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EAN : 9782253103752
384 pages
Le Livre de Poche (05/01/2022)
3.95/5   288 notes
Résumé :
"Ce qu’on va faire, c’est un braquage. Mais un braquage sans violence, sans arme, sans otage et sans victime. Un braquage tellement adroit que personne ne se rendra compte qu’il y a eu un braquage et si personne ne se rend compte qu’il y a eu un braquage, c’est parce qu’on ne va rien voler. On ne va rien voler, mais on aura quand même pris quelque chose qui ne nous appartenait pas, quelque chose qui va changer notre vie une bonne fois pour toutes." Quel est le rappo... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (87) Voir plus Ajouter une critique
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CoccinelleDesLivres
  22 décembre 2019
Excellent ! Ce roman est une bombe ! Satire sociale réussie et brillante de notre misère sociale où cohabitent émotions, réflexions et humour. Un régal littéraire et c'est du belge ! Bravo Thomas Gunzig, je me suis pourléchée les babines de mon âme en vous lisant.
Au début, nous faisons connaissance avec Alice, née dans une famille du « tout juste ». Tout juste pour les fins de mois, tout juste pour manger, tout juste pour payer les factures. Et ce « tout juste » va la poursuivre de longues années. Avec son petit garçon Achille, elle écume la misère mangeant des spaghettis au beurre cinq jours sur sept. Ce portrait de la misère d'aujourd'hui m'a fait froid dans le dos. Car c'est bel et bien la crise. Même en travaillant, on frise la survie et la désespérance. Alors sans boulot, c'est la galère. Pauvre Alice qui même avec tout son courage patauge encore et encore. Aux portes du désespoir, Alice après avoir écumé toutes sortes de solutions pour s'en sortir, petits boulots dégradants, vols, prostitution, elle se lance dans le projet de kidnapper un bébé d'un riche qui devrait selon ses plans lui verser un bon pactole pour récupérer sa précieuse.
Mais le destin est capricieux et rigole dans son coin en nous jouant les pires déconvenues.
Arrive Tom, enfant moyen, étiqueté très jeune comme débile, enseignement spécial puis un début d'âge adulte difficile où il rêve de devenir écrivain, le prochain prix Goncourt mais Tom reste moyen. Ses livres sont moyens, sa vie moyenne, la misère fait à nouveau son apparition. Autant pour Alice que pour Tom, cette misère suit nos héros comme une sangsue agrippée à leur gorge, à leurs poches, une misère qui pue et fait honte.
Deux personnages profondément humains et attachants. Une écriture qui percute dans laquelle on est happé directement sans le moindre ennui. Une palette d'émotions vertigineuses, larmes, colère, espoir et rire, le tout se partage le premier rôle à tour de rôle dans ce roman.
Feel good c'est quoi en somme quand cette foutue misère humilie nos protagonistes ? Feel good c'est l'envers du décor, la lumière qui brille dans le noir, une vie de merde qu'on renverse à plat de couture parce qu'on n'a plus rien à perdre.
Ce roman donne une pêche incroyable au sens propre comme figuré. Il donne envie d'y croire, de se battre encore une fois, de devenir écrivain,... ça fourmille d'idées, de force, d'espoir. Un magnifique roman que je ne peux que vous recommander. Et qui est tout sauf un feel good.
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marina53
  28 mars 2022
Alice grandit dans un foyer aimant. Papa, professeur de gymnastique, et maman au foyer depuis que la supérette dans laquelle elle travaillait a fermé. Malheureusement, Papa décède d'un cancer foudroyant alors qu'elle n'a que 12 ans. Dès lors, la vie devient « tout juste » avec la maigre assurance-vie et le chômage. À 20 ans, elle se présente à la boutique de chaussures Bocacci... 25 ans plus tard, elle y travaille encore. C'est là qu'elle rencontre Nathan, un client. Rapidement, ils forment un couple et deux mois plus tard, Alice est enceinte. Chose que Nathan n'est pas prêt à assumer. La jeune femme élève alors seule Achille. Tout se passe bien jusqu'au jour où madame Moretti, de par son âge avancé et un chiffre d'affaires en baisse, ferme boutique. Dès lors, la vie devient « tout juste », malgré les petits boulots, les vols à l'étalage... Elle a alors une sombre idée en tête et c'est là, par un curieux hasard, qu'elle va faire la connaissance de Tom, un écrivain qui vivote de ses livres...
Être tout juste tous les mois, calculer le moindre euro dépensé alors qu'elle voudrait tant, à tout le moins, nourrir son fils autrement qu'avec des pâtes 5 fois par semaine, quant aux petits plaisirs, n'en parlons pas, ça commence à la miner, Alice. Alors, faut-il être désespéré au point d'enlever un enfant et réclamer une rançon ? Mais son plan, aussi foireux et original soit-il, va l'entrainer dans un tout autre chemin. Chemin que Tom va, bien malgré lui, emprunter aussi. Cette satire sociale, originale, entrainante, tout à la fois touchante et drôle, dépeint une réalité bien triste et explore, intelligemment et avec vivacité, divers thèmes tels que la précarité/pauvreté, les inégalités sociales, l'écriture, le milieu littéraire, l'amour, le paraître... Les personnages d'Alice et Tom sont touchants, attachants, et profondément humains. Si la première partie se veut plus sociale, réaliste et dénonciatrice, la seconde se révèle fantaisiste, grinçante parfois et enlevée. Un roman finement mené et savamment dosé...
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  27 janvier 2022
D'abord il y a Alice, 46 ans, mère célibataire d'Achille, 8 ans. Fille unique, grandie dans une famille où le père adoré est mort quand elle avait 12 ans et où la mère a perdu son travail et n'en a jamais retrouvé. Alice connaît depuis longtemps le sens du « tout juste » : tout juste de quoi payer à manger et les factures urgentes. Pour le reste (loisirs, chouettes vêtements, coiffeur, vacances,...), il y a les rêves. Alice grandit, ne fait pas d'études, trouve à 19 ans un travail de vendeuse dans un petit magasin de chaussures. Rencontre des garçons, Nathan, notamment. le plus courageux de tous : il la laisse tomber sans états d'âme lorsqu'elle lui annonce qu'elle est tombée enceinte accidentellement : « c'est toi que cela regarde. J'ai pas à assumer ça ». Dont acte. Alice accouche, élève Achille, l'inscrit à la crèche puis à l'école. Ça coûte cher, mais jusque là elle s'en sort « tout juste ». Puis le magasin de chaussures ferme, la faute aux centres commerciaux en périphérie de la ville et aux grandes chaînes de magasins spécialisés. Alors ce n'est plus « tout juste », c'est la dèche totale, la misère. Alice enchaîne les boulots alimentaires, mais cela lui laisse à peine de quoi faire des pâtes au beurre tous les jours. Alice chercher désespérément une idée qui la rendrait riche d'un seul coup, pour longtemps et à coup sûr.
Et puis il y a Tom, 45 ans, qui vient de se faire larguer par sa femme. Enfant un peu « à part », placé dans l'enseignement spécialisé, il sentait depuis tout petit qu'il était différent, un génie incompris, et qu'il serait plus tard un grand écrivain. Et de fait, Tom écrit des romans, mais ils n'ont que très peu de succès. Donc Tom n'est pas riche, il est même pauvre, mais il compte quand même sur son roman en cours d'écriture pour le sortir de là, au moins un peu.
Forcément, Alice et Tom vont se rencontrer, au détour de l'idée, aussi désespérée que rocambolesque, qu'a eue Alice pour devenir riche. Une idée qui va changer leur vie à tous les deux, mais pour le meilleur ou pour le pire ? Un indice : ceci n'est pas un roman feel good...
Je ne vous dirai pas si cette histoire finit bien, seulement que ces pages vous feront ressentir ce qu'est la vie quotidienne infernale des gens en situation de précarité, dont le porte-monnaie est vide le 12 du mois (chaque mois), qui courent les hard-discounts pour se nourrir et les agences d'interim pour trouver un boulot à la noix (n'importe lequel) et ne pas perdre leurs allocations de chômage et/ou se retrouver à la rue, qui se privent de soins médicaux pour acheter des chaussures (en seconde main) à leurs enfants, qui ne vont jamais au resto, au ciné, au théâtre ou en vacances. Des gens humiliés par la vie et sa bureaucratie absurde mais qui tentent de rester dignes, jusqu'à ce que le désespoir les pousse dans leurs derniers retranchements.
Cette comédie humaine très réaliste aurait pu être sombre, sinistre, totalement déprimante. le monde qu'elle donne à voir n'est pas réjouissant, mais l'auteur est un joyeux pessimiste, alors il donne à ses personnages désespérés un grain de folie, d'audace et de force., pour alléger le tout.
Entre satire sociale et réflexion affûtée et parfois cynique sur le travail d'écrivain/d'écriture (ça sent le vécu), "Feel good" est un roman attachant (y compris au sens premier du terme puisqu'on ne le lâche plus une fois commencé), qui sonne très juste. L'auteur a un grand talent de conteur, la plume fluide et le sens de la formule (pour ceux/celles qui connaissent ses chroniques en radio, on croirait l'entendre nous lire le livre dans notre tête). Ce n'est pas du feel good, mais vous vous sentirez bien quand même, parce qu'à la fin il y a un peu d'espoir qui perce à travers le brouillard des difficultés (cf la fleur qui éclot sur le cactus de la couverture). Et surtout, parce qu'il y a toute l'empathie et la tendresse de Thomas Gunzig pour ses personnages paumés de la vie.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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latina
  02 avril 2021
La pauvreté : spaghetti au beurre tous les jours, appartement loué super étroit, factures d'électricité, d'eau, de gaz en retard.
La pauvreté : accepter n'importe quel boulot pour ne pas perdre les allocations de chômage depuis que le magasin/le bureau dans lesquels on travaillait ont fermé/licencié/restructuré.
La pauvreté à en crier de désespoir, parce qu'on ne peut faire plaisir à son enfant, parce qu'on le nourrit de tout ce qu'il y a de moins cher donc peu de fruits et légumes, parce qu'on ne peut l'emmener en vacances, parce qu'on ne va même pas au cinéma, ni au restaurant, ni boire un verre, ni chez le coiffeur, ni s'acheter des vêtements, parce que tout est calculé, parce qu'on est toujours « tout juste » et même en-dessous du tout juste.
Alice, presque la cinquantaine. Tom, quarante-cinq ans environ. Ils ne se connaissent pas, mais ont un point en commun : ils sont pauvres.
Deux points en commun, même : ils sont seuls. L'une depuis 8 ans, depuis l'annonce de sa grossesse à son amant ; l'autre depuis peu.
L'une était vendeuse dans un magasin de chaussures, l'autre est écrivain, mais dans le genre mi-raté, vous voyez ?
Ils finiront par se rencontrer autour d'un rapt d'enfant. C'est là que leur vie pourra changer, s'ils le veulent.
Quel roman ! L'auteur explore les points de vue successifs des deux protagonistes en faisant preuve d'une sagacité extraordinaire. Il faut dire qu'il exploite aussi le thème de l'écriture, dans lequel il excelle. En effet, il manie sa plume avec toute la véracité possible, toute l'humanité possible. Pas de feel good, ici, oh non ! Pas de clichés, pas de leçon de morale sous-jacente, mais une construction originale, un style clair et percutant, de multiples références à l'univers culturel connu des amateurs de littérature, aux auteurs classiques et contemporains, à la Grande Librairie, aux prix, à la rentrée littéraire – et Babelio, qui apparait au fil d'une page !
Une réflexion sur l'amour, aussi, en arrière-plan.
La vision du monde est vraiment pessimiste au départ, à se claquer la tête au mur, mais elle est réaliste. Tout est vu à partir du monde des pauvres, les vrais. Ceux qui demandent de l'argent pour pouvoir vivre, au sens premier du terme, jusqu'à la fin du mois, et à qui les riches refusent cet argent, parce qu'alors « ce n'est pas leur rendre service, notre société va être une société d'assistés ! »
Paradoxalement, ce roman fait du bien, alors que ce n'est pas un roman feel good.
Si vous voulez expérimenter ce paradoxe, jetez-vous dans cette lecture piquante et inédite.
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Bazart
  23 août 2019
Et si on lisait un roman en train de s'écrire, êtes-vous prêt pour une intrusion dans le cerveau fertile d'un romancier ?
Une héroïne désespérée, il faut vraiment l'être pour enlever un bébé devant une crèche. Alice la quarantaine, vendeuse au chômage bientôt en fin de droit, entre 800 et 1200 euros par mois pour vivre, un enfant de sept ans à charge. Un héros tristement larguée par son épouse et incompris de sa fille, Tom écrivain sans succès depuis trop longtemps. Et si ces deux-là se rencontraient se demande notre écrivain, pourrait-on en faire un « feel good book » ? Un homme et une femme chabadabada … ?
Pas tout à fait, nous sommes chez les exclus, les sans-grades, les humbles, les pauvres quoi ! Ceux qui ont peur à partir du quinze du mois. Mais alors comment réussir un roman qui fait du bien en parlant de notre monde contemporain où même en traversant la rue on ne trouve pas de travail ?
Pari réussi, Thomas Gunzig, dont on a récemment parlé de son précédent roman sorti en poche la vie sauvage, nous emporte dans un roman formidable qui parle de notre époque, véritable fabrique à exclusion. Un récit sans concession sur la précarité des travailleurs pauvres qui est aussi une vraie plongée en littérature. le lecteur captivé observe un écrivain en travail d'écriture. Un livre, deux livres se construisent devant nous.
Ce pourrait être juste un procédé, un gag, presque une imposture mais c'est sans compter la sincérité, l'empathie et la bienveillance dont le romancier entoure ses personnages.
J'oubliais, « Feel good » est un livre très efficace bien sûr mais aussi très drôle. Thomas Gunzig est un pessimiste gai qui dessine un tableau hyperréaliste de ce début de siècle sans être décliniste, cynique ou désespéré. Une très bonne surprise de cette rentrée littéraire.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (4)
LeFigaro   17 octobre 2019
Le copier collé de clichés contemporains avec lesquels parlent et pensent les personnages de Feel good est cruellement comique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   18 septembre 2019
Inutile de préciser que ce dernier livre tiré à 10.000 exemplaires est bien sûr un faux "Feel Good Book", mais un vrai roman au ton radical sur la violence sociale de notre époque. C'est aussi une satire du milieu littéraire par le biais du personnage de Tom, un "écrivain moyen".
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte   04 septembre 2019
Rendons en chœur à Thomas Gunzig ce qui lui revient justement : il y a dans ses romans une dimension balzacienne. Sans verser dans le gigantisme du maître, sa comédie d’une humanité foutraque et perdue n’en reste pas moins juste. Finement, et douloureusement juste. Surtout pour ces personnages, la douleur.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   27 août 2019
Le nouveau roman de Thomas Gunzig est une belle surprise de cette rentrée. L’auteur n’a rien perdu de son humour caustique ni de sa faculté infinie à imaginer des scénarios loufoques mais, cette fois, son talent est au service d’une histoire qui dit tout de notre époque et en particulier du monde des écrivains
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
viou1108_aka_voyagesaufildespagesviou1108_aka_voyagesaufildespages   25 janvier 2022
Alice l'avait donc embrassé pour la deuxième fois et, en lui rendant son baiser, il s'était demandé s'il devait mettre beaucoup de langue ou pas. Il savait que certaines filles (comme Charlotte par exemple, dans le souvenir de l'unique nuit qu'il avait passée avec elle) embrassaient à grands coups de langue. Dans ce souvenir, Charlotte lui avait léché, pour ainsi dire, l'intérieur de la bouche, comme si en faisant la vaisselle, elle passait une éponge dans une casserole. Charlotte, dans ses baisers, avait semblé vouloir l'aspirer tout entier, le digérer comme un bout de viande, d'ailleurs, comme dans toute opération de digestion, la salive tenait une place importante: elle dégoulinait, elle moussait, elle écumait comme les eaux furieuses d'un barrage cédant sous la pression d'un lac après l'orage. D'autres (Pauline) avaient une langue plus retenue, un petit animal tapi derrière les dents et sortant avec circonspection comme pour vérifier le temps qu'il fait ou s'assurer de l'absence de prédateur. Mais la langue d'Alice ne faisait partie ni de la première ni de la seconde catégorie. C'était une langue délicate et parfumée, elle goûtait le thé exotique, un peu de sucre, un peu d'agrume, c'était une langue qui vint dire bonjour à la sienne avec l'enthousiasme joyeux d'un chien qui sort faire une belle balade.
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marina53marina53   28 mars 2022
Tom trouvait que le métier de sa fille avait l'air d'un ennui mortel : toute la journée à remplir des tableaux Excel de chiffres représentant le nombre de plateaux rentrant et sortant. Il trouvait qu'un aussi joli bébé qui dormait les poings serrés dans une chambre décorée de dentelle rose, qu'une aussi jolie petite fille qui aimait dessiner des princesses et des licornes, qu'une aussi jolie jeune fille qui voulait devenir « soigneuse de dauphins » soit finalement devenue comptable et travaille, assise, huit heures par jour, face à un ordinateur, à gagner l'argent d'actionnaires qui n'hésiteraient pas à mettre fin à son contrat si ça augmentait leurs dividendes, il trouvait que tout ça, c'était une belle illustration de l'absurdité de la marche de l'existence.
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BazartBazart   20 août 2019
C’est la peur! La peur du changement ! les gens comme ça, les gens qui ont des vies de riches ou bien des vies où tout va presque toujours bien, ils veulent qu’on leur raconte des histoires qui confirment l’état du monde, pas des histoires qui remettent en cause l’état du monde. Parce que le monde leur convient comme il est. Ils ne veulent pas qu’on leur parle de toute l’horreur du monde, ils ne veulent pas la moindre trace de doute dans les histoires qu’on va leur raconter, ils veulent qu’on leur dise que tout ira toujours bien, que pour eux rien ne changera jamais. Voilà le principe : le principe c’est qu’en te lisant, ces gens se disent : « Ah mais je pense exactement la même chose. »
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marina53marina53   28 mars 2022
- Et toi, tu fais quoi exactement ? demanda Tom.

- Eh ben ici ce sont les bureaux de GSP – Logistical Solution. On s'occupe de trouver des solutions pour des problèmes logistiques et nous faisons aussi de la consultance pour tout ce qui a trait à la logistique. Sinon, l'autre département s'occupe de faire de la consultance pour les consultants. Moi, je suis senior flux supervisor, c'est-à-dire que je contrôle les flux. Ce sont surtout des chiffres. Et puis des réunions, beaucoup de réunions, c'est pour ça que je t'ai demandé de venir ici, l'après-midi nous avons la réunion de l'après-midi qui nous permet de débriefer la réunion du matin.

Tom ne savait pas quoi dire, il ne comprenait rien à ce que lui racontait Charlotte.
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marina53marina53   29 mars 2022
Depuis Nathan, deux hommes étaient passés dans la vie d'Alice : le représentant des chaussures Puma et un père de l'école d'Achille. Cela n'avait duré ni avec l'un ni avec l'autre. Dans les deux cas, elle s'était rapidement ennuyée avec ces hommes mûrs aux joues molles chez qui elle sentait plus la crainte de la solitude que le feu du désir. Dans les deux cas, il n'y avait même pas vraiment eu de rupture, il y avait juste eu un délitement, un désarrimage, un détachement progressif et un jour, sans drame, sans larmes, on ne se donnait plus de nouvelles. Finalement, l'usage régulier du vibromasseur qu'elle gardait dans le tiroir de sa table de nuit lui allait aussi bien. Lui, au moins, il ne fallait pas l'écouter se lamenter sur sa vie pendant des soirées entières.
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Vidéo de Thomas Gunzig
A l'occasion de la sortie de son roman "Le Sang des bêtes", nous avons réalisé une interview de Thomas Gunzig, dont voici un court extrait.
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