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EAN : 9782070724673
1328 pages
Éditeur : Gallimard (26/09/1991)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Michel est un garçon de vingt ans, ancien élève des Pères, ardent, intelligent et pauvre, qui débarque à Paris dans les années vingt pour y terminer ses études. Il découvre Paris : musique, peinture, théâtre, littérature, et le plaisir. Il y a de quoi l'enivrer quand intervient un événement qui le fait changer de direction. Son ami Régis, demeuré à Lyon, lui apprend qu'il veut devenir prêtre, et même jésuite, et en même temps qu'il aime une jeune fille nommée Anne-M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  26 août 2014
En flânant par-ci par-là sur les blogs et forums littéraires, je suis fréquemment tombé sur Les deux étendards de Rebatet, véritable chef-d'oeuvre aux dires de ses admirateurs, qui ne doit le silence qui l'entoure qu'à la réputation sulfureuse de l'écrivain. Auteur d'un pamphlet pro-nazi devenu best-seller en France en 1942, condamné à mort à la Libération, puis gracié de justesse, on peut en effet comprendre qu'il n'ait pas été reçu à bras ouverts par la suite. Comme je sépare facilement une oeuvre de la personne qui l'a créée, je me suis lancé, après deux bonnes respirations, dans ce pavé de 1300 pages.
Michel est un jeune homme de vingt ans, fraîchement sorti d'une école religieuse. Son scepticisme s'est développé durant les dernières années de cours, et il laisse tomber toute la religion pour se consacrer à l'art. Il rencontre cependant sur son chemin Régis, amoureux d'Anne-Marie. Les deux tourtereaux choisissent de célébrer leur amour en le sacrifiant, Régis entrant chez les Jésuites, Anne-Marie prenant la direction du couvent. Si Michel raille au début cette curieuse décision, elle lui fait toutefois forte impression. Lui qui n'a connu que des aventures d'un soir jalouse cet amour élevé. À force de fréquenter ses deux amis, il tombe lui aussi amoureux d'Anne-Marie, décide de renier son incroyance et de battre Régis sur le plan de la foi, seule manière d'atteindre le coeur de son aimée.
Soyons franc, le fameux chef-d'oeuvre ne m'a pas fait forte impression. J'ai été rebuté d'emblée par le style, que j'ai trouvé horriblement vieillot. L'utilisation de l'argot renforce cette impression : autant il peut être percutant quand il touche le lecteur, autant un argot démodé devient vite embarrassant à lire. de même, l'auteur est probablement très érudit, mais emploie mal ce savoir dans son roman : il nous gratifie de temps en temps de copieux pavés sur la musique, la peinture, la philosophie, la théologie, ... qui brisent totalement le rythme du récit et qui semblent être là uniquement pour épater la galerie.
Je rangerai ce roman au côté de ceux de Bernanos, dans la catégorie « J'ai rien compris ». La foi, le mysticisme, la religion catholique en général ont une grande place dans ce livre. Rebatet n'en fait pas l'apologie et certains passages sont même violemment anticléricaux, mais sans une connaissance solide de ces sujets, on ne saisit pas vraiment ce qu'il se passe. Je me suis retrouvé plusieurs fois la tête entre les mains, à tenter de comprendre pourquoi un personnage passait de la plus grande joie aux pires tourments alors que rien d'important ne s'était passé pour moi. Sans parler de la décision initiale de Régis et d'Anne-Marie, qui m'a laissé dubitatif dès le départ, malgré tous les superlatifs employés pour célébrer la grandeur de leur amour.
Pour résumer, je ne conseillerai Les deux étendards qu'aux lecteurs fortement imprégnés de culture catholique, qui me semblent les seuls à pouvoir apprécier ce roman à sa juste valeur. Les autres risquent de se faire du mal pour rien.
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Icijyt
  08 juin 2020
Les deux étendardsLucien Rebatet
L'anté Idiot
Lire Rebatet à 60 ans en 2020 n'est pas comme lire Céline dans les années 70 à 20 ans.
Donc impossible de lire « Les Deux Etendards » sans penser à la position de Rebatet pendant l'occupation. Et la question est : Qu'en transparaît-il dans son roman ?
C'est dans un premier abord, comme pour Celine, le style qui intrigue s'il ne séduit pas. Ils sont à l'opposé, certes, il n'y a pas chez Rebatet le désire de transfigurer l'écrit littéraire, il y a au contraire une jubilation pour un certain classicisme (Proust). Les univers stylistiques des deux auteurs sont très éloignés l'un de l'autre. Mais Rebatet a aussi sa « petite musique ».
On commence et on pense au Grand Maulnes et puis à la mesure de ce long texte, il devient de plus en plus difficile de savoir où on se situe. On lit ce roman et on pense à Stendhal ou à Dostoievski. Un «anté-Idiot» ou une Chartreuse de Lyon.
Des fulgurances traversent ce roman, le lecteur est bousculé d'un extrême à l'autre comme dans un grand huit. (Helter-Skelter) - le personnage principal nous surprend, nous déçoit, nous ennuie.
Est-ce le fait que ce livre a été publié après la guerre que l'auteur n'a pas voulu faire apparaître son antisémitisme premier ? Où tout simplement, est-il passé à autre chose. La question du christianisme, de l'innocence, de la morale se retrouve ici fortement posée. Il va s'agir de chrétienté, beaucoup de chrétienté. de longs dialogues sont le moyen d'exposer une connaissance profonde de la religion catholique. le but étant de mettre en exergue toutes ses contradictions, ses roueries, manipulations. On pourrait s'attendre à ce que les juifs soient mis au pilori mais ce n'est pas le cas,.
Par un anti-cléricalisme féroce, la religion est la cible, pas la foi. de longs passages composent une analyse clinique, voire chirurgicale de la religion, de ses fondamentaux, de sa liturgie et de sa pratique. Tout y passe, les évangiles et les exégètes, l'Eglise, les prêtres et les croyants. On est perplexe devant ces ratiocinations et logorrhées, puis on se dit que les personnages ont à peine vingt ans, l'âge des questions et des débats sans fin où le doute fait bon ménage avec les certitudes.
La foi est disséquée (Dostoievski) comme l'amour (Stendhal), assez crument d'ailleurs, l'une comme l'autre ; leurs composants grotesques et absurdes ne sont pas éludés.
L'amour… Au milieux de ce fatras brinquebalant, on y trouve les plus belles pages de littérature, chargée de délicatesse, de sensibilité sans sensiblerie, le je ne sais quoi et le presque rien, l'art de l'évitement, de l'hésitation, de l'angoisse de l'échec, du fiasco (Stendhal encore). le corps et ses apprets, le corps et ses formes, le corps et ses substances sont décrits avec bienveillance même dans ses aspects les plus triviaux. le sublime étant évidemment celui de l'être aimé avec l'érotisme le plus trivial, animal mais finalement le plus romantique. Car il s'agit bien aussi de romantisme dans ce roman.
L'amour mais l'amitié quand il est difficile de savoir ce que sont l'un et l'autre, où est la différence. Avec peut-être cette idée que l'amitié serait l'amour sans le corps, sans l'érotisme.
La parole alors se substituerait à la caresse.
Au final, étrange livre dont on ressort quelque peu bousculé et perplexe., parfois ennuyeux, longuement discursif puis traversé de fulgurances éblouissantes. de fait, on continue la lecture en attendant, en espérant la prochaine fulgurance, au détour d'une page, de même que l'on patiente lors de l'ascension lente du chariot du grand huit avec en soi le désir jubilatoire teinté d'angoisse de la sensation promise de la descente à venir.
Ce roman peut générer un rejet absolu comme un sentiment ambigu et on se retrouve comme à la première lecture de Céline. Est-ce dû à une morale actuelle où il est imposé de juger une oeuvre à l'aune de la vie de l'auteur . Mais on comprend aussi pourquoi un Camus a pu demander une indulgence pour Rebatet à la libération (qui a été condamné à la peine de mort, puis gracié)
Livre qui laisse des traces, qu'on n'oubliera pas et qui ne se rangera pas dans la bibliothèque de l'oubli. Roman exigeant beaucoup de son lecteur, peut-être hors du temps, désuet ou intemporel, impossible à concevoir en ces temps, mais plombé par le jugement porté sur l'auteur. Au fond le débat est biaisé car on ne devient pas pédophile parce qu'on aura lu Dostoievski et Gide, pas plus qu'on devient antisémite parce qu'on aura lu Céline et Rebatet… Et si finalement, c'était le contraire. l'oeuvre construit l'être. Il est impossible de voir en ce roman une oeuvre destructrice, nihiliste ; elle construit une vie, met en exergue une condition humaine, cela n'a rien d'inacceptable, d'insupportable. Elle fouille dans nos propres tourments et nous oblige à réfléchir comme nous même dans un miroir peu flatteur mais au cadre d'or.
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MrSwann
  14 février 2016
Certainement le plus beau livre que j'ai jamais lu !
L'auteur étant en prison pour avoir écrit Les Décombres , il avait en effet du temps devant lui !
Explication du titre c'est un notion des pères Jésuite, les deux étendards de la foi
Ce long livre se déroule à Lyon dans les années 1925
Il est fort, sensuel plein de passion
c'est l'histoire de 3 jeunes gens dont la si belle Anne -Marie
un chef d'oeuvre
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paul3529
  13 novembre 2017
Magistral roman sur amour, amitié, musique et religion.
Climat de la moyenne bourgeoisie et de la religion très bien rendu.
Critique pertinente de la foi et de l'église.
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airelleofmusic
  10 octobre 2019
C'est le dernier chef-d'oeuvre français !
Roman total
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   23 août 2020
Tandis que je n’ai jamais pu me visser plus de huit jours dans le crâne les preuves classiques de l’existence du Très-Haut, je ne me fatigue pas de dresser le catalogue des innombrables solutions que trois siècles ont proposées au casse-tête de l’Homme-Dieu ; les adoptianistes pour qui Jésus a reçu l’esprit divin lors de son baptême, mais n’est devenu Dieu qu’après sa résurrection ; les docètes, qui veulent que Jésus soit un corps astral, un fantôme n’appartenant pas à notre monde pondérable ; les aphtartodocètes qui cherchent à écarter l’insoutenable et scandaleuse notion d’un Dieu souffrant, et font un Christ doté d’un corps pareil au nôtre mais jouissant d’une surnaturelle insensibilité ; les origénistes qui ne peuvent pas s’empêcher de nuancer l’égalité du Père et du Fils ; les sahéliens, les subordinationnistes, les ariens qui soutiennent que Jésus n’a été qu’un homme inspiré de Dieu, le plus grand des hommes créés ; les nestoriens qui donnent au Christ deux natures, humaine et divine, mais les séparent totalement et enseignent que l’homme seul est mort sur la croix ; l’évêque Photin qui invente un Verbe à extensions, Raison impersonnelle de Dieu dans la première extension, mais devenant fils de Dieu dans la seconde, pénétrant ainsi l’humanité de Jésus jusqu’à en faire une espèce de Dieu ; les monophysites, qui acceptent la nature humaine du Christ, mais enseignent qu’elle a été absorbée par sa nature divine ; les monothélites qui disent qu’il n’y a eu dans la nature humaine du Christ d’autre volonté que celle de Dieu, que son corps était un instrument du Tout-Puissant…
[...]
Je vois que la Vérité s’est confondue rapidement avec la plus vulgaire politique, qu’elle en a suivi les hasards, qu’il s’en est fallu d’un cheveu, d’un pape plus ou moins couillu, d’un empoisonnement plus ou moins réussi, d’une bataille gagnée, pour que nous devinssions tous ariens ou monophysites ; que la Croix, le Dieu Trinitaire, le Christ consubstantiel au Père ont gagné par la force, par les soldats, l’argent, la police et la censure, ni plus ni moins que tous les conquérants. Je vois le symbole de Nicée, fruit d’une interminable querelle parlementaire, imposé par un déploiement de gendarmes, d’anathèmes et de bûchers. Je vois les plus grands Pères de l’Église, Jérôme, Ambroise, Augustin, sous les traits de polémistes féroces, de fanatiques impitoyables, réclamant toujours davantage de flics, de juges et de prisons pour le service de leur Dieu. Et je n’ai guère lu que des histoires orthodoxes. À quoi bon lire les autres ? Que pourrais-je souhaiter d’y trouver encore ? Je n’oublie pas les martyrs, leur fermeté, leur grandeur, mais je n’oublie pas non plus les martyrs innombrables des autres partis. Combien d’ariens qui se firent égorger pour défendre leur Dieu contre l’idée d’une Incarnation qu’ils jugeaient dégradante, impie ?
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LuniverLuniver   24 août 2014
Le sermon était commencé, et l’église comble, l’assistance masculine surtout – ce Carême étant de la rubrique « conférences pour hommes », genre relevé, où certaines hardiesses de vues, sur les mœurs entre autres, sont admises et même conseillées, où l’on s’adresse en principe à un auditoire raisonnablement cultivé – robustes bourgeois lyonnais aux gros os et aux portefeuilles replets, dignes, volontiers rengorgés, satisfaits d’accomplir leur devoir religieux en même temps qu’un rite distingué, de posséder les vêtements adéquats à ce rite, draps neutres et solides, régates demi-deuil ou carmélite dans des cols importants et bien glacés, de réentendre la consécration de leur valeur et de leurs coffres-forts, sous cette chaire d’où l’on parlait à l’élite.
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LuniverLuniver   21 août 2014
— Eh bien, reprit-il, veux-tu toujours m’interroger ?
— C’est-à-dire… fit Michel encore tout embrouillé dans de moites et fondantes images, et qui luttait mal contre l’invasion d’une assez nauséeuse tristesse, c’est-à-dire… je chasse des hypothèses. Voyons, c’est une idée qui me passe par la tête : est-ce que tu ne vas pas te faire curé ?
Il y eut un bref silence.
— Oui, reprit Régis… C’est assez curieux, je ne pensais pas qu’on le voyait à ce point. J’entrerai chez les Jésuites après mon service militaire. Mais, ça n’est pas tout… Je m’exprime stupidement. Enfin, tu me comprends. J’ai quelque chose de bien plus grave encore à te dire. J’aime une jeune fille et elle m’aime…
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moraviamoravia   11 février 2018
De quel métal suis-je donc moi-même pour juger ainsi les autres ? Serais-je seulement fichu de décrire mon fameux étalon de beauté et de vérité ? Ma métaphysique ? Ces étincelles chipées aux lampes des poètes, dont la brûlure m’a fait frissonner, dont l’éclat m’a ébloui un instant ? Quelles raisons profondes as-tu su te donner à toi-même, petit homme, entre tes nuits de quatorze ans où le dernier éveillé, dans l’affreux dortoir de Saint-Chély, tu priais Dieu de te garder jusqu’à la mort ta foi, – quelle foi ! cette frousse de gamin – et le jour de tes dix- sept ans, où dans la même heure tu as quitté le collège et l’Église apostolique et romaine ? Fais donc le bilan sincère de ces immenses études dont tu as brassé voluptueusement les programmes, et vois jusqu’à quel point tu as su les conduire. De Ruysbroeck à Picasso ! Un fier panorama. Qu’en connais-tu ? Est-il seulement un coin qui soit à toi dans ce fabuleux empire ? Qu’as-tu gagné sinon de t’être perdu toi- même, empêtré dans cette forêt vierge de formes et de systèmes ? Si le bourgeois est d’abord le pourceau qui tue son âme et qui vivra l’éternité comme une larve de chenille, parce qu’il est trop stupide ou trop lâche pour en soutenir la pensée, toi qui t’es dit muni de si glorieux flambeaux, qui les as laissés un par un s’éteindre, n’as-tu pas dans la porcherie une place de choix ?
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LuniverLuniver   24 août 2014
Il adore cette jeune fille, je n’en doute plus après ton témoignage. Mais je n’en démords pas : son projet est odieux, c’est un compromis où le curé est destiné à tuer l’homme. Abélard et Héloïse, c’était fort joli, mais Abélard n’avait plus de couilles, ça simplifiait singulièrement la question.
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Videos de Lucien Rebatet (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lucien Rebatet
France Culture : Faut-il republier les textes antisémites du XXème siècle ? (2015). A l'occasion de la publication chez Robert Laffont, des œuvres de Lucien Rebatet, et de l'annonce d'une traduction de "Mein Kampf" chez Fayard, Caroline Broué reçoit Pascal Ory, professeur d’histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Florent Bayard, historien, chercheur au CNRS (Centre Marc Bloch, Berlin), spécialiste du négationnisme et de la Shoah.
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"Les deux étendards" de Lucien Rebatet

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