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ISBN : 2290134104
Éditeur : J'ai Lu (31/08/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.76/5 (sur 753 notes)
Résumé :
Dédié à Laurent de Médicis, Le Prince est une œuvre nourrie par l'expérience d'ambassadeur de son auteur. Machiavel y définit les fins du gouvernement : sur le plan extérieur, maintenir à tout prix son emprise sur les territoires conquis ; sur le plan intérieur, se donner les moyens de rester au pouvoir. Parce que les hommes sont égoïstes, le prince n'est pas tenu d'être moral. Il doit être craint en évitant de se faire haïr par le peuple. La réduction de Machiavel ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
26 mai 2012
J'ai lu le Prince, probablement trop naïvement, sans m'être renseignée au préalable, m'imaginant sûrement y découvrir les secrets de l'âme ténébreuse de tous les grands manipulateurs froids et cyniques, dont la célèbre Marquise de Merteuil des Liaisons Dangereuses pourrait être le parangon.
Et donc, je ne vous cacherai pas que j'ai été quelque peu déçue en en découvrant la teneur véritable. En fait il s'agit plutôt d'un essai écrit par un conseiller zélé mais somme toute fort honnête dans son dévouement à son « prince ». Cela pourrait s'intituler « leçons de sociologie et de stratégie politiques à l'usage des dirigeants inexpérimentés ». Voici donc une suite de conseils, certes avisés, mais pas spécialement retors comme on pouvait s'y attendre. Lorsque Niccolò Machiavelli se risque à proposer une attitude pas nécessairement en accord avec les codes éthiques et les préceptes communément admis de la morale judéo-chrétienne, cela relève davantage du bon sens politique que d'une extraordinaire fourberie. J'irais même jusqu'à penser que ces conseils soi-disant « machiavéliques » sont incommensurablement plus moraux que l'agissement ordinaire de n'importe quel homme politique ordinaire de ces cinquante dernières années.
Pour ce faire, l'auteur s'appuie soit sur l'histoire ancienne (antiquité), soit sur l'histoire récente (le XVème siècle) de la péninsule italienne (car bien évidemment, l'Italie telle que nous la connaissons n'a que 150 années d'existence, il s'agissait à l'époque de Machiavel d'une mosaïque de cités états ou de petits royaumes).
Cet essai est très didactique pour les jeunes souverains de l'époque, peut-être un peu moins de nos jours. Son crédo semble être : "Appuyez-vous sur le soutien populaire, méfiez-vous des courtisans et des proches du pouvoir." Machiavel y définit les différents types d'état qu'un « prince » peut être amené à diriger ; puis il disserte de l'art et de la manière de conquérir et/ou conserver le pouvoir selon différentes situations ; il aborde ensuite la délicate question militaire, la main armée que le prince doit toujours savoir mettre dans sa poche s'il tient à sa place ; par la suite, il donne des conseils de démagogie, de compromission ou de trahison visant encore et toujours à asseoir et à maintenir le pouvoir ; enfin il en termine avec une partie que l'on peut qualifier de « stratégie à long terme et vision pour l'Italie » qui est celle qui nous dévoile probablement le mieux le dessein, l'idéologie et la ligne politique propre de Nicolas Machiavel.
En somme, un ouvrage intéressant d'un point de vue historique ou politique mais finalement très mou du genou en ce qui concerne véritablement le « machiavélisme ». Ce Niccolò Machiavelli était sans doute trop droit et dévoué à son souverain pour être tout à fait à mon goût, mais bien évidemment, cet avis sans machiavélisme aucun, n'est qu'un misérable petit avis de rien du tout, c'est-à-dire, pas grand-chose. Si vous êtes un prince, vous pouvez vous permettre de le négliger totalement.
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steka
05 février 2013
MACHIAVÉLIQUE ?
Les écrits de Machiavel lui ont valu de féroces inimités. Avec la particularité, remarquable, que cette hostilité s'est perpétuée à travers les siècles jusqu'à aujourd'hui. Ses ennemis ont même réussi à imposer dans le vocabulaire le terme "machiavélique" comme synonyme de : perfidie, traîtrise, manque de scrupule. A travers cette fallacieuse utilisation de son nom, Machiavel se trouve donc doté d'une fort mauvaise réputation dans l'histoire; privilège que seul Le Marquis de Sade partage avec lui pour des raisons toutes aussi abusives et mensongères. Mais qui sont donc ces ennemis si acharnés et que l'on retrouve en presque toutes les époques depuis la publication de ces écrits? C'est bien entendu en lisant Machiavel, avec l'attention qu'il mérite, que l'on trouve la réponse. Car l'on constate alors que Machiavel y décrivit avec un goût de la vérité et une extraordinaire lucidité l'ignominie du pouvoir et de la domination, de ses représentants de toutes catégories et de tout temps; leurs moeurs, leurs manières d'agir, leurs crimes. C'est ce dévoilement radical de l'infamie des puissants qui ne lui a pas été pardonné. C'est pourquoi il se trouve encore aujourd'hui des gens se prétendant historien attribuant aux "idées de Machiavel" la responsabilité de ce qui n'est rien d'autre que la pratique de leurs maîtres et l'évidence de leur propre servitude.
-Le personnage
Car il faut comprendre que Machiavel du fait des circonstances de l'époque, n'aurait tout simplement pas eu la moindre possibilité de faire paraitre un livre "contestataire". Mais il lui brulait de mettre en lumière ce qu'il avait compris des moeurs de la domination (de par son emploi, il était extrêmement bien informé et il n'avait pas les yeux dans sa poche). Il choisit donc la seule voie qui lui était possible en rédigeant son livre sous la forme d'un ouvrage pour l'édification des princes et en le dédiant aux Médicis (la famille dominante de Florence).
Ce qui lui permit de tout dire. Mais ce n'était bien sur pas aux princes qu'il s'adressait en vérité, mais au contraire à tous ceux qui pourraient estimer que ces logiques politiques là devaient cesser, n'étaient pas tolérables. Dans le Prince, l'on ne trouve donc pas des "conseils" mais la mise en lumière des pratiques courantes de la domination, de ce qui se faisait partout alors en Italie (et ailleurs aussi) dans les nombreuse principautés.
Aucun cynisme donc chez Machiavel, mais au contraire une très sérieuse prise de risque !
Par chance, le Médicis qui reçut l'ouvrage, soi-disant en hommage, reçut le même jour en cadeau une meute de chiens de chasse qui monopolisèrent toute son attention et abandonna le livre dans un coin. C'est ainsi que "Le Prince" put commencer sa brillante carrière. Il y a différentes manières de dire le vrai; il faut aussi espérer des lecteurs qui en trouvent l'usage. Peu de temps après La Boétie écrivit son "De la servitude volontaire" qui ne parut que 20 ans après sa mort, et fort discrètement.
-Le contexte
Machiavel vivait à Florence qui était somme toute une petite entité, menacée constamment par des ennemis diverses. Il y a chez lui un profond attachement à sa ville qui se trouvait également être à l'époque l'un des principaux centre culturel de l'Europe. Cet attachement n'est pas une forme de nationalisme mais au contraire un sens du commun, de l'appartenance à un tout. A cela, on peut rajouter une forte conscience du devenir historique, des changements possibles. Tout démontre que Machiavel n'était pas un ambitieux, tout au moins dans le sens mesquin et égotiste que l'on donne à ce terme aujourd'hui. Seule la possibilité d'agir lui importe; il est un citoyen à part entière, dans un sens que la médiocrité de notre époque rend difficile à saisir.
C'est au moment où Florence est une république qu'il déploie pleinement son activité. Il écrit seulement quand il n'y a rien de mieux à faire, quand il est maintenu à l'écart. Car son intelligence inquiète les médiocres qui pour cette raison le maintiennent dans des postes secondaires.
Il faut donc aussi envisager le Prince comme un agir, lié à des circonstances particulières (les Médicis sont au pouvoir) mais qui espère bien viser au-delà historiquement.
Quelles sont les possibilités d'une époque ? de quelle manière agir à un moment donné en prenant en compte l'ensemble des circonstances présentes ? Tout en sachant que l'on pouvait fort bien finir égorgé au coin d'une rue, si quelque potentat vous trouvait trop encombrant ou trop clairvoyant. La publication anonyme d'un ouvrage comme le Prince n'était à mon avis ni possible, ni adéquate ; car Machiavel vise sciemment au-delà de lui-même. Ce n'est donc qu'en lui donnant cette forme qu'il pouvait alors le pousser comme nouveau pion dans l'histoire même.
Avec le Discours sur la première décade de Tite-Live, le ton sera tout différent, le désir d'agir sur son temps tout similaire.
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lecassin
29 juin 2013
Un traité brillantissime à l'usage des détenteurs du pouvoir. Tout au moins à ceux de l'époque où il a été écrit (1532) au début du XVI ème siècle, car l'ouvrage n'est pas aussi machiavélique que l'on pourrait l'imaginer ; au sens moderne du mot.
Un ouvrage qui s'attache à définir dans un premier temps les notions de monarchie et de république à la lumière des états de l'époque ; puis de théoriser la conquête du pouvoir et la méthode pour le conserver… le tout hors de la morale communément admise.
Édifiant…
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jsgandalf
26 mai 2012
Le Prince de Machiavel n'est bien sûr pas aussi machiavélique que le nom commun qu'a donner son auteur. Ce n'est peut être aussi pas son écrit le plus provocateur. Par contre, il faut le replacer dans l'époque pour comprendre la rupture que ce livre va opérer. Jusqu'à Machiavel tous les traités du bien gouverner étaient basés sur les bonnes moeurs chrétiennes qu'un prince se respectant devait obligatoirement essayé de tenir. Ne nous leurrons pas, ils n'essayaient pas vraiment. Mais les futurs dirigeants étaient tout de même éduqué dans cette optique. L'auteur, lui était en rupture avec la vision chrétienne du monde, il s'apparentait plus à la philosophie libertine, matérialiste. La rupture de Machiavel dans ce livre qu'il offre à son protecteur est qu'un prince étant au-dessus des autres ne doit pas et surtout n'est absolument pas tenue de part sa place de respecté les bonnes règles. Qu'un seul but importe vraiment, comment prendre le pouvoir, et le conserver. Mais Machiavel sait que si le prince veut pouvoir conserver son pouvoir et ne pas être détesté de son peuple, il doit fournir une apparence de respect des us et coutumes. Il pousse le réalisme politique à prévenir le prince que s'il veut garder son pouvoir, il doit s'appuyer sur le peuple et non les grands qui lorgnent sur son trône. le machiavélisme au sens stricte est plutôt un réalisme politique, encore utilisé de nos jours par beaucoup de nos hommes politiques : caressant pour obtenir le pouvoir et faire le contraire en nous laissant croire que c'est pour notre bien, qu'ils y sont obligé. Bien qu'il soit indubitablement un livre de cours, de flatteries, ainsi que beaucoup d'autres oeuvres italiennes de la renaissance, protection oblige, c'est un livre claire voyant sur la politique des anciennes royautés que sur celle des républiques actuelles.
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Levant
03 septembre 2016
En 1832, est publié, à titre posthume, le traité de stratégie militaire d'un général prussien, Carl von Clauzewitz, titré de la Guerre. Parmi les nombreuses réflexions qui émaillent cet ouvrage, j'ai retenu celle-ci : "La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens".
En 1532, est publié, à titre posthume aussi, cet ouvrage de Nicolas Machiavel, homme politique et philosophe italien, titré le Prince. Il s'agit là aussi d'un traité mais dont la substance est de conseiller un prince sur la bonne politique à mettre en oeuvre pour conserver le pouvoir sur une province conquise, le plus souvent par la guerre forcément.
Son ouvrage s'adressait en fait à celui dont il voulait ni plus ni moins que s'attirer les faveurs, le savoir puissant en une principauté la plus large possible : Laurent de Médicis, dit le magnifique. Machiavel rêvait déjà d'une Italie unifiée, avec bien sûr à sa tête ce Médicis qui avait recueilli son suffrage. Un Italie débarrassée des "barbares" qui tour à tour ont occupé son sol, au premier rang desquels figuraient les Français. Eh oui !
On sait que cette aspiration d'unification ne se sera exaucée qu'en 1870.
Dans ce petit traité, Nicolas Machiavel s'attache à nourrir la réflexion de ce prince auquel il destine son ouvrage afin qu'il dure en son règne, et que dure par là même l'avantage qu'il en tirera. Beaucoup de sagesse dans ces réflexions, on ne peut plus intéressées, parmi lesquelles celle-ci qui conseille au prince d'être craint de ses sujets sans jamais s'attirer la haine. Et cette autre qui fait la quatrième de couverture aux éditions De Borée : "Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec le force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes."
Un ouvrage pas vraiment divertissant, je vous le concède, mais intéressant sur la psychologie de ce personnage qui ne fit jamais rien que par calcul. Un brin machiavélique quand même !
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Les critiques presse (3)
Bibliobs02 janvier 2013
Mis à l'Index par l'Inquisition mais porté aux nues par Nietzsche, «le Prince», de Machiavel, traité brillantissime sur l'exercice du pouvoir, mériterait d'être mieux lu par ceux qui nous gouvernent...
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde17 décembre 2012
Une façon subtile et convaincante, aussi, de proposer un nouveau regard sur ce grand texte classique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation17 décembre 2012
Une nouvelle édition riche en illustrations et documents sur l’univers de Machiavel, ses sources d’inspiration, sa postérité.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
ugo23ugo2303 août 2012
Il y a trois sortes d'esprit. Les uns entendent par eux-mêmes ; les autres comprennent tout ce qu'on leur montre ; et quelques uns n'entendent, ni par eux, ni par autrui. Les premiers sont excellents, les seconds sont bons, et les derniers inutiles.

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Nastasia-BNastasia-B17 avril 2013
Beaucoup se sont imaginés des républiques et monarchies qui n'ont jamais été vues ni connues pour vraies. En effet, il y a si loin de la façon dont on vit à celle dont on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui se devrait faire apprend plutôt à se détruire qu'à se préserver : car un homme qui en toute occasion voudrait faire profession d'homme de bien, il ne peut éviter d'être détruit parmi tant de gens qui ne sont pas bons. Aussi est-il nécessaire à un prince, s'il veut se maintenir, d'apprendre à pouvoir n'être pas bon, et d'en user et n'user pas selon la nécessité.
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Ma-ah-n0nMa-ah-n0n03 mai 2012
Donc, puisqu'un Prince est obligé de savoir imiter les bêtes en temps et lieu, il doit surtout prendre pour modèles le Lion et le Renard : le Lion ne sait pas éviter les filets ; le Renard ne peut se défendre contre les Loups. Il faut donc être Renard pour découvrir les pièges, et Lion pour se défaire des Loups. Ceux qui se contentent d'être Lions, manquent d'intelligence.
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enkidu_enkidu_06 septembre 2014
Les hommes marchent presque toujours dans des sentiers déjà battus ; presque toujours ils agissent par imitation ; mais il ne leur est guère possible de suivre bien exactement les traces de celui qui les a précédés, ou d’égaler la vertu de celui qu’ils ont entrepris d’imiter. Ils doivent donc prendre pour guides et pour modèles les plus grands personnages, afin que, même en ne s’élevant pas au même degré de grandeur et de gloire, ils puissent en reproduire au moins le parfum. Ils doivent faire comme ces archers prudents, qui, jugeant que le but proposé est au delà de la portée de leur arc et de leurs forces, visent encore plus loin, pour que leur flèche arrive au point qu’ils désirent atteindre. (chapitre VI)
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skysoskyso24 juin 2010
Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes.
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Videos de Nicolas Machiavel (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Machiavel
""Nicolas Machiavel, Historien, comique et tragique", une émission de radio diffusée sur France Culture, en 2008, dans la série "Une vie, une œuvre".
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