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Critiques sur Les 120 journées de Sodome (33)
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Gwen21
  04 mars 2013
Nausée.
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Tempuslegendae
  17 janvier 2013
En tant que passionné du siècle des Lumières, je ne peux faire abstraction des oeuvres du marquis de SADE. «Divin marquis», disait-on d'ailleurs en citant ce noble né dans la même aristocratie provençale que celle de Mirabeau.
«Les Cent Vingt Journées de Sodome» ne représente pas forcément sa meilleure oeuvre, mais à mon sens la plus significative du grand seigneur. Rédigé à la Bastille quelques années avant «sa Prise», il est bon de rappeler que le manuscrit avait été sauvé in-extrémis d'une soi-disant destruction. C'est l'oeuvre la plus radicale de SADE. Quatre libertins, représentant les couches privilégiées de l'Ancien Régime, s'enferment dans un château inaccessible avec quatre «historiennes», une vingtaine de victimes des deux sexes et une douzaine d'aides techniques. «L'École du libertinage» (il s'agit du sous-titre) fait alterner les récits des historiennes, d'ailleurs anciennes maquerelles au courant de toutes les passions humaines, et les travaux pratiques. Ne rougissons pas, les écrits sont là et il ne faut pas en oublier le thème voulu par l'auteur!
La structure du récit peut nous en faire rappeler d'autres, comme par exemple «Décaméron». Bref, à chaque jour correspondent une histoire et des pratiques particulières, mais les jours se succèdent selon une progression inexorable. le premier mois est consacré au passions simples, le deuxième aux doubles, le troisième aux criminelles, le dernier aux meurtrières. On passe ainsi des pratiques anodines aux tortures qui transforment la fin du texte en véritable boucherie. Mais, au fur et à mesure qu'on avance dans ce climat d'horreur, les descriptions minutieuses des premières journées se raccourcissent, laissent place à des notes fragmentaires. Et l'oeuvre débouche sur une totale abstraction, enfin sur l'indicible.
Mais pour en revenir à l'écrivain proprement dit, beaucoup de zones d'ombre demeurent dans sa biographie, laquelle fut marquée par une expérience carcérale et la répression étatique, n'oublions pas le siècle en question. Un marquis déchu, qui resta tout au long de son existence déchiré entre deux rêves: le pouvoir féodal et le sacre de l'écrivain, les deux brisés par la censure…
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Tiephaine
  20 avril 2011
Difficile de résumer en quelques mots l'étendue et l'ampleur de ce que peut être ce livre autrement que par "Voici le livre le plus horrifiant qui ait jamais été écrit".
Imaginez les fantasmes d'un pervers sexuel notoire, décuplés par un enfermement à la Bastille. Multipliez le résultat par cent, et vous obtiendrez une once de ce que vous pourrez lire ici.
Rien de ce que la pornographie moderne peut offrir, même la plus underground, la plus illégale, ne se trouve pas ici. de la simple transgression homosexuelle (qui pour l'époque était déjà excessivement scandaleuse) aux tréfonds de l'imaginaire sexuel le plus noir, les 120 journées enfoncent peu à peu le lecteur dans l'horreur, comme si le simple curieux ayant acquis ce livre était puni de la façon la plus abjecte qui soit. Rien chez Sade, pas même dans Juliette ou les Prospérités du Vice, ne préfigure les atrocités commises ici au nom du plaisir sexuel.
Sur les 120 journées du titre, seules 30 ont été rédigées par Sade avant qu'il ne perde son manuscrit. Les 90 restantes, auxquelles s'y ajoutent quelques autres, ne sont qu'à l'état de prises de notes, parfois grossières au point de n'être qu'une idée, un fantasme, et l'on se prend à remercier le cours de l'Histoire de nous avoir épargné la rédaction de ces journées.
Manies sexuelles, prostitution volontaire ou forcée, enlèvements, viols, pédophilie, scatophagie, tortures, mutilations, exécution ne sont que le sommet de l'iceberg.
Il n'y a ici aucun intérêt littéraire, aucun intérêt érotique, aucune satisfaction de lecture: le lecteur lui-même, s'il n'est pas prévenu, est soumis à la torture de ces pages, et ressent physiquement la nausée monter en sa gorge et la douleur psychologique s'insinuer en son esprit.
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JLDragon
  13 octobre 2013
L’épuisement du désir par la satisfaction du vice voilà ce que cherche à nous enseigner Sade dans cette œuvre abominable qui ne pourra qu’exciter les plus dégénérés d’entre nous (le monde étant déjà bien dégénéré, il pourrait malheureusement plaire à beaucoup de monde).
Étant donné que le désir s’épuise vite, Sade nous apprend ici que pour qu’il renaisse, il faut que le vice monte en crescendo. Plus les pages défilent, plus les passions sont fortes, violentes et intolérables pour aller jusqu’au meurtre.
Même si ce livre nous donne une leçon, on ne peut pas l’apprécier (sauf si on est profondément pervers).
En définitif, c’est un exploit que de pouvoir finir ce livre jusqu’au bout ! Exploit réalisé pour ma part en restant sourd sur certains passages et en ayant des nausées sur beaucoup d’autres ! Et pourtant j’en ai lu des livres d’horreurs…
Attention pour lecteurs avertis (ou profondément pervers !) ! ! !

Lien : http://jldragon.over-blog.co..
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steka
  17 octobre 2012
La lecture des 120 journées de Sodome est sans conteste extrêmement éprouvante et provoquera le plus souvent colère et indignation. Mais à quoi donc avons-nous affaire ici ? Sade était-il un dément en s'appliquant ainsi à faire un catalogue quasiment exhaustif des perversions les plus inimaginables que puisse envisager l'esprit humain. Avant de se précipiter vers cette hypothèse commode et quelque peu hypocrite, il est préférable d'aller à la rencontre de cette personnalité tout à fait hors du commun.
Sade fut embastillé sans jugement (par décret royal) et pour une sorte d'éternité jusqu'à ce que la Révolution Française le fasse libérer opportunément.
Cet emprisonnement ne fut consécutif à aucun crime grave mais provoqué par ce que la Bonne Société de l'époque considérait comme un comportement scandaleux; non pas pour son libertinage mais par le fait que notre Marquis s'obstinait à ne pas vouloir le dissimuler et s'affichait ostensiblement.
Voilà ce qui décidément n'était pas pardonnable pour l'hypocrisie bourgeoise montante. Sa mise à l'écart fut donc décidée et sans qu'aucune limite ne soit fixée à sa peine.
Sade était de ce genre d'êtres qui porte la liberté en eux-mêmes comme une brulure. Sans aucune issue vers l'extérieur, il ne lui resta plus qu'a plonger en lui-même, au plus profond, pour pouvoir la retrouver.
Et alors, à sa manière, Sade inventa la psychanalyse, plus d'une centaine d'années avant Freud ...
Se prenant lui-même comme unique objet de son analyse, ( et pour cause), il plongea dans les recoins les plus obscures de son inconscient, ne reculant devant rien et motivé par la rage inextinguible qu'il ressentait du fait de sa situation, il produisit cet ouvrage sidérant.
Ce livre est donc un acte de libération; le seul qui était alors à sa portée.
Il faut le comprendre comme une exploration radicale de l'inconscient, dans ce contexte très particulier ou se trouvait alors le divin marquis.
Sortant donc de sa prison avec la révolution, nous le retrouvons membre actif de la Section révolutionnaire des Piques et seuls, ceux qui n'auront pas compris sa manière toute particulière d'envisager l'aristocratie s'étonneront de le trouver là, jusqu'à ce que le tyran Bonaparte le fasse à nouveau enfermer.
En vieux français, le mot "sade" signifiait: doux, gentil, charmant ...
Vérifiez !
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NMTB
  19 décembre 2014
Alors, évidemment, si l'on considère que la lecture doit être un plaisir, en lisant Sade on risque de se retrouver dans une situation très embarrassante. Par contre, si l'on estime que la littérature ne doit pas seulement nous divertir mais également nous révéler quelque chose de l'Homme, Sade devient quasiment une lecture par laquelle il faut passer tant bien que mal. de nombreux écrivains au cours du vingtième siècle se sont penchés sur l'oeuvre de Sade, et ces analyses sont souvent passionnantes, que ce soit du côté de la morale, de la philosophie, de la politique ou de la psychologie. Ces nombreux points de vue prouvent au moins que le cas de Sade pose des questions essentielles.
Il faut d'abord prendre en compte que cette oeuvre n'aurait jamais vu le jour sans l'emprisonnement de son auteur. « Les 120 journées de Sodome » est son premier livre et il a été clairement écrit en réaction contre son enfermement. La société croit le punir en l'enfermant, mais Sade rétorque qu'au contraire elle augmente sa jouissance, que la débauche ne peut se faire que cachée ; ainsi les quatre libertins dont il est question dans ce livre commencent par s'emmurer eux-mêmes dans un château. Interdire Sade, le cacher, c'est aller dans son sens.
« Justine », que Sade écrivit plus tard, est un livre assez différent, plus intéressant d'une certaine manière. Les justifications philosophiques sont plus abondantes et brisent la lassitude qu'on peut ressentir à la lecture des 120 journées. Malgré tout, une chose apparait peut-être plus évidente dans « Les 120 journées de Sodome », c'est l'influence qu'a eu la philosophie des Lumières sur Sade. En particulier, on s'aperçoit que la pensée de Sade est née de sa lecture des écrits de Rousseau et qu'elle s'est développée contre lui.
De ces 120 journées - qui finalement n'en contiennent que 30, puisque suite aux vicissitudes de l'Histoire, Sade n'a pu en rédiger les autres - il ressort une profonde monotonie. Chaque journée se ressemble, se passe de la même façon, elles sont toutes construites sur le même schéma, encastrées dans la même structure rigide, aucune place n'est laissée aux digressions, tout est extrêmement réglementé. Toute évolution y est bannie, aussi bien des personnages que de l'histoire, le seul intérêt qu'a voulu donner Sade à son texte est l'augmentation progressive des horreurs. Mais quel ennui au bout du compte ! Dans quelle mesure Sade en avait-il conscience ? Son but était-il vraiment d'exciter son lecteur ou même de le dégoûter ? Car il est évident que cette accumulation d'infamies a quelque chose qui va à l'encontre des textes purement érotiques ; au bout d'un moment, aussi porté sur la bizarrerie qu'on puisse l'être, on ne peut ressentir que de la lassitude et, ainsi, tout ce qu'écrit Sade a paradoxalement l'effet contraire de ce qu'il affirme. Mais doit-on interroger Sade en termes moraux ? Doit-on en faire le plus grand athée qui n'ait jamais existé ou, au contraire, voir dans ses excès extrêmes un profond besoin de Dieu ? Au passage, s'interroger sur sa haine de l'Homme, de Dieu ou de la Nature, revient au même. Ces questions sont bien sûr intéressantes, mais elles resteront à jamais en suspend et c'est à chacun de se débrouiller avec.
Cependant, je ne crois pas qu'il faut remettre en question l'athéisme de Sade, ni son rejet de tout ce qui n'est pas l'affirmation de soi. Sade est très contradictoire, il affirme que le vice fait partie de la nature, qu'il adore le vice, et pourtant il haït la nature et son rêve ultime serait de la détruire ; il est incompréhensible, comme tous les hommes, sauf qu'il l'est excessivement. Au-delà de tout ça, peut-être que le but secret de Sade était de rendre son lecteur aussi blasé que les libertins de son livre, de lui faire ressentir l'insensibilité et ce besoin de toujours aller plus loin. D'ailleurs, les passages où Sade aborde le masochisme (sans le nommer, bien évidemment) sont très intéressants. Certains psychologues ont mis l'accent sur les différences qui existaient entre le sadisme et le masochisme et que les réunir sous un même concept était une absurdité. Sade en parle un peu dans « les 120 journées de Sodome » et prétend que ce qu'on appelle aujourd'hui le sadisme est en quelque sorte la même passion que le masochisme et qu'il en est même issu. Tous deux sont une jouissance du remords, même si l'un s'y complait et que l'autre va au-delà. La seule différence réside dans le fait que le sadisme est une révolte contre le sentiment et en particulier le sentiment de honte.
D'un point de vue strictement littéraire, Sade n'écrit pas mal (il ne faut pas oublier que ce texte est une ébauche, qu'il contient des approximations et qu'il n'aurait jamais dû être publié dans cet état), il emploie quelques jolies formules et il a un certain sens de l'humour, même si cet humour est extrêmement grinçant et que le terme de « jolie » ne convient pas tout à fait à son style. Mais, encore une fois, sa passion des chiffres, de la structure ordonnée, symétrique, rend les 120 journées de Sodome très monotones, très pénibles à lire, bien plus que l'accumulation des horreurs extrêmes qui, au final, sont plus surréalistes qu'autre chose.
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Luniver
  31 juillet 2012
Quatre notables mettent leurs ressources en commun pour s'offrir des semaines de débauche : enlèvement de jeunes garçons et de jeunes filles, recrutement d'hommes et femmes les plus dépravés du pays, tout ce beau monde ressemblé pour un enchaînement de viols, tortures et perversions en tout genre, chaque journée étant encore pire que la précédente.

J'ai tenu environ cinquante pages avant de devoir détourner les yeux, sous peine de devoir vomir dans la seconde qui suivait. J'ai terminé le reste du livre en lecture diagonale.

Après avoir tant entendu parler de Sade, je suis assez dubitatif. Accumuler les horreurs, pourquoi pas... mais dans quel but ? À moins que je ne les aie ratés, il n'y a aucun passage «explicatif», dans lequel l'auteur essaie de faire passer son message ou d'exposer sa philosophie. le style est inexistant : simples descriptions, et «foutre» «merde» et «cul» à chaque phrase. J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé le moindre intérêt à ce texte.
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akhesa
  14 novembre 2011
il s'agit du livre le plus dur qu'il m'ait ete donne de lire
le livre le moins emouvant et le plus repugnant
le livre le plus noir de ce cher marquis de sade
livre ou l'homme et le sexe sont confondus avec de la merde
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Entournantlespages
  31 mai 2016
On ne peut pas rester insensible à ce genre de lecture. Soit on adore, soit on déteste. On peut choisir de lire pour le beau, l'émotion, le frisson. On peut aussi lire pour pénétrer dans les vices et les pires atrocités de l'homme afin de voir jusqu'où il peut aller dans la cruauté. Je ne recommanderais pas ce livre à tout le monde, surtout à un public jeune évidemment, ni pour les plus sensibles. Car Sade, et il est réputé pour cela, vous guide vers un chemin où tous les crimes sont permis, où tous les vices sont glorifiés.

L'histoire commence par la présentation des quatre personnages principaux. Tous d'une condition aisée, ils vont se livrer ensemble à leurs travers sexuels et meurtriers. Chacun se marie avec la fille de l'autre et organise des orgies entre eux. Les filles couchent avec leur mari, avec leur père sans pouvoir contester. Sade nous plonge directement dans un récit dérangeant où l'inceste, consentant ou non, n'est malheureusement pas la seule atrocité que l'on va suivre, loin de là. Les quatre hommes vont s'organiser pour enlever nombre de personnes, de sept/huit ans jusqu'au plus vieil âge, pour pouvoir se délecter de leurs corps et de leurs vertus pendant quatre mois dans le château de l'un des tortionnaires. Des règles devront être appliqués et chacun devra remplir ses devoirs du jour. Les actes et crimes vont aller crescendo de mois en mois, le dernier étant le plus infâme. Les prisonniers vont devoir s'adonner aux plaisirs de leurs nouveaux maîtres, ces derniers allant toujours plus loin dans l'immondice et l'abjection.

Mais alors, pourquoi lire ce livre si atroce ? Est-ce qu'on ne peut apprécier ce livre que si on se délecte de ces monstruosités ? Bien sûr que non. Comme je l'ai dit au début de ma chronique, ce livre nous révèle la pire face de l'être humain, et c'est bien cela qui m'a donné envie de le lire. Oui, le récit m'a rempli d'effroi, j'en ai eu quelques fois la nausée, et j'ai été stupéfaite par les idées obscènes toujours plus inventives que peuvent avoir ces quatre hommes pour jouir entièrement. Mais ce n'est pas parce que le contenu est horrible que le tout est mauvais, loin de là. Sade a l'art de décrire des scènes absolument dégoûtantes et monstrueuses avec une écriture étonnante et sublime. Et c'est bien ce contraste entre le fond et la forme qui m'a ébahi et fasciné. Je ne pense pas que je le relirais, mais je suis contente de l'avoir fait, même si j'ai ressenti une certaine lassitude à la fin face aux répétitions des supplices et punitions des prisonniers.
Lien : http://entournantlespages.bl..
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Justine-Coffin
  16 octobre 2011
Bien sûr, c'est difficilement soutenable de lire ce livre -inachevé qui plus est- qui est sans aucun doute le pire de l'oeuvre de Sade, le pire dans le sens ou il révéle encore plus cruement, à la limite du supportable, les vices de a nature humaine, sa face cachée au combien florissante. Car c'est bien là le but de Sade qui fut de toute sa vie dénigré de ses contemporains -notamment les lumières- ou taxé de littérature érotique. Ici, on voit bien que le but n'est pas de susciter l'imagination sensuelle du lecteur mais bien de dénoncer les vices qui demeurent en chacun de nous poussés ici à leur paroxysme notamment parce qu'il s'agit de maltraitances envers des enfants, ce qui est toujours encore moins acceptable mais c'est aussi ce qui donne la force de cet ouvrage trop dénigré, rarement apprécié à sa juste valeur malheureusement.
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