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EAN : 9782021395808
336 pages
Éditeur : Seuil (07/02/2019)

Note moyenne : 2.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Une belle nuit de pleine lune, quelque part en Norvège, dans les années 1970. Un couple dort. Soudain, madame se réveille, se transforme en loup-garou, trucide son époux – puis se rendort paisiblement. Au matin, les jumeaux Iselin et Edvard découvrent avec consternation la scène de carnage conjugal. Ils comprennent alors qu’ils sont les héritiers d’une très ancienne malédiction lycanthropique, et décident de fuir. Ils trouveront refuge, l’une auprès de terroristes p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  15 décembre 2019
« Elle était fascinée par l'équation de la meute. La manière dont le danger peut naître de la communauté, l'effet contagieux de l'appartenance ayant pour seul but de transmettre la maladie de l'idée. »
« Pour Kubald, le progrès de la famille humaine s'apparentait à de la mousse ou à des bactéries dans une boîte de Pétri. (…) Ça crevait pourtant les yeux : l'invention des dieux n'était qu'un vecteur garantissant le maintien du pouvoir, un vecteur aujourd'hui remplacé par les artefacts de l'espoir et de la haine. »
Des griffes qui tranchent la page. Voilà en effet un livre dangereux, ce n'est pas tant un OLNI qu'un attentat littéraire. Donc, si vous êtes un lecteur aux lectures plutôt académiques ou standards, passez votre chemin. C'est un roman cultivé mais qui utilise la culture pour entartrer l'intrigue (En fait, le livre a un petit coté punk assumé ou disons plutôt underground malgré sa sélection au Goncourt allemand, sans doute est-ce lié à la carrière de l'auteur dans les arts du spectacle). Encore un livre qui ne prend pas le lecteur pour un idiot, qui par sa déstructuration appelle un sens à faire émerger comme dans le nouveau roman. C'est aussi un livre qui recèle de l'humour, au premier degré comme au second, mais toujours un peu décalé. De plus, si vous vous attendez à une vaste plaisanterie dadaïste ou du rire pour vous ressourcer, vous aurez tort, l'absurde est transcendé par une critique psychologique et sociologique un peu trop présente. Le livre a quelque chose des cyniques, pas ces modernes qui ne cachent qu'un relativisme nihiliste mais plutôt ces philosophes qui tentent de percer le monde en le soupesant continuellement et en le prenant pour tel tandis que, dans le fond, le démiurge s'en donne peut-être à coeur joie. Le livre ose surtout, parfois avec brio, d'autre fois en se plantant un peu, mais il y a toujours de l'éclat. Un attentat littéraire, je vous le disais.
« Il cultivait une politique encore plus stricte de la négation du savoir. (…) Ça me blessait, ça me détruisait, ça me bouffait. J'étais à deux doigts de perdre la raison, et c'est pour ça que je me suis juré (…) d'abjurer le pouvoir et la dictature et par conséquent la terreur et, partant, l'horreur, l'horreur absolue, les informations infinies. (…) Je refusais de me donner en pâture à ces tortures du savoir. Pas tant que tous les habitants de cette Terre ne mangeraient pas à leur faim. Car le savoir c'est le pouvoir. Et le pouvoir corrompt. (…) Ma réponse : oublier, ignorer, censurer. La censure est la plus grande, la plus importante technique de notre siècle. (…) On se censure chaque jour. »
« Il s'était trompé: il n'y avait ni beauté, ni simplicité. La matière du monde, c'était l'horreur. A chaque baiser, chaque seconde et chaque goutte de rosée scintillant dans la lumière du matin s'agrippaient les millions d'âmes pâlies de tous les siècles passés ( il était loin d'avoir fait le compte exact, étant donné que c'étaient bien, pour être précis, 108 +- 1 milliards d'êtres humains qui avaient vécu jusqu'alors sur la Terre). La grâce et la perfection d'une coquille d'escargot n'étaient rien d'autre qu'une spirale se déroulant vers l'enfer, toujours plus loin, toujours plus bas. »
Le livre donne un peu l'impression qu'au début, l'auteur voulait faire quelque chose de sérieux et d'original puis qu'il s'est planté mais qu'il a choisi de faire quelque chose de neuf sur son plantage, qu'il a choisi d'explorer cette vaste dimension que lui offrait son erreur, que chaque jour, il s'est attelé à écrire un ou quelques paragraphes, sans juger, en laissant juste les mots suivre leur cours. Je pense que la majorité des lecteurs n'aimeront pas, moi j'ai aimé. Je pense d'ailleurs que l'élément clé est la vitesse de lecture, il faut lire lentement mais régulièrement, si possible chaque jour. C'est d'ailleurs aussi un roman où le quatrième de couverture n'apporte rien comparé à la lecture en soi. Non, ce n'est pas vraiment une histoire de loups-garous.
« Un iconoclaste est quelqu'un qui hait les images. Au fond, il aspire à la justice, mais c'est qu'il formule ses exigences dans une langue atroce. Il désire l'anéantissement des images. Il a peur des images et il sait que ce sont elles qui rendent impossible la libre expression du moi. Car il connait les images de la liberté, elles qui s'arrogent l'imitation de cette même liberté, faisant ainsi naître la non-liberté dans la tension entre Vouloir et Etre. L'iconoclaste connaît la première loi de l'iconoclasme moderne: l'image détruit le présent. »
Certains lecteurs s'ennuieront, abandonneront, d'autres verront une vision avant tout, sans messages, comme on picore des graines de conscience. Ce livre, effectivement terriblement actuel, constitue un espace de liberté tant pour l'auteur que le lecteur, un livre hors-piste comme « Une singularité nue », un livre qui ne fait pas semblant comme « Solénoïde ». Comme ces livres sont trop rares, je pense qu'ils méritent d'être soutenus ou lus. C'est aussi un livre de plus qui tendrait à prouver que les cotations de Goodreads sont surévaluées (3,6 sur 55 évaluations), du moins par rapport à mes goûts.
« La conscience oppressante que la paix et la justice s'excluent l'une l'autre, que la paix véritable ne saurait être atteinte que par l'indulgence, la magnanimité et le pardon, mais jamais par l'égalité, la liberté ou la prise de pouvoir (et tous les embrouillaminis que ça impliquait pour la Nouvelle Gauche). »
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Hanahok
  03 août 2020
Je ne connaissais pas du tout cet auteur… très étrange lecture… le mythe du loup-garou… conte fantastique… une certaine réflexion sur la contagion de la violence… est-ce une fable… parfois un peu pamphlétaire… les violences faites au nom d'un idéal (tout dépend de quel côté on se place bien sûr !).
Comment tenter de fuir son hérédité, la peur de se transformer soi-même un jour… la fuite par la solitude ou par la lutte…
Heureusement que les chapitres sont courts car il est parfois nécessaire de revenir un peu en arrière… en tout cas en ce qui me concerne !
Bref original comme manière d'aborder ce thème.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   15 décembre 2019
Mais quand à savoir ce que sont les exactement les Germains et qui l’on peut compter parmi eux, la question fait l’objet de débats houleux et l’opinion des chercheurs a constamment évolué au cours des derniers siècles. Certains spécialistes prétendent que l’Orient a toujours tendu à concevoir les Germains comme une construction statique et faussement représentée (idée bien résumée par Michèle Coufaux dans son ouvrage Germanisme, publié en 1978 et qui allait par la suite nourrit le courant dit du post-germanisme) Mais ce n’est pas le propos. Le propos c’est que les Germains ont attribué une force surhumaine à des scélérats de la pire espèce. Ils pensaient que les pires d’entre les pires ne pouvaient qu’être des démons. Voilà d’où venait la comparaison avec le loup.
Du point de vue des Germains, le loup a quelques attributs démoniaques. Il vit dans la forêt. En général, on peut le voir quand il fait nuit. Il glande dans les cimetières. Il écoute de la musique dark. Il assiste à des exécutions. Il fait des bruits flippants. Son regard est indéchiffrable. Et on a supposé qu’il chapardait des charognes. D’aucuns ne voyaient même pas les loups comme des animaux, mais comme des étincelles jaillies du purgatoire. À la fin du Moyen-Âge, on qualifiait, par exemple de loups les gens qui pratiquaient l’inceste. Et ceux que l’on considère aujourd’hui comme des hors-la-loi étaient considérés comme des hors-le-loup. Dans la Norvège du 10ème siècle les gens qui prêtaient serment prononçaient pour ce faire, et parfois en outrage audit serment « ainsi pourchassez-moi comme l’homme aime à pourchasser le loup ». Il va sans dire que ces représentations exerçaient une influence non négligeable sur les gredins dans les poèmes, qui étaient souvent des loups. C’est aussi comme ça qu’apparut l’idée de loup-garou, qui est un homme-loup. Soumis à l’influence d’objets ou de pensées magiques, celui-ci se transforme en un genre de garou ou directement en loup ou même en Loup-aux-yeux-de-braise, pour reprendre le nom que l’on donnait volontiers au diable, et il enlève les enfants ou souille les cadavres, le chien. Or le terme de Lycanthropie, s’il est d’une part employé pour décrire le basculement de la silhouette humaine en celle de loup, renvoie tout autant, en psychologie, à la psychose ou l’obsession dont souffre une personne qui se croit transformée en animal. Soudain en proie à une confusion totale, les lycanthropes ne voient plus que ce qu’ils veulent bien voir. Ils sont distraits en permanence et vivent dans leur bulle coupée du monde, inventée de toute pièces, mais qui dans certains cas n’est pas moins plaisante. On ne peut se fier à aucune de leurs paroles. Popularisé par la gravure de Lucas Cunach l’Ancien datant de 1512, ce tableau clinique allait être même pris en compte dans la jurisprudence. 
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rkhettaouirkhettaoui   27 février 2019
Ne plus faire partie d’un système démocratique lui donnait beaucoup d’espoir. Peut-être que les gens auraient une autre tournure d’esprit. Peut-être que le collectif recelait des idées qui restaient hors de portée de l’individuel. Ses rêves de vaisselle continuaient, mais d’autres bruits venaient s’y ajouter, notamment le froissement du vent dans les arbres ou celui des peaux d’oignon. Ses rêves n’étaient souvent que des rêves dans des rêves, de sorte qu’il se réveillait sans arrêt, ne sachant jamais si l’emprise des hallucinations avait cessé ou non. Plus il s’éloignait de sa ville natale, plus les choses s’imbriquaient. Parfois, ses rêves étaient aussi l’intrigue de livres adaptés à la télévision.
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rkhettaouirkhettaoui   27 février 2019
Ils ne comprenaient pas ce qui s’était passé. Comment on en était arrivé là. Que leur père fût mort. Que leur mère se fût changée en monstre. Il n’y avait, à leur connaissance, aucune raison pour que leur père doive mourir. Ils l’estimaient et lui étaient reconnaissants pour tout. Ils pensaient à lui avec un respect et une affection sans bornes. Ils ne concevaient pas non plus de rancœur à l’égard de leur mère.
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rkhettaouirkhettaoui   27 février 2019
Le malade se perçoit comme une menace et se combat par tous les moyens. Les anticorps du corps font front contre des structures tissulaires ou peu importe, qui appartiennent bien à l’organisme mais sont catégorisées comme étrangères. Cette maladie est aussi appelée maladie de l’aile de papillon. Les femmes, surtout, en sont souvent atteintes. C’est généralement la peau qui est touchée.
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rkhettaouirkhettaoui   27 février 2019
Elle aimait bien lui faire des cadeaux, mais les cadeaux étaient le cadet de ses soucis. Femme adulte dans une autre vie, elle serait devenue journaliste. Mais dans cette vie-ci, où elle était totalement possédée par une soif de sécurité et de rendez-vous, elle faisait tout pour assurer ses arrières.
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