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EAN : 9782371140660
Éditeur : Envolume (01/03/2019)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Une chambre. Deux femmes. Entre elles un homme… Deux héroïnes shakespeariennes au 21e siècle. Marine, 36 ans, cherche un homme pour sa première nuit. Ondine, 19 ans, danse dans un bar pour gagner sa vie.

Je suis devenue une femme à trente-six ans.
Avant je n’étais rien. Je n’avais pas envie.
Je suis devenue une femme avec un vase,
parce qu’il était à portée de main sur l’étagère
de ma chambre, et qu’il était joli.
La... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
babounette
  19 mars 2019
L'autre chambre de Diane Schmidt - Éditions Envolume - Lu en mars 2019.
Deux femmes, deux histoires très différentes.
La première : Marine.
Marine qui ne s'est jamais sentie femme,
Marine qui est devenue femme à 36 ans.
Une seule et unique fois
Marine qui n'était rien, qui n'avait pas envie.
"Je n'ai rien senti. Ni douleur ni plaisir.
Pas de quoi en faire un plat ou un poème" (page 15)
Marine qui se raconte, ses souffrances, ses cicatrices,
"Mon corps est plein de cicatrices.
Il tire, craque, saigne." (page 19).
Sa vie "glisse, sans larmes ni songes,
comme une lente vague inutile et silencieuse". (page 17).
Marine "ne couche pas avec les hommes.
Je ne couche pas avec les femmes.
Ni avec moi-même.
Je crois que je n'aime pas les gens". (page 19).
Marine se sent laide "A force d'entendre que j'étais laide,
j'ai fini par le croire ;
A force de le croire, je le suis devenue". (page 22).
Le problème de Marine, c'est qu'elle ne s'aime pas
et quand on ne s'aime pas (sans être narcissique) ,
on ne peut pas aimer les autres.
La seconde : Ondine.
Ondine petite fille de 13 ans qui découvre le sexe.
Ondine rejetée par sa famille
"Je n'ai plus le droit de rentrer chez moi.
Je n'ai plus de famille.
Elle n'est pas morte. C'est pire.
Elle ne veut pas de moi.
Me pousse à sortir. Pousse à m'en sortir
J'ai froid.
J'ai mal aux racines" (page 55).
Ondoine qui offre son corps aux hommes
"Plus les fins de mois sont difficiles,
plus les filles sont faciles.
A tous ses désirs je reste docile" (page 77).
Ondine qui n'a pas de chez elle, qui vit au gré
de ses rencontres, d'une chambre à une autre.
"Je vis dans sa chambre,
mais je ne le connais pas.
Je ne demande rien sur le contenu
de ses journées ou de ses sachets
qu'il me fait parfois transporter.
Sa journée commence là où celle des autres se termine.
Ondine se trouve "trop grosse pour être top. Trop typée pour
être actrice. Trop d'accent, trop tatouée, trop piercée, trop maquillée.
Trop et toujours pas assez" page 79).
Deux femmes qui se cherchent, chacune à sa manière,
Deux femmes qui ne se trouveront pas, qui chercheront
encore et encore qui elles sont.
Une belle plume que celle de Diane Schmidt.
Elle est graphiste indépendante à Paris.
L'Autre chambre est son premier roman.


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cicou45
  14 janvier 2019
L'une ne se sent pas exister. La première fois qu'elle a connu un homme, elle avait 36 ans et ce fut aussi la dernière. Elle s'est sentie fatiguée dès qu'elle est venue au monde et n'a rien fait pour essayer de changer, de vivre tout simplement. L'autre n'a même pas vingt ans et, rejetée par sa famille, elle s'est laissée entraîner pour être danseuse de charme. Sa première fois à elle, elle n'avait même pas treize ans et depuis, c'est lui qui la tient. Il la bat et elle supporte cela car elle pense qu'elle le mérite. Elle, c'est Ondine : elle sait qu'elle plaît aux hommes contrairement à la première femme de cet ouvrage qui se sait laide et s'en fiche : elle s'appelle Marine et pour elle, cela va changer lorsqu'elle rencontrera Ondine, non pas qu'elle l'ait désiré aux premiers abords : non elle voulait simplement être de nouveau avec lui pour éviter qu'il soit avec elle mais au fond, c'est cette jeune femme qui lui permettait de vivre.
Une sorte de triangle amoureux assez dur, voire malsain mais au travers duquel deux portraits de femmes se révèlent : toutes deux sont les opposées mais à travers un mince fil qui les relie (l'homme), elles vont se trouver et finalement le lecteur se rend compte en même temps qu'elles de leur familiarité : si la première s'est toujours sentie transparente alors que la seconde était désirée des hommes, au fond, elles n'existent pas et ne sont pas aimées pour ce qu'elles sont.
Une écriture fluide, sorte de poésie mais sans vers car les quelques mots employés se suffisent à eux-mêmes pour comprendre la détresse de ces deux femmes. L'auteure rajoute, tout au long du texte, du graphisme en noir et blanc, signe peut-être de cette transparence à laquelle je faisais allusion et peut-être est-ce une invitation à chaque lecteur de le compléter, de le colorier pour que ces femmes existent enfin. J'espère que cette modeste critique les fera un tant soit peu exister et pour ce faire, je vous recommande cet ouvrage qui est à la fois un livre d'artiste, un poème, un roman et bien plus encore ! A découvrir !
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paroles
  18 janvier 2019
Elles sont deux. Sont-elles proies ou chasseurs ?

L'une âgée de 36 ans et toujours vierge, traîne sa solitude, sa vie sans joie sans goût et sans désir. de son enfance, elle parle peu mais une douleur est là présente, secrète. Elle est au bord de l'effacement, de l'oubli. Mais quand même, elle attend la rencontre. Celui qui la fera revenir au présent.

L'autre, âgée de 18 ou 20 ans, vient de claquer la porte de chez elle. Etait-ce vraiment chez elle d'ailleurs ? Sa virginité il y a longtemps qu'elle l'a perdue, alors offrir son corps pour avoir un toit et un travail ne l'effraie pas.

Elles sont deux et vont finir par se rencontrer grâce à lui.

Voilà un court roman inclassable, une écriture poétique et violente, des phrases lancées comme des flèches piquantes et acérées.
Deux personnages de femmes aux destins douloureux, mal dans leur peau, luttant pour leur survie.
C'est formidablement triste et bien écrit ! C'est un roman très court et très pudique malgré le sujet abordé, le désir ou son absence et sa place dans nos vies.
C'est un texte que j'ai lu puis relu à voix haute pour mieux ressentir les douleurs partagées. L'absence de désir pour l'une (Marine) mais l'envie de vivre malgré tout qui est là, différente certes mais tellement présente et douloureuse, et encore plus après l'avoir connue.
Et pour la plus jeune (Ondine), l'envie d'être aimée et d'aimer malgré les coups portés à l'âme et au corps par sa famille d'abord et par son amant ensuite qui l'a placée comme danseuse dans un night-club.

J'ai aimé les prénoms d'eau distribués aux héroïnes, ces héroïnes qui pourraient se noyer mais apprennent à nager.
J'ai aimé les images imposées par les mots de l'auteure : le silence strident de la première et les ecchymoses qui s'allongent comme les tatouages de la seconde.

Voilà un premier roman, qui pour moi est un premier poème tant les mots sont ciselés et percutants, et le tout est servi dans un magnifique écrin de papier aux graphisme et dessins magnifiques. Car oui, Diane Schmidt possède un autre talent, celui d'orner elle-même ses écrits.

Je remercie infiniment François des éditions Envolume pour l'envoi de ce texte brillant et fort. Une très belle découverte.

Lien : http://mespetitesboites.net
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Srafina
  13 janvier 2019
Un court roman, une poésie en prose, pas de rime pas de structure précise. Mais une musique qui résonne à sa lecture. C'est étrange, on a l'impression d'entendre ces deux femmes qui se mettent à nu pour le lecteur.
Elles nous livrent leur vie, leurs souffrances.
L'une étouffée par son père, pas de vie avant 36 ans, qui se cherche, qui se noie à la recherche d'un homme.
L'autre qui se retrouve du jour au lendemain, chassée par sa mère de chez elle, se retrouve à la merci d'un homme.
Si semblable dans leur douleur, si différentes dans leur vie.
C'est la fin de l'histoire qui les rassemble.
Surprenant petit livre, le contenu que je viens de vous livrer, le contenant est très délicat, avec des graphismes très légers et aériens. le livre objet est très joli, on a envie de découvrir ce qu'il contient. Et quand on l'ouvre on se laisse prendre à la poésie du texte bien sombre.
Merci aux Éditions Envolume pour cette avant-première. Jolie découverte.

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Julitlesmots
  16 juillet 2019
Voilà un bouquin qui ne vous laissera pas indifférent. de par sa construction atypique, sous forme de poésie, l'auteur nous livre un thriller intimiste.
J'ai été très touchée par les mots que l'auteure met sur ses vers qui n'en sont pas vraiment. Des mots qui font froid dans le dos et qui racontent une violence d'une rare cruauté.
L'une, âgée de trente-six ans, toujours vierge, traîne sa solitude, ses mots sont rares, mais la douleur est présente. Elle s'efface peu à peu. Pourtant, elle attend, malgré tout, la rencontre, qui la fera vibrer.
L'autre, âgée d'une vingtaine d'années, s'échappe de chez elle, sa virginité il y a longtemps qu'elle l'a perdue…
Un bouquin qui n'entre dans un aucune case, mais qui s'imprègne de chaque genre connu. Un zeste de biographie, une pincée de poésie, parsemé des ingrédients qui font de bons thrillers.
Une écriture fluide, sous forme de vers qui raisonnent comme une litanie pour crier la détresse de ces deux femmes. Une écriture qui pose cette violence subie par ces femmes. Une violence qui crie sa rage et son indolence à trouver une solution.

Lien : https://julitlesmots.com/201..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
cicou45cicou45   14 janvier 2019
"Le mensonge est si doux à entendre ;
la vérité si dure à croire."
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ValdeMontparnasseValdeMontparnasse   20 février 2019
Les mauvais jours, j'entends ma voix
Par-delà les remparts.
Ce n'est pas le cri du cormoran,
Ni le murmure du vent.
Mais une voix sans echo.
Un de mes souvenirs qui pense tout haut,
Qui parle trop fort.
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LprieurLprieur   16 mars 2019
L'envie est une brume.
Où tant de navires ont échoué.
Elle glisse sur ma peau ; se retire aussitôt ;
comme l'eau sur le sable.
Juste un grain qu'elle me laisse à la tête,
pour me rappeler sa perte.
L'envie est une brume,
où j'ai cru te trouver, où je me suis perdue.
Cœur de pierre submergé
où s'écrasent les naufragées.

J'avale tout le sel de la mer,
pour qu'elle me soit plus douce.
J'avale tout le sel de la mer,
pour pouvoir y couler.

Elle s'est retirée.
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cicou45cicou45   14 janvier 2019
"Je suis née fatiguée.
Alors j'ai décidé de ne rien faire,
ou le moins possible.
Ce qui m'a fatiguée davantage.
Je ne fais rien, mais avec style."
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   15 mars 2019
Je ne parle pas, parce que je n’ai rien à dire.
Je ne parle pas, parce que les mots silencieux
de ma tête le sont aussi devenus
de ma bouche.
Qu’à force de ne plus les prononcer,
je ne sais plus penser avec.
Je ne parle pas, parce que je ne sais plus.
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