence... le principe même de la vie, du moins la mienne. Un courant d'eau-de-vie qui coule dans les veines comme les méandres d'une rivière indienne.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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steppe
  11 octobre 2010
Je n'avais entendu parler ni du livre, ni de l'auteur lorsque je l'ai "croisé" en librairie et c'est cette phrase de Jim Harrison qui m'a décidée à tenter l'aventure : "Mon vrai problème avec La Rivière des Indiens a été de déterminer si c'était un chef-d'oeuvre ou simplement un classique américain."
Un peu des deux sûrement... D'abord, il n'est pas question d'Indiens ici, mais d'un pays sauvage, d'une Terre rude et farouche, violente et implacable. C'est surtout l'histoire d'une damnation et d'un espoir de rédemption pour le personnage principal. Habité par les drames de son passé il part convaincu de porter en lui une souillure lui interdisant à tout jamais la paix de l'âme, en quête d'un pardon impossible, le plus difficile à trouver, celui que l'on s'accorde à soi-même.... Et c'est cette Terre hostile, comme ses habitants, qu'il choisit après des années d'errance comme l'on choisirait une punition.... Accompagné de Sally, une jeune prostituée qu'il rudoie et maltraite d'abord, certain d'être devenu incapable de bonté ni de tendresse. En laquelle il voit sûrement un peu comme un reflet, sa propre impureté.
C'est le portrait de cet homme taciturne et dénué de compassion envers ses semblables autant qu'envers lui même... Son histoire dans un pays ravagé par les luttes entre les habitants et les autorités, un pays gorgé de sang où la vie d'un homme paraît si insignifiante.
Jusqu'au moment où le passé surgit, enfin.....
L'auteur dépeint tout cela dans un style fluide et sans temps morts comme le récit, choisissant un vocabulaire tout aussi vif et brutal que l'atmosphère générale du livre . L'écriture parfois aussi crue que les scènes décrites, parfois plus douce, le temps d'une pause.... Parfois s'envolant dans un lyrisme nu et bouleversant.....
Bref, j'ai adoré ce livre!!!
Morceaux choisis :
" Et elle cria de plus belle et le chien et le boeuf y allèrent de leurs plaintes rugissantes, si bien que les ténèbres se remplirent d'une musique qui résonnait comme une profanation à la face de la vieille terre silencieuse et stoïque."
"Son silence brisé s'avérait l'ultime profanation, la démonstration indiscutable et irréversible de son ratage. Ce silence qui avait été son seul acte commémoratif, son seul véritable acte de contrition. de ce silence il avait fait sa vie, une vie entièrement dédiée à la mémoire de la profanation. Et de son être il avait fait le valet de ce mutisme. Pauvre offrande de lui même au vaste silence de l'océan de la nuit qui était là, toujours, autour de lui."
"Dieu est muet en ce qui me concerne. Comme il est juste qu'Il le soit. S'Il m'a jamais accordé Sa grâce, je l'ai consommée. Aussi sûr que cette chandelle-là, devant moi, est morte. J'en ai absorbé chaque goutte sans même savoir ce que je faisais. Et une fois qu'elle est épuisée, c'est définitif. Il n'en possède pas des réserves illimitées comme voudraient nous faire croire les prédicateurs."
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Thyuig
  25 février 2012
Super bouquin, qui manque un peu de complexité de langue mais je passerais volontier sur ce défaut mineur. le livre s'empare de l'histoire d'un homme, Blood, qui s'établit avec une pute et un tonneau de rhum (entre autres) à la frontière entre le Canada et le new Hampshire. Il est beaucoup question de rédemption mais surtout la langue est dure, les émotions brutes, comme ce pays de pionniers. Un livre idéal pour un film me semble-t-il, tant le scénario réduit à quelques brides du début se déploie en une fresque intense et sanglante jusqu'à la fin, glaçante. C'est franchement à lire, enfin il faut aimer le genre.
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giati
  22 août 2017
Un livre coup de poing!
Non pas un western, ni un roman narrant l'histoire d'un veuf qui cherche à se reconstruire en partant refaire sa vie à l'Ouest.
Non, une histoire de pionnier. Pleine de violence, de brutalité, de crasse, de sang. On tue vite, pour un oui pour un non...ou alors on est tué... par les loups, par le temps, par ses voisins, par la loi...
Mais aussi une histoire d'amour...une histoire de rédemption...filial, paternel...
La ligne entre bons et méchants est en pointillés tout au long du roman...ne cherchez pas à juger, à excuser, ni même à comprendre...laissez vous emporter par ces hommes impitoyables, par ces femmes prudes ou sensuelles.
Laissez vous emporter par vos sens.
Une pépite qui vaut d'être découverte !
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KatellB
  05 février 2012
Au début du 19ème siècle, dans une contrée au nord du New Hampshire, Blood fuit son passé. Avec Sally, une très jeune prostituée qu'il a gagnée en jouant aux cartes, il s'installe dans un village de trappeurs, fermiers et hors-la-loi. Un livre très prenant. La violence des actes, qui finit par sembler normale, atteint moins que la violence des sentiments.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   05 octobre 2017
Des bancs s'alignaient contre les murs de la petite pièce meublée de deux tables à tréteaux et d'un comptoir - une énorme planche posée sur une barrière de tonneaux - derrière lequel des godets en fer-blanc étaient disposés sur une étagère. Pas de fenêtre. La lumière poussive des chandelles de suif était tamisée par la fumée dégagée par les mèches en brûlant. A cette heure, l'endroit n'était qu'à moitié plein, d'un mélange de jeunes et de vieux, et c'est à peine si on lui jeta un regard. La tranquillité des lieux contrastait avec le vacarme des tavernes qu'il avait coutume de fréquenter. Il sortit quelques pièces de sa poche et, debout au comptoir, il but le premier verre de gin de Hollande de sa vie, puis le deuxième. Et le troisième. Dans son milieu, on disait en plaisantant que le gin procurait une illumination incomparable, car sinon comment expliquer que les buveurs de cette eau-de-vie eussent l'air aussi déchus et malades ? Il fallait bien qu'il y eût quelque chose à y gagner. Reste que le gin était réservé aux plus pauvres.
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le_Bisonle_Bison   30 septembre 2017
Comme si la météo connaissait le calendrier, les derniers jours d'août furent marqués par de fortes gelées. Là où le soleil le frappait, le monde étincelait, l'automne se hâtant sous son dur voile de cristal, enduisant l'herbe et les buissons d'une matière proche de la neige. Ce que le soleil n'avait pas encore touché n'était qu'une croûte de boue grisâtre, un vernis d'immondices sur l'herbe couchée et les tiges fanées des verges d'or. "Cochons de lait" aux écailles si friables qu'ils s'ouvraient au moindre vent pour libérer des boules duveteuses. Colonnes de fumée blanche s'élevant des cheminées. Et la brume qui empêchait de voir le lac, suspendues en rideau de vapeurs glacées qui se déchiraient lentement de haut en bas à mesure que le soleil grimpait au-dessus des collines. Et la lune aux trois quarts pleine sertie dans les profondeurs sans fin d'un ciel cobalt, astre pareil à un galet de quartzite.
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le_Bisonle_Bison   08 octobre 2017
Une éternité s'écoula. Par la suite il estima ce temps à quelques jours quoique jamais il ne vît la nécessité d'être plus précis - c'était un trou dans lequel il s'était engouffré et dont il était ressorti avec une autre vie. A un moment donné il s'était détaché du comptoir pour s'asseoir sur un banc à une table. Il avait parlé à la patronne, une vieille édentée aux yeux chassieux. La pièce se remplissait et se vidait alternativement autour de lui. Il se réveilla une fois, le visage posé dans une flaque de vomi qui était peut-être le sien, peut-être celui d'un autre. Impossible de savoir. Il s'essuya avec son mouchoir et commanda encore du gin. Il se réveilla la deuxième fois recroquevillé sous un banc pour s'apercevoir qu'il n'avait plus son portefeuille autour de son cou, que ses poches étaient vides et sa montre arrachée à son gilet quoique le voleur eût oublié une pièce d'or dans le gousset, sans doute s'étant contenté de tirer sur la chaîne à la dernière minute.
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le_Bisonle_Bison   24 octobre 2017
il y avait des hommes comme lui cherchant un répit à l’écart de l’insidieuse poussière déposée par la fuite des jours, des hommes qui entraient et s’asseyaient en silence devant leur bière brune ou leur grog de rhum. Et lui, il regardait la poussière glisser sur eux à mesure qu’ils buvaient, et, en général après avoir commandé un deuxième verre, ils se tournaient pour parler à leur voisin et ainsi retrouvaient le fil de la journée rendue tout d’un coup supportable.
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le_Bisonle_Bison   28 septembre 2017
Si seulement il avait pu chauffer de l'eau pour récurer à la brosse et au savon noir. Mais il n'y avait ni brosse ni savon noir. Il avait hâte de laver la maison de son deuil, de la jeune épouse, de l'enfant mort, des mois de chagrin, des longues nuits d'hiver, des pleurs noyés dans le whisky, des jours si courts et pourtant interminables. Tous ces remords et ces "et si..." collés à ces murs comme un port des épaves par le fond invisibles mais aussi tangibles que les eaux des marées qui les recouvrent.
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