AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782910233105
31 pages
Éditeur : 1001 Nuits (01/07/1997)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 61 notes)
Résumé :
" Mon ami, la volupté fut toujours le plus cher de mes biens : je l'ai encensée toute ma vie, et j'ai voulu la terminer dans ses bras : ma fin approche, six femmes plus belles que le jour sont dans ce cabinet voisin, je les réservais pour ce moment-ci ; prends-en ta part, tâche d'oublier sur leurs seins, à mon exemple, tous les vains sophismes de la superstition, et toutes les imbéciles erreurs de l'hypocrisie."
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  04 août 2013
Un prêtre se rend au chevet d'un mourant pour tenter, dans les derniers instants de sa vie, de lui faire regretter ses mauvaises actions. Et le mourant est en effet plein de regrets, mais pour avoir bridé ses désirs au nom d'une morale absurde. S'engage un dialogue entre les deux hommes, chacun voulant convaincre l'autre de la justesse de ses positions.
J'avais découvert Sade avec « Les 120 journées de Sodome », qui ne m'avait pas laissé un souvenir éblouissant. le ton ici est sur un tout autre registre, provoquant, mais très argumenté et posé. le texte s'achève sur une morale difficilement contestable : « rendre les autres aussi heureux que l'on désire de l'être soi-même et ne leur jamais faire plus de mal que nous n'en voudrions recevoir », mais qui est surprenant de la part d'un auteur qui a célébré la violence, le viol et le sadisme dans ses textes. Il est possible aussi que j'ai commencé par le mauvais livre. En tout cas, il me paraît maintenant plus profond et plus intéressant à découvrir qu'à première vue.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          281
Cer45Rt
  24 novembre 2019
Dans le "Dialogue entre un prêtre et un moribond", il est assez inutile de recherche les passages à caractère explicite, qui ont fait, entre autres, la célébrité, du divin marquis ; ils sont relégués, à une place secondaire.
Il s'agit ici, pour le célèbre auteur de "La philosophie dans le boudoir", de faire profession de foi, d'athéisme ! Et, le célèbre écrivain et philosophe français, le fait parfaitement, argumentant sa profession de foi, avec beaucoup de logique, de bon sens, d'intelligence et de finesse !
Pensant vraiment par lui-même, il laisse, avec ce dialogue, où la pensée est simple, mais pleine de bon sens, et efficace, un vrai modèle d'argumentation intelligente, suivant l'injonction, qui est, selon Kant, "la devise des Lumières" : "Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement !"
Bref, ce petit dialogue est un petit bijou, pour tous ceux qui s'intéressent à la philosophie des Lumières !
Commenter  J’apprécie          260
colimasson
  08 décembre 2016
Je ne sais même pas si ce texte est extrait d'un vrai bouquin ou si, un jour, s'emmerdant en prison, l'ami Sade s'est dit : fuck off des romans, je m'en vais te foutre un simple petit dialogue en dix pages.

J'ai lu ce livre un jour que je devais prendre le métro et que je n'avais pas de sac, parce mes bras allaient être occupés à porter les bières. Fallait que le livre puisse se plier et se foutre dans une poche. Mission accomplie. Niveau ergonomie, rien à redire.

A part ça, le dialogue est plutôt cool. Sade écrit que l'homme n'a pas besoin de moralité et que l'exercice d'une raison saine suffit à réguler les comportements. Ça rejoint l'idée nietzschéenne selon laquelle la morale a été créée par les hommes faibles qui n'ont pas d'appétits à combattre, ou ceux qui savent qu'ils ne peuvent pas contrôler tout seul leurs appétits dégénérés. Ça reste quand même moins cool que Nietzsche parce que Sade pense que nos actes sont déterminés par des lois physiques sur lesquelles la morale n'a pas prise. Alors ouais, je préfère largement l'idée nietzschéenne qui donne sa dignité à l'homme dans l'exercice sain de ses fonctions plutôt que cette idée sortie tout droit du trou du cul de la robotique industrielle. Et puis, Sade est parfois aussi con que mon voisin de palier lorsqu'il se croit malin de critiquer la fonction religieuse en posant les sempiternelles questions du naïf né de la dernière pluie : « Ah ! mon ami, s'il était vrai que le dieu que tu prêches existât, aurait-il besoin de miracles, de martyrs et de prophéties pour établir son empire, et si, comme tu le dis, le coeur de l'homme était son ouvrage, ne serait-ce pas là le sanctuaire qu'il aurait choisi pour sa loi ? » Mais bon, on était au 18e siècle, on ne peut pas être précurseur et forcément intelligent en même temps.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          213
Apikrus
  16 février 2017
Pas de surprise sur le thème de ce bref récit de quinze pages : comme le titre l'indique, un moribond discute avec un prêtre. Ce dernier est venu recevoir la confession du malade et lui donner les derniers sacrements. Mais les choses ne se passent pas comme il le prévoyait ! En effet, le mourant est athée ; il met en cause les arguties du prêtre. Les arguments du subclaquant sont tellement persuasifs qu'il risque de remporter la joute.
A travers ce débat sur l'existence de Dieu, Sade nous entraîne dans une réflexion intéressante sur le libre arbitre.
Les propos (du moribond et, sans nul doute de l'auteur) sont impertinents mais justes, et finalement très moraux et optimistes :
« La raison mon ami, oui, la raison toute seule doit nous avertir que nuire à nos semblables ne peut jamais nous rendre heureux, et notre coeur, que de contribuer à leur félicité est la plus grande pour nous que la nature nous ait accordé sur la terre. Toute la morale humaine est renfermée dans ce seul mot : rendre les autres aussi heureux que l'on désire l'être soi-même et ne leur jamais faire plus de mal que nous n'en voudrions recevoir. Voilà, mon ami, voilà les seuls principes que nous devrions suivre, et il n'y a besoin ni de religion, ni de dieu pour goûter et admettre ceux-là : il n'est besoin que d'un bon coeur. » (page 21).
On est loin de l'auteur pervers des '120 journées de Sodome', même si les premiers propos du moribond semblent expliquer et justifier tous les comportements humains par les forces de la nature auxquelles il serait impossible de se soustraire...
Par la note finale, le débat est tranché avec beaucoup d'humour !
Les deux pages de biographie en fin d'ouvrage rappellent les moments forts de la vie mouvementée de Sade.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          102
juten-doji
  12 février 2020
Un texte court très bien résumé par son titre. Ce dialogue où un athée et un religieux tentent de se convaincre l'un et l'autre de la justesse de leurs opinions sert de prétexte à l'auteur pour déployer un texte philosophique qui expose des opinions condamnables à cette époque, alors que très logiques pour qui tente de réfléchir par soi-même. Ici pas d'étalage à travers des scènes crues ou des perversions avant d'atteindre des réflexions intéressantes, c'est le livre idéal pour découvrir les écrits de Sade sans prendre peur et essayer d'aborder l'écrivain plutôt que le phénomène scandaleux.
Commenter  J’apprécie          120
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   03 août 2013
LE PRÊTRE : Qui peut comprendre les vues immenses et infinies de Dieu sur l'homme et qui peut comprendre tout ce que nous voyons?

LE MORIBOND : Celui qui simplifie les choses, mon ami, celui surtout qui ne multiplie pas les causes, pour mieux embrouiller les effets. Qu'as-tu besoin d'une seconde difficulté, quand tu ne peux pas expliquer la première, et dès qu'il est possible que la nature toute seule ait fait ce que tu attribues à ton dieu, pourquoi veux-tu lui aller chercher un maître? La cause de ce que tu ne comprends pas, est peut-être la chose du monde la plus simple. Perfectionne ta physique et tu comprendras mieux la nature, épure ta raison, bannis tes préjugés et tu n'auras plus besoin de ton dieu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
RusenRusen   28 décembre 2015
A Dieu ne plaise que je veuille par là encourager au crime, il faut assurément l’éviter tant qu’on le peut, mais c’est par raison qu’il faut savoir le fuir, et non par de fausses craintes qui n’aboutissent à rien et dont l’effet est sitôt détruit dans une âme un peu ferme. La raison, mon ami, oui, la raison toute seule doit nous avertir que de nuire à nos semblables ne peut jamais nous rendre heureux, et que notre cœur, que de contribuer à leur félicité, est la plus grande pour nous que la nature nous ait accordé sur la terre ; toute la morale humaine est renfermée dans ce seul mot : rendre les autres aussi heureux que l’on désire de l’être soi-même et ne leur jamais faire plus de mal que nous n’en voudrions recevoir.

Voilà, mon ami, voilà les seuls principes que nous devions suivre et il n’y a besoin ni de religion, ni de dieu pour goûter et admettre ceux-là, il n’est besoin que d’un bon cœur. Mais je sens que je m’affaiblis, prédicant, quitte tes préjugés, sois homme, sois humain, sans crainte et sans espérance ; laisse là tes dieux et tes religions ; tout cela n’est bon qu’à mettre le fer à la main des hommes, et le seul nom de toutes ces horreurs a plus fait verser de sang sur la terre, que toutes les autres guerres et les autres fléaux à la fois. Renonce à l’idée d’un autre monde, il n’y en a point, mais ne renonce pas au plaisir d’être heureux et d’en faire en celui-ci. Voilà la seule façon que la nature t’offre de doubler ton existence ou de l’étendre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
zazimuthzazimuth   10 avril 2013
Toute la morale humaine est renfermée dans ce seul mot : rendre les autres aussi heureux que l'on désire de l'être soi-même et ne leur jamais faire plus de mal que nous n'en voudrions recevoir. (p.21)
Commenter  J’apprécie          270
LSHLSH   09 octobre 2016
Ah! mon ami, s'il était vrai que le dieu que tu prêches existât, aurait-il besoin de miracles, de martyrs et de prophéties pour établir son empire, et si, comme tu le dis, le cœur de l'homme était son ouvrage, ne serait-ce pas là le sanctuaire qu'il aurait choisi pour sa loi? Cette loi égale, puisqu'elle émanerait d'un dieu juste, s'y trouverait d'une manière irrésistible également gravée dans tous, et d'un bout de l'univers à l'autre, tous les hommes se ressemblant par cet organe délicat et sensible se ressembleraient également par l'hommage qu'ils rendraient au dieu de qui ils le tiendraient, tous n'auraient qu'une façon de l'aimer, tous n'auraient qu'une façon de l'adorer ou de le servir et il leur deviendrait aussi impossible de méconnaître ce dieu que de résister au penchant de son culte. Que vois-je au lieu de cela dans l'univers, autant de dieux que de pays, autant de manières de servir ces dieux que de différentes têtes ou de différentes imaginations, et cette multiplicité d'opinions dans laquelle il m'est physiquement impossible de choisir serait selon toi l'ouvrage d'un dieu juste?

Va, prédicant tu l'outrages ton dieu en me le présentant de la sorte, laisse-moi le nier tout à fait, car s'il existe, alors je l'outrage bien moins par mon incrédulité que toi par tes blasphèmes. Reviens à la raison, prédicant, ton Jésus ne vaut pas mieux que Mahomet, Mahomet pas mieux que Moïse, et tous trois pas mieux que Confucius qui pourtant dicta quelques bons principes pendant que les trois autres déraisonnaient; mais en général tous ces gens-là ne sont que des imposteurs, dont le philosophe s'est moqué, que la canaille a crus et que la justice aurait dû faire pendre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
colimassoncolimasson   08 décembre 2016
LE MORIBOND :[…] Créé par la nature avec des goûts très vifs, avec des passions très fortes ; uniquement placé dans ce monde pour m’y livrer et pour les satisfaire, et ces effets de ma création n’étant que des nécessités relatives aux premières vues de la nature ou, si tu l’aimes mieux, que des dérivaisons essentielles à ses projets sur moi, tous en raison de ses lois, je ne me repens que de n’avoir pas assez reconnu sa toute-puissance, et mes uniques remords ne portent que sur le médiocre usage que j’ai fait des facultés (criminelles selon toi, toutes simples selon moi) qu’elle m’avait données pour la servir ; je lui ai quelquefois résisté, je m’en repens. Aveuglé par l’absurdité de tes systèmes, j’ai combattu par eux toute la violence des désirs, que j’avais reçus par une inspiration bien plus divine, et je m’en repens, je n’ai moissonné que des fleurs quand je pouvais faire une ample récolte de fruits… Voilà les justes motifs de mes regrets, estime-moi assez pour ne m’en pas supposer d’autres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Marquis de Sade (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marquis de Sade
Simone Debout, née en 1919, reçoit Mediapart chez elle, à Paris (XIVe), pour évoquer Charles Fourier (1772-1837), comparé à Sade, à l'occasion de la publication (chez Claire Paulhan) d'un ouvrage remarquable : « Simone Debout & André Breton – Correspondance 1958-1966 ». Entretien réalisé par Antoine Perraud (décembre 2019)
autres livres classés : atheismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
318 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre