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ISBN : 9791094791141
Éditeur : Solanhets (27/02/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Appelé à effectuer son service militaire en 1929, G. Leretour déclare qu’il ne se rendra pas à la convocation parce que sa conscience lui interdit de porter les armes. Dès son arrestation, il entame une grève de la faim. Après de nombreux épisodes, dont un internement en asile psychiatrique à Strasbourg, une invraisemblable évasion, une période d’exil à Bruxelles et un nouveau jeûne de seize jours qui faillit lui coûter la vie, il est définitivement réformé en févri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
verobleue
  08 mars 2018
Grace à Masse Critique, Solanhets Éditeur m'a fait parvenir le livre « Soldat ? Jamais » de Gérard Leretour , réédition de l'édition originale de 1933. Je les en remercie.
C'est le témoignage de ce jeune homme de 20 ans, né dans une famille ouvrière normande et manoeuvre dans une usine, appelé au service militaire en 1929, qui écrit au ministère de la guerre. Il refuse de rejoindre son régiment parce que sa conscience lui interdit de porter des armes. Gérard Leretour ne reconnait pas l'autorité militaire qu'il juge immorale.
En note préliminaire, celui-ci en explique les raisons : le pacifisme pour supprimer l'obligation légale d'assassiner et de se faire tuer, lutter contre une minorité d'hommes et de puissances d'argent et entre autres, contrer la gloire militaire qui utilise l'armement et la violence pour expliquer la défense nationale.
Arrêté à son domicile 53 jours après l'envoi de la lettre, il est condamné pour insoumission à laquelle il répond par une grève de la faim. On lui refuse la réforme et est menacé d'être poursuivi pour mutilation volontaire. Il part s'exiler à Bruxelles et le tribunal militaire le condamne à 3 ans de prison pour désertion à l'étranger en temps de paix.
Le livre détaille toute son évolution, ses réflexions et ses démarches avant d'obtenir sa réforme en 33 au péril de sa vie : un internement en asile psychiatrique, son évasion de prison, son exil à Bruxelles et ses grèves de la faim.
Il y a beaucoup d'humour dans ce récit mais il montre également la propagande, l'acharnement, les vexations, les tortures mentales et physiques auxquelles il a dû faire face. Gérard Leretour a fondé, en 1936, la Ligue des Objecteurs de Conscience mais il ne parviendra malheureusement pas, surtout avec les menaces du fascisme sur l'Europe, à entraîner la jeunesse dans sa résistance antimilitariste.
Il faudra attendre 1963 pour obtenir la reconnaissance officielle du statut d'objecteur de conscience et l'introduction du service civil alternatif.
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M_a_r_c
  08 mars 2018
Tout d'abord, je remercie Babelio et les éditions Solanhets, qui m'ont gracieusement fait parvenir ce livre dans le cadre d'une opération « Masse Critique ».
Dans son livre intitulé Soldat ? Jamais !, Gérard Leretour, né en 1909 en Normandie raconte le combat qu'il a mené contre l'autorité militaire pour se faire reconnaître comme objecteur de conscience.
Partisan de la paix, farouchement hostile à la guerre et à tout ce qui est susceptible d'y conduire, Gérard Leretour refuse, lorsqu'il est convoqué par l'armée française, d'accomplir son service militaire. Face aux autorités, il opposera du début à la fin de son combat une résolution farouche. Il recourra à chaque fois que cela sera nécessaire à la seule « arme » qu'il estime avoir à sa disposition : la grève de la faim.
Son opiniâtreté, sa décision de mourir de faim plutôt que de renoncer à sa cause, lui vaudront finalement, après une dernière grève de la faim de 16 jours, dont il sortira épuisé, d'obtenir gain de cause et d'être réformé pour « inaptitude de conscience ».
L'objection de conscience ne sera pas reconnue immédiatement après le combat mené durant les années '30 par Gérard Leretour. Elle ne le sera que 30 ans plus tard, en 1963, par l'introduction en France d'une amnistie et d'un service civil alternatif. Il ne fait toutefois aucun doute que la détermination de Gérard Leretour, son pragmatisme dénué de toute velléité idéologique, auront constitué le terreau dans lequel la création de ce service civil alternatif plonge ses racines.
Le récit de Gérard Leretour est livré brut au lecteur. Page après page, dans un style simple et direct, Gérard Leretour invite le lecteur à la suivre dans son combat. On le voit se constituer volontairement prisonnier, résister à l'autorité militaire, entamer des grèves de la faim. S'il a parfois des moments d'hésitation, de découragement, jamais il ne faiblit. Jamais il ne courbe l'échine. Jamais il n'envisage de faire machine arrière. Parfois il donne l'impression de reculer, notamment lorsqu'il quitte la France pour se réfugier à Bruxelles, mais ce n'est que pour mieux reprendre son combat ensuite. Gérard Leretour s'est fixé un but et il entend l'atteindre à n'importe quel prix, même sa vie.
L'histoire de Gérard Leretour est avant tout un plaidoyer pour la paix. le pragmatisme, la détermination et le renoncement dont il fait preuve permettent aussi de dépasser ce cadre et de montrer plus largement ce dont un homme, seul ou presque, est capable quand il ne permet pas à sa volonté de lui faire défaut.
Quand il s'est mis « hors-la-loi » par rapport à ses obligations militaires, Gérard Leretour n'était qu'un jeune d'un peu plus de 20 ans, avec des attaches ici ou là, des relations dans les milieux favorables à sa cause, mais il a commencé son combat à peu près seul. Les soutiens sont certes venus par la suite, mais c'est avant tout sa détermination, son engagement, qui lui ont permis de ne pas se laisser broyer par la machine militaire, de tenir durant ses grèves de la faim et, finalement, d'obtenir d'être réformé pour inaptitude de conscience.
Humainement, la force de caractère de ce jeune homme étonne et impose le respect. Encore aujourd'hui.
Une phrase, de son avocat, Maître Chazette, résume tout l'engagement de Gérard Leretour : « Il revendiqua hautement son droit de mourir pour la cause qui lui paraissait juste : ne pas apprendre à tuer. »

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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hotaru
  31 mars 2018
Soldat? Jamais!
Livre témoignage, “Soldat? Jamais!” raconte le témoignage d'un jeune homme de vingt ans qui refuse de prendre les armes car, celui-ci a compris que la plupart des conflits n'engagent que deux hommes de pouvoirs.
Soldat ? Jamais ! est un livre poignant qui relate la force et le courage que cet homme a de refuser la violence parce qu'il y a un problème de dirigeants.
Né dans une famille normande G.Leretour est appelé a défendre son pays. Nous sommes alors en 1929. Ses valeurs vont à l'encontre de se battre contre l'ennemi.
Pacifiste Gerard Leretour, dénonce les raisons qui motivent les soldats a se battre. Pour lui, se battre pour défendre l'honneur de la patrie est immoral parce que la guerre est synonyme de violence, de peur et de barbarie.
Suite à la convocation qu'il a reçu pour aller au combat ? G Leretour envoie une lettre au dirigeants de son pays pour expliquer ses motivations de ne pas rejoindre les rangs de l'armée.
Arrêté chez lui après l'envoi de cette lettre, il est condamné pour insoumission. Suite à cet acte il entame une grève de la faim. Il part ensuite s'exiler à Bruxelles.
Très bien écrit, Soldat ?Jamais ! est un témoignage qui amène à la réflexion et nous pose les bonnes questions. Pourquoi se bat on ? suis-je manipulé par le gouvernement ? Ne serais plutôt pas un problème entre deux chefs d'état ?

Les peuples ne devraient pas avoir peur de leurs gouvernements. Les gouvernements devraient avoir peur du peuple. (V pour Vendetta
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
verobleueverobleue   08 mars 2018
On commence à Bruxelles à se trouver aux premiers contacts de la civilisation germanique, et l'on retrouve chez les habitants cette faculté de s'organiser en de formidables groupements politiques, syndicaux, coopératifs ou autres. Les Belges aiment les parades, les défilés musique en tête, en ordre, par groupes massifs.
Malheureusement,cette tendance à la disparition de l'individualité se retrouve sous d'autres formes. Ils supportent beaucoup de choses sans se plaindre, de la part de ceux qui les exploitent ou qui les oppriment, et ce n'est que lorsque leur organisation a donné un ordre de protestation, grève ou autre, qu'ils agissent.
Individuellement, ils supportent sans murmurer de multiples, d'innombrables vexations ou oppressions. En un mot, ils ont l'épiderme beaucoup moins sensible que le Français, qui rue plus facilement dès qu'une mouche le pique.
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verobleueverobleue   08 mars 2018
La stabilité dans l'administration comme dans l'armée est une belle et grande chose. Elle vous donne la mesure de leur médiocrité. Elle vous dispense de tout effort d'intelligence, d'esprit critique et d'observation : la troisième fois que je pénétrai à la Prévôté, deux années après avoir fait ma première connaissance avec ses cellules, ses bâtiments, ses règlements et ses gardes, je m'imaginais être venu la veille, tant rien, ni hommes, ni choses, n'avaient changé de place, de forme ou de mœurs. Les verrous grincent toujours; le pauvre diable qui se morfond dans sa cellule ressemble étrangement à celui que j'y vis l'autre fois et les chiourmes viennent toujours pisser dans la même tinette. Je retrouvai sur le mur les mêmes inscriptions de révolte, de désespoir ou d'obscénité. L'odeur de fauve n'était ni plus, ni moins forte qu'autrefois; décidément, je crus que je me trompais : il n'y avait pas deux ans que j’étais passé ici, c'était hier!
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verobleueverobleue   08 mars 2018
Si l'on ajoute à cela que le Belge est en général francophile, qu'il suffit de mettre sa qualité de Français en avant pour être aussitôt estimé, on se rendra compte que la vie en Belgique est acceptable. Je dois préciser toutefois, que cette francophilie des Belges, c'est surtout vrai pour la partie d'expression française de la population ; chez les Flamands, leurs dispositions à notre égard sont beaucoup plus froides, sinon hostiles.
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hotaruhotaru   15 mars 2018
La guerre n'est que la conséquence logique de l'existence de l'armée
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