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EAN : 9782081426870
266 pages
Éditeur : Coédition Flammarion (11/04/2018)
4.38/5   8 notes
Résumé :
Fantômes vengeurs et affamés, spectres de la jungle et vampires sauteurs... Le monde asiatique de l'horreur est peuplé de créatures fantastiques. Les supplices et les revenants des enfers ont traditionnellement inspiré la peinture bouddhique, cependant, c'est à travers des récits populaires, adaptés au théâtre puis au cinéma, que les spectres d'Asie sont apparus. Souvent, ces esprits se manifestent pour réparer une injustice, accomplir un destin interrompu ou, tout ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bazart
  07 juin 2018
L'exposition "Enfers et fantômes d'Asie" a lieu depuis le 10 avril jusqu'au 15 juillet, au Musée du Quai Branly - Jacques Chirac. Elle se penche sur la façon dont différentes légendes d'Asie voient la mort, les fantômes, la réincarnation... le sujet est traité sous différents prismes, explorant les mythes anciens mais aussi le cinéma et le manga d'horreur d'aujourd'hui.
Des peintures bouddhiques au J-Horror, des estampes d'Hokusai à Pac-Man, du culte des esprits en Thaïlande au manga d'horreur, la figure du fantôme hante l'imaginaire asiatique depuis des siècles. La grande force de l'exposition tient à la dimension immersive de son parti pris scénographique.
Son très beau catalogue d'exposition est paru chez Flammarion. Les iconographies liées au monde des esprits naissent souvent d'histoire. Et ce sont ces histoires qui seront racontées dans le catalogue, illustrées d'oeuvres phares. le but de l'ouvrage : montrer "qu'au-delà de l'horreur, les arts ont permis aux vivants de construire une relation avec les défunts."Différents courants de bouddhisme se sont diffusés sur le continent asiatique et ont rencontré des religions locales, comme le taoïsme en Chine, le shintoïsme au Japon et le culte des esprits en Thaïlande. Toutefois, ce livre, comme l'exposition, n'a pas l'ambition d'élucider le mystère des fantômes et consiste surtout en un recueil d'histoires. Ce sont les récits populaires, transmis par la tradition orale, la littérature et les arts du spectacle qui ont fixé les images des fantômes qui en parlent le mieux. Dans le prolongement du théâtre, le cinéma a repoussé la frontière entre illusion et réalité pour donner une force sans précédent aux fantômes d'Asie et les rendre célèbres bien au-delà de leur continent.
Julien Rousseau, commissaire de l'exposition, "Fantômes d'Asie sentimentaux, vengeurs et affamés"
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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nebalfr
  30 septembre 2018
Lors de mon dernier séjour parisien, j'ai enfin fait quelque chose que je voulais faire depuis des années – c'est-à-dire tout le temps où j'ai… vécu à Paris : visiter le musée du Quai Branly Jacques Chirac (fuck yeah Jacques Chirac) et ses collections ethnographiques. Une bonne chose de faite – et une expérience très concluante : le site et le bâtiment sont beaux, les collections permanentes très intéressantes (j'avoue avoir un faible pour l'exposition océanienne, ce qui n'avait rien d'une certitude quand je m'y suis engagé).

Mais j'avais une raison supplémentaire d'accomplir enfin cette visite : il y avait encore, à ce moment-là, l'exposition Enfers et fantômes d'Asie, et je ne pouvais pas rater une chose pareille – je regrettais déjà suffisamment de ne pas avoir pu me rendre à cette exposition alors que je travaillais sur mon dossier consacré à Kwaidan de Kobayashi Masaki… Ça m'aurait été utile – et j'aurais pu envisager certaines questions sous un angle un peu différent, et en tout cas bien plus assuré.

Mais qu'importe : l'exposition. Je ne suis pas un habitué de ce genre de manifestations, loin de là – trop casanier et flemmard pour ça. Mais j'ai vraiment apprécié cette expérience, dans toutes ses dimensions – et, pas la moindre, un certain aspect ludique dans la scénographie, même s'il avait sa contrepartie : ayant visité l'exposition en même temps que des groupes scolaires très agités et très pressés, j'ai eu une vague impression de parc d'attractions – quand on franchissait la bouche de l'enfer, il était difficile de ne pas penser à un train fantôme. Ça n'est pas forcément un défaut, cela dit – d'autant que l'exposition en elle-même, si elle avait donc un côté ludique, était en même temps tout à fait sérieuse, parfois même pointue, mais jamais au point de l'intimidation. Et la scénographie la plus grotesque (immenses arbre au supplices thaïlandais, colossaux phi aux corps improbables et vampires sauteurs géants en formation d'attaque) offrait un contrepoint intéressant et rafraîchissant aux collections les plus anciennes, antiques livres et illustrations, avec souvent le cinéma et la vidéo pour faire la jonction. J'ai sans surprise été particulièrement séduit par les installations figurant des fantômes japonais, hologramme d'une Oiwa mélancolique diffusée dans la brume, ou ce fantôme féminin silencieux à la manière de la J-Horror, qui n'a pas besoin d'être davantage qu'une main apparaissant au détour d'un couloir pour procurer au Nébal, comme à bien d'autres je le suppose et l'espère, le délicieux en même temps que terrifiant frisson caractéristique des meilleurs yûrei remis au goût du jour par la « théorie Konaka » (je vous renvoie aux Fantômes du cinéma japonais, de Stéphane du Mesnildot – lequel, parce qu'il n'y a pas de hasard, a fait office de conseiller scientifique pour le cinéma dans le cadre de cette exposition, dont le commissaire était Julien Rousseau, et de codirecteur avec ce dernier du catalogue qui l'a prolongée).

Il faut d'ailleurs insister sur le caractère multimédia de cette exposition, qui était probablement un de ses plus grands atouts : les antiquités, picturales, littéraires ou autres, suscitaient toujours des échos contemporains, et les manuscrits et estampes côtoyaient dans l'harmonie (ou la jouissive épouvante) les jeux vidéo (dont Pacman !), tandis que les yôkai ancestraux, en passant par Mizuki Shigeru, sortaient enfin des pages des rouleaux et des mangas pour se matérialiser à nouveau, en figurines et mille avatars de Pokemon, etc. Mais le cinéma y occupait tout de même une place essentielle – au travers de photos mais aussi très souvent de vidéos, avec même des salles « pour public averti » projetant des extraits un tantinet gores ! Cette place essentielle du cinéma, quoi qu'il en soit, était sensible pour tous les thèmes traités, et pour toutes les cultures envisagées.

Car c'est un autre aspect essentiel de cette exposition : elle associait plusieurs cultures de l'Asie orientale, très différentes les unes des autres – essentiellement le Japon, la Chine et la Thaïlande, mais avec aussi quelques excursions au Cambodge ou au Vietnam, en Corée aussi me semble-t-il, etc. Bien sûr, un sujet aussi vaste ne permettait aucunement de viser à l'exhaustivité (qui n'est d'ailleurs jamais envisageable) : il s'agissait de piocher ici, puis là, puis là-bas, etc. Mais, en même temps, il était possible d'articuler un discours sur ce qui lie et ce qui distingue – un discours bien informé : sous cet angle, et contrairement à ce que l'on pourrait craindre vu de loin, l'exposition Enfers et fantômes d'Asie constituait bien l'antithèse des simplifications outrancières et bourrées de prénotions de Jacques Finné dans la postface de sa « traduction » du Kwaidan de Lafcadio Hearn

Enfin, les thèmes étaient peut-être plus variés qu'on ne le croirait d'abord ? C'est que l'exposition, conçue autour d'un itinéraire dans des couloirs obscurs, procédait en trois temps – chacun de ces grands thèmes étant illustré par les apports de diverses cultures, même si certains de ces thèmes étaient plus ou moins phagocytés par tel ou tel imaginaire plus particulièrement (fantômes japonais des estampes à Sadako, exorcistes chinois luttant contre des vampires sauteurs plus amusants qu'effrayants…) : successivement, les enfers ; les fantômes et autres variétés de revenants ; enfin ceux qui protègent les hommes contre ces manifestations surnaturelles. Or les manières d'envisager ces grands ensembles sont très diverses : il y a la religion, il y a le divertissement – le subtil et l'allusif, ou l'outrancièrement gore – le terrifiant et l'hilarant – l'élitiste et le populaire…

D'où peut-être un risque de dispersion ? Assez secondaire, je le crois – même si juxtaposer l'horreur la plus épouvantable et les yôkai les plus kawaii peut interloquer de prime abord. Car cette conception de l'exposition s'avérait avant tout bénéfique, tout particulièrement en ce qu'elle ouvrait au visiteur des horizons nouveaux. Et c'est peut-être là ce que j'y ai préféré ? En certains endroits, je pouvais avoir le vague sentiment, et sans doute bien présomptueux, d'être relativement en terrain connu – les fantômes japonais, tout spécialement ; dans quelques autres domaines, je pouvais au moins avoir une vague idée des caractéristiques essentielles de tel ou tel imaginaire – à titre d'exemple, les enfers chinois dominés par des juges, sur le modèle de l'empire terrestre. Mais, dans la majorité des cas, je ne savais à peu près rien – et j'ai été particulièrement séduit par ce que je découvrais de la sorte : je crois que je donnerais la palme aux enfers thaïlandais, illustrés par des films d'un ultra-gore ultra-baroque ultra-kitsch dont je ne savais absolument rien, et qui donne envie d'en savoir davantage.

Or cette même impression a prévalu pour le catalogue de l'exposition, très beau livre publié conjointement par le Musée du Quai Branly Jacques Chirac et les éditions Flammarion : les phi, ces revenants thaïlandais très divers, mais généralement plus charnels que les yûrei et compagnie, m'ont alors particulièrement impressionné, et notamment parce qu'ils témoignent d'un imaginaire toujours présent et prégnant.

Car, oui, il faut maintenant parler du catalogue de l'exposition – que je me suis immédiatement procuré sur place. C'est un beau livre d'un très grand format, abondamment illustré par le matériel de l'exposition comme de juste, et comme de juste en couleur, avec même de somptueux rabats çà et là, qui permettent de présenter au mieux les pièces les plus impressionnantes (je regrette toutefois que les installations mentionnées plus haut n'y soient pas « reproduites » d'une manière ou d'une autre – même si je conçois très bien que cela devait susciter des difficultés particulières ; il en va forcément de même pour le cinéma, si important dans l'exposition : une seule photographie ne saurait reproduire l'effet autrement saisissant d'un extrait de quelques minutes projeté sur un écran).

Cette iconographie à elle seule justifierait qu'on s'y arrête, mais le livre Enfers et fantômes d'Asie a davantage à proposer. En effet, il comprend nombre d'articles dus à des auteurs très divers : universitaires, conservateurs du patrimoine, journalistes, artistes, etc. Ces articles sont généralement très brefs, aussi ne peuvent-ils prétendre couvrir entièrement tel ou tel sujet, mais ce n'est tout simplement pas leur propos – en revanche, ils permettent de mieux comprendre le matériel iconographique, en y associant une perspective très appréciable, de l'histoire de l'art à l'enquête anthropologique contemporaine, éventuellement selon une approche d'observation participante.

Et je crois que le livre met ainsi en avant, davantage que l'exposition en elle-même, la continuité de ces imaginaires encore vivaces : ces enfers, ces revenants, ces exorcistes, ne sont pas de pures reliques du passé, cantonnées de longue date aux seules productions culturelles, qu'elles soient raffinées ou populaires : dans bien des cas, même si toute généralisation est à craindre, et tout bête jugement de valeur à proscrire, ils correspondent à une réalité d'ordre religieux qui est vécue au quotidien par nombre d'hommes et de femmes, pas spécialement dévots ou encore moins superstitieux, de ces cultures très diverses d'Asie orientale – et c'est tout particulièrement à cet égard que les développements sur les phi m'ont passionné, d'ailleurs ; l'article sur les itako, ces femmes chamanes du Japon, aurait dû me parler tout autant, mais je l'ai trouvé moins convaincant dans la forme... Il y a forcément des hauts et des bas dans un livre de ce type.

Mais, globalement, surtout des hauts : c'est un très bel ouvrage, qui complète utilement et même poursuit l'exposition, plutôt que de simplement la reproduire. Aussi ai-je beaucoup apprécié les deux.
Lien : http://nebalestuncon.over-bl..
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Acidus
  13 février 2019
Du 10 avril au 15 juillet 2018, le Musée du Quai Branly a hébergé une exposition autour des fantômes et des enfers en Asie. le commissaire de l'exposition, Julien Rousseau, propose ici non pas un catalogue de l'expo mais une anthologie de textes sur le sujets agrémentés de magnifiques photos. Un magnifique ouvrage tant dans sa forme que dans son fond.

Le lecteur avisé sait déjà l'importance des fantômes et de la mort dans la culture asiatique. le cinéma d'épouvante, largement détaillé dans le livre, en est un bon exemple. le livre nous offre un bon panorama des croyances et superstitions issues des folklores des pays d'Asie du sud-est : Thaïlande, Chine, Cambodge et Japon. Les textes sont passionnants et le sujet assez vaste pour être traités sur plusieurs domaines qu'il soit historique, culturel, religieux,…
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Charybde2
  26 mai 2020
Une incursion artistique ultra-documentée dans des composantes essentielles des surnaturels asiatiques et de leurs influences culturelles. Et une iconographie hors du commun.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2020/05/26/note-de-lecture-enfers-et-fantomes-dasie-collectif/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
EmniaEmnia   05 mai 2018
Les fantômes d'Asie émanent de systèmes de croyances dont la richesse dépasse le cadre de cet ouvrage. Différents courants de bouddhisme se sont diffusés sur le continent asiatique et ont rencontré des religions locales, comme le taoïsme en Chine, le shintoïsme au Japon et le culte des esprits en Thaïlande. Toutefois, ce livre, comme l'exposition, n'a pas l'ambition d'élucider le mystère des fantômes et consiste surtout en un recueil d'histoires. Ce sont les récits populaires, transmis par la tradition orale, la littérature et les arts du spectacle qui ont fixé les images des fantômes qui en parlent le mieux. Dans le prolongement du théâtre, le cinéma a repoussé la frontière entre illusion et réalité pour donner une force sans précédent aux fantômes d'Asie et les rendre célèbres bien au-delà de leur continent.

Julien Rousseau, commissaire de l'exposition, "Fantômes d'Asie sentimentaux, vengeurs et affamés"
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Charybde2Charybde2   26 mai 2020
Prisonnier dans l’entre-deux mondes, le fantôme vagabonde et souffre de solitude. Expliquer son origine ne va pas de soi car les entités surnaturelles sont par nature insaisissables et imprévisibles. Les religions, comme le bouddhisme, tentent pourtant d’éclairer le devenir après la mort. À la faveur de rituels funéraires, elles s’appliquent à accompagner le voyage des défunts vers l’au-delà et à pacifier leurs âmes. En Chine, des offrandes visent à faciliter le passage des morts devant les tribunaux des enfers en leur transmettant des mérites pour une bonne renaissance. À l’inverse, une âme qui n’est pas « nourrie » par le rituel funéraire et le culte des ancêtres peut se changer en démon ou en revenant affamé (koueï). Cependant, le fantôme ne se laisse pas enfermer dans un système d’explications. Il apparaît dans un contexte culturel façonné par la religion mais surtout à travers des histoires populaires. (…)
Si les fantômes d’Asie sont notamment animés par des sentiments, ils souffrent aussi d’une faim insatiable. Au XIIe siècle, les rouleaux peints japonais représentant des fantômes affamés (gaki zoshi) font entrer les zombies dans l’histoire de l’art. Ces personnages difformes, sortis des enfers en quête de nourriture, proviennent des textes indiens et existent dans l’ensemble du monde bouddhisé. La condition de « fantôme affamé » est la plus pénible et la plus impure des voies de réincarnation. Elle sanctionne le plus souvent les coupables de mauvaises actions et les avares qui ne font pas de dons de nourriture aux moines, mais un défunt qui ne bénéficie pas de culte funéraire peut aussi se transformer en fantôme affamé. (…)
Les fantômes d’Asie émanent de systèmes de croyances originaux dont la richesse dépasse le cadre de cet ouvrage. Différents courants du bouddhisme se sont diffusés sur le continent asiatique et ont rencontré des religions locales comme le taoïsme en Chine, le shintoïsme au Japon et le culte des esprits en Thaïlande. Toutefois, ce livre, tout comme l’exposition, n’a pas l’ambition d’élucider le mystère des fantômes et consiste surtout en un recueil d’histoires. Ce sont les récits populaires, transmis par la tradition orale, la littérature et les arts du spectacle qui ont fixé les images des fantômes qui en parlent le mieux. Dans le prolongement du théâtre, le cinéma a repoussé la frontière entre illusion et réalité pour donner une force sans précédent aux fantômes d’Asie et les rendre célèbres bien au-delà de leur continent. (« Fantômes d’Asie sentimentaux, vengeurs et affamés », Julien Rousseau, en introduction de l’ouvrage)
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Charybde2Charybde2   26 mai 2020
Les peintures de yūrei (yūrei-ga) sur rouleau de soie ou de papier représentent l’apparition de spectres de taille quasi humaine. Elles diffèrent ainsi des estampes de fantômes, qui non seulement sont plus petites, mais illustrent aussi généralement des scènes de théâtre kabuki jouées par des acteurs maquillés. (…)
Les peintures de fantômes apparaissent à l’époque d’Edo, alors que les récits fantastiques (kaidan) connaissent un fort engouement populaire. Lors des « veillées aux cent bougies », des convives se réunissaient pour se raconter des kaidan et, à la fin de chaque histoire, une bougie était éteinte de manière à plonger progressivement la pièce dans l’obscurité. Comme des séances de spiritisme, ces veillées aboutissaient à la manifestation d’un esprit ou d’une créature fantastique (yōkai).
Après la période d’Edo, les effrayantes yūrei-ga ont parfois été déposées dans des temples bouddhiques. Le temple Zenshoan à Tokyo en conserve la collection la plus importante et les expose à l’occasion de la fête des morts (O-bon), lors de laquelle on invite les âmes à venir rendre visite aux vivants avant de les raccompagner vers le monde des défunts. (Julien Rousseau, « Les veillées aux cent bougies »)
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Charybde2Charybde2   26 mai 2020
En 1603, lorsque la dynastie des Tokugawa accède au pouvoir et transfère la capitale de Kyoto à Edo (ancien nom de Tokyo), le Japon sort de plus de quatre siècles de féodalisme et de guerres de rivalités entre seigneurs locaux. Le gouvernement militaire (bakufu) instauré par les Tokugawa marque le début d’une période de paix, propice à l’essor économique et artistique. Malgré la censure parfois imposée par le régime, une culture du divertissement et une certaine liberté de mœurs se développent dans les villes, en particulier parmi les classes de commerçants qui prospèrent dans la nouvelle capitale. Les quartiers populaires d’Edo s’animent bientôt de théâtres, d’arènes de sumo, de restaurants et de maisons de plaisirs. Les histoires fantastiques (kaidan) figurent souvent au programme des soirées de l’époque. Elles se racontent entre amis lors des « veillées aux cent bougies » et deviennent l’un des sujets de prédilection du kabuki, un nouveau genre théâtral qui suscite l’engouement du public. (Julien Rousseau, « De l’ombre à la scène : les fantômes dans le théâtre kabuki et les estampes »)
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Charybde2Charybde2   26 mai 2020
En août 1999, au Japon, on ne parlait que d’elle : Sadako, le fantôme de Ring de Hideo Nakata. Quiconque visionnait une certaine cassette vidéo et son film de quelques secondes n’avait plus que sept jours à vivre. Sadako apparaissait alors, jeune fille en robe blanche, aux cheveux tombant sur le visage ne laissant visible qu’un œil exorbité. Le Japon tomba amoureux de Sadako et l’on raconte que, pour effrayer leurs fiancés, les jeunes filles n’avaient qu’à rabattre leurs cheveux sur leur visage. Les spectres n’avaient jamais complètement déserté le cinéma japonais mais ce fut Sadako qui les remit à la mode en leur donnant un nouveau visage. Sa silhouette et son étrange gestuelle saccadée furent copiées non seulement au Japon mais aussi à travers toute l’Asie, de la Corée à la Thaïlande. Sur le modèle de la J-Pop, on inventa pour elle un terme clinquant : la « J-horror », soit « Japanese horror ». (Stéphane du Mesnildot, « La J-Horror, un nouveau Japon spectral »)
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Video de Julien Rousseau (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Rousseau
Lundi 16 avril 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie d'accueillir Julien Rousseau et Stéphane du Mesnildot, co-curateurs de l'exposition "Enfers et fantômes d'Asie" au musée du quai Branly. Une rencontre animée par Anne-Sylvie Homassel et Marianne Loing.
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