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Critiques sur Une aventure de Blake & Mortimer, tome 11 - Le dernie.. (13)
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HORUSFONCK
  29 mai 2019
Un album-surprise, auquel je ne m'attendais pas du tout!
Cette fois, c'est François Schuiten qui mène le ballet graphique, assisté de deux co - scénaristes et d'un coloriste.
Ce Blake et Mortimer est-il celui de la fin? D'un new âge? Il est, en tout cas, d'une beauté étrange et crépusculaire.
Dans le dernier pharaon, je me suis retrouvé dans un univers à la fois familier et très différent.
Le travail accompli pour cet épisode frise une sorte de perfection. Un presque équilibre idéal en bande dessinée.
Le talent de Schuiten, servi par une couleur somptueuse, embrase ce récit de fin des temps annoncée.
Les héros ont pris de l'âge... le colonel Blake prie son vieil ami Mortimer de se rendre au coeur de la cité interdite qu'est devenue Bruxelles, pour trouver le moyen d'empêcher une solution radicale d'être mise en oeuvre...
Mortimer aura des alliés, et son principal adversaire sera son âge qui le ralentit... Car le temps presse vraiment!
Blake, de l'autre côté de la Manche, fera tout pour gagner un peu de ce temps.
Le dernier pharaon, c'est une histoire hors du commun qui rend hommage à Edgard-Pierre Jacobs et son Mystère de la grande pyramide. C'est un retour, comme un cercle qui referme sa circonférence. Une sorte de cercle égyptien, dans tous les secrets de cette civilisation fascinante.
Hors ces réminiscences de la grande pyramide, le récit ramène Philip Mortimer dans quelques endroits rappelant l' Atlantide et le piège diabolique... Mondes oppressants pleins de dangers et d'issues incertaines.
Voilà, en somme, un album de Blake et Mortimer qui fera date.
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Presence
  05 juin 2019
Ce tome comprend une histoire complète mettant en scène Francis Blake et Philip Mortimer. La première édition date de 2019. Il a été réalisé par François Schuiten (scénario, dessins et encrage), Jaco van Dormael (scénario, réalisateur et metteur en scène belge), Thomas Gunzig (scénario, écrivain belge francophone) et Laurent Durieux (couleur).

À l'intérieur de la pyramide de Kheops, au Caire en Égypte, Francis Blake et Philip Mortimer reprennent difficilement conscience. Ils ne se souviennent plus d'où ils se trouvent. Ils finissent par comprendre qu'ils se trouvent dans la Chambre du Roi de la pyramide. Quelques années plus tard, le professeur Mortimer pénètre dans la salle des pas perdus du Palais de Justice de Bruxelles. Il y retrouve son ami Henri qui évoque le taux élevé du rayonnement électromagnétique. Henri emmène Mortimer au sous-sol et lui montre une pièce récemment mise à jour : le bureau de travail de Joseph Poelaert (1817-1879), l'architecte du Palais de Justice. Il l'emmène jusqu'au fond de la pièce où il lui montre des hiéroglyphes et une représentation du dieu Seth. À la surprise de Mortimer, Henri se saisit d'une masse et en frappe le mur. de la fissure s'échappe une puissante lumière. Henri passe par la faille, mais le mur s'écroule derrière lui, empêchant Mortimer de le suivre. Mortimer remonte le plus vite possible et sort du Palais de Justice. le rayonnement s'échappe du bâtiment et irradie toute la ville.

Trois semaines plus tard, Mortimer se réveille sur un lit d'hôpital où il est venu consulter à cause de terribles cauchemars dans lequel Seth lui apparaît. À l'extérieur, l'armée a commencé à évacuer les civils. Quelques temps plus tard, Mortimer retrouve Blake devant le Palais de Justice, autour duquel ont été élevés des échafaudages pour constituer une cage de Faraday afin de contenir le rayonnement. Des années plus tard, les bâtiments ont commencé à se dégrader et quelques animaux sauvages circulent dans la rue. Non loin du Palais de Justice, un groupe de personnes prépare un acte de destruction contre le bâtiment. Leur intervention a des conséquences néfastes et Philip Mortimer est contacté par Francis Blake pour une intervention de la dernière chance, en urgence. Mortimer doit se rendre à Bruxelles.

En 1996, paraît une nouvelle aventure de Blake & Mortimer, réalisée par Jean van Hamme & Ted Benoît, 9 ans après la mort de leur créateur Edgar P. Jacobs. Entretemps, Média Participations a fait l'acquisition des Éditions Blake & Mortimer, et Jean van Hamme a défini les règles à respecter pour les albums de la reprise : rester dans les années 1950 et ne pas poursuivre après Les 3 formules du Pr Sato (voir Autour de Blake & Mortimer, tome 9 : L'héritage Jacobs (2016/2018). Lors de l'annonce de ce tome, l'éditeur a clairement indiqué qu'il s'agit d'un projet à part, qui ne s'inscrit pas dans le cadre établi. D'une part Blake et Mortimer ont vieilli car l'aventure se déroule après Les 3 formules du Pr Sato ; d'autre part François Schuiten ne s'en tient pas aux caractéristiques graphiques de la ligne claire d'EP Jacobs. du coup l'horizon d'attente du lecteur s'en trouve plus incertain, car il a conscience qu'il ne va pas retrouver les spécificités bien établies pour la reprise de la série.

Avec la scène d'ouverture, l'amateur de Blake & Mortimer se retrouve en terrain connu, puisqu'il s'agit d'une scène tirée de Blake et Mortimer, tome 5 : le Mystère de la Grande Pyramide, Deuxième Partie (1955). Au fur et à mesure du récit, il retrouve les éléments classiques des personnages, ainsi que le ton de la narration, et le thème d'aventure. Il suit Mortimer (et un peu Blake) enquêtant sur un phénomène physique non théorisée scientifiquement, menaçant de causer des destructions à l'échelle planétaire, devant faire preuve de courage pour surmonter les obstacles tant physiques que scientifiques. Dans des interviews, Schuiten a indiqué qu'il a développé l'intrigue (avec Dormael et Gunzig) sur la base d'une idée présente dans les carnets de Jacobs. En termes de narration visuelle, le lecteur découvre une mise en couleurs très sophistiquée qui met en jeu des techniques autres que les simples aplats de couleurs. François Schuiten réalise des images d'une minutie exquise, évoquant les gravures du dix-neuvième siècle, et les illustrations de Gustave Doré, pas du tout dans un registre ligne claire.

Le lecteur entame ce tome et se sent tout de suite en terrain familier, qu'il soit lecteur de Blake & Mortimer, ou de Schuiten. Outre la base de l'intrigue empruntée à Jacobs, il suit le professeur Mortimer dans sa difficile progression dans Bruxelles, jusqu'à atteindre la source du rayonnement électromagnétique, pour essayer de sauver le monde, pendant que Blake essaye de limiter les dégâts probables d'une intervention armée sans finesse. Les auteurs font référence à quelques éléments de la mythologie de la série, soit évidents comme la Grande Pyramide, soit plus à destination des connaisseurs comme l'apparition d'une Méganeura. Pour autant, l'histoire reste intelligible et satisfaisante, même si le lecteur n'a jamais ouvert un album de Blake & Mortimer. de la même manière, le lecteur retrouve les caractéristiques des dessins de François Schuiten : une incroyable précision, des touches romanesques et romantiques, un amour de l'architecture. Il peut aussi apprécier la narration visuelle s'il ne connaît pas cet artiste, pour la qualité de ses descriptions, l'utilisation de cadrages (gros plan sur une main en train d'agir, posture des personnages en mouvement) et de plans de prise de vue directement empruntés à Jacobs. le lecteur familier des albums originaux retrouve ces cases très déconcertantes où la cellule de texte décrit ce que montre l'image. Par exemple page 11, le texte indique : Mais déjà le marteau s'abat contre la surface de pierre. C'est exactement ce que montre la petite case, faisant s'interroger le lecteur sur l'intérêt de doublonner ainsi l'information, si ce n'est pour un hommage.

Arrivé à la fin de l'album, le lecteur a apprécié l'aventure, observé que Dormael, Gunzig et Schuiten ont imaginé un risque technologique de type anticipation plausible dans son concept, peu réaliste dans sa mise en oeuvre, mais très cohérent avec les récits d'anticipation de Jacobs. Il a bénéficié d'une narration visuelle d'une grande richesse, respectant l'esprit un peu suranné des oeuvres originelles, avec des techniques de dessins et de mise en couleurs différentes de celles d'Edgar P. Jacobs. Il en ressort un peu triste. le choix de situer l'histoire plus récemment amène à voir les personnages ayant vieilli, Mortimer indiquant qu'il est à la retraite. Ils ne sont pas diminués physiquement, mais leurs remarques contiennent une part de nostalgie, et de jugement de valeur négatif sur leur présent. Dans des interviews, Schuiten a déclaré qu'il souhaitait exprimer l'état d'esprit d'Edgar P. Jacobs qui se déclarait déconnecté de son époque à la fin de sa vie, ne comprenant plus le monde qui l'entourait. Cette sensation d'obsolescence de l'individu s'exprime en toile de fond, avec le jugement de valeur de Mortimer sur les conséquences du rayonnement électromagnétique, ramenant l'humanité dans un stade technologique qu'il estime plus humain.

S'il a suivi la carrière de François Schuiten, le lecteur détecte plusieurs références à d'autres de ses oeuvres. L'échafaudage englobant le Palais de Justice évoque le réseau Robick de Les Cités obscures, Tome 2 : La fièvre d'Urbicande (1985). La locomotive est un modèle 12.004 de la SNCB, celui qui figure dans La Douce (2012). le Palais de Justice de Bruxelles joue déjà un rôle central dans Les Cités obscures, Tome 6 : Brüsel (1992), et son architecte Joseph Poelaert y est évoqué. le thème du temps qui passe, du décalage avec l'époque présente entre en résonance avec ces évocations d'une longue carrière, constituant un regard en arrière. Avec cette idée en tête, le lecteur considère d'une autre manière les références à la culture de l'Égypte antique, à la très ancienne confrérie évoquée par Henri, aux transformations induites par la technologie sur la société humaine. Dans cette optique, l'essaim de scarabées libéré par Bastet s'apparente à une plaie d'Égypte, une condamnation divine. Les cauchemars de Mortimer deviennent des signaux émanant du passé. L'utilisation d'un pigeon voyageur (Wittekop) pour communiquer est un symbole d'une communication indépendante de la technologie de pointe. Mortimer fait confiance aux chats pour le guider car l'instinct des animaux les pousse à éviter ce qui pourrait leur faire du mal : à nouveau la sagesse ne vient pas de la technologie, mais de la nature. Les soins prodigués par Lisa relèvent d'une forme de médecine alternative qui devient un savoir thérapeutique héritée de la sagesse ancienne, et plus efficace que les cachets et les pilules. le fait que Mortimer se retrouve devant des statues égyptiennes sens dessus dessous finit par évoquer que c'est le monde moderne qui marche sur la tête. La nostalgie d'un monde plus simple, plus maîtrisé submerge alors le lecteur. Très habilement, 2 personnages évoquent le syndrome chinois : hypothèse selon laquelle le matériel en fusion d'un réacteur nucléaire situé en Amérique du Nord pourrait traverser la croûte terrestre et progresser jusqu'en Chine. Là encore le lecteur peut y voir une angoisse d'applications scientifiques non maîtrisées, et qui en plus ne date pas d'hier.

En ouvrant ce tome, le lecteur sait qu'il s'agit d'un album de Blake & Mortimer qui sort de l'ordinaire, à la fois parce que les personnages principaux ont vieilli, à la fois parce que l'artiste a bénéficié de plus de libertés créatrices que les autres équipes ayant repris la série. Il plonge dans une bande dessinée d'une rare intensité, non pas parce que la narration est dense ou l'intrigue labyrinthique, mais parce qu'il s'agit d'un projet ayant mûri pendant 4 ans de durée de réalisation, parce que les phrases prononcées par les personnages portent en elles des échos des préoccupations des auteurs, parce que la narration visuelle est d'une grande beauté plastique et d'une grande minutie, parce que la mise en couleurs semble avoir été réalisée par la même personne que les dessins. En refermant cet album, le lecteur reste sous le charme de ce récit pendant de longs moments, touché par une oeuvre d'auteur jetant un regard d'incompréhension sur le monde qui l'entoure, comme s'il s'était trouvé dépassé par la modernité, finissant déconnecté de son époque.
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Pachy
  01 juin 2019

Quel beau cadeau fait aux lecteurs adeptes de bande dessinée que ce retour en Égypte mené d'une main de maître par le grand François Schuiten. Qui dit Schuiten dit architecture, soin millimétré des perspectives et des détails. Les aventures crées par E.P. Jacobs sont-elles dénaturées ? Non. Au contraire elles ont pris un chemin inattendu qui ravit les inconditionnels (dont je fais partie) de Blake et Mortimer et de Schuiten. Détail d'importance, les deux héros sont physiquement vieillis.
Bien entendu, cette aventure devait se passer à Bruxelles. Bien entendu elle devait être fantastique. Bien sûr, si Philip Mortimer oeuvre sur place au sein du Parlement de Bruxelles, Francis Blake fait équipe avec son ami depuis Londres où, avec plaisir, on ne parle pas encore de Brexit. D'ailleurs, posons-nous la question : « Auraient-ils été favorables à une sortie de l'Europe ? Je parie sur le « non »
Prenez autant de plaisir à cette lecture que j'en ai pris.
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frmwa
  14 juin 2019
Une suite très réussie au mystère de la grande pyramide, avec la distance des ans. Les personnages ont vieilli, mais avec l'espoir d'une nouvelle vie. Magnifique exploitation du Palais de Justice de Bruxelles, éternellement en ruines et dissimulé par les échafaudages. Visions utopiques de vies alternatives dans cette région bruxelloise vue comme une île avec des racines profondes dans le souterrain mystérieux du Palais de Justice de Poellaert. Cette architecture merveilleusement rendue par le dessin de François Schuiten ouvre grand les portes de l'imagination (j'y ai fait une visite pour récupérer mon permis de conduire !) qui favorise la suspension d'incrédulité vis-à-vis du scénario solidement construit par quatre comparses, établissant ainsi les conditions d'une lecture jouissive à tout point de vue, et particulièrement dans le format "à l'italienne" tiré à 8000 exemplaires. Grand respect aussi, voire révérence, vis-à-vis de l'esprit de la bande dessinée originale - qui s'inscrit dans la réalité bruxelloise, notamment dans une planche affichée à l'entrée du Vieux Spijtige Duivel, où trônent également des portraits d'exilés comme Victor Hugo et Charles Baudelaire.
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Polars_urbains
  14 juin 2019
On retiendra surtout de cet album le dessin superbe de François Schuiten (je suis un fan depuis toujours) et la fascination du dessinateur pour le Palais de justice de Bruxelles aussi imposant qu'inutilisable. Cela réjouira donc les amoureux des Cités obscures. Par contre l'histoire est terriblement compliquée et on a parfois un peu de mal à suivre, bien que les scénaristes s'y soient mis à trois ! Mais après tout, c'était aussi un peu abscons chez Jacobs. le dernier pharaon a toutefois le grand mérite de sortir du style « ligne claire » de tous les albums (certains très bons) qui l'ont précédé. A classer donc dans sa bibliothèque avec les ouvrages de Schuiten que plutôt que dans la série des Blake et Mortimer.
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CDemassieux
  10 juin 2019
Depuis la mort d'Edgar P. Jacobs, survenue en 1987, et contrairement à Tintin, les aventures de ses deux mythiques personnages (Blake et Mortimer) ont perduré, avec plus ou moins de bonheur.
On saluera la suite des Trois Formules du professeur Satō, orchestrée par Bob de Moor, qui a notamment travaillé aux côtés d'Hergé. Pour les albums suivants, on louera leur fidélité, laquelle les dessert en même temps, de mon point de vue. Car la fidélité excessive bride, en effet, l'imagination.
Mais avec le Dernier Pharaon, inspiré par la découverte « d'un synopsis de Jacobs qui mettait en scène Olrik, ennemi célèbre de Blake et Mortimer, et le Palais de justice de Bruxelles » (source : France Culture), c'est une tout autre affaire. Nous avons là une grande oeuvre de bande dessinée, sous la houlette de François Schuiten (aidé, pour le scénario, par Jaco van Dormael et Thomas Gunzig, et pour la couleur, remarquable dans cet album, Laurent Durieux), un maître du 9e Art, auquel on doit, en compagnie de Benoît Peeters, la fabuleuse série des Cités obscures.
Après quatre années de travail, le résultat est ahurissant, et l'on n'aurait osé l'espérer.
Ainsi, l'histoire reprend le canevas d'une vieille aventure en deux tomes de Blake et Mortimer : le Mystère de la Grande Pyramide, avec cette fois un autre décor que l'Égypte ; un décor où l'architecture à une place prépondérante. Ce décor c'est Bruxelles, capitale belge que Schuiten avait déjà hantée de son trait aussi précis que celui d'un graveur. Ainsi, en lisant cet album, quelques-uns se souviendront sûrement avec délectation de l'inoubliable Brüsel, de Peeters et Schuiten.
C'était donc presque une évidence d'y retrouver le monument le plus étrange autant que le plus emblématique (avec le Manneken-Pis, évidemment !) de Bruxelles : le palais de Justice, qui trône au-dessus de la ville comme une ombre surnaturelle. Débauche architecturale de Joseph Poelaert, l'édifice devient le coeur de l'intrigue, une intrigue qui multiplie les clins d'oeil aux premières aventures de Blake et Mortimer – lesquels ont bien vieilli –, du temps de leur créateur.
Surtout, le Dernier Pharaon est une ode à la vie dans ce qu'elle a de plus essentiel, loin du consumérisme ambiant, qui est, à bien y regarder, un suicide programmé de l'humanité. Dans l'air du temps, diront certains, mais si c'est pour refuser la destruction du monde – et, par voie de conséquence, la nôtre –, alors respirons cet air !
En introduction de l'histoire, Schuiten écrit ceci à propos des aventures de Blake et Mortimer : « Leurs images nous reviennent avec la même force qu'à la première lecture, et on ne peut s'empêcher d'y revenir, inlassablement, comme pour percer à jour le secret de leur envoûtement. » Eh bien, l'envoûtement est total dans ce que je n'hésite pas à appeler le plus bel hommage rendu à l'oeuvre de Jacobs.
Enfin, l'objet proprement dit est un vrai bonheur…bonheur qui me fait dire que la bande dessinée virtuelle n'est pas prête de détrôner le support papier !

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Bigmammy
  03 juin 2019
Rupture graphique mais continuité des thèmes fantastiques, cet opus « hors série » se réfère évidemment aux personnages de la saga conçue par Edgar P. Jacobs et ses continuateurs.
Mais ici, l'univers est plutôt celui de François Schuiten, virtuose de la bande dessinée figurative (entre autres) … et qui déclare que cet ouvrage sera son dernier opus en bande dessinée. Certains lecteurs seront donc sans doute déçus de ne pas retrouver Philip Mortimer et Francis Blake dans le cadre de la ligne claire … Mais cette aventure uchronique vaut la peine d'être suivie.
Nous sommes dans les années 80. Comme nos deux héros sont censés être nés en 1910, ils sont donc à la retraite. le professeur Mortimer s'ennuie mais ses nuits sont hantées par d'effroyables cauchemars, qui le replongent régulièrement au fond de la Grande Pyramide. Il va être à nouveau sollicité pour sauver le monde occidental … et s'en tirera avec brio. Francis Blake, encore actif dans les services secrets, va l'épauler de loin. Un grand absent : Olrik … y aura-t-il une suite ?
Le vrai héros de cette histoire à la fois fantastique et écolo est l'imposant palais de Justice de Bruxelles, oeuvre de Joseph Poelaert, plus vaste que Saint Pierre de Rome, construit entre 1866 et 1883. Ici, nous entrons dans l'univers de François Schuiten et de ses Cités obscures …ou de ses ouvrages sur Bruxelles. Avec le concours des scénaristes Jaco van Dormael et Thomas Gunzig et du coloriste Laurent Durieux, il livre une oeuvre très personnelle, et « en même temps » respectueuse du créateur Edgar P. Jacobs.
Car les références jacobsiennes affleurent au fil des pages : les animaux préhistoriques du Rayon U, les cheminements dans les ténèbres, l'apparition d'un monde souterrain idéal – L'énigme de l'Atlantide – l'ancienne Egypte du Secret de la Grande Pyramide, les missiles, la « chose » envahissante et non maîtrisable du Piège diabolique. J'ajoute que le thème de l'arrêt de tous les systèmes de télécommunications et de l'ensemble des réseaux a déjà été traité par … Bill Clinton et James Patterson !
Beauté formelle du dessin, richesse des couleurs, scénario complexe et totalement fantastique … certains apprécieront cet exercice de style, d'autres regretteront le graphisme classique de Blake et Mortimer. Vivement la suite de « La vallée des immortels » …

Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Guillaume72
  31 mai 2019
C'est plus fort que moi : quand un Blake et Mortimer sort en librairie, je me précipite pour l'acheter. C'est ma madeleine de Proust... Cette fois, avec le dernier pharaon, nous ne sommes pas dans un BLake et Mortimer à la manière d'E P Jacobs, mais dans un album s'inspirant de ses personnages.
En effet, le dessin n'est pas dans la tradition de la ligne claire, ce qui peut un peu déstabiliser les fans. Ce dernier n'est pas mauvais, mais ce n'est pas ce que je préfère. le graphiste abuse un peu trop à mon goût de la rayure et du pointillé comme trame de fond. Les personnages sont reconnaissables, mais pas tout à fait fidèles au trait d'E P Jacobs. le fait de les avoir vieilli facilité peut-être un peu le travail. L'atmosphère de l'album est apocalyptique dans un monde soumis à l'influence de la technologie. La philosophie de l'album est celle de la décroissance. le tout est sur fond plus scientifique qu'archéologique et ce sont justement les albums relatifs à l'archéologie que je préfère. La trame narrative est très cohérente et l'album copieux : une centaine de pages, ce qui laisse un peu plus de plaisir au lecteur.
Les auteurs utilisent quand même l'intrigue du mystère de la grande pyramide, qui inspire beaucoup les auteurs modernes. L'aventure imaginaire repartait également de cet album. J'ai pour ma part largement préféré l'aventure imaginaire qui avait su tisser une aventure toute de nostalgie et très fidèle à l'univers d'E P Jacobs.
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Kukba65
  09 juin 2019
Terrible surprise que ce nouvel album des personnages d'EP Jacobs : l'album est dessine par Francois Schuiten qui embarque dans l'aventure trois grands noms des arts et des lettres. Terrible aussi par les traits des personnages et le dessin si differents des autres albums, par le trouble sur la periode ou l'on se sait plus si l'on vit dans les annees 50 et au debut des 90.

Mais la qualite du dessin et du recit fantastique emportent tout : c'est un chef d'oeuvre !

Ce fantastique a des traits des albums de Yoko Tsuno, de cet autre grand maitre de la BD : Roger Leloup.

Quel pari les editeurs et ayants droit ont ose de confier Blake et Mortimer a ce quattuor, mais pari releve brillamment.
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LireEnBulles
  06 juin 2019
Blake et Mortimer est une série de bande dessinée créée en 1946 par le dessinateur belge Edgar P. Jacobs, qui depuis sa disparition en 1987 a vu de nombreux auteurs reprendre le flambeau. On peut citer Bob Moor, Jean van Hamme, Yves Sente, André Juillard, René Stern ou encore Chantal de Spiegeleer. Avec près d'une trentaine d'albums à ce jour, Blake et Mortimer est un monument de la bande dessiné franco-belge traduit dans une dizaine de langues (portugais, espagnol, arabe, danois, anglais, allemand, etc). Pour compléter cette petite rétrospective on peut aussi mentionner l'adaptation animée franco-canadienne produite en 1997, diffusée entre autres sur Canal +, M6 et France 3. Nous avons aussi eux diverses expositions consacrées à Blake et Mortimer, des pièces de monnaies de collection en euro, et bien plus encore. Bref, vous l'aurez compris que vous soyez connaisseurs ou non, Blake et Mortimer sont certainement deux noms que vous avez déjà entendus quelque part.

Le Dernier Pharaon a la particularité d'être écrit à quatre mains. Thomas Gunzig auteur de nombreux romans , le réalisateur Van Dormael Jaco (Mr. Nobody avec Jared Leto), et François Schuiten (Les Cités obscures) qui s'occupe également du dessin. La colorisation a été confiée à Laurent Durieux dont le travail de graphiste est très apprécié de réalisateurs US tels que Steven Spielberg et Francis Ford Copolla. Un autre signe particulier se trouve dans le fait que selon Yves Schlirf (directeur de Dargaud Benelux appartenant au groupe Dargaud) peut être lu indépendamment du reste sans que l'on n'ait jamais eu un Blake et Mortimer entre les mains. Et sa tombe bien, parce que moi Blake et Mortimer je ne connaissais que de nom et de réputation. Vais-je m'avancer et confirmer les dires de Yves ? Oui, totalement. Francis Blake est un ancien pilote de talent devenu directeur du MI5, le service britannique d'espionnage. Son ami, Philip Mortimer est un scientifique réputé du Royaume-Uni spécialisé dans la physique nucléaire. Dans leurs aventures ils font face à différents ennemis, notamment le criminel international le colonel Olrik. Bien, vous avez en gros les informations nécessaires pour vous lancer dans le Dernier Pharaon, dont l'intrigue prend place dans les années 80, où le professeur Mortimer est appelé pour étudier un étrange phénomène qui voit des radiations s'échapper du Palais de Justice de Bruxelles. Ces aurores boréales provoquées par le radiation engendre des pannes électroniques (informatique, etc), mais aussi de violentes hallucinations chez ceux qui ont été exposés aux rayons. Mortimer en fait partie et se retrouve hanté par un cauchemar où une silhouette rappelant son aventure en Egypte semble en vouloir à sa vie. Afin d'endiguer le phénomène, un mur hors norme fait de matériaux spéciaux vient entourer le Palais de Justice, et un mur est érigé autour de la ville. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu.

Le Dernier Pharaon n'est pas écrit pour tenter d'éclipser les oeuvres précédentes ni pour surpasser Jacobs. Non, ces 4 architectes puisent dans leurs expériences des outils scénaristiques afin d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice qu'est Blake et Mortimer. Comment peut-on le savoir quand cet album est autre première lecture ? Il suffit simplement de lire entre les lignes, c'est instinctif. le novice découvre des personnages ayant déjà un bagage émotionnel que les scénaristes ne souhaitent renier ni même ignorer. Au contraire, le passé est une force immuable sur laquelle les idées des 4 compères se superposent avec respect. Les thématiques explorées dans cet album ne sont pas anodines, bien au contraire. La technologie et la science sont au coeur même du Dernier Pharaon. À l'époque où nous vivons, que l'on veuille le voir ou non, l'homme se fait littéralement bouffer par ce qui pour lui est une force : l'évolution. Jamais rassasier et toujours aussi gourmand, l'homme de banque, de médecine ou de recherche ne connaît pas de limite. C'est ainsi que l'on se retrouve avec un homme riche à foison (Elon Musk) qui veut envoyer plus de 12 mille satellites Starlink dans l'espace. le but est que la terre entière puisse avoir accès à l'internet haut-débit. le comble de la stupidité si on me le demande, quand on sait que près de la moitié de la planète n'a pas accès à une source d'eau potable. Dans le Dernier Pharaon, la sensation d'être à deux doigts de la fin du monde est très vite exposée au lecteur. La vision cinématographique de Jaco van Dormeal accroît cette idée d'être devant un film anxiogène à la 2012 ou Apollo 13. La narration est classique dans son idée de base mais trouve toute sa superbe grâce au savoir faire de ses artistes. Toutefois, le tournant que prend le récit peut troubler, voir décevoir. Si l'on se concentre davantage sur Mortimer, Blake fait quelques apparitions ici et là, et on sent qu'ils ont un vécu ensemble. Brouillés depuis des années, les deux amis dégagent tout de même une alchimie qui nous donne envie d'aller jeter un oeil à leurs précédentes aventures.

Le dessin de François Schuiten diffère de celui d'Edgar P. Jacobs, mais possède tout autant de caractère. le trait est maîtrisé et propre à l'identité de Schuiten. Encore une fois, il n'est pas question d'imiter ni même d'éclipser Jacobs. Pour ceux qui n'auraient pas une idée du trait de ce dernier, imaginé simplement du Hergé. Ligne claire, décors sobres mais travaillés, beau et efficace. Voilà du Jacobs. Schuiten, lui, donne beaucoup plus de cachet au décor. Sous ses rayonnements mystérieux, Bruxelles nous paraît imposante, majestueuse mais dangereuse. Une certaine aura mystique se dégage de la globalité du récit, aussi bien dans son écriture que dans son graphisme. le visage des personnages est plus dans le réaliste grâce au style hachuré. Les traits tirés et les quelques rides de Mortimer témoignent du temps passé et de sa maturité. La colorisation de Laurent Durieux vient compléter à merveille ce côté classieux que dégage l'ensemble. Les ombres appuient les mimiques des personnages avant de partir accentuer la froideur de la ville.

En conclusion, le Dernier Pharaon est un one-shot prenant de bout en bout mais qui peut diviser. C'est sombre, et d'après ce que j'ai compris cela est assez inédit. Dynamique et respectueux de l'oeuvre d'origine tout en lui donnant une direction différente, François Schuiten [qui a annoncé mettre un terme à sa carrière au site ActuaBD – article], Van Dormael Jaco, Thomas Gunzig, et Laurent Durieux offrent une histoire où le lecteur voyage en zone inconnue. Laissez-vous tenter !


Lien : https://lireenbulles.wordpre..
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