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ISBN : 2851979442
Éditeur : L'Herne (05/10/2011)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :

D'un côté, une foi demeurée vive, un profond appétit de pureté et un grand désir d'aimer Dieu accompagné de la terreur de la damnation éternelle ; et, de l'autre côté, l'ardeur des passions charnelles, leur attrait irrésistible, les tentations obsédantes, etc. Ces inconciliables partis se heurtent dans l'âme de l'adolescent, Octave de Fontclare. Maurras soulève ici des thèmes unive... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
BVIALLET
03 février 2012
Le jeune Octave va bientôt avoir 14 ans. Il est interne chez les Pères des Saints Coeurs de Jésus et de Marie et se prépare à recevoir la première communion. Attiré par la perfection, il se reproche sa tiédeur et surtout les désirs charnels qui viennent troubler ses nuits au dortoir. Son confesseur lui explique que s'il se munit d'un scapulaire, (« pièce d'étoffe passée sur les épaules, descendant sur le dos et sur la poitrine, au port duquel sont attachés des privilèges spirituels » dixit le Larousse), il pourra efficacement résister à la tentation. Mieux, s'il le garde en permanence contre sa peau et s'il se présente ainsi le jour de sa mort, il ira tout droit au paradis. Mais comme Octave est un être épris d'idéal et une sorte d'extrémiste du désespoir, il va pousser cette démarche jusqu'à sa limite, c'est à dire l'absurde.
Cette nouvelle ou ce conte assez court (une quarantaine de pages) fit partie d'un recueil intitulé « Le chemin du Paradis » publié en 1895, puis retiré neuf fois de suite par l'auteur lui-même en raison de l'incompréhension de ses contemporains. Cette crainte levée à notre époque où l'emprise catholique est nettement atténuée, il est possible de rééditer ce texte ambigu et assez beau, faisant partie des écrits de jeunesse de l'auteur. Il pose le problème de la foi, de la tiédeur voire du doute, des moyens de la rédemption, de la tentation du suicide chez les êtres jeunes et fragiles et surtout celui du sens de la vie en général. le lecteur sentira combien Maurras a mis de lui-même dans le personnage d'Octave et touchera du doigt le paradoxe des dualités haine-amour, souffrance-jouissance, vie-mort, construction-destruction et foi-doute. La longue préface (30 pages) de B.Cyrulnik est intéressante. Dommage que l'auteur se soit laissé aller à des extrapolations qui n'ont pas grand chose à voir avec le texte. La présentation de Nicole Maurras montre à quel point cette histoire tenait à coeur au félibrige de Martigues. Un seul reproche à cette édition illustrée par quelques jolies gravures de Paul Devaux : un trop grand nombre de coquilles au détour des pages.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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johaylex
17 février 2012
gagné par masse critique
« La bonne mort » de Charles Maurras, la beauté par-delà la bien et le mal

La gloire de Charles Maurras qui fut académicien, a largement été éclipsée par son passé d'antidreyfusard et de vichyste, au point que certains se soient focalisés sur l'Action française et aient relégué dans l'oubli son oeuvre littéraire. Occultée par son idéologie prônant un « nationalisme intégral », celle-ci mériterait peut-être pourtant d'être épargnée du sceau d'infamie ayant dégradé l'auteur. La question éthique de la séparation d'une oeuvre et de son auteur étant sujette à passions et dépassant le cadre d'une critique littéraire, il sera plus pertinent de nous limiter à l'oeuvre et de ne pas entrer dans des considérations morales, voire parfois légales, qui risqueraient de se résoudre par la censure ou la douleur.
On peut donc saluer l'excellente initiative des éditions de l'Herne de publier certains textes de Charles Maurras de nature à éclairer son talent poétique. C'est ainsi que « la bonne mort », conte ou nouvelle initialement inclus dans l'un de ses premiers recueils « chemins de paradis » est parvenue dans mes mains suite à l'opération masse critique.
C'est d'abord un bel objet, une couverture de qualité et une typographie élégante de couleur bleu roi. C'est ensuite une préface intéressante de Boris Cyrulnik (le théoricien de la résilience), préface destinée à l'explication de son nationalisme, de son antisémitisme et, surtout, de son rapport à la mort par notamment un séduisant parallèle fait avec Yukio Mishima.
Vient enfin le conte.
Octave, adolescent de quatorze ans élevé en internat catholique, plus précisément un Carmel, commence à ressentir les premiers émois de son âge au moment-même des premiers éclairs de doute religieux. Désir sexuel d'incarnation et désir spirituel de pureté ne peuvent produire qu'une tension devenant tragique si celle-ci n'est pas résolue.
On sent l'influence de Joseph de Maistre, le monarchisme de Maurras pouvant puiser dans ce penseur contre-révolutionnaire, influence manifeste dans la montée symétrique du Bien et du Mal dans la pensée du jeune Octave : est-il le propre Judas de son âme ou un Jésus ? C'est à cette ambiguïté que conduit le symbole de Lucifer vu par les chrétiens : il est l'ange déchu mais désigne aussi Jésus lui-même, « le porteur de lumière », et c'est ce que sous-entend la pensée De Maistre.
Dans ce monde affligé du pêché originel, le Salut est inaccessible, et toute velléité vers la lumière est vouée à l'échec puisque c'est le Mal qui domine la création. Et même si Maurras émet l'éventualité de bonté de dieu, sa probable transcendance ne peut susciter la confiance des hommes.
Le texte peut aussi être lu comme une critique assez violente du catéchisme dans ce qu'il peut mettre en avant de littéralité dans l'enseignement religieux, Maurras l'avait d'ailleurs par la suite retiré de « chemin de paradis » pour ne pas offenser ses proches.
Du point de vue littéraire, autant le dire, le style est d'une beauté à pleurer et la violente simplicité de l'intrigue font que « la bonne mort » résonne encore après sa rapide lecture (une trentaine de pages).
Et le geste ultime d'Octave est l'apothéose d'un conte qui est encore d'une brûlante actualité, aussi bien sensuelle que littéraire. Quant au paragraphe d'épilogue, il est un poème en prose à lui-seul.
Une réussite et, pour moi, une agréable découverte.



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debrouille
05 février 2012
Octave, adolescent de 14 ans, réside comme étudiant chez les Pères des Saints Coeurs de Jésus et de Marie. Malheureusement pour lui, sa foi est continuellement remise en question par sa volonté de perfection : les rêves de luxures ne seraient-ils pas en eux-même des pêchés ? de plus, la foi d'Octave n'a comme seul objectif et obsession son sort après sa mort et son éventuel destination vers l'enfer. Il va donc sans relâche chercher des solutions à son problème, au travers des absolutions et d'un soit disant scapulaire qui lui garantirait dans le pire des cas un passage au purgatoire. Cette idée fixe va le conduire dans les méandres d'horribles cauchemars dont la seule issue ne peut être que fatale.
A travers cette courte nouvelle issue du recueil « Chemin de paradis », Charles Maurras, alors âgé de 24 ans, nous montre toute la complexité de sa pensée. Ce texte est le reflet de cet adolescent torturé par la peur du pêché, des femmes, tout en utilisant l'imagerie catholique. Si l'on fait abstraction de son passé politique, le texte de Charles Maurras n'est pas dénué d'intérêt, tant le problème du suicide chez les adolescents reste encore aujourd'hui d'actualité. On ne peut cependant pas oublier que cette peur va se transformer en haine contre la communauté juive, bien je me garde de donner une quelconque explication sur les actions de l'homme politique.
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BVIALLET
03 février 2012
Le jeune Octave va bientôt avoir 14 ans. Il est interne chez les Pères des Saints Coeurs de Jésus et de Marie et se prépare à recevoir la première communion. Attiré par la perfection, il se reproche sa tiédeur et surtout les désirs charnels qui viennent troubler ses nuits au dortoir. Son confesseur lui explique que s'il se munit d'un scapulaire, (« pièce d'étoffe passée sur les épaules, descendant sur le dos et sur la poitrine, au port duquel sont attachés des privilèges spirituels » dixit le Larousse), il pourra efficacement résister à la tentation. Mieux, s'il le garde en permanence contre sa peau et s'il se présente ainsi le jour de sa mort, il ira tout droit au paradis. Mais comme Octave est un être épris d'idéal et une sorte d'extrémiste du désespoir, il va pousser cette démarche jusqu'à sa limite, c'est à dire l'absurde.
Cette nouvelle ou ce conte assez court (une quarantaine de pages) fit partie d'un recueil intitulé « Le chemin du Paradis » publié en 1895, puis retiré neuf fois de suite par l'auteur lui-même en raison de l'incompréhension de ses contemporains. Cette crainte levée à notre époque où l'emprise catholique est nettement atténuée, il est possible de rééditer ce texte ambigu et assez beau, faisant partie des écrits de jeunesse de l'auteur. Il pose le problème de la foi, de la tiédeur voire du doute, des moyens de la rédemption, de la tentation du suicide chez les êtres jeunes et fragiles et surtout celui du sens de la vie en général. le lecteur sentira combien Maurras a mis de lui-même dans le personnage d'Octave et touchera du doigt le paradoxe des dualités haine-amour, souffrance-jouissance, vie-mort, construction-destruction et foi-doute. La longue préface (30 pages) de B.Cyrulnik est intéressante. Dommage que l'auteur se soit laissé aller à des extrapolations qui n'ont pas grand chose à voir avec le texte. La présentation de Nicole Maurras montre à quel point cette histoire tenait à coeur au félibrige de Martigues. Un seul reproche à cette édition illustrée par quelques jolies gravures de Paul Devaux : un trop grand nombre de coquilles au détour des pages.
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sobierski
16 mars 2012
Détachons l'homme politique de l'écrivain. A ne pas en douter, sa plume se rapproche de la Beauté littéraire. Goûtons l'excellence de l'émotion et de la langue française.
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
BVIALLETBVIALLET03 février 2012
"Le suicide au scapulaire" permet d'associer la mort libératrice avec la beauté et la morale. "Ah ! Mourir, mon Seigneur, en Vous ! Mourir vêtu du scapulaire... Pur, en vêtements blancs comme un ange de Pâques... La corde au cou (cordelette du scapulaire), Octave est monté sur le parapet. Il prépare le petit geste qui va suffire à le tirer de l'inquiétude... Il resserre le noeud qu'il a formé lui-même autour de sa gorge, s'élance du balcon de pierre et fait comme il a résolu... son corps fluet se balance dans la lumière..."
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