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ISBN : 2081270935
Éditeur : Flammarion (04/09/2013)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Venise à la fin du xvie siècle. Le Tintoret, peintre volcanique, anticonformiste et plein d’ambition, s’est battu par tous les moyens pour asseoir sa réputation. à l’approche de la mort, il s’interroge sur son existence en tant qu’artiste et sa vie familiale mouvementée.

Au cœur de ses pensées se trouve sa fille illégitime adorée, qui a appris la musique et la peinture à ses côtés : Marietta, l’incarnation de ses rêves et son œuvre la plus réussie. <... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  10 décembre 2013
Au crépuscule de sa vie, un peintre se souvient et règle ses comptes avec Dieu.
Dans la lignée de nombreuses ouvrages de vulgarisation sur des peintres célèbres, j'ai accepté sans me poser de questions, l'approche romanesque de la vie du Tintoret, icône parmi d'autres De La Renaissance italienne, racontée par une spécialiste de l'artiste, également auteur d'une biographie en 2009.
Découvrir ou redécouvrir un peintre par l'imagination d'un auteur est beaucoup plus accessible que des ouvrages érudits, moins ludiques. le roman entraine la curiosité du lecteur pour une époque, pour un mode vie, et pour les oeuvres picturales décrites, que l'on cherche souvent sur Internet pour se les approprier.
La Venise éternelle du XVIème siècle, entre splendeurs des ors, fange, épidémies et misère noire du petit peuple, contexte politique et social, bouillonnement artistique, est la toile de fond de ce destin individuel et familial hors du commun, dont le talent nous a offert des merveilles en cadeau de postérité.
L'auteur a l'imagination fertile pour nous rendre vivants des personnages denses et complexes, des vies d'artistes, faites de travail et de rivalités, pour gagner reconnaissance sociale et aisance financière. Il y a là un véritable souffle romanesque, truculent et teinté d'humour, une passionnante mise en scène historique, et une plume très évocatrice.
La légèreté du roman se double d'une réflexion sur la création artistique, sur la croyance religieuse, sur l'éducation des enfants et sur le statut de la femme De La Renaissance.
Le Tintoret, homme tonitruant et passionné, est magnifiquement vivant dans les églises et les scuole vénitiennes mais sa fille illégitime Marietta a disparu de notre mémoire collective. A travers un amour filial ambigu, elle fut son ange, "son étincelle", son inspiration et son bonheur de père, une artiste reconnue de son temps mais oubliée, dont il ne nous reste aucun portrait.
Un beau roman, documenté et fort bien écrit pour un hommage posthume.
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spleen
  26 octobre 2013
Vivre à Venise à l'époque de Titien et du Tintoret, au XVIème siècle, quand la Sérenissime était une république, et enjolivait ses palais, ses scuola et ses églises des tableaux des Maitres, c'est le rêve de tout amoureux de la peinture italienne.
Et qu'imaginer de mieux qu'une spécialiste de ce fameux Tintoret pour nous faire revivre cette merveilleuse époque.
Merveilleuse , c'est la jolie face du tableau, celle qui trône accrochée avec faste et honneurs par quelques princes ou évéques, car l'envers du décor est tout autre.
D'abord, Venise au XVIème siècle est en compétition avec les autres villes italiennes et en guerre avec les turcs, les épidémies de peste ravagent la population impuissante et frappent indifféremment à toutes les portes .
Et puis, on pénètre dans l'intimité des ateliers des artistes et ce n'est pas forcément ce que l'on imagine, le Maitre qui est entouré de ses élèves et de ses apprentis, règne souvent en despote et finalement beaucoup de toiles sont peintes à sa façon mais pas par lui ...Ce qui, ma foi, n'est pas vraiment un scoop !
Mélania G Mazzuco nous raconte donc la vie du Tintoret, ses débuts, sa difficile ascension, et surtout son histoire intime, son amour quasi fusionnel aux relents incestueux avec sa fille illégitime, Marietta, peintre également sous le nom de la Tintoretta , ses relations tendues ou inexistantes avec ses autres enfants: ses fils sont dès leur plus jeune âge employés comme apprentis dans son atelier et ses filles partent au couvent pour absoudre les péchés de leur père et ce qui lui épargne de pourvoir à leur dot.
Sa vanité et son orgueil sont immenses il se compare à un soleil avec ses enfants planètes gravitant autour de lui et se représente en Dieu .
Bref, c'est un personnage antipathique .
J'ai trouvé ce roman beaucoup trop long, la narration des relations père-fille devient vite pesante, voir agaçante et pour ceux qui veulent vraiment connaitre l'histoire de Venise et de ses peintres à cette époque , un goût de trop peu.
Une remarque aux Editions Flammarion: la représentation de l'ange en couverture est magnifique mais je n'ai pas trouvé à quelle oeuvre elle appartenait et même si elle avait été peinte par le Tintoret ou sa fille.
Je remercie Babelio et les Éditions Flammarion .
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ATOS
  16 mars 2015
Le Tintoret- 16eme siècle- deuxième renaissance... et puis : Venise. Il aura peint, vécu, aimé Venise. Il était peintre avant que d'être amant, disciple , père ou époux. Il aura peint dans Venise, en Venise, par Venise. Il peignait vite, et pour certains il peignait trop. Il peignait même pour rien. Et certains le lui reprocheront. Amoureux des dessins de Michel Ange, il n'aura pas eu le plaisir de parler au Maître, il aimait les couleurs de Titien , Titien redoutait le génie de son élève.
Il n'avait pas d'amis peintres. Il était musicien. Il était pourchasseur de lumière, pourfendeur de profondeur. Il travaillait d'après maquette de cire. Il contemplait la course du soleil. Il connaissait le passage des ombres, la profondeur des jours, et l'apesanteur des corps. Exigeant, colérique, ambitieux, intransigeant, il aimait sa fille Marietta, la Tintoretta. Marietta Robusti.L'enfant qui le suivra partout dans Venise. L'enfant qu'il travestira en garçon afin qu'elle puisse entrer partout y compris au palais des Doges. Elle était née du peintre, et elle avait la même veine. La même passion les unissait. Une passion terrible, à la limite d'une relation qu'aurait pu tolérer la Sérénissime. Mais il était peintre et c'est à son art qu'il la sacrifia. Les peintures du Tintoret rappelle le trait de Michel Ange et ce n'est pas pour rien. Les corps se tordent, explorent, implorent, convulsent presque. A la limite extrême, à la tension ultime, de ce que le corps peut supporter pour atteindre la lumière.
Astrid Shriqui Garain
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Laviniaa
  03 octobre 2013
Ce livre est l'histoire du Tintoret et de la Tintoretta, sa fille. Une histoire fusionnelle qui laissa des traces.

J'attendais beaucoup de ce livre, sans doute trop. J'adore les romans historiques et j'adore les peintres De La Renaissance italienne. Malheureusement, j'ai été peu sensible à cette combinaison-ci.
Je l'ai senti tout de suite à vrai dire. Il y a des fois où cela se devine dès les premiers mots, les premières pages. Une certaine langueur s'est directement abattue sur moi, mon esprit divaguant sans cesse ailleurs. Ne vous méprenez pas, j'ai été sensible à l'histoire en elle-même. L'histoire d'un père aimant sa fille plus que tout, plus que lui-même. En dépit de tout: de sa femme, de ses autres enfants, des conventions.
La vie du Tintoret est riche et passionnante. Sa fille Marietta naît d'une liaison avec une Allemande qui les quittera après avoir succombé à la syphilis. Jacomo, dit le Tintoret, accueille alors sa fille, rapidement rejointe par sa toute nouvelle et toute jeune épouse. La vie professionnelle du peintre est mouvementée. Celui-ci souffre de la concurrence du Titien qui le malmène depuis toujours. Celui qui fut son maître pendant quelques mois le rejeta, dit-on, par jalousie. Il aurait senti, chez le tout jeune apprenti, un talent supérieur au sien. le Tintoret souffrira jusqu'à la mort du Titien de ce rejet qu'il subira. Mensonges, tricheries, rien ne sera de trop pour le ridiculiser.
Heureusement il y a Marietta, son soleil, sa lumière. Celle qui surpassera même ses fils à qui la place d'apprenti principal aurait dû revenir. Déguisée en garçon pendant toute son enfance et presque toute son adolescence, il la traînera partout. Elle fit tout pour lui, avec lui. de l'achat de toiles au mélange de pigment et plus tard au dessin lui-même. Elle fut une artiste à part entière et sa plus grande fierté. Mais aussi sa plus grande blessure, une blessure dont il ne guérira jamais, qui le poursuivra jusqu'à la fin de sa vie. Sa mort a anéanti une part de lui, cette part qu'il avait déposé en elle.
"Car l'art n'imite pas la nature, il la crée. La vérité et la beauté ne résident pas dans les choses, ni dans le monde, mais au fond de nous, dans cette partie cachée qu'on ne connaîtra jamais, mais à laquelle il faut laisser libre court. Peindre, peindre vraiment, pas pour satisfaire un client ni pour gagner son pain, c'est comme rêver. Tout est semblable au monde là-dehors, presque identique, mais sans l'être. C'est dans ce glissement que se trouvent la vérité et la beauté, ainsi que le sens de toute recherche et de toute représentation. Il faut réussir à rêver ses souvenirs. Voilà ce que signifie créer. "
C'est d'une tristesse sans nom. D'une mélancolie sans fin. Peut-être est-ce trop plein d'émotions négatives qui m'a quelque peu assaillie trop rapidement et trop brutalement. Ce récit ressasse encore et encore la douleur. C'est à la fin de sa vie que se passe le roman, ses derniers jours où il nous raconte tout. Ses joies, ses peines, ses amours, ses difficultés. On passe du passé au présent sans prévenir et c'est difficile à suivre.
Mais je crois surtout que je n'ai pas accroché à l'écriture de l'auteure. Trop lourde, trop imagée. Et étonnement, c'est moi qui vais dire ça: trop poétique. Ah, j'adore l'écriture qui semble aérienne et où j'ai envie de graver chaque mot dans ma mémoire tant c'est beau. Ici, un peu trop de poésie. J'ai trouvé que l'auteure en faisait trop, en rajoutait trop, ce qui m'a donné une impression de lourdeur écrasante qui m'a empêchée de m'immerger totalement dans le récit et de m'attacher, tout simplement. Ça finit par une impression trop.. Impersonnelle, justement. Difficile quand on est sur l'histoire d'une vie.
Au final, un roman qui plaira plus aux puristes des biographies, habitués à l'écriture plus lourde, plus rigoureuse. Un roman qu'il faut déguster et non dévorer.
Lien : http://mamantitou.blogspot.b..
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shelbylee
  15 novembre 2013
La longue attente de l'ange nous transporte à Venise à la fin du XVIe siècle. le Tintoret, au seuil de la mort, s'adresse au Seigneur et, dans une longue confession, fait le bilan de sa vie de famille et de sa carrière.
L'auteure nous dresse, à travers les souvenirs du Tintoret, un portrait des dernières heures de gloire de Venise. Tintoret nous évoque les réussites de la ville (sa participation à la bataille de Lépante), mais aussi ses moments d'effroi (la grande peste de 1576, l'incendie du palais des Doges).
L'auteure évoque aussi évidemment la vie du peintre et celle de son atelier. Personnage atypique, le Tintoret a toujours eu une place à part dans la ville. Elève du Titien pendant quelques temps, le maître l'a renvoyé de son atelier ce qui a bloqué la carrière du Tintoret pendant des années. Pour trouver des commandes, le Tintoret a accepté parfois de ne pas être payé ce qui l'a mis encore un peu plus à l'écart des autres peintres. Il n'accédera vraiment à la reconnaissance qu'après la mort du Titien.
Mais cet ouvrage n'est pas réservé aux amateurs d'art puisque c'est avant tout le portrait d'un homme qui sent que la fin de sa vie est proche et qui nous évoque ses relations avec sa famille et notamment sa relation fusionnelle avec sa fille illégitime, Marietta, qu'il va habiller comme un garçon pendant presque toute son enfance pour qu'elle ait le droit de peindre à ses côtés. Il évoque aussi ses relations conflictuelles avec ses garçons et le manque d'intérêt qu'il porte à ses autres filles qu'il envoie au couvent. L'artiste ne cache pas ses faiblesses, ce qui le rend tour à tour émouvant ou énervant.
Le style de l'auteur est très travaillé, dense et poétique. La construction de l'ouvrage est complexe. le Tintoret se remémore les épisodes de sa vie de manière aléatoire, un souvenir lui en évoquant un autre, nous transportant en un paragraphe à des années d'écart. Effectivement, personne ne se rappelle son passé de manière linéaire, mais le problème est qu'on se perd un peu dans ce flot de souvenirs, surtout que l'auteure n'évoque jamais la date des évènements. Il est donc parfois difficile de s'y retrouver. Il vaut mieux déguster l'ouvrage petit à petit, lentement, de peur de s'y noyer.
Malgré les difficultés liées à la chronologie, ce livre est le portrait sincère d'un homme qui se confesse à Dieu (et à nous) avant de disparaître.
J'ai un petit regret au sujet de la couverture, puisqu'elle n'évoque pas du tout la peinture vénitienne et je doute que quelqu'un, en voyant le titre (citation d'un poème de Sylvia Plath), devine que le livre ait pour sujet principal le Tintoret.
Merci à Babelio et aux éditions Flammarion pour cet envoi.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   25 novembre 2014
Car l'art n'imite pas la nature, il la crée. La vérité et la beauté ne résident pas dans les choses, ni dans le monde, mais au fond de nous, dans cette partie cachée qu'on ne connaîtra jamais, mais à laquelle il faut laisser libre court. Peindre, peindre vraiment, pas pour satisfaire un client ni pour gagner son pain, c'est comme rêver. Tout est semblable au monde là-dehors, presque identique, mais sans l'être. C'est dans ce glissement que se trouvent la vérité et la beauté, ainsi que le sens de toute recherche et de toute représentation. Il faut réussir à rêver ses souvenirs. Voilà ce que signifie créer.
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ATOSATOS   16 mars 2015
Cette réduction à l'essentiel qui te déçoit est l'aboutissement d'une longue recherche : tout ce que je veux maintenant, c'est peindre avec la lumière, aurais-je dû répondre.Mes les théories de m’intéressent plus depuis que je n'ai plus le temps d'en échafauder. On a besoin d'une vie entière pour simplifier. Avant, il me fallait représenter la foule, l'excitation, le paysage, le mouvement.A présent, je ne recours à rien. Pas même au corps.Une pupille, le pli d'une bouche me suffisent pour raconter un homme. La phosphorescence d'une feuille dit le monde. J'ai mis presque quatre-vingts ans pour en arriver là. Et si j'ai quelque amertume, c e n'est pas à cause de la perplexité des marchands ou de mes clients, mais parce que je sais que tout ce que j'ai appris disparaîtra avec moi.
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ATOSATOS   16 mars 2015
Ce qui nous distingue, Dominico, aurais-je voulu lui dire, ce ne sont pas les thèmes ou les sujets qu'on nous commande, qui sont déterminés par la religion, la demande du marché et l'air du temps,mais le sentiment que nous insufflons à ces thèmes et ces sujets, nous qui les abordons quand mille autres artistes les ont traité avant nous : la répartition des personnages dans l'espace, le point de vue rapproché ou sidéral d'où nous les regardons, leur fusion harmonieuse dans le paysage ou l'étroitesse des pièces où ils sont enfermés, la présence des objets et du monde ou bien l'abstraction , la réduction des personnages à l'état de fantômes de l'esprit, la quantité de détails que nous fournissons ou passons sous silence.Et, par dessus tout, le rapport qui lie les personnages enre eux, l’attraction, la répulsion, la dévotion, la rancœur. La façon dont chacun détermine, limite ou engendre la présence de l'autre, exactement comme nous dans la réalité.Le raccourci d'un corps, les convulsions d'un soleil couchant, la profondeur de l'ombre, la poésie d'une épaule nue, la mélancolie d'une bouteille par terre, la solitude d'un palmier dans le vent...Ce sentiment est la lumière. Muette, comme nous.Nous sommes du temps qui s'écoule. Mes tableaux ont changé avec moi. »
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tynntynn   08 décembre 2013
...l'amitié ne renaît pas, elle a besoin de temps pour s'enraciner, comme un arbre. Les vieux n'ont pas d'amis.
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ATOSATOS   16 mars 2015
Les couleurs avaient une odeur, ainsi qu'un goût.Certaines sentaient le minéral, la terre et les plages lointaines, d'autre la bête, le bois brûlé ou les profondeurs marines.Une magie opérait dans la teinturerie de mon père.Et je voulais comprendre l'alchimie de la métamorphose. Car tout se tient, tout se transforme, chaque être, chaque vie engendre une chaîne de transformations, dont le terme nous échappe.La matière a beau être ce que la terre pour de plus vil, elle est immortelle.
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