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EAN : 9786131571404
648 pages
Editions Universitaires Europeennes (30/11/-1)

Note moyenne : /5 (sur 0 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
J-line
  15 juin 2011
L'ouvrage compte quelques 650 pages - dont une "consultation" (avec graphiques et commentaires, plus de 350 personnes interrogées réparties en trois grands groupes: médecins et chercheurs, patients ayant bénéficié ou en attente de ces techniques de pointe, et population 'dite' générale).
Cette "consultation de bioéthique" porte sur l'accueil et l'évaluation des techniques auscultées (PMA, diagnostics génétiques et DPI, IVG/I.Th.G, usages divers de l'embryon, clonage thérapeutique et clonage reproductif, thérapie génique somatique ou germinale, OGM, eugénisme, neurosciences et possibles y associés, greffes et xénogreffes, pratiques mélioratives, transhumanisme, etc.).
S'adressant prioritairement aux philosophes, éthiciens/bioéthiciens, médecins, anthopologues, psychologues et sociologues, l'ouvrage pourrait intéresser de même tout journaliste ou chroniqueur spécialisé en ces matières.... Ou encore, tout étudiant y confronté....
Complexe et complet, rapporté à divers courants de pensée et partant d'une position existentialiste, celle de l'auteur, il présente quelques difficultés de lecture qui pourraient décourager le citoyen curieux de ces évolutions et du monde, et des hommes!, qu'elles préparent; néanmoins certains chapitres sont plus accessibles....
Sommaire:
Introduction
Du désir d'enfant au désir de soi
1 : Désir d'enfant, propositions technologiques et impacts socio-anthropologiques :
2 : Statuts multiples de l'embryon et implications ultérieures :
3 : Prédire, des mots aux maux :
4 : Eugénismes et eugéniques :
5 : Transgenèses, thérapies géniques et manipulations génétiques :
6 : Clones, miroirs et mirages :
7 : Génétique et anthropologie – à l'épreuve des biotechnologies :
Métamorphose ou métacarnation de l'homme ?
1 : du corps désinvesti au moi fragmenté :
2 : Génétique et gène mythique : existence processualisée ?
3 : Sens et technoscience : refus des appartenances ?
Conclusion ?
A- Introduction
B- Retour à la thèse
C- Soutenances, appartenances et divergences
D- Transformations et transfigurations
E- Aporie et conditions depossibilité -logiques argumentaires
F- L'homme
G- du principe d'humanité à l'humanité statutaire…
H- Aporie ?
Lexique
Bibliographie
Annexe : consultation de bioéthique
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J-line
  10 décembre 2011
L'essai, qui compte quelques 640 pages et dont le sommaire suit, se base résolument sur une théorie anthropologique et sur un système philosophique où l'homme se définit dans l'entre-deux de la matière et de la matière qui se fuit en réalisations diverses - dans l'interrelation des sujets. Ou encore, s'appuie sur une approche des conditions de possibilité de la condition humaine –celle d'un homme se présentant dans l'articulation de doubles-noeuds (en soutenance active) : entre corps et esprit, liberté(s) et aliénation(s), extériorité tentaculaire et intériorité définitoire…
Si certains chapitres sont d'un abord plus difficile et visent un public déjà bien informé (universitaires, éthiciens, bioéthiciens…), d'autres sont plus abordables –la consultation*, susceptible d'intéresser le monde scientifique autant que le citoyen curieux, est accessible à tous.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
J-lineJ-line   13 décembre 2011
Chap.3 : Prédire, des mots aux maux ?

Nous nous intéresserons ici au champ existentiel : aux impacts anthropologiques, psychologiques et sociaux du dire. Raison pour laquelle notre interprétation et notre souci, s’ils rencontrent en interférence celle et celui du médecin, ne peuvent s’y fondre : celui-ci, à la différence de tout théoricien, se préoccupe prioritairement de son patient actuel, de sa demande individuelle, de ses risques personnels, de sa souffrance particulière et de sa pathologie singulière. Mais il nous paraît néanmoins important de départager les deux domaines que sont l’existentiel et le médical -et important d’interroger la liberté d’existence face aux dires prédictifs et probabilistes.

A - Définition :
Les examens génétiques mettent au jour des éléments permettant d’identifier les personnes (potentielles, en développement in utero ou constituées) dotées d’une particularité à implication défavorable ou pathologique –à plus ou moins long terme et selon des probabilités diverses. Mais ils permettent également de confondre délinquants et criminels, de spécifier les liens familiaux contestés ou rompus, et de retracer l’histoire des migrations, métissages ou extinctions de populations ancestrales. En outre, ces analyses couvrent différents domaines : médical (acceptions prédictives ou diagnostiques et portées informatives, préventives ou curatives), existentiel (eu égard à diverses options d’existence et concernant les mécanismes de soutenances individuelles -au regard de la liberté et de l’investissement de l’avenir), juridique (limites, normes et champs d’application des techniques), policier (fichiers constitués et preuves récoltées), judiciaire (validité et portée des tests effectués), socio-économique (risques de stigmatisations et de discriminations) et finalement éthico-familial (notions de transmission ou de responsabilité, décisions procréatiques ou abortives, ouverture du secret médical, droit ou devoir de savoir, substrat affectif et éducatif…). De même, ces examens peuvent répondre à une demande individuelle, à une inquiétude tierce (conjoint, membre d’une fratrie, parent, institution de soins…), ou encore à une initiative soutenue par les représentants de la collectivité (demande judiciaire ou sollicitation issue du Ministère de la Santé publique). Ainsi, dans l’hypothèse d’un screening génétique, il s’agit de mettre au jour des risques associés à l’hérrédité par la mise en œuvre systématique de dépistages accordés en leurs recherches spécifiques aux populations auxquelles ils s’adressent. Cette recherche se tourne vers des individus n’ayant pas explicitement formulé de demande et ne présentant aucun symptôme particulier mais relevant d’un groupe statistiquement plus exposé à l’un ou l’autre gène potentiellement pathogène : soit en son expression diachronique (patient présymptomatique), soit en son expression circonstancielle (patient prédisposé), soit en son doublement allèlique (patient porteur sain). Cette option entend un groupe cible, une systématisation et une institution demandeuse (Ministère de la Santé publique) ; elle peut être préconceptionnelle (cherchant l’état de porteur d’une maladie grave récessive –en fonction de la fréquence du gène au cœur de la population : mucoviscidose, drépanocytose, Tay Sachs, Thalassémie…), anténatale (eu égard à une malformation du fœtus, une anomalie chromosomique ou une particularité génique : Spina Bifida, Trisomie 21, X fragile…), néonatale (par rapport à des désordres métaboliques pouvant être précocement pris en charge : phénylcétonurie… ) ou encore de prédisposition (à l’égard de cancers, de maladies coronariennes, d’hypertension…).
Le conseil génétique recouvre donc l’évaluation des risques associés à l’hérédité : qu’il s’agisse de mutations spécifiques, de particularités chromosomiques structurales ou quantitatives (aneuploïdie des autosomes ou des chromosomes sexuels), de terrain génomique familial ou de susceptibilités de développer, selon des probabilités plus ou moins importantes, des maladies particulières. Il s’adresse aux individus inquiets de leur avenir personnel, aux géniteurs potentiels ou aux futurs parents confrontés à l’une ou l’autre anomalie du fœtus -mais aussi, désormais, à des sujets atteints de désordres métaboliques susceptibles d’être palliés. Dans la perspective procréatique, ce conseil porte sur un présent ou sur un antécédent de pathologie, voire sur une stérilité : il cherche une cause, tente un diagnostic, estime les risques de transmission, les objective quelquefois, et formule des conjectures plus ou moins probables ou des certitudes incontournables quant au devenir bio-médical de ce fœtus. Dans la perspective individuelle, il entend informer le consultant des risques encourus de développer telle ou telle pathologie. Et l’on distingue quatre situations spécifiques au diagnostic postnatal :
a) Le consultant est porteur d’une anomalie génétique confirmant le diagnostic émis antérieurement face à un ensemble de symptômes : domaine strictement médical -eu égard à la disponibilité d’un traitement curatif ou palliatif / mode proprement diagnostique.
b) Le consultant, le plus fréquemment motivé par un vécu familial, s’avère porteur d’un gène pathogène à expression retardée : domaine médical à implication existentielle –eu égard à l’impact psychologique et familial (affectif) d’une telle annonce / mode diagnostique présymptomatique.
c) Le consultant, porteur sain d’un gène dont la combinaison homozygote est dommageable : domaine médical à extension transgénérationnelle et implications éthiques –eu égard aux risques eugéniques (totalitaires, utopiques, idéalistes ou narcissiques) / mode informatif.
d) Le consultant est porteur d’un gène impliqué dans un processus pathogène polygénique et / ou plurifactoriel : domaine existentiel et social à prolongement médical -eu égard à une ankylose de l’existence (précautions castratrices, orientation existentielle tronquée, savoir anxiogène…) et aux discriminations diverses (accès à l’emploi, aux assurances, aux financements…) / mode diagnostique de prédisposition.
B - Du ‘Dire’ : diagnostic et prédiction.
Ainsi soit-il : Œdipe actualisa la vision de l’oracle ! Fuyant un possible parricide, le fils de Jocaste se jeta devant le char du roi –son père. Pour lui, la prédiction se fit fatum –inéluctable verdict. Car prédire n’est pas dire mais dessiner dans l’imaginaire un avenir imaginé. Et insérer dans le présent un futur présentifié : le drame commence dans la parole, avant tout fait. Pourtant, les demandes soumises aux praticiens se décuplent, empiétant sur différents domaines -non plus strictement médicaux mais proprement sociaux, voire existentiels. Parallèlement ou conséquemment, les tiers faisant irruption entre le médecin et son patient se sont démultipliés : instruments et interfacces, fonds pulsionnels et utopies, projections personnelles et constructions diachroniques, histoire familiale et projet collectif (éthico-culturel ou spéciel). En outre et paradoxalement, c’est la volonté d’écarter l’interférence parasite du symptôme ‘masquant la réalité sous-jacente’ qui conduisit peu à peu à introduire instruments endoscopiques et optiques, normes et statistiques, défaillances cachées du métabolisme et matrices enfouies au cœur des cellules -et Canguilhem de souligner déjà (...)
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J-lineJ-line   08 mars 2012
Les techniques, les PMA et le "féminin"... ...à l'occasion de la journée des femmes:
"(....) l’ingression croissante du masculin (au cœur des recherches en Procréation Médicalement assistée) interpelle : là où la seule puissance féminine s’exerçait (jadis) dans le secret du lieu discret ; usant de potions contraceptives ou de pessaires abortifs; recourant à l’euthanasie des nouveau-nés ou décidant de la survie prioritaire en cas d’accouchements problématiques ; là donc où tout se passait entre femmes (de la matrone à la sage-femme), l’homme s’immisça progressivement pour finalement régner. Et déjà, l’enfant né du ventre féminin est ‘fils’ du manipulateur de gamètes : comme si la femme s’écartait pour que le petit d’homme soit réellement l’avatar de l’Homme (générique) –autocréateur plus que procréateur. Pour qu’il soit choisi ; transformé à l’image de l’homme supposé authentiquement humain et selon la technique des hommes : où donc l’on joue la puissance asexuée ou impersonnelle contre la spécificité génésique articulant particularité féminine et attribut masculin –en dépendances relationnelles et charnelles. Au final, la femme comme agent confronté à ses pulsions est chassée de son lieu (et peut-être de son être propre –proprement féminin) au profit de la puissance neutre dans laquelle et avec laquelle jouent essentiellement des hommes. En d’autres termes, les techniques gomment une femme sans doute trop paradigmatique de la condition humaine (spécimen relais en son espèce, individu complexe en ses équilibres, singularité fragile en ses limites, conscience sensible en ses liens, personnalité paradoxale en ses pulsions et sujet historique en ses affirmations). Pourtant, sa richesse tient à ces apports –à ses condensations de convergences autant qu’à ses soutenances dialogiques :
Ainsi, elle est en son corps un substrat et un symbole… Ses cycles ‘naturels’ parlent d’un (re)commencement… Sa chair recèle puis construit le point d’équilibre ou de pénétrance du dedans et du dehors… Son ventre est l’espace où se mêlent et se parlent Soi (soi-même) et non-Soi (l’enfant à venir) -mais aussi passé, présent et futur. Lieu où se rencontrent l’individuel, le familial et le spéciel -où s’articulent la pulsion-vie, le désir et la volonté. Matrice où s’imbriquent le personnel et le collectif, le situationnel et le transgénérationnel, le ponctuel du singulier et la continuité du générationnel –mais aussi le masculin et le féminin qui pourront tous deux sortir de ce ventre. Domaine où se mêlent l’invisible et le visible, l’organique et ce qui s’en fait -où se répondent la pérennité (attendue) et la nouveauté (imprévue).
A cette aune, le retrait du féminin en sa complexité ontologique et ontique recouvre une aspiration au non engendrement ou à l'a-génération : ‘inengendrement’ d’un être chassé de sa natalité essentielle –c’est-à-dire chassé d’une origine radicale (ainsi comprise), d’un mode d’être situationnel, d’une étance relationnelle et d’une complexité où agissent toutes les dialectiques et toutes les dialogiques (...)" in 'L'humanité à l'épreuve de la génétique et des technosciences -Aporétique humanité'
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J-lineJ-line   15 juin 2011
Corps fragmentés :
J.F. Mattéi et H. Atlan ont en commun d’abstraire la cellule totipotentielle clonée et de la départir de sa nature (sa nature ‘en soi’ : comme puissance de devenir) du fait d’une production sans fécondation et dépourvue de finalité procréatique. De la sorte, ils soumettent la cellule en sa définition comme en ses représentations et transpositions au seul projet extérieur. A savoir pourtant quel est cet embryon arrêté ? Une simple construction accédant à la réalité (du monde matériel et des réseaux sémantiques ou linguistiques) par l’intellection et l’assignation (destination) -régies toutes deux par le dessein ou le besoin spécifiques … Une chimère donc : mélangeant matière propre et potentialités autres, réalité actuelle et virtualisations conceptuelles, puissance intrinsèque et assignations tierces, en-soi et pour autrui. Où interfèrent biologie, technique, projections, affects et droit –pour produire une entité réduite à sa plasticité biologique et à ses dépendances diverses. Où donc l’absence de projet parental exorbite l’embryon de la sphère humaine, l’écarte du substrat symbolique et l’exclut du devenir pour réduire sa puissance (d’individuation) à sa matérialité présente -réduire son fait processuel à son état transitoire ou encore son individuation potentielle à ses potentialités divisées. En d’autres termes, l’arbitraire de l’utilitaire rend l’embryon à sa matérialité immédiate pour le soumettre à la négation de toute spécificité, de tout devenir (comme puissance et potentiel intrinsèques) et de toute signifiance ou insertion dans le monde conceptuel et psychique de l’humain. Mais si tel devait être l’embryon, soumis à une déclinaison différentielle et multiréférentielle en sa nature comme en ses appartenances , l’individu ne se décrypterait-il pas (ne se livrerait-il pas à lui-même) tel une incarnation réussie : potentialité ou puissance d’individuation privilégiées eu égard à d’autres possibles (de destruction ou d’utilisation thérapeutique) ? Ou encore, matière investie d’un projet extérieur, individuation soutenue d’une volonté tierce, individualisation confortée d’une reconnaissance événementielle et individualité protégée d’un statut dicté par l’arbitraire du bon plaisir ou par l’irrationnel du pulsionnel ? En fait, procédant de la sorte, l’homme introduit différentes ruptures ou coupures : une coupure biologique (par rapport à un matériel embryonnaire soumis à l’insignifiance, proprement pluripotentiel en sa destination), une scission conceptuelle (dans l’introduction d’une discontinuité originelle intrinsèque –faisant suite à la conceptualisation d’une entité qui serait primitivement étrangère à l’individuation), et une rupture biographique (vis-à-vis d’une individualisation en perte de continuité ou d’une identité en pointillé). Et cette coupure biologique et cette rupture biographique offrent certains stades ou certains états aux manipulations. Si la coupure biologique répond à la distance grandissante séparant l’identité ultime (ce qui est vécu en noeud identitaire) de la chair ou de la forme corporelle, la rupture biographique s’intègre dans une situation sociale, familiale et existentielle semblablement morcelée ou morcelante : changements professionnels multiples, exclusions socio-économiques ou culturelles, séparations ou dislocations familiales, reculs du relationnel et de ses lieux au profit du virtuel, brouillages des différents repères, et finalement refus ou craintes des appartenances diverses (à une terre, un lieu, une généalogie, un trajet existentiel et un corps proprement personnel…). Raisons pour lesquelles, en désaccord avec H. Atlan ne décelant aucun élément anthropo-négateur dans ces techniques, nous redoutons que le clonage thérapeutique ne soit vecteur ou facteur de désintégrations du fonds anthropique. De même, nous hésitons face aux glissements sémantiques qui suivent les circonlocutions à fins neutralisantes. Cependant, bien que nous reprochions aux projets technicistes de désaffecter les mots pour offrir les ‘choses’ qu’ils désignent aux différentes emprises, nous ne suivons pas d’avantage G. Bénichou usant du procédé inverse : appel clair et net à l’émotion pour écarter sans discussion la technique associée à une quasi monstruosité de son praticien –et à un projet qui serait résolument «humanicide» (...)
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J-lineJ-line   15 juin 2011
Les interventions et recherches à dynamique opératoire usuellement regroupées sous l’appellation ‘technosciences’ rencontrent l’humanitude comme la condition nécessaire de leur possibilité -mais cette rencontre de l’efficience et du pointillé matriciel (pointillé d’un individu néotène, d’un sujet libre, d’un génome manipulable) promet le déploiement (en réalisations multiples) de la potentialité aporétique attachée à une enclave organique perméable et à une maintenance identitaire inscrite dans le devenir. Potentialité associée tant à une intériorité se dépliant en extériorité (via une interface dermique -sensorielle) qu’à un monisme* substantiel s’exprimant dans la dualité –c.-à-d. par corps ou comme corps et par réalisations ou impulsions (matière sensible et pensée volitive susceptible d’opérativité).
Nous entendons en cela que l’extraction hors de la forclusion, hors de l’en-soi du soi, recèle une ouverture à l’autre (et à l’autre en/dans ‘soi’). Que l’émergence en dehors du substrat nature entraîne en ses déliances une échappée hors de la nature humaine telle que nous la connaissons -hors des bornes spécielles ou du fait humain conditionnel. Que l’homme porte en son être métabolique et relationnel, en sa conscience sensible et projective, en sa réalité situationnelle et en sa nature proprement autodéfinissante, la négation de tout Etat –advenu ou réalisé. Que son ouverture (à l’autre, au monde, à l’avenir), que sa béance essentielle (où peuvent s’inscrire de multiples possibles) et que sa contingence (où peuvent prendre place toutes les constructions de sens) portent une dimension aporétique : où pourrait exploser l’individuation, se dissoudre la conscience, se réduire le devenir, se détisser les réseaux symboliques et s’anéantir les sensibilités et les émotions. De fait, telle potentialité est désormais susceptible d’être actualisée car l’opérativité technique s’immisce dans les équilibres propres à un individu s’exprimant dans l’entre-deux du ‘donné’ imposé et de l’acquis conquis : et s’y immisce au profit d’une transgression des limites physiologiques, corporelles, spécielles et même catégorielles ou conceptuelles. Partant, les technosciences témoignent d’une rencontre incontournable opérée entre un homme entretenant un rapport mi-instrumental mi-symbolique au ‘monde’ (aux objets, aux autres et à lui-même) et des techniques créées à cette fin : rencontre rétroactive de l’individu et de ses outils, du sujet et de ses conceptualisations, de l’agent et de ses actes, du soi et de ses voies d’expression -un soi disposé, semble-t-il, à se résumer en centre décisionnel et force efficiente. Au final, l’homme produit un processus technique susceptible de l’extraire de cet ‘entre-deux’ du corps et de l’esprit qui le spécifie –entre-deux de la matière et de la matière qui se fuit, de la ponctualité et de la durée, de l’Etre et du devenir, des enracinements et des désengagements…
Nous tenterons de montrer que l’individu développe une tendance tant dispersive (de ‘soi’ en l’autre) que confusionnelle (de ‘soi’ et de l’autre) ; et que cette tendance témoigne d’un recul de l’entité corporelle référentielle en traduisant une programmation ouverte, un corps plus pensé que senti, une étance malléable, un ‘moi’ décisionnel, une puissance opératoire triomphante et une force volitive plus centrifuge que centripète.
Nous tenterons donc de démontrer que le sujet tend à délaisser sa réalité complexe et bipolaire au profit d’une expressivité, au profit d’un ‘Je’ délié de ses bases charnelles : d’un ‘Je’ arc-bouté contre son enracinement dans une entité d’expression duale et cependant unitaire –d’un ‘Je’ volitif et séquentiel, générateur de ruptures. Dès lors, nous soutiendrons que l’humanitude porte en elle son possible létal. Qu’elle concourt à la fin de notre humanité en produisant un domaine existentiel où s’esquisse une (auto)biographie de l’arrachement et de l’incarnation multiple. Où convergent les techniques, les projets sociaux et les aspirations individuelles. Et où l’on observe un rapprochement aventureux des possibles technoscientifiques et du fonds phantasmatique quand sciences et technosciences côtoient les lieux extrêmes d’une condition humaine articulée au précaire, aux situations limites et aux synthèses dialectiques du même et de l’autre (…).
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J-lineJ-line   10 décembre 2011
Qu’est-ce que l’homme demandons-nous alors ? C’est un spécimen à jamais immature ou dépourvu de spécialisations l’assignant à demeure et à réalisation plénière. Un individu qui soutient une internalité et s’épanouit en externalité –s’ancre et se densifie de ses appartenances tout en se déprenant de ses aliénations. Un corps qui éprouve et s’émeut. Un projet qui existe dans la mesure où il se soutient et s’invente de ce qu’on l’a fait. Une liberté qui refuse de se soumettre. Une existence sans Essence qui pourtant invente le sens. Et Michel Serres définit joliment cette inessentialité : (...) » . En l’occurrence, si l’aliénation (le soi-matière aveugle à lui-même) est le donné premier de l’individu, la liberté émerge de la multiplicité des possibles moléculaires en relation avec la pluralité des environnements requérants et sélectifs : elle s’inscrit en contre-texte et contre-donne dans le pluriel des arrangements géniques vitaux, dans le rééquilibrage incessant d’équilibres instables, dans l’organisation organistique active, dans la latitude des étayages synaptiques, dans la néoténie cérébrale et dans une longue suite de choix existentiels -et encore dans le risque, l’incertitude et le pari. En d’autres termes, la liberté est faille dans l’opacité de la matière compacte et dans le déterminisme de survie d’un organisme. Faille dans un système coercitif ou éducatif ; faille dans l’en-soi d’un Destin de la matière organisée ; faille dans une re-production ou dans une réaction mécaniste. Nonobstant, l’opérativité génétique offre désormais à l’homme la possibilité d’une fixation ontologique : d’une détermination prédéfinie. Où l’homme irait dans la direction d’une transformation radicale : modification de son identité globale et particulière (immunologique) trompée avant d’être outrepassée ; métamorphose de son corps s’ouvrant à l’autre (gènes, organes ou prothèses) ; transmutation de sa subjectivité tendant à s’identifier à la volonté (et à perdre toute densité ou toute intériorité) ; et remaniement de son identité psychique et personnale (génétiquement modifiable). Mais aussi, altération induite des limites rendues obsolètes –eu égard à la chose, la machine, l’animal ou l’autre homme. Et encore, tris ou manipulations des génomes et inventions des générations futures (définition, sélection, transmutation: jusqu’au chromosome artificiel ou à la chimérisation). Où donc et dramatiquement, la liberté se verrait hypothéquée face à la force octroyée à l’inné. Où donc et artificiellement, des destins s’imposeraient suite à l’éviction trop catégorique du hasard ou de l’imprévu –si ce n’est de l’altérité vraie. Car si le gène-roi est un mythe, il peut se faire agissant : par son action codante réelle et par la confiance y accordée. Gène de l’art, du mal, du beau, du crime, de la dépression ou du bonheur : explication universelle dont on occulte le réductionnisme. Gène de santé ou de maladies, de l’intelligence et du comportement : à gène-roi, homme esclave. Car son règne signerait la dilution de la personne dans un réseau d’interactions moléculaires où une grille de lecture tronquée proposerait à la compréhension (sociale ou individuelle) des gènes agissant dans une incarnation charnelle -et non plus un sujet moral et libre (responsable) qui, de ses gènes, se fait exister. Car encore, réduire l’homme à une machine (ou à un mécanisme de transcription protéique) perturbe son identité vécue, perçue et construite : réduisant à néant sa dimension morale. Car, semblablement, assimiler l’individu au déroulement processuel d’un plan originel contrevient à son existenciation : contestant sa réalité et son sens. Par ailleurs, culbuter ces perspectives par l’introduction des mécanismes de hasard-sélection, ou interpréter toute organisation en termes d’associations et de coopérations, contribue à détotaliser l’individu pour l’ouvrir sur une identité à cohérence et matérialité illusoires.
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