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EAN : 9782846262590
228 pages
Au Diable Vauvert (01/01/2010)
4.5/5   11 notes
Résumé :
Howard Zinn retrace l’histoire des États-Unis du point de vue des esclaves, travailleurs, immigrés, femmes, Indiens, et bien d’autres encore, autant de minorités qui ont rarement droit au chapitre dans les ouvrages d’histoire. Une relecture originale des politiques et des résistances qui ont façonné les États-Unis. Howard Zinn adapte ici sa fameuse Histoire populaire des USA pour enfin mettre à la portée de tous cet ouvrage indispensable.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
C'est le deuxième tome du travail d'adaptation d'une « Histoire populaire des USA » d'Howard Zinn, la conduisant des bancs de l'université à ceux des lycées et collèges. C'est aussi un tome, qui peut-être, nous parle plus, à nous autres européens. Non que nous ne soyons intéressés par la conquête brutale, s'il en fut, des Amériques. Non que nous ne connaissions les liens étroits ayant existé entre la colonisation de l'Amérique du Nord et les pays occidentaux, entre la Révolution américaine, l'Esprit des Lumières et la Révolution française, entre les champs de coton, le Code noir et le commerce triangulaire. C'est tout autant parce que plus contemporain, nous connaissons mieux ce temps de l'histoire outre-Atlantique et que la mondialisation des évènements nous les a, souvent, fait vivre aussi, de ce côté-ci de l'Atlantique.
Il est intéressant autant qu'étonnant de voir comment les historiens américains appréhendent les deux grands conflits mondiaux qui ont pris corps et se sont, pour l'essentiel, déroulés sur le territoire européen. Il est fort intéressant de voir la manière dont le jeu des alliances diplomatiques à l'origine du basculement dans la guerre de nombreux pays n'est pas perçu dans un pays fédéré depuis si longtemps.
Comme toujours, proposant un changement de point de vue, Howard Zinn bouleverse la perception que nous avons ou avons eue de ces évènements qui ont fait l'histoire contemporaine. Un livre à lire vraiment, pour découvrir notamment comment, des engagements tous citoyens confondus, des mobilisations d'enfants, de femmes, des manifestations denses et joyeuses pour les droits, pour l'écologie, pour l'éducation et la couverture sociale, pour la Terre, pour un changement de priorités sont mésestimés ou sous-évalués par la couverture médiatique et le politiquement correct.
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Adaptation pour un jeune public du précédent ouvrage d'Howard Zinn "Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours" chez Agone. Cette histoire non officielle des Etats-Unis se lit très facilement, en donnant la version de ceux qui l'ont vécue. Certaines parties sont un peu réductrices (tendance dans ce second tome à privilégier les facteurs économiques par rapport aux données politiques, sociologiques ou culturelles), les illustrations sont vraiment chiches, mais l'ensemble est très pédagogique et se lit comme un roman! Cette « contre-histoire » des USA, comme le dit P. Daumas (cf lien ci-dessous) redonne vie aux exclus : "Indiens, Noirs, femmes, syndicalistes, pauvres, tous ceux qui, depuis les origines de ce pays, ont été maltraités, bafoués, ignorés. C'est aussi une autre conception de l'histoire qui est suggérée, par l'exemple et de manière très pédagogique, soulignant l'importance de la lutte continuelle du peuple et des forces vives de la société face à des élites préoccupées de la seule recherche du profit et du pouvoir. L'appel final à penser autrement l'histoire et la société, bien que lancé depuis plus de trente ans, reste incroyablement actuel, et on ne peut qu'inciter les enseignants de nos lycées et collèges à recommander à leurs élèves la lecture de cet ouvrage".
Lien : http://chrhc.revues.org/2421
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
p.199.
Trois ans avant le 11 septembre 2001, un ancien officier de l'U.S. Air Force du nom de Robert Bowman avait écrit au sujet des attaques terroristes d'ambassade américaines en Afrique. Il décrivit ainsi les causes du terrorisme :
«  On ne nous hait pas pour notre démocratie ni pour l'importance que nous accordons à la liberté et aux droits de l'homme. On nous hait parce que notre gouvernement refuse toutes ces choses à des peuples du tiers-monde dont des entreprises multinationales convoitent les ressources. Cette haine que nous avons semée, nous la récoltons à présent sous la forme du terrorisme. […] Plutôt que d'envoyer nos fils et nos filles à l'autre bout de la Terre pour tuer des Arabes afin que nous puissions mettre la main sur le pétrole qui se trouve sous leur sable, nous devrions les envoyer reconstruire les infrastructures, rendre l'eau potable et nourrir les enfants qui meurent de faim. […]
En résumé, nous devrions faire le bien plutôt que le mal. Qui tenterait alors de nous arrêter ? Qui nous haïrait ? Qui désirerait commettre des actes de terrorisme contre nous ? C'est là la vérité que le peuple américain doit entendre. »
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p.108-9.
Un vétéran raconta son histoire dans un livre intitulé Né un 4 Juillet¹. Ron Kovic s'engagea dans le corps des U.S. Marines alors qu'il n'était âgé que de 17 ans. Il combattait au Viêt-nam lorsqu'un obus explosa près de lui, brisant sa colonne vertébrale et le paralysant des pieds jusqu'à la taille. De retour aux États-Unis, en fauteuil roulant, Kovic manifesta contre la guerre. Il raconta son arrestation au cours d'une manifestation :
« Votre nom ? demanda le policier derrière son bureau.
- Ron Kovic, je répons. Vétéran du Viêt-nam opposé à la guerre.
- Quoi ? Lance-t-il d'un ton sarcastique, en me regardant de haut.
J'ai répété, presque en criant :
- Je suis un vétéran du Viêt-nam opposé à la guerre.
- Tu aurais dû mourir là-bas », répond-il. Il se retourne alors vers son collègue : « Ce type, je ne sais pas ce qui me retient de l'attraper et le jeter par terre. »

1. Date de la fête nationale américaine. (N.d.T.)
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p.120.
Tillmon explique ainsi son point de vue :
« L'aide de l'État, c'est un peu comme un accident de voiture. Cela peut arriver à n'importe qui, et cela concerne très souvent les femmes. C'est pour cette raison que l'aide sociale est une question féministe. Pour beaucoup de femmes de la classe moyenne, le féminisme est une importante question de société. Pour les femmes bénéficiant d'aides, c'est une question de survie. »
La domination subie par les femmes dans la société n'était pas le fait de l'État. Elle s'exerçait au sein même des familles. Les hommes dominaient les femmes, les femmes dominaient les enfants, et il arrivait parfois que les uns soient violents envers les autres lorsque les choses tournaient mal. Mais qu'arriverait-il si tout allait mieux ?
Si les femmes parvenaient à se libérer, et qu'hommes et femmes commençaient à se comprendre mutuellement, ne finiraient-ils pas par découvrir que la cause de leurs problèmes est extérieure ? Les familles pourraient devenir des foyers de résistance contre le système, et femmes et hommes – sans oublier les enfants – pourraient œuvrer ensemble au changement de la société.
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p.70-1.
Les Américains noirs subissaient quotidiennement le racisme, et parfois même les violences qui en résultaient. En 1943, un journal afro-américain publia un poème illustrant les pensées d'un noir dans l'armée :

Seigneur, aujourd'hui
Je pars à la guerre :
Pour combattre, pour mourir,
Dites-moi pour quoi ?
Seigneur, je me battrai,
Je n'ai pas peur
Des Allemands ou des Japs ;
Mes peurs sont ici.
En Amérique !

Par sa brutalité et son racisme, le traitement que les États-Unis infligèrent aux Américains d'origine japonaise durant la guerre s'approcha de ce qu'ils étaient censés combattre. À la suite de l'offensive sur Pearl Harbor, le ressentiment à l'égard des Japonais était très fort au sein du gouvernement. Un membre du Congrès déclara : « Je suis partisan d'attraper sur-le-champ tous les Japonais présents en Amérique, en Alaska et à Hawaï et de les mettre dans des camps de concentration. […] Débarrassons-nous-en ! »
En 1942, Roosevelt donna à l'armée le pouvoir d'arrêter tout Américain d'origine japonaise sur la côte ouest (onze mille hommes, femmes et enfants). Les trois quarts d'entre eux étaient nés aux États-Unis et étaient citoyens américains. Les autres, nés au Japon, ne pouvaient demander leur naturalisation, car les lois américaines le leur interdisaient.
On arracha ces personnes à leur foyer, et on le transporta jusque dans des camps situés dans des régions reculées de l'intérieur du pays. Elles y vécurent comme en prison pendant plus de trois ans.
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p.68-9.
À cette époque, le poète Archibald MacLeish était le secrétaire d'État des États-Unis. Il écrivit :
« Vu le tour que prennent les choses, la paix que nous ferons, la paix que nous semblons faire, sera une paix de pétrole, une paix d'or, une paix de commerce maritime, bref, une paix […] sans but moral, sans le moindre intérêt pour l'humanité. [...] »
Beaucoup de gens croyaient que la raison de cette guerre contre l'Axe était de mettre un terme aux terribles traitements subis par les Juifs dans les pays occupés par l'Allemagne nazie. Mais ce n'était pas le principal souci de Roosevelt. Alors que les Juifs étaient conduits dans des camps de concentration, et que le régime hitlérien s'apprêtait à exterminer six millions d'entre eux (ainsi que plusieurs millions d'opposants politiques et de membres d'autres minorités), événement qu'on appela par la suite « l'Holocauste », Roosevelt ne prit aucune mesure pour sauver ne serait-ce que quelques vies. Il laisse ce soin au département d'État des États-Unis¹, qui ne fit rien.

1. Équivalent américain du ministère des Affaires étrangères en France. (N.d.T.)
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