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ISBN : 237114066X
Éditeur : Envolume (01/03/2019)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Une chambre. Deux femmes. Entre elles un homme… Deux héroïnes shakespeariennes au 21e siècle. Marine, 36 ans, cherche un homme pour sa première nuit. Ondine, 19 ans, danse dans un bar pour gagner sa vie.

Je suis devenue une femme à trente-six ans.
Avant je n’étais rien. Je n’avais pas envie.
Je suis devenue une femme avec un vase,
parce qu’il était à portée de main sur l’étagère
de ma chambre, et qu’il était joli.
La... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  14 janvier 2019
L'une ne se sent pas exister. La première fois qu'elle a connu un homme, elle avait 36 ans et ce fut aussi la dernière. Elle s'est sentie fatiguée dès qu'elle est venue au monde et n'a rien fait pour essayer de changer, de vivre tout simplement. L'autre n'a même pas vingt ans et, rejetée par sa famille, elle s'est laissée entraîner pour être danseuse de charme. Sa première fois à elle, elle n'avait même pas treize ans et depuis, c'est lui qui la tient. Il la bat et elle supporte cela car elle pense qu'elle le mérite. Elle, c'est Ondine : elle sait qu'elle plaît aux hommes contrairement à la première femme de cet ouvrage qui se sait laide et s'en fiche : elle s'appelle Marine et pour elle, cela va changer lorsqu'elle rencontrera Ondine, non pas qu'elle l'ait désiré aux premiers abords : non elle voulait simplement être de nouveau avec lui pour éviter qu'il soit avec elle mais au fond, c'est cette jeune femme qui lui permettait de vivre.
Une sorte de triangle amoureux assez dur, voire malsain mais au travers duquel deux portraits de femmes se révèlent : toutes deux sont les opposées mais à travers un mince fil qui les relie (l'homme), elles vont se trouver et finalement le lecteur se rend compte en même temps qu'elles de leur familiarité : si la première s'est toujours sentie transparente alors que la seconde était désirée des hommes, au fond, elles n'existent pas et ne sont pas aimées pour ce qu'elles sont.
Une écriture fluide, sorte de poésie mais sans vers car les quelques mots employés se suffisent à eux-mêmes pour comprendre la détresse de ces deux femmes. L'auteure rajoute, tout au long du texte, du graphisme en noir et blanc, signe peut-être de cette transparence à laquelle je faisais allusion et peut-être est-ce une invitation à chaque lecteur de le compléter, de le colorier pour que ces femmes existent enfin. J'espère que cette modeste critique les fera un tant soit peu exister et pour ce faire, je vous recommande cet ouvrage qui est à la fois un livre d'artiste, un poème, un roman et bien plus encore ! A découvrir !
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paroles
  18 janvier 2019
Elles sont deux. Sont-elles proies ou chasseurs ?

L'une âgée de 36 ans et toujours vierge, traîne sa solitude, sa vie sans joie sans goût et sans désir. de son enfance, elle parle peu mais une douleur est là présente, secrète. Elle est au bord de l'effacement, de l'oubli. Mais quand même, elle attend la rencontre. Celui qui la fera revenir au présent.

L'autre, âgée de 18 ou 20 ans, vient de claquer la porte de chez elle. Etait-ce vraiment chez elle d'ailleurs ? Sa virginité il y a longtemps qu'elle l'a perdue, alors offrir son corps pour avoir un toit et un travail ne l'effraie pas.

Elles sont deux et vont finir par se rencontrer grâce à lui.

Voilà un court roman inclassable, une écriture poétique et violente, des phrases lancées comme des flèches piquantes et acérées.
Deux personnages de femmes aux destins douloureux, mal dans leur peau, luttant pour leur survie.
C'est formidablement triste et bien écrit ! C'est un roman très court et très pudique malgré le sujet abordé, le désir ou son absence et sa place dans nos vies.
C'est un texte que j'ai lu puis relu à voix haute pour mieux ressentir les douleurs partagées. L'absence de désir pour l'une (Marine) mais l'envie de vivre malgré tout qui est là, différente certes mais tellement présente et douloureuse, et encore plus après l'avoir connue.
Et pour la plus jeune (Ondine), l'envie d'être aimée et d'aimer malgré les coups portés à l'âme et au corps par sa famille d'abord et par son amant ensuite qui l'a placée comme danseuse dans un night-club.

J'ai aimé les prénoms d'eau distribués aux héroïnes, ces héroïnes qui pourraient se noyer mais apprennent à nager.
J'ai aimé les images imposées par les mots de l'auteure : le silence strident de la première et les ecchymoses qui s'allongent comme les tatouages de la seconde.

Voilà un premier roman, qui pour moi est un premier poème tant les mots sont ciselés et percutants, et le tout est servi dans un magnifique écrin de papier aux graphisme et dessins magnifiques. Car oui, Diane Schmidt possède un autre talent, celui d'orner elle-même ses écrits.

Je remercie infiniment François des éditions Envolume pour l'envoi de ce texte brillant et fort. Une très belle découverte.

Lien : http://mespetitesboites.net
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Srafina
  13 janvier 2019
Un court roman, une poésie en prose, pas de rime pas de structure précise. Mais une musique qui résonne à sa lecture. C'est étrange, on a l'impression d'entendre ces deux femmes qui se mettent à nu pour le lecteur.
Elles nous livrent leur vie, leurs souffrances.
L'une étouffée par son père, pas de vie avant 36 ans, qui se cherche, qui se noie à la recherche d'un homme.
L'autre qui se retrouve du jour au lendemain, chassée par sa mère de chez elle, se retrouve à la merci d'un homme.
Si semblable dans leur douleur, si différentes dans leur vie.
C'est la fin de l'histoire qui les rassemble.
Surprenant petit livre, le contenu que je viens de vous livrer, le contenant est très délicat, avec des graphismes très légers et aériens. le livre objet est très joli, on a envie de découvrir ce qu'il contient. Et quand on l'ouvre on se laisse prendre à la poésie du texte bien sombre.
Merci aux Éditions Envolume pour cette avant-première. Jolie découverte.

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Luria
  13 janvier 2019
Il est étrange ce petit livre
Ni poème
Ni prose
Des phrases simples
Et pourtant qui marquent.
Simple mais fort.
Et puis une mise en page
Soignée
Élégante
Un beau papier
Et les illustrations qu'on a envie de colorier
Alors je les ai colorées,
(que l'auteur me pardonne)
Marine,
Ondine,
Par petites touches,
comme sur la couverture
Peut-être pour essayer de rendre le récit moins sombre.
Ou juste exorciser l'histoire et ce qu'il y a dans mon cœur.
Merci aux éditions Envolume pour la découverte.
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Leraut
  21 janvier 2019
Magistral « L'autre chambre » de Diane Schmidt est un feu d'artifice au summum littéraire. Ces morceaux d'architecture vifs affirment une contemporanéité sincère. Ils sont délivrances et osent chuchoter à l'oreille du lecteur ce que la vie laisse sur le sillon des jours tremblants de désespoir. Bouleversants, ils sont les volets claquant à l'encontre de l'ouragan de l'irréversible. « On dit que les fous parlent tout seul ; alors je me dis que demain j'achèterai un chien. » Ces fragments de vie sont exutoires, souffrances écartelées dans ce contre-jour où les épreuves prônent un rebond nécessaire. Ici, là et maintenant résistent les mains qui s'agrippent pour ne pas sombrer. le chaos confirme son destin. Deux femmes, un homme en filigrane parabole des conséquences, des affres qui martyrisent et font saigner « Trois fois ». Aux vases que l'on balance contre les murs sourds de tout entendement. « Ma mère m'a annoncé qu'elle n'était pas ma mère le jour où elle a accouché de Samy. Hébergée contre monnaie, puis adoptée. J'ai appris le même jour que j'étais orpheline et que l'amour se paie. » La prose dénuée de toutes fioritures est juste, sans ce trop inutile et trompeur. Ces confidences sont manichéennes. le lecteur devine les lieux de ressources. Dans une construction aérienne, solaire et perfectionniste. Dans le creux des illustrations si précises, douées et consolantes. Ces morceaux de vie, échappés des étoiles filantes sont les résistances face au contre-jour. Il n'y a pas Sisyphe dans ces lignes majeures. Et, c'est là que réside l'espérance et l'endurance. le dire est salvateur. « La beauté est un piège, pour celui qui la regarde, comme pour celui qui la porte. Un confort qui vous endort, un pouvoir comme une malédiction. »Le lecteur franchit la porte du délicat. Ces écorchées vives sont des crayons de couleur que l'on tient en main et que l'on ne peut lâcher d'un coup. le pictural langagier emporte tout sur son passage. « La laideur, celle de la douleur, est sublime à contempler. La beauté sans elle n'est rien. » Durassienne, l'inspiration est un solfège inaugural. « Je rêve qu'il tombe dans l'antichambre. » Plus que bénéfique, cet antre est l'étendue du désert qui résiste et que la pluie divinise. Tremblant, il met un manteau de laine sur le froid éprouvant des fissures murales et métaphoriques. L'autre chambre chavire mais le possible est toujours le nuancé du désespoir. Les émotions sont vives dans le plein et n'osent s'émanciper. L'écriture est salvatrice. Flamboyante car chaque mot apporte sa touche sans maquillage. C'est un roman de prose, salutaire, féminin et intense. « Et puis un jour j'ai disparu. Sous un détail. »Magnétique, intime, tel un journal secret qui s'éveille au monde. « L'autre chambre » de Diane Schmidt publié par Les Editions Envolume est un cri. Culte et fort comme un café serré.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
GaliradGalirad   20 janvier 2019
"Il m'emmène au sommet.
De là-haut je vois où je vais tomber." page 60
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cicou45cicou45   14 janvier 2019
"Le mensonge est si doux à entendre ;
la vérité si dure à croire."
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cicou45cicou45   14 janvier 2019
"Je suis née fatiguée.
Alors j'ai décidé de ne rien faire,
ou le moins possible.
Ce qui m'a fatiguée davantage.
Je ne fais rien, mais avec style."
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LuriaLuria   12 janvier 2019
J'attends qu'il revienne
comme j'ai attendu qu'il arrive.
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LuriaLuria   12 janvier 2019
Sans connaître le malheur,
je ne suis pas heureuse.
La vie glisse, sans larmes ni songes,
comme une lente vague inutile et silencieuse.
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